TEASING - Montréal, 2048.

Une foule anarchique et cosmopolite fourmille le long de la rue sainte Catherine. L’armada populaire est multicolore de peau tandis que les corps sont de chair, de métal, ou bien encore métis. Homme et androïde, chacun est différent mais tous sont identiques dans la masse, individus trop pressés, croisant l’autre sans même le regarder. C’est une tourbe de bras et de jambes. D’identités.
Certains sont riches. D’autres sont pauvres. Loin du manichéisme, ils manipulent, écrasent. Grondent, se révoltent. Se soumettent ou subissent. Ignorent et se contentent d’avancer. Ils vivent, se confrontent et se répondent car cette foule polymorphe, insaisissable, est l’essence même du mouvement.
C’est la danse des humanités.
De notre société.
Painter Story [Pv. Alexander] 50x50
Staff
Léandre Luissier - L'Archiviste
DC : Johann Keegan - Logan Duval
Fondateur & graphiste - Présent

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Prédéfinis

Painter Story [Pv. Alexander]
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Mails : 53
Surnom : A'ke
Emploi/loisirs : Chien de garde de Grim
Portrait robot : - Fiche de présentation
- Résumé
- Androïde de type 3
- Parle de manière rudimentaire
- Se nommait anciennement Rex
- Apparence personnalisable
- Obéissance totale à Grim
- Intelligence instinctive et sensorielle
- Impossibilité de planifier sur le long terme
- Éprouve des sentiments humains non simulés
- Capacité d’attaque envers les humains
- À abandonner plusieurs de ses réactions canines programmées
- Déteste les humains

A'ke te parle en #9F8ACE
$ : 868
Akela
Mar 7 Nov - 15:27
Non, ceci n'est pas Loft Story


AKELA


GRIM


Un mois.
Quatre semaines.
Vingt-huit jours.
Six cent soixante-douze heures.
Quarante mille trois cent vingt minutes.
Deux millions quatre cent dix-neuf mille deux cents secondes.

C’était le temps écoulé depuis les réparations que Grim avait effectuées sur ma personne après m’avoir recueilli dans cette décharge. À la manière d’un compteur, j’avais conscience de la moindre seconde qui s’était écoulée. Ce temps ne cessait de me revenir en tête, telle une sirène d’alarme qui devient trop intrusive. C’était la période qui m’avait été nécessaire avant que je ne commence à me sentir à l’aise dans l’appartement de cet androïde. Faire mes marques dans ce lieu nouveau, me familiariser avec les sons naturels de l’endroit, reconnaître les vas et viens des voisins… Pourquoi tant de tension? À un point tel que dans les premières heures, je n’avais cessé de sursauter au moindre changement ambiant. Lors de mon réveille, j’étais même resté au séjour pendant, ce qui aurait pu paraitre pour plus d’un, une éternité. C’était de toute évidence un sentiment puissant qui m’habitait, mais lequel? De la peur? Non. Ce n’était pas pareil qu’au moment de l’accident d’Engela. Alors quoi? Qu’est-ce qui pouvait créer autant de nervosité et me rendre semi-impotent pendant un si long laps de temps? J’étais si différent de ma naissance au moment de mon arrivée dans le domicile des Ludovick. Je ne m’étais pas mis à me déplacer comme si de rien n’était et que le terrain m’appartenait. Aujourd’hui, était définitivement ma première journée où je me sentais comme dans mon ancienne demeure. J’en avais un ressenti de légèreté et de bien-être. Suffisamment pour m’arrêter à observer le reflet de mon être que me renvoyait un miroir long.

En regardant mon aspect, mon corps eut un mouvement de soupir en adéquation avec ce que m’indiquait comme réaction possible mon codage social. Pour le cas de mon physique, ce n’était pas encore gagné. Je ne ressemblais à rien avec autant de pièces dépareillées. Ha non! Mes excuses. Je ressemblais effectivement à quelque chose. J’avais une tête proche de ces créatures naturalisées pour devenir des cryptides. Rien de glorieux de mon point de vue. Quelque chose d’un peu plus harmonieux s’il vous plait, avais-je envie de crier. Pourquoi une telle préoccupation provenant d’une machine? La réponse était fort simple. Ayant une conscience de qui je suis, j’ai une conscience de qui je veux être. Le monstre de Frankenstein ne faisant pas partie de cette liste. Un apparat qui me plairait et qui saurait plaire aux autres. J’en avais besoin pour charmer. Du moins, cela rend la tâche plus facile. Il devait y avoir un moyen de compromis entre le monétaire et le contentement?

Avec cette quête enregistrée, je me mis pour mission d’arpenter l’appartement de Grim afin de trouver ce monde idéal. Un arrangement… Un arrangement… Un arrangement… Un… Hum. Pourquoi ne pas tenter le coup me disait-je en remarquant la pinte de peinture qui était posée sur le comptoir de la cuisine. Une couleur unie serait un grand avancement; quelle qu’elle soit. Sans penser un seul instant au fait que ce contenant pouvait être dédié à un objectif précis, je me dressai sur mes pattes arrières et le saisit entre ma mâchoire de fer. Une fois en ma possession, mes points d’encrages antérieurs retournèrent sur le plancher des vaches. Aussitôt mon équilibre retrouvé, j’exerçai une forte pression sur le seau pour le faire céder. Lentement, il pliait sous ma force puis mes canines le transpercèrent et arriva le moment où il fut si courbé que le couvercle débarqua. Dans un sploush sonore, le liquide épais et homogène forma une grande flaque d’une teinte jaune canari au sol. L’objet encore dans ma gueule, je secouai vivement ma tête pour terminer de « l’achever » puis je l’abandonnai bêtement en le laissant tomber. Tel un chien de chair, je me couchai dans cette mare avant de m’y retourner sur le dos pour me rouler dans son contenu. De par mes mouvements vifs, des gouttelettes du produit se retrouvaient à s’envoler un peu partout pour terminer leur course sur la majorité des obstacles qui m’entourait. Murs, portes d’armoires, cuisinière, chaises… Sans que je le réalise, il n’y aurait pas que moi avec une nouvelle teinte.
Invité
Anonymous
Lun 13 Nov - 9:11
En dehors de Pierre et Cailloux il n'y avait guère de vie dans le modeste appartement de Grim. Jusqu'à ce jour où il rencontra Akela, qu'il avait ainsi renommé. Il l'avait trouvé dans une décharge un jour qu'il s'y rendait pour voir si quelques objets intéressant n'y avaient pas été jetés. Tomber sur un chien robotique avait d'abord été une surprise. Voir qu'il "vivait" toujours en était une plus grande encore. Puisque de toute façon le sort des "déchets" n'intéressait personne ici, l'artilect l'avait ramené chez lui et entreprit de le réparer. Ce ne fut pas simple car il manquait des pièces et des composants électroniques qu'il mit un certain temps à trouver.
Le jour où enfin le chien se mit en marche Grim en avait éprouvé une grande fierté, oui c'était ça. Il avait réussi à "soigner" un androïde, un androïde animal en plus. Bon certes les soins vétérinaires et humains se rapprochaient parfois mais dans le cas d'une créature faite de circuit et d'impulsions électriques comme lui ça tenait presque du miracle qu'il y soit parvenu.

Les débuts ne furent pas simple. Grim ne connaissait que très peu de choses aux comportements animaliers, et encore moins quant à ceux de leurs similis artificiels. Alors il le laissait relativement tranquille. Parfois il lui parlait. Il s'était présenté évidemment. Et comme l'artilect ignorait le nom de ce chien il lui en avait donné un nouveau : Akela.

- C'est le nom du loup chef de meute dans le Livre de la jungle. Tu as le profil d'un chef de meute.

Voilà la seule explication qu'il donna. Forcément que son inspiration ne pouvait provenir que d'un livre. Et bien entendu il s'était refusé à nommer l'animal d'un sobriquet classique du style "Médore" ou "Rex", et encore moins avec le nom d'un loup méchant ou ridicule. Akela c'était joli et original. Voilà comment débuta leur relation.

Ce jour-là Grim s'occupait de l'entretien de ses plantes, car il en possédait une sacré collection. Certaines servaient pour ses drogues, d'autres étaient purement décoratives. L'artilect ne s'était jamais vraiment rendu compte de sa quasi obsession à remplir son appartement de vie. Que ce soit avec ses poissons, ses plantes, ou son chien. Devait-il dire son chien ? Techniquement il n'était pas vraiment le maître d'Akela, il l'avait simplement récupéré et soigné. Tout affairé qu'il était à retiré les feuilles mortes d'un magnifique ficus, un bruit métallique provenant du salon attira son attention. Il se leva, ouvrit la porte de sa chambre et constata avec un certain ... effarement -?- l'ampleur des dégâts. Du jaune. Du jaune poussin partout. Sur le sol. Sur les murs. Sur le canapé en tissu. Sur l'aquarium de Pierre et Cailloux. Et milieu de tout ce bazar, un Akela qui se roulait dans la flaque jaune. Devait-il se mettre en colère ? Les humains l'auraient fait. Mais Grim n'était pas humain. Alors il se contenta de refermer la porte et vint s'agenouiller devant l'animal.

- Pourquoi tu as fait ça ? Il y a de la peinture partout maintenant, je vais devoir tout laver.

