Promesses. [Logan Duval]
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Mails : 73
Double-compte : Léandre Luissier/george Adams
Surnom : Le louveteau / le clebs/l'chien sauvage...
Emploi/loisirs : combattant illégal
Portrait robot : - 19 ans - SDF- seropositif
- Caractère de chien, au sens propre comme au figuré
- vulgaire, violent, franc
- Pas méchant au fond. Juste sauvage
- a fait un peu de prison pour mineur
- boit, fume du joint parfois
- déteste les riches
- a quitté sa réserve pour retrouver le violeur de sa soeur et le tuer
$ : 237
Logan Duval
Sam 10 Nov - 21:19

"That's not a wolf. The black one."
La remarque est crue, sans fioriture. Elle n’est pas méchante non plus, juste essentielle, factuelle.
Ce n’est pas un loup.
Logan fixe l’animal noir, sceptique. Il l’aurait pourtant juré mais les subtilités entre un chien qui ressemble à un loup et un véritable loup ne lui sont pas évidentes.
Il  ne fait pas bien la différence même quand le gars lui explique, glisse son doigt à quelques millimètres de la toile pour lui montrer les variations anatomiques.
Les pattes, les mâchoires, les oreilles, le dos, la queue, le jarret. Des détails dont le Louveteau se fout complètement, la bouche tordue, attentif néanmoins aux paroles du Blanco.
La bête sombre n’est peut-être pas un loup mais pour lui, ça y ressemble à s’y méprendre et là est l’essentiel.

-Ok, j’vois.

Il dit ça pour que l’autre lui foute la paix, le regarde retourner dans sa cuisine, fixe derechef un instant la toile.
Définitivement, pour lui, c’est des Loups, ceux de la légende.
Il n’en démord pas, veut l’expliquer au Blanco, tourne sa tête de deux-tiers de cercle vers la pièce principale de l’appartement, garde un œil sur la peinture, parle un peu fort pour être sur que le gars l’entende.

-Dans ma culture, il y a une légende qui raconte le combat entre un Loup noir et un loup blanc, chacun représentant le mal et le bien que l’on a en soi. L’histoire dit que le loup qui gagne est celui que l’on nourrit.

Il se tait, quitte la chambre, rejoind son hôte.  

-Ça m’a fait penser à ça.

Et puis, certaines races primitives de chiens redevenaient presque des loups quand ils n’avaient plus de maître. Les instincts, la hiérarchie et la meute reprenaient le dessus. C’est ce que Logan  croit tout du moins mais n’oralise pas de crainte de raconter une connerie.
Plutôt que de se la ramener, il préfère se taire, poser le petit paquet du gâteau sur le bar et jeter un regard gêné vers le canapé.
Il n’a rien vu d’aussi cosy et propre depuis une semaine et lui pue le bouc le fauve le mâle la transpi la crasse. Il va tout imprégner s’il ne se lave pas avant et soucieux de l’espace de l’autre, lance sa requête à son hôte.

-Je po prendre une douche et faire une machine avec mes fringues? J’voudrais po que ton condo shlingue…

Sous la demande, l’autre accepte, précise d’une parole où sont rangés les serviettes propres et le bac à linge sale.
Le Louveteau hoche la tête, accompagne son geste d’un « ok très bien » puis disparait dans la salle de bain, retire ses oripeaux de tissu, les place dans le bac alloué, commence à tirer à jet doux un peu d’eau le temps qu’elle chauffe.  Face aux vitres toutes transparences dont il n’arrive pas à saisir la logique, il inspire doucement l’air frais du lieu, frisonne, jauge la température de la douche avant de glisser dessous.

Un long soupire de félicité s’empare alors de lui, ses épaules s’abaissent puis bien vite, se contractent nerveusement sous la douleur, un râle dans la gorge.
Il a soufflé trop fort et la douleur de ses côtes s’est éveillée. Elle est vive, lancinante, ne le laissant donc jamais en paix.
Ses sourcils se froncent et il essaye d’oublier l’élancement, se concentre sur le bien-être de la douche jusqu’à l’instant de couper l’eau, de se savonner cheveux et corps avec le premier gel douche qu’il attrape.
Sur sa peau, le liquide froid glisse et sent bon et l’amérindien griffe du bout des ongles ses membres pour enlever peaux mortes et crasses. C’est un poids en moins si léger sur son épiderme et pourtant si agréable, libérateur ; apaisant quand il fait de nouveau couler l’eau sur son torse, nettoie approximativement la douche de ses saletés et des longs cheveux bruns qui se précipitent vers le siphon.

Quand il quitte la douche, les vitres sont devenues opaques de vapeur et l’air est humide, presque étouffant. Ce n’est pas grave néanmoins et il attrape la serviette tiédie par le radiateur, se sèche énergiquement des pieds à la tête, ébouriffe sa crinière comme s’ébroue un chien avant de nouer le linge autour de sa taille et d’ouvrir la porte.
Le contraste de chaleur est saisissant entre le salon et l’étuve qu’est la salle de bain.
Il frisonne comme au début de la douche et tout ses poils se dressent sur sa peau.
Il n’y alloue pas d’intérêt néanmoins et va rejoindre son hôte dans la chambre, glisse la porte coulissante mi-close pour rentrer, légèrement intimidé par peur de déranger l’artiste devant son chevalet.