Un humain aurait crié, un humain aurait fait de grands gestes furieux en désignant le canapé taché, il aurait certainement puni l'animal. Pas Grim. Il ne connaissait pas tout ça. Après tout ses notions d'éducation restaient très vagues, pour lui c'était une grande première que d'avoir la responsabilité d'un être vivant aussi complexe qu'Akela. Et naturellement il considérait que le chien allait lui répondre, évidemment.
Mails : 53
Surnom : A'ke
Emploi/loisirs : Chien de garde de Grim
Portrait robot : - Fiche de présentation
- Résumé
- Androïde de type 3
- Parle de manière rudimentaire
- Se nommait anciennement Rex
- Apparence personnalisable
- Obéissance totale à Grim
- Intelligence instinctive et sensorielle
- Impossibilité de planifier sur le long terme
- Éprouve des sentiments humains non simulés
- Capacité d’attaque envers les humains
- À abandonner plusieurs de ses réactions canines programmées
- Déteste les humains

A'ke te parle en #9F8ACE
$ : 868
Akela
Mar 28 Nov - 2:22
C'est ça la famille : une petite meute animale


AKELA


GRIM


Je continuais de me rouler à coup de grand mouvement dans cette flaque visqueuse. Dans un temps record, mon dos et mes flancs étaient devenus de la couleur d’un poussin. En un sens, cela était de bon goût puisque je venais à peine de revenir d’une mort quasi certaine. Un jaune vif, lumineux et flamboyant pour mon renouveau. Bien sûr, je n’avais pas conscience de toute cette symbolique. Ce type de réflexion poussée, typiquement humanoïde, me passait dix pieds par-dessus la tête. Ce qui m’importait était mon propriétaire qui venait d’entrer dans la pièce principale et de s’agenouiller tout près de ma tête. À ses mots, je me retournai immédiatement pour cesser de le voir à l’envers; ce qui ne m’empêcha pas de rester couché. À sa question, je penchai légèrement ma tête sur le côté. Oui, tien. Pourquoi avais-je fait cela déjà? L’excitation que j’en avais tirée m’avait fait oublier la réflexion qui m’y avait conduit. Hum… Cherchant la réponse que Grim attendait, je commençai à observer la scène qu’il venait de me décrire. En effet, il y avait du jaune partout. Au-delà de sa préoccupation, qui était loin d’être mienne, c’était parfait pour me camoufler! Tandis que je me disais cela, j’aperçus mon reflet dans le miroir. Mon image. Je me souvenais maintenant.

- Changer Akela. Beau.

Je me relevai puis je me secouai rapidement tel un chien qui vient de quitter son lieu de baignade. Je vous laisse deviner ce qui se passa à cet instant… On était désormais deux à être d’une teinte excentriques. Ce que je ne réalisai qu’après coup. Alors qu’un jeune enfant ayant le même niveau de capacité cognitive que moi en aurait ressenti de la culpabilité, une autre émotion que celle-ci me gagna. Je ne savais pas encore son nom, mais cela ne m’empêchait pas de la vivre à sa pleine capacité. Elle me faisait sentir plus proche de l’androïde qui me servait de maître et me rendait heureux.

- Meute. Pareille.

Je trempai le bout de mon museau dans la mare puis je vins coller ma truffe contre la joue de Grim pour le peinturer en jaune; comme moi. Je promenais délicatement le bout de mon museau sur le côté de son visage puis sur son cou. Je quittais mon contact avec lui uniquement pour me ravitailler en peinture qui se trouvait à mes pattes. En aucun instant je ne pensai qu’il puisse ne pas vouloir être peinturluré ou qu’il puisse être encore préoccupé par mon dégât. Mon esprit était focusé par mon désir soudain de renforcer les liens qui m’unissait à mon sauveur en nous rendant semblables l’un et l’autre. Cette manière inopinée, qui m’était venue par accident, me permettait de réduire l’écart entre son être bipède et ma quadrupédie. À l’instar d’une meute de chairs qui partage leur odeur, on partageait notre apparence.

Invité
Anonymous
Ven 8 Déc - 14:40
L'avantage certain des animaux androïdes, du moins pour quelques modèles, était cette formidable capacité qu'ils avaient de parler. D'exprimer des mots en tous cas, car on ne pouvait réellement tenir une conversation avec eux. En réalité Grim ne savait pas s'il s'agissait d'une spécificité de son chien ou de ce modèle-là. Il fallait vraiment qu'il se renseigne sur le sujet.
Akela voulait se changer, devenir beau. Effectivement, ça se comprenait. Son enveloppe extérieure avait été abimée et hélas l'artilect ne pouvait pas faire de miracle. De là à devenir jaune et repeindre tout le logement ... peut-être qu'il y avait exagération. Et l'animal s'ébroua, envoyant voler des gouttelettes poussin absolument partout. Il faudrait tout laver. Grim constata l'étendu des dégâts d'un regard neutre. Il laissa passer un soupir semblable à de la lassitude. Le nettoyage était une activité non prévue aujourd'hui qu'il faudrait rajouter à son emploi du temps. En plus de son propre lavage. Parce qu'Akela vint lui coller sa truffe jaune sur la joue.
Grim ferma un oeil pour ne pas en avoir à cet endroit. Puis il en eut dans le cou, et bientôt une grande partie du visage. Il se redressa hors de la portée de cette attaque et passa ses doigts sur la peinture, ne faisant que l'étaler davantage. Être pareil, la même meute. Comme une famille ? Les humains disaient cela. L'androïde considéra un instant le chien, si semblable et différent de lui. Oui ils étaient pareils en fait, pas seulement parce qu'ils étaient composés de circuits et de métal. Pour d'autres raisons également.

- C'est voyant comme comme couleur, je ne peux pas me promener comme ça dans la rue. Attends on va trouver autre chose de mieux.

Mais quoi ? Grim alla chercher son ordinateur portable et lança une recherche internet sur ce qu'on mettait sur un chien pour le personnaliser. Il montra les résultats à l'écran.

- Regarde Akela, les humains mettent des colliers. Hum ... Ce n'est pas très original.

Il détailla l'androïde, les endroits où il avait été abimé et qu'il avait rafistolé comme il pouvait. Et puis il eut une idée.

- Je sais ! On pourrait te trouver une nouvelle enveloppe extérieure pour réparer celle qui est cassée, et on pourra ensuite la décorer comme tu veux.

Ou alors il pouvait tout aussi bien s'acheter un collier pour lui aussi, avec un symbole pour les représenter tous les deux. Un symbole pour identifier leur meute. Ca lui plaisait comme mot.

- On peut commander les pièces sur internet, je sais les assembler ce n'est pas un problème.

Après tout ça ne touchait qu'à l'extérieur, et Grim opérait parfois de petites réparations sur lui-même donc il n'y aurait aucune difficulté pour ça. Il continuait à regarder les résultats de sa recherche. Colliers, jouets, bandanas, laisses, paniers, coussins, tant de choses existaient pour les chiens. Parfois même des parties du corps robotisées pour les animaux handicapés, entièrement customisables. Le développement de la robotique ne touchait pas que les humains. On pouvait même installer de la véritable fausse fourrure sur une enveloppe externe et rendre l'animal presque réel, comme un vrai chien.
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A'ke te parle en #9F8ACE
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Akela
Dim 31 Déc - 22:16
Mon bonheur à moi... C'est nos moments à nous.


AKELA


GRIM


Lorsque mon maître se leva pour m’échapper, je me postai sur mes pattes arrière pour me surélever et ainsi continuer mon recouvrement jaune. Je n’en eus cependant pas l’occasion puisqu’une fois que mon geste fut à peine réalisé, Grim avait déjà filé dans une autre pièce. Ce n’est qu’avec sa disparition, donc le retrait de ma lubie, que mon esprit s’attarda à ce qu’il avait dit. Trop visible. Trop visible…? Je posai mes pattes antérieures au sol avant de tourner en round pour observer la flaque de peinture que j’avais causée. C’était… jaune. Oui. Jaune moutarde. Je portai mon regard dans le miroir plein pied qui se trouvait non loin. J’étais encore plus visible qu’un lièvre avec son pelage d’hiver en milieu d’été. Je n’y étais pas du tout niveau discrétion, embuscade, filature, etc.

- Jaune. Proie. Mauvais.

Après avoir partagé ma pensée, je m’avançai vers mon ami quand il m’appela. Une fois ma lourde tête déposée sur la table, je captai mon attention sur ce qu’il souhaitait me montrer. Un collier. J’en avais déjà eu un avec les Ludovick. La petite Engela passait son temps à tirailler ce bout de cuir pour m’inciter à regarder la moindre chose qui la fascinait. Cela pouvant aller d’un petit insecte banal à une grande sculpture somptueuse. Pourquoi pas, me dis-je? Il y en avait des beaux avec de jolies plaques brillantes. Par contre, je désirais plus que cela. Il aiderait, certes, mais cela n’arrangeait pas mon problème de carrosserie. Tandis que Grim faisait défiler la page, j’aboyai subitement pour le surprendre. Je voulais qu’il s’arrête. J’approchai ma truffe de l’écran pour venir désigner un bandana. On voyait bien leurs motifs puisqu’ils étaient plus larges que les colliers. C’était également à mon goût.

- Décorer? Changer beau? Oui.

Quel drôle de mot. Je l’avais déjà entendu, mais cela concernait une maison ou un sapin. Jamais je n’avais été jumelé avec « décorer ». Si cela signifiait me rendre jolie, ça me convenait parfaitement. Peu importe le terme employé. Les humanoïdes étaient souvent doués pour l’agencement. Ainsi, je me laissais au jugement de Grim. Ce qui n’était pas non plus pour sortir de l’ordinaire. Au-delà des bandanas, la vue des jouets me fit aller chercher ma balle de tennis. Je déposai l’objet sur les jambes de mon compagnon.