-Dsolé de te déranger mais je voulais te remercie d'm'crécher un peu. C’est cool…
Instant de silence à ne trop savoir quoi dire et où les regards peuvent se poser n’importe où. Sur une peinture, une tête blonde, un hamac. Un torse brun, dénudé, musclé mais trop maigre où, rappel de quelques mauvais coups, a fleuries des tâches plus sombres.

-J’me rendrais utile. J’suis débrouillard et euh… cette nuit, si besoin… avec tes cauchemars, j’suis à côté, hésite po… ça me dérange po et je juge po… On peut po être tout l'temps fort…

Même lui connaissait cette vérité pour l’avoir éprouvée.




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Surnom : lil wolf
Portrait robot : ♙ 23 ans (19/12). Originaire de Russie. Papa Américain. Maman Russe. Orphelin. Témoin de l'assassinat de ses parents mais trop jeune pour s'en souvenir réellement, hanté par quelques échos de la scène.

♙ Artiste de toile, de papier ou de rue. Mémoire photographique. Prudent, n'accorde que peu sa confiance. Paradoxalement peu confiance en lui sur beaucoup de domaines.

♙ Yeux gris, cheveux très pâles. 1m79. 72 kg. Solide et endurant, rapide. Bonne résistance aux coups durant un combat, tendance à en pâtir après.

♙ Parle en #3AA6AC (+ italique pour l'anglais).
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Aramis Asha Atkins
Ven 11 Jan - 17:41
L'oreille est distraite. Discrète. N'écoute qu'à demi les mots prononcés. La légende que l'Amérindien lui conte à propos des deux loups ; un noir du mal et un blanc du bien et aucun gris. Aucun mélange pour l'Homme à double tranchant seulement semble t-il, une histoire pour gamins que l'on raconte au pied du lit.

Asha essaie de ne pas rebondir. De ne pas réagir. De ne pas en rire, surtout, car il est le premier à partir au quart de tour quand on insulte sa culture. Quand on se moque des siens. Protecteur le Blanc. Malgré ce qu'il a subi. L'orphelinat, et ses 16 ans. Quand on l'a foutu à la porte en disant qu'il était trop grand. Ce ne sont pas les pires souvenirs. Car ils lui ont ouvert un nouveau monde. Les bras d'une meute et d'une famille qu'il a chérie. Durant toutes ces années qui l'ont fait grandir, qui l'ont forgé. Qui l'ont poussé à toujours se dépasser pour survivre. Plein de beaux moments par lesquels il se laisse un peu trop souvent noyer. Et des plus affreux. Qui le hantent la nuit mais aussi la journée. Alors Asha serre les dents. Un peu ailleurs, il répond à l'Amérindien à la suite de sa question, lui explique, vaguement, où trouver serviettes et gants, tout ce dont il a besoin. Habitué à donner le change. Quand il se perd, même succinctement. Un pilote automatique planqué au fond de lui pour les situations comme celles-ci.

Avec les rêves. Qui empiètent sur le réel.
Le passé. Qui écrase de toutes ses forces le présent arrogant.
Ces instants où il ne sait plus. Qui il est. Où il est. Russe. Québécois. Pauvre, le cul dans la poussière d'un squat. Riche, dans un appartement de luxe.

Troublé. Durant tout un temps immense qui s'étire et s'étiole, finalement, quand le verre qu'il s'était servi manque lui glisser d'entre les mains. Il l'abandonne. Là sur le comptoir, alors que ses pas s'en vont à grande vitesse vers cette chambre quittée à peine plus tôt. Pour se saisir du pinceau, de la peinture ; poser sur la toile un trait de plus, ces détails qui manquaient. Car il est comme ça, il fonctionne par envies. Avec ces besoins qui le prennent, de se tirer, de s'évader. Par le corps ou par l'esprit, et là c'est l'esprit qui l'emporte, à cause du chien errant principalement qui squatte son chez lui. Ça le fout en rogne. Le loup se mord la lèvre du bas ; jusqu'au sang, et il les sent s'échapper en quelques gouttes pourpres qu'il ajoute sur le pelage blanc de la bête enragée. Au pied de la noire, aussi. Comme un sens d'équité. C'était pourtant lui qui perdait non ? Il ne sait plus trop – enfin si, bien sûr qu'il sait. Il ne fait que modifier. Personne ne la connaît après tout la réalité.

Personne. Sauf Logan. Jackson. Et quelques autres encore.