- Jouer ensemble.

Je me reculai de quelques pas. Mes pattes s’arrêtèrent dans la flaque de peinture sans pour autant retenir mon attention. J’étais déjà passé à une autre histoire. Je ne restais jamais longtemps sur le même sujet. Ce qui ne m’empêchait pas d’attendre avec impatience que mon bienfaiteur se lève pour que l’on sorte dehors. Les dernières images m’avaient donné l’envie de courir, de sauter et de me défouler. Je voulais passer un moment joyeux avec l’androïde.

Invité
Anonymous
Lun 8 Jan - 13:32
Un banada ? Ma foi pourquoi pas. Puisque Akela semblait le vouloir, Grim le commanda. Il avait déjà vu des chiens avec ce genre d'excentricité au cou ça ne choquait pas. Il avait lu quelque part qu'il fallait toujours féliciter l'animal lorsqu'il faisait quelque chose de bien. Est-ce qu'Akela devait être considéré comme un chien normal ? Grim considéra que oui, pour certains aspects, alors il posa une main affectueuse sur sa tête et sourit, ça il savait faire.

- On recevra le bandana demain, la livraison est rapide. Et on commandera des pièces neuves, et une peinture plus ... appropriée que le jaune.

L'animal s'éloigna d'un coup pour revenir avec la balle de tennis dans la gueule. Il la déposa sur ses jambes avant de demander à jouer. Jouer ensemble ? Dehors ? Oui dehors cela allait de soi, ils n'allaient pas s'exercer dans un appartement si petit et tout en désordre. Normalement il aurait fallut se laver un peu avant de sortir pour ne pas attirer l'attention. Grim considéra la question. On risquait déjà de l'aborder en voyant le chien androïde, s'ils étaient tous deux jaune ça n'irait pas en s'arrangeant. Mieux valait réduire les risques de contacts humains et ainsi échapper à de mauvaises situations.

- D'accord on va aller jouer. Mais avant on se nettoie. Il faut toujours être présentables quand on sort, les humains accordent beaucoup d'importance à l'aspect physique des choses.

L'artilect referma son portable avant de se lever et de se diriger dans la salle de bain. Il mouilla un chiffon et entreprit de nettoyer consciencieusement Akela, cela fait il se débarbouilla et passa des vêtements propres. Pourquoi l'aspect physique devait-il primer autant ? Pourquoi cette fascination pour l'extérieure ? Ca avait toujours été une question épineuse pour lui, même après toutes années il n'en avait pas trouvé la réponse.
Jugeant son aspect suffisamment convenable, Grim attrapa les clés de l'appartement soigneusement déposée dans un plat sur le meuble de l'entrée - jaune lui aussi - et sortit, Akela à ses côtés. Il avait songé à une laisse puis s'était dit que ça ne servait à rien. Pas pour un animal aussi intelligent. Et quelque part il le voyait comme un frère, et l'idée de lui mettre une laisse éveillait en lui un sentiment de colère.

Grim ne vivait pas dans le meilleur endroit qui soit, en même temps il pouvait difficilement se payer mieux, surtout sans aucune identité. Obligé de passer par un intermédiaire pour se loger, l'androïde préférait se montrer aussi discret que possible auprès de son voisinage. Il traversait les rues rapidement sans vraiment prêter attention aux gens alentours jusqu'à ce qu'ils arrivent à un petit parc. Vraiment petit, avec sa mini marre aux canards, ses jeux pour enfants en mauvais état, et son fameux amas de buissons où il valait mieux ne pas traîner pour ne pas tomber sur des seringues usagées. Mais ça il s'en fichait. Il prit la balle, la lança une ou deux fois en l'air devant ses yeux. Pourquoi jouait-on à lancer des choses aux chiens ? Pourquoi aimaient-ils tant aller les chercher et les rapporter ? Grim chercha un coin tranquille, avisa un coin de pelouse tondue sans personne dessus, et il lança la balle aussi fort qu'il le pouvait. Elle fila à toute allure plusieurs mètres plus loin. Est-ce que, à l'instar des enfants, les chiens resserraient leurs liens par le jeu ? Grim vit du coin de l’œil un homme promener son chien, un vrai fait de chair et de poils cette fois. Est-ce que lui aussi faisait ça avec le sien ?
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Akela
Sam 27 Jan - 1:11
Tout notre raisonnement se réduit à céder aux sentiments.


AKELA


GRIM


À la confirmation de mon maître qu’il acceptait de jouer, je me relevai pour piétiner à ses explications. Allez quoi! Cesse de parler et allons-y! Je ne parle pas autant et cela ne m’a jamais été une nuisance. Ha… Les humanoïdes et leur bla-bla. Tellement de mots pour dire si peu. Action. Réaction. Pas besoin de plus. Je vins à m’immobiliser à son discours sans pour autant cesser de le fixer. On y va maintenant? Allez, allez, allez… ALLEZ! Hé non… Je poussai un soupir par réflexe social. Geste non verbal que mes circuits avaient notamment associé au sentiment d’exaspération. C’était bien cela qui m’animait selon moi. À moins que ce soit davantage de la frustration de ne pas obtenir immédiatement ce que je voulais? Je m’y perdais encore dans tout ces termes. Je les vivais sans savoir les nommer la majorité du temps. Si l’un de ces bipèdes me l’apprenait, j’arriverais certainement à y voir plus clair. Ayant créé leur langage, ils devraient pouvoir me le transmettre d’une manière efficace. Cependant, cela attendrait à un autre jour. Apparemment, il fallait absolument se nettoyer. Je suivis Grim jusque dans notre salle de bain, non sans m’y sentir obligé. Si je n’y allais pas, il ne voudrait pas que je sorte donc je ne pourrais pas jouer avec lui.

Ce n’était pas tant que je n’aimais pas être mouillé ou me faire laver. C’est uniquement que ce n’était pas l’activité que je voulais faire dans l’immédiat. Telle une statue immuable, je restais immobile. La scène avait des allures de mec qui nettoie sa voiture. Sauf que… le mec était un androïde et le véhicule un chien. Fin. Vous avez compris l’image. Lorsque ce fut complété, je m’ébrouai tandis que Grigri s’occupait de lui-même. J’étais mécontent d’avoir dû m’y plier, mais content d’avoir quelqu’un pour s’occuper de moi. C’était possible de vivre en même temps des sentiments contradictoires? Décidément, je devenais tout aussi étrange que mes créateurs depuis ce bogue de mes circuits.

L’extérieur! Enfin! L’air, les passants, le béton, les oiseaux… Tant d’animation et tout autant de stimulus pour mes sens. Cela m’était énergisant! Presque au même niveau que mon petit matelas qui me sert à recharger mes batteries par induction. Dommage que je ne sois pas solaire. Je passerais encore plus de temps dehors. Je portai mon regard sur mon maître tandis que je le suivais. Mes mouvements de pattes vifs donnaient l’impression que je me pavanais. Passer du temps avec lui c’était ce que je préférais par-dessus tout. Il était le jus de ma batterie social et émotionnel.  

- Grim joie?

Il était le seul à qui je parlais autant. Il était ma meute. Il était mon monde. Un monde dans lequel mon sens du beau était bien différent des perceptions humaines. J’aimais ce cartier puisque c’était le nôtre. Ici ou ailleurs? Définitivement ici. Je ne retournerais pas dans le luxe que Rex avait si cela signifiait perdre Akela. Jamais sans mon Grim.

Le parc en vu, je pris un pas de course pour le rejoindre en premier. Avant que mon compagnon de sortie n’est le temps de poser un pied sur l’herbe, j’y avais déjà fait une ronde pour m’assurer de la sécurité de l’endroit. Une habitude qui m’était restée en partie à cause de mes anciennes responsabilités, mais également présente pour me permettre de garder à jour ma carte interne des lieux composant mon territoire. À l’arrivée de mon alpha, je le suivis jusqu’au coin de son choix. Il s’agissait d’un secteur légèrement à l’écart des humains, pour s’assurer que l’on soit tranquille. En prime, il nous offrait le vaste espace qui m’était nécessaire pour courir à ma guise.

Quand je remarquai que Grim se préparait à lancer ma balle, faisant des attraper sur place, je m’éloignai à reculons pour ne pas manquer un seul de ses mouvements. Lorsque je fus à un mètre et demi, je figeai pour patienter. L’envolée de l’objet ne se fit pas prier trop longtemps. Aussitôt qu’elle fila dans les airs, je me retournai vivement pour courser en direction du point d’atterrissage que mes circuits avaient calculé. J’arrivai même suffisamment rapidement pour effectuer un saut et l’attraper en vol quelques secondes avant qu’elle touche le sol. Mon jouet dans ma gueule, j’aboyai pour me faire entendre avant de revenir au pied de mon compagnon. Une sensation électrique me gagnait chaque fois que j’attrapais ma proie dans sa course. Était-ce que l’on appelait de la fébrilité? Dans tous les cas, c’était ce sentiment que je recherchais quand je jouais et l’attention que l’on me donnait quand je ramenais la chose.

Voyant que Grim ne me félicitait pas, je frôlai mon museau contre sa main pour qu’il réalise ma présence et récupère la balle. Par contre, étant curieux de son absence, je portai mon regard dans la direction que le sien prenait. Voyant l’autre chien pour lequel il s’intéressait plus qu’à moi, je me plaçai entre mon maître et cet indésirable. Je grognai aussitôt dans leur direction. Je ne laisserais personne me le prendre.