Logan. Dans son appartement à cette heure là et devant lui. Une serviette enroulée autour de ses hanches, le corps quasiment dénudé sur lequel le Russe pose un instant le regard. Le détourne, revient à sa peinture. En faisant semblant de rien. En ne laissant pas voir que ça l'embête, que ça le trouble. En retenant les mots, surtout. Qui voudraient cracher de s'habiller tout en sachant bien que l'amérindien il a sûrement pas grand chose à lui, pas de quoi se changer. Il soupire. Ajoute encore quelques ombres, d'une main légère. Fugace. Sans jeter un autre regard vers lui. Juste avant que son ton claque, dans les dents du Brun.

"Je n'ai pas besoin d'aide." Franc. Sans doute à l'extrême. "Et mes rêves ne regardent que moi."

Il a trop parlé la fois dernière. Trop souffert durant cette nuit pour, juste une seconde, oublier de les garder pour lui. Ça ne se reproduira pas. Il n'a pas besoin de ça, d'une oreille qui écoute comme si ça pouvait faire du bien, car ça ne fait pas du bien, jamais. Asha a déjà vu des psy pour ça, mais les cauchemars ne l'ont jamais quitté. Il s'autorise un froncement de sourcil avant de ranger d'une main maîtrisée son matériel. Son visage de poupée congelé dans sa porcelaine comme à l'ordinaire.

"Je ne les partage pas avec ceux qui n'ont pas la décence d'attendre le petit déjeuner pour dire au revoir convenablement." Il y a un sourire. Un sourire froid plaqué sur sa bouche qui s'évanouit trop rapidement alors qu'avec force son regard rencontre le sien. Orageux. "Trouve un truc à te mettre sur le dos. Je ne veux pas que les voisins appellent les flics."

Il indique l'armoire d'un geste rapide du menton. Se détourne. Quasiment aussitôt. Le poil hérissé de tant de peau exposée. Pourtant il en a déjà vu. Mais cette vie là c'était celle d'avant, quand il se changeait devant lui l'Alpha, inconscient ou peut-être pas tant du regard qui glissait sur son corps. Sans doute refusait-il de voir, ou de le crier haut et fort si c'était ne serait-ce qu'un peu le cas. Ce n'est pas ça pour autant qui le préoccupe. Mais cette espèce de proximité que l'autre semble vouloir instaurer. Comme si c'était normal alors que ça ne l'est pas. D'être nu quasiment chez un inconnu.




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Logan Duval
Jeu 11 Avr - 12:11



Logan ne l’a pas vu tout de suite mais quand le Blanco détourne le regard, soupire et réplique, tout à la fois taiseux et hargneux, une vérité lui éclate à la gueule : L’aut’ est rétif. Pendant son absence, il a entamé sa lèvre d’un coup de croc, impose, glacial, une distance toute à la fois acide ou amère, bien dégueulasse.

Le Louveteau ne l’a pas volé, il le sait et tord sa bouche, déforme son visage de sauvage civilisé en une grimace disgracieuse. Il ne dit rien sous le reproche du Blanc-bec, ne se défend pas, n’attaque pas, murmure un pauvre désolé. Encore.

Désolé de s’être barré comme un voleur, de se ramener là comme un looser et de s’accaparer son espace vital.  Désolé désolé désolé et Logan à cet instant précis, suite à la remarque, a presque envie de dégager pour rendre à l’autre sa liberté. De mouvement, d’exister pleinement.

Son regard se fait fuyant une fraction de secondes et il fixe ses pieds nus, déglutit en silence, croise derechef les yeux clairs de son hôte qui se font plus sombres, critiques, miroir d’un impératif cinglant.

"Trouve un truc à te mettre sur le dos. Je ne veux pas que les voisins appellent les flics."

Le Louveteau hoche la tête sous un « ok » même s’il sait parfaitement pour l’avoir vécu qu’il ne peut pas être arrêté pour atteinte à la pudeur tant qu’il ne s’exhibe pas dans un lieu public.
C’est écrit dans les lois (une des rares qu’il connait) mais il se tait néanmoins, ne la ramène pas, s’exécute car s’habiller lui donne une occasion de prendre de la distance avec l’aut’. De respirer à son tour.

Face à l’armoire, il cherche alors du regard les T-shirts et les sous-vêtements, sort précautionneusement des étagères ce qu’il pense à sa taille, déplie les trouvailles, les place devant lui pour en évaluer le gabarit.

Trop petit.

Il replie comme il peut, repose et prend autre chose.

Trop petit.

Ça fout le bordel dans la pile de fringues auparavant nickel. Le Blanco va le regarder mauvais à tous les coups. Il suffit de voir le rangement impeccable de l’appart pour s’apercevoir que c’est un maniaque.  

Marde.

Petite moue avant de reprendre et, après trois-quatre essaies, de trouver enfin un haut à sa taille, qu’il enfile sans façon.
Pour le bas, tout compte fait, il préfère ne même pas essayer. Ses hanches font une fois et demie celle du Blanc-bec. Il ne rentrera pas dans ses boxers sans en niquer l’élasticité.
Tant pis, il garde la serviette.

Demi-tour toute pour apostropher l’autre qui par pudeur surement, s’est détourné.

« J’rentre po dans tes bobettes, ça t’géne si j’reste juste en t-shirt ou tu préfères j’garde la serviette ? »

Logan, en illustration, jette à coup d’œil à son propre torse où le T-shirt l’engonce, le moule, laisse apparaitre ses pec’ et ses tétons dressé par le froid.  
Il est trapu le Louveteau et par rapport à la silhouette longiligne de son hôte, ses épaules sont plus larges, son buste plus musclé. Le haut parait presque petit enfilé sur lui, juste assez long pour cacher l’impudique intimité.
Logan soupire, à peine, dépité. Zappé ainsi, ça fait très pédé, à se croire dans un mauvais porno gay. C’est ridicule, il en a conscience même si fondamentalement, lui n’en avait rien à foutre.  La pudeur et les conventions, cela fait bien longtemps qu’il les a laissés derrière lui, abandonné tel quel dans le caniveau de la rue.

Le regard lasse, il toise l’aut’ un instant et comme le silence s’étire, gênant, pesant, reprend.

«  T’as du sang sur la lèvre. Là. »

Il lui indique l’endroit en appuyant de son index sur sa propre lèvre inférieure, explicite l’évidence bien qu’il se doute que le Blanc-bec le sait pertinemment. Il doit le sentir, avoir mal mais Logan est comme ça, pas subtil, à sortir des conneries, des truismes pour meubler le vide .

Il continue, balance ce qui lui passe à l’esprit.

"T’as raison. J’ai po été cool la dernier foé . J’po su quoé faire. D’solé. Si ça t’badtripe que je reste ici j’peux partir. T’as po à t’forcer. J’comprendrais.

Il l’sent qu’il est pas à sa place ici, qu’ils sont pas à leur place, là, ensembles.
Il est pas neuneu Logan, sait que c’est à lui de dégager car l’aut a pas à se sentir étranger dans sa propre tanière.

C’est la règle première, la loi des territoires.

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♙ Artiste de toile, de papier ou de rue. Mémoire photographique. Prudent, n'accorde que peu sa confiance. Paradoxalement peu confiance en lui sur beaucoup de domaines.

♙ Yeux gris, cheveux très pâles. 1m79. 72 kg. Solide et endurant, rapide. Bonne résistance aux coups durant un combat, tendance à en pâtir après.

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Aramis Asha Atkins
Sam 13 Avr - 10:41
Le Loup se tourne. Se détourne. Échappe à la vision du corps trop proche du nu et se rapproche du hamac. Près du lit. De la fenêtre surtout. Par laquelle il observe le ciel ; ça rend tout un peu plus facile. Le bleu. Mêlé aux nuages pâles. Son univers. Son élément, même, où il aime être seul. Tranquille. Asha se demande s’il n’aurait pas dû y rester. Là haut, sans personne. Quelques heures de plus ; Logan aurait bien fini par se lasser. Et lui, il aurait pu voguer dans la nuit après qu’elle soit tombée. Se bercer d’étoiles. Laisser le froid lui brûler la peau jusqu’à ce qu’il doive rentrer. Peut-être serait-il tombé malade. Ou peut-être pas. Et peut-être, surtout, que ça n’aurait servi à rien ; qu’il l’aurait attendu jusqu’au bout. Jusqu’à ce qu’il se pointe. Après des heures de vol. D’envol. De quiétude. Juste pour le faire chier ; non, ça c’est méchant et gratuit. Car au fond de lui il sait bien. Qu’il est le dernier recours. Qu’il a proposé l’asile et que Logan a préféré l’exil. Pour revenir ensuite sans rien dans les poches. Pas d’argent. Pas de bouffe. Comme lui il n’y a pas tant d’années ; sauf qu’il a eu de la chance, des coups de main, et un homme qui croyait en lui. Et qu’il avait du talent. Aussi. Pour peindre la colère et la hargne sur les murs de la ville. Pour faire entendre leur voix, à cette jeunesse dans la merde qu’ils étaient.

Il aurait pu recommencer ici. Se construire une meute. Crier les messages sur les bâtiments, comme avant. Et sauver le cul de ces gars. Il était comme eux. Il aurait pu. Il comprend. Mais il en est tiré aujourd’hui de sa merde ; il a un travail, du fric qui rentre. Plus de soucis d’argent. Une grimace cependant. Car tout ce qu’il aurait souhaité c’est que son Alpha soit en vie, mais de ses regrets il ne laisse rien échapper. Préfère jeter un coup d’œil limite chirurgical vers le chien presque habillé.

Il s’en détourne encore. Croise les bras sur sa poitrine et fixe encore ce dehors. Sans bouger. Comme s’il pouvait rester là des heures, à la fenêtre, à observer le ciel. Mais non. Il finit par soupirer. Par se tourner de nouveau. Alors que l’autre reprend la parole pour combler le silence instauré. Bien sûr c’est maladroit ce qu’il lui dit. Comme s’il le savait pas, Asha, qu’il s’est bouffé pour échapper à son passé. Il tente de ne pas se durcir. Davantage du moins. Il ne fait pas exprès, n’est-ce pas ? Il est juste… lui. Mais Aramis Asha Uriel est un loup grincheux, un loup blessé. Qui préfère s’isoler plutôt que de montrer ses souffrances aux yeux du monde. Et il a bien du mal à supporter tout ce qui n’est pas lui.