Invité
Anonymous
Lun 19 Fév - 9:14
Joie ? C'était difficile à dire. Pouvait-on ressentir de la joie pour quelque chose d'aussi simple ? Est-ce que lui et Akela partageaient la même forme de joie ? Trop de questions qui finiraient par lui donner mal à la tête, façon de dire que ses circuits chaufferaient un peu trop. Malgré cela il considéra la question un moment avant de répondre d'un hochement de tête.

- Oui, joie.

Ce devait en être non ? Dehors, avec son chien pour lequel il développait une forme d'affection, que pouvait-on demander de plus ? N'était-ce pas ça au final la joie ? Les grands philosophes de ce monde auraient de quoi disserter pendant des heures. Grim jugea qu'une nouvelle caresse sur la tête d'Akela serait plus expressive que tous les mots qu'il pouvait employer.

A chaque fois qu'ils allaient au parc l'animal se lançait dans un rituel très précis. Il faisait toujours le tour, semblait examiner les lieux comme pour décider de s'ils lui convenaient ou non, puis enfin se préparait pour rattraper la balle. Il ne la manquait jamais. Est-ce qu'il en calculait la trajectoire ? Dans ce cas n'était-ce pas un peu tricher par rapport à un chien normal ? Non sans doute pas, parce que dans ce cas il en serait de même pour les capacités des androïdes humains. Or, les humains les avaient voulu ainsi. Donc c'était la faute de ces êtres de chair et de sang, CQFD.
Grim sentit une pression sur sa main. Akela avait déjà rapporté la balle alors qu'il observait l'autre bipède et son compagnon. Un comportement qui valut à son propre compagnon une réaction des plus étranges. Il se mit à grogner, à se montrer agressif, et l'autre canidé répondit à la menace.
C'était un berger dans le même style qu'Akela, à peu près la même taille, des poils bruns et noirs, des oreilles dressées et un museau long et pointu. Il se mit à aboyer lui aussi en tirant sur sa laisse, désarçonnant son maître. L'animal tira tant et si fort qu'il finit par échapper à la prise de l'humain. En quelques bonds il s'avança vers eux mais s'arrêta pour aboyer et grogner à nouveau. Comme Akela le faisait pour Grim, ce chien protégeait son maître. L'homme le rejoignit au pas de course avant qu'une bagarre n'éclate.

- Ca suffit Opium !

Grim nota le nom du chien, quelle idée de l'appeler par celui d'une drogue.

- Vous pourriez calmer le vôtre de chien ! s'écria l'homme en direction d'Akela.

L'androïde eut un moment d'égarement. Calmer son chien ? On pouvait faire ça ? Il n'y connaissait tellement rien en animal, et puis est-ce qu'on pouvait faire avec son compagnon comme avec n'importe quel chien ? Voyant que l'autre ne réagissait pas, l'humain menaça de s'énerver plus encore. Il se stoppa néanmoins en voyant que le chien qui énervait le sien était un androïde.

- Ca alors, c'est un androïde que vous avez !

Évidence même. Grim se contenta de hocher la tête. Il devait donner le change. Les humains le considéraient tout le temps comme l'un des leurs.

- Oui je l'ai récupéré il y a peu.

Voyant que l'homme calmait son chien par quelques caresses, Grim fit de même et vint poser sa main sur le flanc d'Akela.

- Je n'y connais pas grand chose en chien ceci-dit.

Il avait beau ne pas apprécier leur compagnie, peut-être que l'aide d'un mentor en comportement canin pouvait s'avérer utile. Opium s'assit aux pieds de son maître sous l'ordre de ce dernier, toujours méfiant vis-à-vis d'Akela cependant, et certainement aussi agacé de voir son humain s'intéresser à un autre chien que le chien-robot l'avait été de voir Grim porter son attention sur un autre canidé.

- Comment s'appelle-t-il ?
- Demandez-lui, il vous répondra peut-être.

Un chien qui parle ! L'homme se fendit d'un large sourire. Il s'agenouilla pour ne pas paraître menaçant.

- C'est quoi ton nom mon beau ?

Grim ne comprenait pas pourquoi les humains adoptaient une autre intonation en s'adressant aux animaux. Peut-être pour les mettre en confiance ? Allez savoir !
Mails : 53
Surnom : A'ke
Emploi/loisirs : Chien de garde de Grim
Portrait robot : - Fiche de présentation
- Résumé
- Androïde de type 3
- Parle de manière rudimentaire
- Se nommait anciennement Rex
- Apparence personnalisable
- Obéissance totale à Grim
- Intelligence instinctive et sensorielle
- Impossibilité de planifier sur le long terme
- Éprouve des sentiments humains non simulés
- Capacité d’attaque envers les humains
- À abandonner plusieurs de ses réactions canines programmées
- Déteste les humains

A'ke te parle en #9F8ACE
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Akela
Lun 25 Juin - 14:39
Ne t’inquiète pas
je suis facile à oublier


AKELA


GRIM


C’était une bête fière qui s’était élancée dans ma direction. Un animal confiant en lui et dont son propriétaire prenait grand soin de toute évidence. Ce n’était pas son pelage propre et soyeux qui allait démentir cela. Encore moins cette sensation de toilettage frais fait. Je percevais dans l’air les molécules d’un savon qui ne datait pas au-delà de deux jours. Un canidé parfait. Pas comme moi. Je n’étais que défaut pour les Hommes. Cela ne m’aurait pas étonné que ce berger fût participant à des concours. Tout cela… Tout cela faisait germer cette boule que j’avais en moi. Elle me déchirait de l’intérieur et me donnait l’envie irrépressible d’en faire tout autant avec mon adversaire. Elle prenait de l’expansion et enflait à une vitesse à laquelle je ne pourrais bien tôt plus la contenir. Elle engloutissait cette petite voix de bienséance que mon programme comportemental continuait de me faire entendre; la survenue du dysfonctionnement ne l’ayant pas fait taire.

Je percevais la voix de Grim et de l’humain, mais je ne l’enregistrais pas. Il n’y avait que cet aboiement incessant. Rauque, prenant, obsédant… C’était plus qu’une question de conserver mon droit sur mon maître. Il y avait autre chose qui s’était éveillé. C’était ce parasite qui me rongeait depuis mon abandon. Il n’était pas présent physiquement, pourtant je le ressentais. Je ne comprenais pas tout le temps ce qui se déroulait en moi. Encore cette histoire de sentiment?

Par coïncidence, à la caresse de Grim, je cessai d’aboyer. Le silence semblait s’être fait de mon côté. Cependant, ce n’était qu’en apparence. Par programmation de meute, j’avais commencé à émettre un bruit silant sous haute fréquence. On aurait presque dit un télécopieur. Un signal d’alerte pour confirmer l’identification  d’une menace avant de l’engager. Laquelle me direz-vous? Cet homme agenouillé face à moi et me parlant d’une voix enfantine? Ce berger assis qui n’émettait plus un bruit? Non. Le véritable ennemi était en moi. Je n’avais pas besoin de connaitre son nom pour qu’il soit là. La rancoeur. C’était cela qui me dévorait. Une blessure grandissante avec une souffrance semblant sans limites. Elle me rendait fou.

Sans le moindre son vocal, uniquement percevable par les bruits mécaniques de mon enveloppe, je poussa avec force l’humain qui me faisait face en usant de ma tête. Je le dégageais de ma trajectoire de la même manière qu’un éléphant déracine un arbre mort. Toujours avec ce silence de mort, je bondis sur le canidé que j’avais pris par surprise. Je ressentis son cou qui échappa à mes crocs. Petit chanceux. Il n’y a pas que les Hommes qui te sourient. La vie aussi. Cette salope d’existence. Ne crois pas que cela va durer. Tu tomberas toi aussi. Un autre plus joli prendra ta place puis tu termineras chez le vétérinaire dans un sac poubelle. Le même qu’ils utilisent pour leur restant de bouffe. Terminons ton histoire ici pendant qu’elle est encore heureuse. Comprends… Non. Ressens le déchirement de l’avarice des Hommes.

Du poil de son cou aux bords de mes babines, ma mâchoire solidement fermée, mes crocs aux travers de la viande de son épaule… C’était le début d’une histoire tragique. À moins que ce ne soit la morale à la fin d’un conte sombre? Une page de plus qui pourrait rejoindre les autres récits des frères Grimm.

Invité
Anonymous
Ven 7 Sep - 2:56
Quand ce que l'on cherche, se trouve juste sous notre nez.
Un jour de repos ... Il fallait qu'il ait un jour de repos en pleins milieux d'une enquête. Certes, c'était obligatoire. La loi obligée que tout le monde ait au moins un jour de repos dans la semaine. En tant qu'officier de police, Lukas était mal placé pour ne pas se plier aux lois et ses supérieurs lui avaient déjà fait des remontrances comme quoi il travaillait trop. Oui, monsieur n'aimait pas la paperasse, mais c'était un adepte des heures supplémentaires. Et alors ?

Sauf qu'aujourd'hui ... L'Albinos n'avait rien à faire. Éloigner de son travail et obliger de se reposer, son appartement bien trop propre, il avait arrosé ses plantes il n'y a pas moins de dix minutes et n'avait rien de neuf à lire. Pourtant, il avait tout de même de quoi s'occuper. Mais non, il resta là, affaler sur son canapé, les yeux perdus dans le vide alors qu'il réfléchissait à son enquête. On lui avait donné pour mission de retrouver un androïde T-3 aux apparences de canidé et devenu agressif, ou plutôt "défectueux" malgré les lois de la robotique. Un convoi, c'était charger de l'amener vers une usine de recyclage avec d'autres "congénères" mais au lieu de ça, avait été détourné, certainement pour qu'ils soient revendus sur le marché noir. Après ça, Lukas avait dû se débrouiller pour enquêter, récupérer les pièces à droite et à gauche et mettre derrière les barreaux ces revendeurs douteux. Il avait travaillé plus que de raison, d'où les remontrances et la menace de mise à pied s'il ne respecter pas ses jours de congé. Mais c'était plus fort que lui, comment est-ce qu'ils voulaient qu'il reste tranquille alors qu'un androïde, voir même peut-être plusieurs à cause des pièces détacher, risquaient de mettre en danger des vies ? Pour lui, c'était une blague de mauvais goût.

Lukas fixa le plafond quelques secondes supplémentaires, secouant son pied au rythme d'une musique imaginaire avant de se relever brusquement. Il avait besoin de bouger, un petit footing ne lui ferait pas de mal et si ça ne réussissait pas à lui vider l'esprit, tant pis ! Il se remettrait au travail ... Discrètement.
C'est donc après avoir enfiler des vêtements plus adapter que ce vieux treillis qu'il se traînait chez lui et avoir pris ses affaires, qu'il quitta son appartement pour aller faire un tour. La distance ne lui faisait pas peur et il avait tout le temps devant lui, alors il alla trainer dans un parc un peu plus loin que d'habitudes. Il faisait chaud, même pour la saison et nombreux était les autres sportifs qui écoutaient de la musique pendant leurs séances d'exercice. À une époque ; Lukas aurait sans doute fait pareil, mais ce n'était plus le cas. Maintenant, il préférait rester en état d'alerte, en accord avec son environnement et il était loin de s'imaginer qu'aujourd'hui, cette manie allait lui être bien utile ...

Se vider la tête en courant lui faisait du bien, mais rapidement, une discussion qui s'envenima un peu plus loin capta son attention. Inconsciemment, il ralentit et se montra attentif. C'était deux hommes et leurs chiens qui ne semblaient pas s'apprécier un peu plus loin, rien de trop suspect pour le moment et le ton baissa, les deux canidés se faisant silencieux. L'albinos allait reprendre un rythme plus soutenu, tout en les gardant tout de même à l'oeil, quand tout bascula en un instant. Les aboiements, les grognements, le bruit mat de corps qui s'entrechoquent et se débattent...

Sans réfléchir, son corps bougea tout seul et il rejoignit les deux autres hommes en vitesse. Il se rendit compte à ce moment-là, que les plaintes ne venaient que de l'un des animaux et que l'autre n'était autres qu'un ... Androïde. Un androïde qui attaquait un autre chien visiblement sans raison et qui ressemblait étrangement à ce qu'il recherchait.
À mis chemin entre la montée d'adrénaline et un sang-froid exemplaire, il ne réfléchit même pas, ses gestes se faisant automatiques alors qu'il jeta son téléphone portable dans les mains de l'un des propriétaires, déjà sur le numéro des urgences dans l'espoir qu'il aurait l'intelligence de s'en servir. De toute façon, il était bien conscient que dans ce genre de situation difficile, il valait mieux faire parler son instinct tout en restant calme, les moments d'hésitation se montrant souvent fatale. Il tira l'androïde par les pattes arrières pour attirer son attention après lui avoir donnés un coup de sac à dos à la tête pour lui faire lâcher prise. Pestant intérieurement contre la résistance propre aux androïdes, il savait bien que ; ne faisant pas partie de l'escadron spécialiser et étant en jours de congé, il n'avait rien pour contrer cette machine. Sauf peut-être son taser ... Ces petites merveilles étaient aussi efficaces sur les androïdes que les êtres humains, même si les effets n'étaient pas exactement les mêmes. Sauf que là, tout de suite, il n'avait pas vraiment le temps de fouiller son sac pour le récupérer ...

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A'ke te parle en #9F8ACE
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Akela
Mer 19 Sep - 16:06
La colère est une bête cruelle et furieuse


AKELA


LUKAS

La rancoeur, la colère, la rage…
Tous semblables par la puissance incontrôlable qu’elles peuvent générer en nous et pourtant à la fois si différentes. La première est comparable au geste de croquer dans un fruit amer. Supportable, mais sur le long terme on le devient à notre tour. Suis la colère. On y succombe à la moindre interférence mineure. Lentement et avec assiduité, elle gruge ce que nous sommes pour ne laisser sur son passage qu’une rage aveugle. Une haine contre le monde et la vie. Une poudre noire qui créer un brasier en un instant lorsqu’une minuscule étincelle l’allume. Un feu dévorant qui perdure jusqu’à la consommation, à son tour, de son ôte ou, par un quelconque miracle, lorsqu’il trouve une source salvatrice qui l’apaise et reconstruit son âme meurtrie.

Engloutis par cet incendie, mes crocs étaient ceux de la hargne. Je suivais ce que mes sentiments me dictaient. Je n’avais pas besoin de connaître leur nom pour cela.

J’avais entre ma mâchoire cette pièce de viande couinante qui se débattait. Elle essayait de mordre mon cou, mon épaule, mon oreille et tout autre parti qui étaient à sa portée, mais aucun de ses ridicules assauts ne fonctionnait contre mon corps synthétique. Pris par le désir de vivre, elle vint à se blesser elle-même à force de croiser sa dentition avec mon armure. Du sang se mit alors à couler de sa gueule. Ses babines en furent rapidement recouvertes ainsi que des sections de mon corps puisqu’il ne cessa pas ses attaques pour autant.

Il était impuissant. Comme je l’avais été. Sauf que lui, les Hommes décidèrent de lui venir en aide au lieu de contribuer à sa noyade. Le premier à intervenir ne fut pas son maître. Il était trop sonné et sous le choc de l’agression pour cela. Il ne trouverait pas la force de ce relevé avant un moment. La scène environnante ne l’aidait guère non plus. Il y avait de petites flaques rouges qui recouvraient le gazon autour de nous et des touffes de poils partaient à la moindre brise. Sans parler des gouttelettes sanguines qui avaient été propulser un peu partout dans les environs à cause de mes violents mouvements de tête qui agitait et déchirait le corps du canidé. Lui et moi étions désormais le centre d’une toile d’art abstrait.

La personne qui vint à la rescousse, des futurs restes de l’animal, n’était de prime abord qu’un passant. Un « bon » samaritain qui jugea efficace de m’assommer avec son sac. La bonne blague. Je n’étais pas assez bête pour changer de cible, aussi facilement, contre un objet inanimé. Tout de suite après l’impact, je lui adressai un regard froid avant d’émettre un grognement. Le premier depuis le début de ce carnage. Il avait pour utilité, unique, de lui transmettre mon mécontentement dans son implication. Ce bruit n’était qu’une synthèse vocale, mais il était possible d’y dénoter des pointes d’agressivité. Il se retrouverait cul par-dessus tête à son tour s’il le fallait. Cependant, pour l’heure, vu son faible niveau de menace, je détournai mon attention de sa personne pour me concentrer sur l’animal. Erreur. Mon corps se retrouva rapidement au sol. J’avais perdu mon équilibre à cause de leurs actions simultanées. Entre ce type qui gardait l’un de mes points d’appui hors contact du sol et ma proie qui se débattait, il n’en avait pas fallu plus pour déstabiliser ma mécanique rafistolée.

Une fois étalé dans l’herbe, j’ouvris ma gueule, libérant ainsi l’animal, puis je commençai à agiter brusquement ma patte arrière dans l’espoir de récupérer mon membre. Avec ou sans celui-ci, je pris l’initiative de me lever. Cette fois, la situation me força à écouter ce que mes systèmes m’envoyaient comme information. Le tout s’effectuant en l’espace de quelques secondes.

Officier de police. Matricule…
Connexion perdu.
Connexion aux réseaux.
ID at3rex0p
MDP *************
Erreur. ID bloqué.
Accès backdoor 5.
Accès réussi.
Donnée matricule bloquée. Lukas Weidmann. Hors service. Alliés.


- Non. Pas alliés. Ennemis. Lukas Weidmann hors service. Pas interférer.

Lukas Weidmann. Menace identifiée utilisateur.
Lukas Weidmann. Troisième loi modification T3.
Autorisation d’attaque en cours…


Il y avait des choses quasi immuables qui était impossibles de contourner, mais avec le temps, j’avais su prendre des chemins secondaires pour retrouver ou manipuler certaines de mes fonctions à ma convenance. C’est cela que mes sentiments, ma prise de conscience, m’avaient permis de faire. Être plus que ce qui avait été programmé. Être une machine qui peut se contrôler elle-même. Il se déroulait énormément de choses dans mon petit corps. Une infinité comparé à n’importe quelles autres. J'étais au-delà de ce que mon apparence stoïque laissait transparaitre.

Signal capté. Récepteur du signal : force de l’ordre.

Pour la seconde fois, malgré le risque, je ramenai mon attention ailleurs. Mes oreilles s’agitèrent pour localiser la source de l’émission. Au début, elle me parut être unique, provenant de ce téléphone que l’agent avait confié, puis je réalisai que les émetteurs étaient multiples. En cernant l’étau qui se resserrait, je m’engageai sur le chemin d’action logique : la fuite. Au premier parcourt sans obstacle que je repérai, je m’élançai sur ce tracé à pleine vitesse.
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Le Plaisantin
Mer 31 Oct - 19:17
Traquenard!