"Je t’ai dit que tu pouvais rester le temps de te remettre."

Il ne reviendra pas là dessus. Ne le mettra pas dehors. Parce qu’il a donné sa parole. Et qu’il ne l’a pas donnée seulement à Logan, mais aussi à un autre homme. Parti là-haut lui aussi, comme tant d’autres. Il frissonne. Et secoue la tête. Lève un sourcil puis passe un regard rapide sur lui.

"You can’t just stay naked in my flat." La Bête n’accepte pas, non. De se retrouver aux côtés d’un homme qui passe sa vie les fesses à l’air. "Je vais aller t’acheter de quoi t’habiller. But keep. That. Towel."

C’est abrupt. Sans doute trop. Mais l’autre n’aura pas le temps de protester, Asha a déjà remis ses chaussures, attrapé de l’argent et ses clés. Et il file avant de l’avoir laissé parler, dégringole presque les marches et cavale jusqu’au magasin le plus proche. Il tape dans des tailles plus grandes que les siennes bien sûr. Il n’y connaît pas grand chose mais il se dit que là dedans il rentrera. Il paye. Il file déjà. A mis moins de quinze minutes. Et y a plus ou moins de trucs dans le sac. Trois tee-shirts. Des sous-vêtements. Il lui a même pris un pantalon de jogging, le truc le plus classe qu’il a pu trouver. En se disant que ça serait bien. Ça lui semblait bien en tout cas ; il n’aura pas à voir sans cesse le dessous de la ceinture d’un inconnu.

Ouais.
Il se dit ça. Remonte quatre à quatre et balance le sac. Droit sur le lit. Après avoir enlevé - encore - ses chaussures, parce qu’il ne se refait pas. Il rangera son armoire dès que l’Amérindien aura changé de pièce. Ne peut pas. Ça non plus. Ne peut pas supporter de vivre dans le bordel.

"Take that."

Et il ne reste pas en place. Il retourne déjà dans la cuisine. Le laisse se changer, loin de ses yeux. Reprend son verre qu’il finit, une gorgée d’eau pour sa gorge légèrement sèche d’avoir couru comme ça. Il a pourtant le souffle à peine court. La poitrine qui se soulève. Trop tranquillement ; il attrape un crayon et le tapote sur le comptoir. Attend, attend, attend. Le brun finira bien par être habillé.

"C’est pas grand chose mais ça t’évites d’être à poil."

Le ton est plus neutre. Calmé. En comparaison à tout à l’heure ; avant qu’il parte. Quoiqu’il a été gentil jusque là. Il aurait pu le foutre à la porte et il en aurait eu l’intention. Dans une autre situation.




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Logan Duval
Dim 5 Mai - 15:26


Logan insiste. C’est la deuxiéme fois qu’il laisse à son hôte le droit de changer d’avis et à l’écouter, on croirait presque qu’il souhaite que l’autre le dégage, qu’être mis à la porte n’est qu’une façon correcte de partir et de fuir.

Il le penserait d’ailleurs s’il était à la place du Blanco car Logan est lucide sur lui-même, se connait assez pour reconnaître qu’il a tout du profiteur, du gars paumé qui ne se gêne pas pour squatter. Sans domicile fixe mais partout chez lui, il a l’art de ne jamais se faire prier pour rester un peu si on lui ouvre sa porte, accepte sans honte ce que les autres ont à lui donner .
Il prend peu importe le don car il n’a pas à refuser par délicatesse, snobisme ou orgueil mal-placé.

Il le sait : Il n’a rien, ils ont assez pour pouvoir offrir sans se sacrifier. Ils partagent. Logan reçoit, sans jamais quemander.
Normal.
C’est ça la générosité. Accueillir autrui , l’aider sans volonté cachée ni sentiment chrétien de renoncement de soi-même. C’est un geste sincère. Pas hypocrite.

Là c’est différent. Aramis a l’air tendu, crispé. Il détourne son regard du sans-domicile, ne veut pas le regarder, une pointe de gêne et de dégoût dans les prunelles. Il dit “reste” par les mots alors que son attitude crie “Je ne veux pas de toi”.
Tout est ambigue. Faux.
Logan n’aime pas ça, craint d’être un parasite qu’on accepte sans le souhaiter vraiment, par devoir de conscience.
C’est blessant.
Il se prépare à balancer une énième phrase quand le Blanco, sans lui faire face, une nouvelle fois, affirme son choix.
Il a le droit de rester.

Logan n’ajoute rien, hausse les épaules, fait une mou légère et circonspecte.
Ok.
S’il peut, il reste alors et tant pis pour l’autre s’il cela ne lui va pas et qu’il n’a pas les couilles pour lui dire. Il veut bien être gentil mais à un moment, si les gens sont trop cons et se mentent à eux-même, il ne peut plus rien faire.

-Merci.

La réponse est chiche, concise. Il pourrait ajouter quelque chose mais déjà son hôte reprend la parole, balance une phrase en franglais que Logan ne comprend qu’à moitié. Ca parle de l’habiller. Encore. A croire que la nudité est une insulte à la pudeur du Blanco et que le gars n’a jamais vu le moindre centimètres de chair de sa vie.

Il acquiesce et l’autre quitte la pièce, enfile ses chaussures, quitte l’appartement. Ca n’a pris que quelques secondes de pure efficacité et Logan, spectateur hébété aux bras ballants, n’a pas bougé.

Il est seul. Dans l’appartement d’un gars qu’il connaît à peine et qui a accepté de l'héberger avant de filer lui acheter des fringues.
C’est assez… Particulier.
Trop pour le Louveteau qui fronce les sourcils en repensant à la scène, regarde l’extérieur par la fenêtre, le tableau sur son chevalet, l’anarchie dans l’armoire.
La sainte trinité depuis qu’il est arrivé.

Il soupire, attrape les T-shirt qu’il a sortis avant de les remettre en bazar dans le dressing les minutes d’avant, s’assoit, pose à plat les vêtements sur le sol, les lisse de ses mains, tente un pliage appliqué, souvenir et geste maladroits que sa mère lui a appris il y a longtemps .

Il se concentre, recommence l’action sur l’ensemble de hauts qu’il empile soigneusement avant de les ranger de nouveau.
Le visuel de ce nouvel édifice, bien que perfectible dans sa régularité, est déjà bien meilleur que celui, brouillon et précipité qu’il a tenté tout à l’heure.

Logan sourit, satisfait. Pour une buse comme lui, c’est un beau boulot, une oeuvre de maître, et il espère qu’Aramis remarquera l’effort et en sera touché.
Si Logan doit squatter, il veut que son hôte ne le regrette pas et sur cette pensée, se rassoit, fixe l’armoire, convaincu de lui-même, attends quelques instants avant d’entendre la porte s’ouvrir .

Il se reléve.
L’aut’ est déjà de retour. Il n’a pas traîné et encore pris dans la vitesse de ses actions, balance ses affaires avant de lui tendre un gros sac.

L’Amérindien s’en saisit et le Blanco repart, lui laisse l’intimité de la chambre pour se changer. Le louveteau le comprend ainsi tout du moins et sort les affaires, enfile ce qu’Aramis lui a acheté, attache en une queue basse ses cheveux. D’un mouvement vif, il dégage son visage des mèches folles pour observer au mieux son apparence dans la glace.

La tenue qu’il porte est simple et décontractée mais lui va bien. Elle n’est ni trop grande, ni trop petite, le met en valeur bien que le haut ne cache pas la brûlure disgracieuse et rouge sur sa gorge. Ce n’est pas très beau pour le coup mai tant pis.
Logan se trouve très bien ainsi et n’a que faire des cicatrice qu’inflige la vie.

Il se détourne du reflet, s’en va rejoindre l’autre, lui offre un sourire réservé, humble et un peu sec, de ceux, maladroits, qu’offrent les hommes au tempérament brut, à l'existence rugueuse.

-Merci pour les fringues. T’en as eu pour combien? J’te rembourserais quand j’pourrais.

La redevance n’est pas contestable. Il le fera car il y tient l’amérindien.
Même si ça ne coûte rien pour le Blanco, il ne le laissera pas payer car c’est à ça à présent que tient son indépendance, son reste d’égo.


-Sinon .. heum..T’es artiste nan ?

Il se mord la lèvre, cherche ses mots.

-J’pensais à ça t’al’ heure, tu connaitrais pas des gens qui recherchent des modèles pour poser? J’peux pas taffer avec mes côtes pétées mais j’sais rester immobile et ça dérange pas d’être à poil. Comme ça, j’pourrais payer ma bouffe et p’tét une part du loyer… Tu m’héberges déjà alors j’y tiens.


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Portrait robot : ♙ 23 ans (19/12). Originaire de Russie. Papa Américain. Maman Russe. Orphelin. Témoin de l'assassinat de ses parents mais trop jeune pour s'en souvenir réellement, hanté par quelques échos de la scène.

♙ Artiste de toile, de papier ou de rue. Mémoire photographique. Prudent, n'accorde que peu sa confiance. Paradoxalement peu confiance en lui sur beaucoup de domaines.

♙ Yeux gris, cheveux très pâles. 1m79. 72 kg. Solide et endurant, rapide. Bonne résistance aux coups durant un combat, tendance à en pâtir après.