Sang. Il y avait du sang, de l’horreur, de l’imprévu dans le tableau charmant du parc calme.
Contre toute attente, un canoïde de prime abord inoffensif, c’était jeté sur un chien de chair et d’os. Il l’avait saigné. Sous la vue de tous.
Personne n’avait compris. Les figures dans le parc s’étaient stoppées, saisies. Toute sauf une qui, réactive face à l’urgence, avait quitté sa course pour s’interposer.
Laissant le soin au propriétaire du chien exsangue d’appeler la police, l’homme avait frappé l’animatronic en vain puis attrapé ses postérieurs. Surement habituée aux situations de lutte, il avait fait chuter la bête mécanique, délivrant de sa gueule la pauvre créature paniquée, qui libérée, s’était sauvé en jappant de douleur sous les yeux paniqués de son maître. Il ne la récupérerai pas ou bien plus tard et personne déjà ne faisait plus attention au chien, chaque âme trop occupée par la suite de l’action qui se déroula en deux temps très succinct: La relève précipitée du robot et sa fuite. Sa poursuite par l’homme qui s’était interposée.

L’androïde traversa tout le parc, détala dans les rues en direction opposée d’où venaient les renforts de police alertée. Il courut courut courut jusqu’à se penser en sécurité. Peut-être se pensait-il d’ailleurs loin de tout danger quand six hommes , figures sombres et silencieuses munies de tasers, avancèrent dans le boyau étroit de la ruelle sombre, le prirent en tenaille.
Ces hommes encagoulés de noir qui l’avaient retrouvé, ce n’était pas des policiers. C’était des bandits, des scélérats. De ceux qui avec une habileté presque savante, débusquaient les déviants pour se faire nouveau maître d’eux, les envoyer dans l’arène ou les dépecer, revendre leurs pièces sur quelques marchés.
Ces hommes, ces braconniers, surement étaient-ils même pire que les forces de l’ordre car aucune morale ne sommeillait en eux hormis, peut-être, celle de l’argent et de la violence. De leur réussite.

Spoiler:
 
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A'ke te parle en #9F8ACE
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Akela
Mar 12 Fév - 16:18
La peur est jumelle à l'échec


AKELA


ALEXANDER

STOP: 0x0000001E

Le souffle haletant, le coeur battant la chamade, les capillaires prêts à se rompent sous se tambourinement intense… C’était la panique, la peur, l’angoisse.

J’aurais pu vous dire que c’est cela que je ressentais, mais ce n’était pas le cas avec ce corps mécanique qui était le mien. Je vivais la situation autrement sans que les émotions impliquées le soient. Un cocktail aux mille et une saveurs m’envahissait. Je le ressentais telle une décharge d’énergie qui traversait mon corps alors que je fuyais vers un quartier déserté de la ville. Pour la première fois depuis que j’étais avec Grim, la raideur de mes membres rafistolés me pesait. J’étais lent et je manquais d’agilité. Je n’étais pas prévu pour fonctionner dans un tel état. Mes circuits me transmettaient des informations erronées, par rapport à ma condition, dans l’enchaînement des actions recommandé. Alors que je prenais un virage serré, mon flan se fracassa bruyamment contre un mur de brique qui s’ébranla tout autant que moi avant que je reparte aux quatre galops. Plus loin, dans un saut pour éviter une clôture en partie affaissée, je coinçai ma patte arrière gauche dans son grillage. Il m’était rendu, désormais, difficile de surpasser une telle hauteur. Cette entrave me cloua violemment au sol et me stoppa net dans ma progression; dans mon évasion. Ma conscience ne m’aidait pas non plus. L’avait-elle déjà faite au moins? Me faire reprogrammer était peut-être la meilleure chose qui pouvait m’arriver? Pourtant, cette seule pensée générait en moi une peur immense. La crainte de mourir?

Prisonnier de mon humanité, j’agitai vivement ma patte dans une tentative de la libérer contre tout pragmatisme. Mon affectivité criait plus fort que ne pouvaient le faire mes programmes. Ils étaient enterrés par cette douve irrationnelle que ma frayeur avait construite en un instant; par cette incapacité de fuite qui était survenue. Je tirais, je secouais, je donnais des coups… Rien à y faire. Pourtant, la solution était simple et elle m’était tout donnée sur un plateau d’argent que j’ignorai.  

DATA_BUS_ERROR
STOP: 0x0000004E PFN_LIST_CORRUPT


Les codes d’erreurs système s’enfilaient à une vitesse effarante et proportionnelle à mes actions illogiques. Je ne faisais que le contraire de ce qui m’était dicté. Ils s’accumulaient plus vite que ce qu’il était possible de gérer simultanément pour mes processeurs. La liste s’allongeait tandis qu’ils tentaient de maintenir mon état de marche; en suivant les instructions permettant de remédier à ces différents plantages. Malgré cela, il semblait impossible pour eux de reprendre le dessus. Ils venaient à peine d’en régler un que le même code réapparaissait immédiatement. J’étais tout au..ssi av…eugle … cett…e cri..tiqu…e im..po…

0x80000004 (0x48586c33 0x0015fbc0) 
{fatal system error}


Tout mon corps s’écroula, d’un coup, au sol dans un bruit de fracas métallique. Le noir. Plus rien. C’était le shutdown. À la manière d’un humain qui aurait fait une crise cardiaque ou qui se serait évanoui, mon système d’exploitation avait fini par tomber en panne. Maintenant, hors de mon contrôle et de ma conscience, il récupérait une sauvegarde antérieure pour se relancer. Elle remontait à ce matin; pas très loin donc. À chaque recharge avec mise en veille, il en effectuait une en plus de conserver les trois précédentes en cas de problème. Cependant, ce n’est pas parce que cette opération était simple qu’elle était courte. Pratiquement une heure s’était écoulée lorsque, finalement, je repris connaissance.

Sans savoir ce que je faisais ici, je me relevai. Du moins, je tentai de le faire. Ce n’est qu’à ce moment, que je remarquais le grillage qui retenait ma patte prisonnière. Sans la moindre forme de panique, j’approchai ma mâchoire mécanique pour sectionner avec facilité cet entremêlement métallique. Je terminai alors de me redresser pour ensuite effectuer une analyse système pour comprendre ce qui se passait. Lorsque les résultats m’arrivèrent, je passai outre la quantité incroyable de messages d’entretiens et de remplacements de pièces qui m’apparaissaient. Je connaissais bien ceux-ci et je n’y pouvais rien. Je ne voyais pas le jour où tout serait en ordre de fonctionnement sur ma carcasse. La seule chose qui m’apparut inquiétante fut le niveau de charge de ma batterie. J’avais, apparemment, dépensé énormément d’énergie. Je n’avais que quarante minutes devant moi pour me trouver une source d’alimentation avant de tomber en mode veille et déclencher ma balise de récupération. Ce que je devais, à tout prix, éviter pour ne pas finir pour de bon au centre de recyclage.

Je progressai un peu plus dans mon cheminement de la situation en effectuant une analyse de mon environnement à deux reprises. Je jumelai les informations recueillies avec les cartes 3D que je possédais sur la ville. De cette manière, je pus localiser ma position sans avoir à activer mon système de positionnement global qui, comme ma balise, aurait transmis mes coordonnées à mes détracteurs. Il y avait au moins cela de bon dans mon séjour sur le marché noir. Ceux-ci m’avaient retiré une énorme épine du pied en rendant mon GPS inopérant via un hack. Petit souci que je n’avais guère l’avantage de régler.

Je suivis les indications qui me menèrent à la borne de recharge la plus proche. J’aboutis alors dans une vieille ruelle où le soleil peinait à atteindre son sol. Perdue au travers d’immense bâtiment, semblant toucher le ciel, une humidité constante restait imprégnée dans l’alsphate couvrant le chemin. Je n’aimais guère la configuration de l’endroit. Un magnifique cul-de-sac avec pour seul sorti apparent mon point d’arrivée. Même si je n’étais pas à l’aise de me retrouver ici, je n’étais pas en position pour me montrer capricieux. J’avançai inexorablement en direction de la borne en sachant, au moins, que celle-ci était fonctionnelle. Un magnifique rayonnement bleuté, provenant de LED, le confirmait. Une fois à sa base, je me connectai. C’était probablement la première fois de mon existence que je restais sur mes quatre fers pour une recharge. Être debout représentait, pour moi, une plus grande dépense d’énergie que d’être couché. Cela équivalait donc à un temps d’alimentation accru. Cependant, n’étant plus prit par ma panique, l’ayant même oublié, il m’était possible de faire des choix tactiques éclairés en suivant les schémas qui avaient été intégrés dans mon être lors de sa création. Une bonne demi-heure s’écoula au fil de mon immobilité la plus totale. On aurait pu penser que je faisais partie du décor. Sorte de statue immémoriale. Ce fut les bruits de pas d’un groupe de six personnes qui me sortirent de ma mise en veille partielle. Ils semblaient s’approcher de ma position. Malgré que la combinaison de leur nombre et de ma situation géographique me rendait mal à l’aise, je restai cloitré dans mon immobilité; tel un faon nouveau-né. J’avais un besoin crucial d’électricité, beaucoup trop important, pour fuir sans raison. Je décidais donc de prendre le risque de parier sur le fait qu’ils ne m’apercevraient pas si je tenais ma position. Un pari que je perdais haut la main…

Les six hommes, tous encagoulés, s’approchèrent de moi dans une formation d’éventail jusqu’à bloquer complètement ma sortie. Malgré leur approche, je restai sur mon jeu de la statue dans l’optique de feindre une machine devenue inopérante. Une façade que je laissai retombé lorsqu’ils furent à vingt mètres de moi. Ils faisaient gronder leur bâton électrique comme s’il s’agissait du chant de leur meute. Restant branché, pour me voler la moindre seconde, je pris une position défensive tandis que j’analysais leur arme blanche en un clin d’oeil.

Matraque électrique, Qualité policière, 50 cm, 8.000kv.
Armure isolante défaillante. Cage Faraday endommagé.
Électrocution à haut risque de court-circuit.


Dans mon ancienne vie, je n’aurais pas craint ce type de menace. Tellement que j’aurais simplement lancé l’alerte puis j’aurais foncé sur le groupe pour les rendre hors d’état de nuire en espérant même qu’ils se blessent entre eux dans la foulé. Une réalité qui m’apparaissait fort loin. J’émis un grognement et un aboiement robotique à leur encontre dans une tentative évidemment vaine de les dissuader dans leur approche.

- Menace identifiée. Autorisation d’attaque.

Un petit avertissement supplémentaire comme quoi je n’allais pas me laisser faire et qu’il m’était possible de me défendre de leur agression. Seul un rire me fut donné comme réponse alors qu’un des hommes, apparemment plus aventureux que les autres, s’approcha un peu plus de moi. Je continuai de tenir ma position sous sa pression pour ne pas trahir ma faiblesse.

- Le clébard avec son armure toute rafistolée pense pouvoir nous tenir tête. Comme c’est adorable.

Il étira son bras pour faire gronder son arme à moins d’un mètre de distance de ma tête. Il l’agitait doucement dans les airs de manière à produire un son désagréable, à la fois grave et aigu, qu’on aurait pu entendre dans un film d’horreur. Sans parler de cet arc électrique que je savais pertinemment attirer vers ma carcasse de métal. Je me débranchai discrètement avant de feinter un saut vers l’avant pour mordre son arme. Mon agresseur tenta aussitôt de l’enfoncer dans ma gorge en ayant tenu ma réaction offensive pour acquise. Au lieu de cela, je sautai sur une benne à ordure pour tenter d’arracher les panneaux qui condamnaient une fenêtre à ma portée. La grande humidité les habitants les avaient rendus flexibles à la force que j’exerçais dans le but des arrachés. Cependant, ceux-ci pliaient au lieu de céder. Qui plus est, il n’était pas suffisamment pourri pour se désagréger entre ma mâchoire. Percevant l’attaque qui m’était portée de côté, je l’esquivai en sautant sur une échelle de secours. Dans une position plus que précaire, je tentai de me propulser vers le palier de celle-ci pour y grimper. Un grincement métallique, inquiétant, indiquait le mauvais état de la structure qui allait rapidement céder sous mon poids. J’avais que peu de temps avant de m’écraser au sol. Je me retrouverai alors au centre de ce cercle qui s’était formé dans cette attente. Après une dépense d’énergie considérable, par rapport à ce qui me restait, je parvins à me hisser sur le plancher de fer. Alors que je cherchais une issue à cette nouvelle prison, l’homme le plus téméraire monta sur la benne à ordure à son tour.

- J’vais lui donner un p’tit coup de jus par l’échelle! Y’en a au moins un qui devrait essayer d’entrer dans l’immeuble.


Painter Story [Pv. Alexander] Signa
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Alexander Landry
Jeu 14 Fév - 2:05

Je connais mes limites
C'est pourquoi j'irai au delà.


Des nouveaux habits, c'est tout ce dont j'avais besoin.

C'est donc cette raison qui m'avait poussé à me rendre sur la rue St-Hubert, au Centre-Ville, pour y trouver au moins un smoking complet. Ça fourmillait d'humains qui cherchaient robes de bal, de mariée, ou encore des vêtements chics. Des couples joyeux, main dans la main, marchaient sur le trottoir et croisait souvent des troupes de filles faisant leur shopping. Des cosplayers sortaient des boutiques de tissus, des joueurs de Grandeur Nature entraient dans les boutiques médivales. C'était la rue la plus propice pour trouver des vêtements chics ou des tissus, puisque la majorité des boutiques de mode s'y trouvaient. Le prix d'un smoking complet reste tout de même relativement élevé. Un smoking, c'est bien lorsqu'il est bien ajusté sur soi. L'image est très importante, qu'on le veuille ou non. Les gens se fient encore à l'apparence des gens, c'est dans l'inconscient. Néanmoins, le prix de mes smokings en valait la peine; ce type de vêtements a une espérance de vie quand-même élevée lorsque de bonne qualité... et surtout lorsqu'on ne possède pas de chats qui fantasment sur du tissu.

Je m'étais rendu à ma boutique préférée. C'était une place chaleureuse, accueillante, et c'est là où j'avais acheté tous mes complets jusqu'à présent. Le service était impeccable, la vendeuse commençait même à me connaître! Un seul habit complet allait faire l'affaire pour le moment, et c'était tout ce qui pouvait entrer dans mon maigre budget pour cette semaine. J'allais en acheter un autre sûrement sur mon autre semaine de paye, mais pas maintenant; j'avais les paiements de la maison à faire sur ce salaire là, et c'était plutôt risqué de tenter autre chose. Mes chaussures n'avaient pas été assez abimés pour que j'ais à les changer, ce qui me soulageait un peu. Mon porte-feuille n'aurait pas aimé devoir payer autre chose à cause de Pupuce! Elle avait déjà foutu la merde depuis ce matin...

Une de mes rares journées de congé, complètement gaspillée. Ce matin là, j'avais fait une triste découverte : l'une de mes chemises était bêtement abimée. Des traces de dents ainsi que de griffes trahissait clairement mon chat; Pupuce s'était précipitée sous un meuble aussitôt que j'avais fait cette macabre trouvaille, comme s'il savait pertinemment que j'allais le chicaner si je mettais le grappin dessus. Mon regard clairement irrité se retournait vers le morceau de vêtement. Après une plus grande expertise sur le tissu, j'avais constaté qu'une partie entière de ma manche de droite était manquante. Et bah là, il n'allait pas s'échapper aussi facilement. J'étais vraiment enragé, c'était le cas de le dire. Une trace de griffe ça peut se cacher par un jacket, chose que j'ai, et que je peux porter au boulot... mais une manche manquante, ça déforme le reste de la chemise, et c'est pas confortable! C'est pas du tout professionnel non plus! Une chemise, c'est dispendieux, et pas que ça: N'ayant plus de chambreurs, mon revenu était beaucoup moins imposant, et je peinais à arriver à la fin du mois. C'est dommage qu'un chat n'ait pas la notion de valeur.... Sur le coup de la colère, je frappais sur le meuble sous lequel il s'était caché pour le voir filer entre mes jambes. Je me précipitais dessus, le plaquant contre le sol et l'agrippant par la peau du cou, le redressant assez pour lui montrer et lui faire sentir la chemise. «Ça, c'est NON! T'as complètement scrappé ma chemise.... câlice...!»

Je relâchais le félin qui s'empressait d'aller se cacher sous le meuble à nouveau. Je me précipitais alors à la cuisine pour déposer ma chemise dans la poubelle alors que mon téléphone sonnait. Un soupire s'échappait de mes lèvres alors que j'agrippais mon portable, décrochant et portant ce dernier à mon oreille. C'était le nettoyeur qui me parlait. J'envoyais mes habits chez le nettoyeur, comme ça je n'avais pas à les nettoyer moi-même... et on va se le dire, on ne met pas ce genre de vêtements dans la laveuse, comme ça! Il semblait hésiter avant de me parler, pour finalement tout relâcher d'un coup: le stagiaire avait remis un de mes pantalons à la mauvaise personne, et cette personne était disparue avec mon pantalon aussi vite qu'un vendeur de drogue en entendant les policiers arriver. Manquait plus que cela! Je raccrochais rapidement, laissant tomber l'appareil bruyemment sur ma table de cuisine. Je soupirais, me frottant le front alors que je sentais un mal de tête me titiller les tempes. Un bruit de griffe se faisait entendre, et en me retournant, la seule chose que j'avais vu était Pupuce qui faisait ses griffes sur mes chaussures.... «Pupuce! Ça suffit, là! T'as fini de faire chier?» J'avais utilisé un ton assez strict et une voix forte. Il avait eu peur. Le chat s'éclipsait tout aussi vite qu'il s'était pointé dans l'entrée. Je commençais à en avoir marre. Il manquait beaucoup d'attention depuis que mon dernier chambreur était parti, et il en profitait pour attirer la mienne lors de ma présence dans la maison... mais pas de la bonne façon.

«J'reviens be'tôt. T'es mieux de rester sage. Compris?»

J'étais sur mon retour. J'avais été chercher l'essentiel, je marchais avec le sac contenant les vêtements. J'étais en route également pour me rendre chez le nettoyeur pour ramasser le reste de mes vêtements, et pour que ce dernier me rembourse la valeur de mon pantalon. Il y avait quand-même beaucoup de gens qui marchaient, le métro était très achalandé, c'était très différent de mon petit coin de Rivière-Des-Prairies. J'avais d'ailleurs hâte de m'y rendre. En espérant que mon chat n'ait pas fait plus de merde que ce qu'il avait déjà fait! J'avais ramassé pas mal tout ce qu'il pouvait déchiqueter, mais bon... on parlait quand-même d'un chat, il a moyen de grimper sur les rideaux et foutre le tout par terre, déchiqueter les coussins du canapé, pisser dans mon lit, et s'enfuir de moi comme s'il tenterait d'échapper à la douche. Plus vite j'allais être à la maison, mieux ça allait être. Je coupais donc par une rue moins achalandée, plus petite, un coin qui semblait un peu plus malfamé. Ça débochait dans un parc. C'était ma seule espoir d'arriver beaucoup plus tôt. En temps normal, j'évitais d'y passer et je préférais faire le tour du quartier pour arriver à la station de métro, mais là, je préférais de loin couper au travers. Je me retrouvais donc dans un parc, continuant mon chemin vers une rue un peu plus piteuse que d'habitude.