♙ Parle en #3AA6AC (+ italique pour l'anglais).
$ : 2570
Aramis Asha Atkins
Jeu 23 Mai - 10:00
Sur le papier le crayon s’égare. À bruits doux. Pas feutrés. Qui reposent et tracent les esquisses et les traits. D’un visage. Inconnu. Croisé dans la rue. Hier, ou bien avant hier ; c’était il y a une semaine à vrai dire, il en est sûr. Il s’en souvient plus que bien. De cette âme rencontrée au détour d’une ruelle et de ce regard, simplement échangé. Mais surtout bien assez. Comme une photographie, un cliché attrapé. Sur une rétine un peu trop sensible ; souvenirs rangés. De ces années passées ; accrochés à cette mémoire un peu bizarre, où sont stockées tout un tas de choses. Des personnes. Des lieux. Des dates. Des documents, dans leur entièreté. Mémoire photographique. Eidétique. Qui entasse les informations à la perfection, pour quelques simples minutes ou beaucoup plus longtemps. Souvent, c’est pour plus longtemps. Et certains détails de sa vie l’obsèdent encore aujourd’hui, l’odeur des draps à l’orphelinat. Ou celle du parfum de l’Alpha. La tessiture de sa voix au bord de ses oreilles ou l’esquisse de son sourire au fond de son regard.

Il se souvient. De trop de choses.
Et les dessine la plupart du temps comme pour se débarrasser. Sans trop de succès. Il a pourtant dans ses carnets de nombreuses choses encrées. Un homme. Allongé sur le sol. Avec ce sang pourpre tout autour de son corps.

Ou bien encore des roses rouges. Dans un jardin au paisible inquiétant.
Et ce vieil homme. Grand-père. D’un petit d’homme qui le dégoûte.

Asha frissonne. Appuie l’un des traits un peu plus qu’il ne le voudrait. Et fronce les sourcils, perturbé d’avoir encore une fois laissé ses pensées gagner. Il n’a même pas entendu Logan approcher, et sans le vouloir il se tend. Il déteste cette idée d’avoir quelqu’un dans son dos. Et se retourne précipitamment. Il ne pensait pas le voir sourire. La seconde d’après. Alors un peu idiot il cligne des yeux, avant de machinalement fouiller sa poche. Le ticket de caisse est froissé dans sa main, mais il le tend pourtant vers Logan. De cette main qu’il veut sûre, pleine d’assurance, comme celle qu’on a collé devant son nez lorsqu’il zonait dans la rue. À la recherche d’un peu de bouffe, d’un toit, ou d’un simple endroit où se poser à l’abri des regards, pour ne pas qu’on le remarque. Parce que c’était un peu trop souvent les gosses de ces rues qu’on tabasse. Ou qu’on attrape pour des trucs encore pire ; des gamins, plein qu’on revoyait pas.

L’Alpha lui en parlait parfois. Ça le rendait malade. Mais c’est pas notre soucis, qu’il disait tout bas, comme pour se persuader de ça. C’est pas notre soucis, et il regardait Asha. Un peu de peine au coin du cœur. Et un sourire fugace posé sur sa bouche. Pour se convaincre lui même.

Un temps de latence. Encore. Logan pose sa question et le Loup le regarde, l’esprit ailleurs. Sans vraiment réaliser. Parce qu’il est paumé, dans des souvenirs qui paraissent réels, parce qu’il est paumé ouais, dans cette Russie Mère. Et revenir à lui est dur. À la réalité loin de sa Meute, loin de son pays. Il sent son cœur qui se déchire de s’arracher à sa mémoire. Il laisse même une grimace. Étirer son visage. Alors qu’il passe une main nerveuse au creux de ses cheveux.

“Ouais, je suis artiste.” Confirmation. À la va-vite. Après un peu trop d’attente. “Mais je connais pas grand monde.” Ce n’est pas comme s’il avait beaucoup de connaissances. Ou beaucoup d’amis. Tout autour de lui. “Je peux me renseigner. Ça doit se trouver.” Il n’en sait rien. Il n’a jamais eu besoin. D’avoir un modèle fixe ; c’est arrivé une fois seulement et il n’y a eu nécessité que de quelques secondes pour avoir dans la tête l’image de son client. Mais ce n’est pas le cas pour tout le monde et il se doute que ça se trouve facilement. Il n’aura qu’à poser des questions. Chercher des renseignements. Et Asha aime ça plus que tout, fouiller à la recherche d’indices, de la moindre information. Il le faisait souvent. En Russie, et encore aujourd’hui.

Un sourire. Sur la froideur de son visage.

“Je vais trouver ça.”

Affaire de quelques jours. Ou heures. Même s’il aimerait défi plus grand ; chercher des informations pour la Meute lui manque. Et il revient le lendemain avec une liste, triée parfaitement par ordre alphabétique et par type. Cours de dessins. Particuliers. Plus ou moins débutants qui veulent se faire la main. Et quelques rumeurs annotées. Quand certaines choses ont été entendues ; pas fiable l’un des types par exemple et Asha a pris le temps de se renseigner.