Pourquoi j'avais passé par là, déjà? Je ne savais pas... je m'étais perdu dans mes pensées, et me voilà quelque part entre un petit parc de la ville et un quartier un peu malfamé.

Une scène un peu inusitée attirait mon attention vers une ruelle du coin. Six hommes encagoulé, de sombre vêtus, se trouvaient tous devant un chien. Ils bloquaient l'accès à ce dernier, et en détresse, il s'empressait de sauter sur une benne à ordure, puis sur un échelle. Il galérait beaucoup avant de finalement se rendre à un palier. Je suivais la scène du regard tout en me cachant légèrement sur le bord du bâtiment. C'était grave: un chien se faisait clairement menacer par ce qui semblait être des armes blanches. Cependant, le bruit métallique qui raisonnait entre les murs de la ruelle me faisait douter de l'identité du canidé ou des hommes. Par contre, c'était trop risqué pour tenter quoi que ce soit. Je n'allais pas prendre le temps de sortir mes lunettes, juste au cas où les hommes -ou androïdes- me repèrent et que j'ais besoin de fuir. Ce n'est pas le temps de briser mes lunettes!

Dès lors, j'avais deux choix. Je ne pouvais pas rester là sans rien faire, la vie des animaux m'était trop précieuse pour que je reste spectateur. Donc: Soit je m'interposais moi-même dans l'altercation sans savoir quels armes ils avaient pour réclamer le chien comme étant mien, soit j'utilisais la négociation pour leur faire croire que la police était au coin de la rue. Évidemment, des hommes encagoulés et armés de façon non légale dans la ruelle comme ça, les flics devrait être un argument suffisamment important pour les faire fuir sans qu'ils ne tentent rien... cependant, allaient-ils réagir à temps? Est-ce que le canidé allait avoir une porte de sortie suffisamment grande pour fuir? Je devais également penser à ma propre fuite sur ce coup là... et c'était clair que si je m'interposais moi-même entre les murs, j'allais devoir fuir. Un homme vêtu d'un smoking avec un sac de vêtements dans les mains ne faisait clairement pas le poids face à six hommes armés. Un moment de réflexion et d'hésitation s'installait dans mon esprit, alors que le temps urgeait. Je devais réagir, faire quelque chose. Le danger s'approchait du chien un mètre à la fois, et le chien était dans un impasse. Il était encerclé.

Allez, Alex... fais quelque chose.

Je surgissais donc du coin du mur, comme un piéton marcherait sur un trottoir. Ma voix se faisait enfin entendre. Une voix pas trop forte, ni trop faible. Un ton clair, mais sans être trop alertant. «Hé, ehm... les gars... Sans vouloir vous déranger...» Pas trop fort... T'as attiré leur attention? Parfait. Continue, ne fait pas de mouvement brusque. Les hommes sursautaient pour certains, tandis que d'autres détournaient leurs attention. Celui qui se trouvait sur la benne à ordure n'avait à peine fait mine d'un regard, avant de retourner son attention sur sa cible principale. «Fuck.... on s'est fait voir.» L'un des hommes encagoulé s'était exclamé, mais il s'était fait rapidement répondre par les autres. «Qu'est-ce qu'il câlice là? Il est seul anyway.» «T'es qui, toi?»

Le dernier suspect à avoir parlé s'adressait à moi. Mon regard se relevait vers eux, mes yeux bleus étaient teintés de gris, ce qui exposait une partie du stress que je ressentais face à cette situation. «Y a la police à un coin de rue d'ici. Vous feriez mieux de vous enfuir, ils semblent vous chercher...» Je jetais un rapide coup d'oeil vers une rue déserte, comme pour faire mine de surveiller l'arrivée des flics. Mon regard se retournait très rapidement vers les individus dans la ruelle. L'un d'eux s'approchait de moi sur un pas plutôt décidé, jetant un coup d'oeil dans la direction à laquelle j'avais regardé quelques secondes avant. «Tu ris de ma gueule, right?» La voix de l'homme me foutait la trouille. «Ils sont pas encore sur la rue, vous feriez mieux... de faire vite.» La police est souvent fréquente dans ce genre de coin, puisque beaucoup de gens utilisent les recoins comme ça ainsi que les parcs pour gérer de la drogue... mais cette fois-ci, je n'avais pas vu de flics, ce n'était que du bluff. J'espérais sérieusement que les hommes allaient mordre à l'hameçon...

... et bordel, j'étais mauvais acteur, surtout sur ce coup là... Faites qu'ils soient naïfs...!


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Mails : 53
Surnom : A'ke
Emploi/loisirs : Chien de garde de Grim
Portrait robot : - Fiche de présentation
- Résumé
- Androïde de type 3
- Parle de manière rudimentaire
- Se nommait anciennement Rex
- Apparence personnalisable
- Obéissance totale à Grim
- Intelligence instinctive et sensorielle
- Impossibilité de planifier sur le long terme
- Éprouve des sentiments humains non simulés
- Capacité d’attaque envers les humains
- À abandonner plusieurs de ses réactions canines programmées
- Déteste les humains

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Akela
Lun 11 Mar - 2:26
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AKELA


ALEXANDER


Je perdais la perception du grincement de mes griffes, contre le palier métallique où je me trouvais, quand la cacophonie des humains s’intensifia à l’arrivée d’un nouveau joueur. Sur le coup, je ne portai aucune attention à celui-ci. J’avais bien plus important à faire. Les quelques centimètres dont je chutai avec mon support me le rappelèrent amèrement. J’étais trop lourd pour ses vieux encrages rouillés qui prenaient racine dans un mur de brique qui partait en poussière par endroit. Ailleurs… Ailleurs… Oui, mais où? Je n’étais pas pour retourner dans le cercle de mes agresseurs. Grimper plus haut dans cette cage d’escalier désuet ne ferait qu’augmenter ma chute et, au mieux, la retarder un peu. Aucune fenêtre. Il n’y avait que cette porte de fer qui devait s’ouvrir vers un des paliers du bâtiment. Je commençai à donner des coups de bélier dans celle-ci en usant de mon épaule. Elle se renfonçait sous la force de l’impact, malgré mon manque d’élan. Cependant, puisque mon armure actuelle était constituée de recyclé, elle n’était pas faite pour résister à cela comme mon ancienne. Moi-même, je pâtissais de mon action. J’abandonnais donc cette idée lorsque j’aperçus le groupe qui se dispersait. Tout d’un coup, la situation en contre-bas me paraissait intéressante. Je m’approchai du bord pour observer ce qui s’y passait.  

Le dernier homme encore présent, celui qui avait monté sur la benne à ordure, quittait la scène à la poursuite de ses camarades. Il prit malgré tout le temps de placer quelques injures et menaces envers cet homme au regard glacial qu’ils ne devaient pas tenir chaud dans son coeur. Vu comment ils avaient fui, le contraire aurait été étonnant. Contre toute logique, je descendis de mon perchoir, en sautant en contre-bas. Je fus bien content de rejoindre le plancher des vaches, malgré, qu’en théorie, cet humain devait représenter à lui seul une plus grande menace que ce groupe. Sinon, pourquoi mes détracteurs auraient-ils reporté leur chasse? Sans bouger, je fixai l’homme intensément pendant quelques minutes. Le voyant qui tenait son poste, je détournai mon attention, très brièvement, pour venir arracher de mes crocs la pièce d’armure recouvrant mon épaule. Celle-ci me gênait dans mes mouvements maintenant qu’elle était renfoncée. Je l’abandonnais au sol puis je recommençais à fixer l’étranger de chair et de sang.

Je modifiai alors mon adresse IP puis je me connectai au réseau pour avoir accès à une banque de données plus complète. Cela me permit d’identifier l’homme.

- Alexander Landry. Psychiatre. Akela. Chien T3.

Décliner les identités. Une manière comme une autre de venir briser la tension palpable qui planait encore dans l’air. Ma haine et ma méfiance envers les hommes n’étaient pas pour aider à faire retomber la poussière. Sans parler de ma situation. Il y avait encore ce cul-de-sac qui se trouvait derrière moi tandis que devant moi mon interlocuteur était le seul obstacle vers ma liberté.

- Meute partie. Toi présent.

J’observai le sac que celui-ci tenait. Suivant mon programme canin, je penchai légèrement ma tête de côté tandis que je pensais dans ma contemplation. Le danger me paraissant être passé, ce détail me faisait réaliser le trou temporel que j’avais vécu.

- Vêtement. Akela aussi bientôt. Foulard avec étoile. Moi avoir choisi. Jolie. Toi, choisi vêtement?

Je me montrais somme toute amical, mais ce n’était pas sans raison. Aborder le sujet m’aidait émotionnellement à combler ce vide dans ma journée. Donné un sens à mon dernier souvenir, où j’étais avec Grimm dans son appartement peinturé en jaune par mes soins, et ma présence dans cette ruelle. On pouvait considérer, en un sens, que j’utilisais Alexander bien plus que je ne tentais de faire copain-copain avec sa personne.



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