Il aime ça. Depuis toujours. Observer, chercher, deviner. Le Loup est bon chasseur. Sait comment faire parler, mais aussi analyser. Il laisse la feuille sur le canapé. Avec quelques mots gribouillés à l'arrache. Merci pour mon armoire. Car il a vu bien sûr. Les efforts faits par Logan la dernière fois. Il n'avait juste pas pris le temps. De remercier correctement.




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You look perfect tonight.
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Mails : 73
Double-compte : Léandre Luissier/george Adams
Surnom : Le louveteau / le clebs/l'chien sauvage...
Emploi/loisirs : combattant illégal
Portrait robot : - 19 ans - SDF- seropositif
- Caractère de chien, au sens propre comme au figuré
- vulgaire, violent, franc
- Pas méchant au fond. Juste sauvage
- a fait un peu de prison pour mineur
- boit, fume du joint parfois
- déteste les riches
- a quitté sa réserve pour retrouver le violeur de sa soeur et le tuer
$ : 237
Logan Duval
Mar 30 Juil - 20:36
Le Blanco est surpris.
Quand Logan arrive dans le salon kitchenette, l’artiste se retourne à la hâte, nerveux, comme le ferait une proie guidée par son instinct animal. C’est assez curieux, cet élan de paranoia, et si le Louveteau le remarque et s’en étonne, il ne s’y attarde pas, passe directement à autre chose, à ce qui l’intéresse : Le prix des achats que le gars a fait pour lui . Le ticket de caisse froissé que l’autre lui tend et qu’il saisit, fourre sans délicatesse dans sa poche sans même le regarder car voir la somme là tout de suite, pour sûr, le ferait grimacer. Il est pas con l’animal. Il a conscience du prix de la vie ici et pour trois t-shirts, des bobettes et un jogging neuf, au vu du quartier, il doit au moins en avoir pour 100 balles. Une fortune alors qu’il aurait pu payer 10 dollars aux fripes du centre-sud, avec la classe en moins et l’odeur de vieille cave en plus. Un détail pour lui.

Il remercie, pose une seconde question, se bouffe un vent violent. Le Blanco est face à lui mais il ne l’a pas capté, semble avoir planté, perdu dans sa tête. Le gars est ptét un peu autiste et Logan fronce les sourcils, s’apprête à l’apostropher d’un claquement de doigt quand Aramis revient de ses pensées, répond à l’arraché.

Ouais il est artiste. Non il connait pas grand monde. Il va chercher.
Voici ce qu’il dit plus ou moins, un sourire en bonus sur ses lèvres qui, sur celles du Louveteau, trouve un écho.

« M’ci. C’est chic… Tu m’diras.»

Dans le fond de sa poche, il tripote nerveusement le ticket de caisse, cherche quelque chose à ajouter pour briser la glace, balance un sujet random qui fait un demi-flop.
La conversation continue un peu, à ne savoir quoi se dire, pleine de silences tendus, d’intérêt qui sonne faux, de réponses chiches.

Logan pourtant essaye de faire au mieux. Ils vont se côtoyer un certain temps alors il aimerait autant connaitre le gars qui l’heberge.
Maladroitement, il tente encore et encore, quatre ou cinq fois peut-être mais le résultat est toujours le même, Aramis répond de façon évasive et leurs échanges se limitent à « Hum… ouais ouais… nan. » et à « Je vois… oh ok… c’est cool… déso. »
La lourdeur.

Le Blanco alors, pour meubler la scène, sort du frigo quelques restes et ils mangent sans un bruit, trop contents d’avoir la bouche pleine et de ne pas avoir à parler. Ni de cette colloc étrange, ni de leurs histoires respectives.

Logan soupire devant l’échec de communication, dévore et, assiettes vides, remercie encore, prend congés le plus tôt possible, va s’allonger face au mur sur le canapé sans même le déplier.
Il se fait petit, discret, pour se faire oublier car s’il ne peut totalement disparaître, l’autre aussi a le droit à un peu d’espace vital.
Le Louveteau en a conscience et se recroqueville légèrement, prend le ticket de caisse entre ses doigts, étouffe un sacre en voyant le montant.

131 dollars. Ostie de marde. Finalement, ptét bien qu’il aurait du rester à poil.
Il sert les dents puis se détend, s’endort comme une masse sur cette pensée, rêve de comment le rembourser, s’imagine assit et immobile pendant qu’un homme le dessine.

Demain sera une nouvelle journée. Il fera de nouvelles rencontres –un artiste peut-être pour lequel il posera -, en apprendra d’avantage sur le Blanco, s’acclimatera pas à pas à un lieu qui n’est pas le sien.
Dans celle plus grande où on l’accueille, il creusera son bout de tanière pour un temps inconnu, d’une façon inconnue.

L’issue, la finalité ne lui est pas importante. Il ne se tracasse pas du futur, trop ancré dans le présent, dans l’instant.
Il verra bien, laisse tout au hasard, car après les murmures de la rue disent que après avoir tout perdu, chaque don offert est une chose de gagnée.



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Promesses. [Logan Duval]

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