TEASING - Montréal, 2048.

Une foule anarchique et cosmopolite fourmille le long de la rue sainte Catherine. L’armada populaire est multicolore de peau tandis que les corps sont de chair, de métal, ou bien encore métis. Homme et androïde, chacun est différent mais tous sont identiques dans la masse, individus trop pressés, croisant l’autre sans même le regarder. C’est une tourbe de bras et de jambes. D’identités.
Certains sont riches. D’autres sont pauvres. Loin du manichéisme, ils manipulent, écrasent. Grondent, se révoltent. Se soumettent ou subissent. Ignorent et se contentent d’avancer. Ils vivent, se confrontent et se répondent car cette foule polymorphe, insaisissable, est l’essence même du mouvement.
C’est la danse des humanités.
De notre société.
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Léandre Luissier - L'Archiviste
DC : Johann Keegan - Logan Duval
Fondateur & graphiste - Présent

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▬ 06/18 :Lancement de Human Outside, pour les deux ans du forum ! C'est un grand remaniement qui n'attend plus que vous ♥
Prédéfinis

Le musée des souvenirs amers (Asha)
 :: Montréal :: Centre-ville culturel :: Musées

Mails : 21
Double-compte : Athena, Benjamin Desmarais
Surnom : Val, Dudu (...), Dante
Age du Montréalais : 30
Emploi/loisirs : Propriétaire du Festin des Morts
Portrait robot : - Ancien homme de main de la famille Marchesi, une famille mafieuse assez influente à Montréal
- Fils adoptif de Lorenzo Marchesi
- Un vrai MAMA'S BOY!!!
- A quitté sa vie de crime il y a quatre ans environ
- Adore les films, surtout les vieux films
- Fume et boit probablement beaucoup trop
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Dim 25 Fév - 16:41
L’hiver semble déjà vouloir passer. Mi-février. C’est pas croyable. Je ne peux m’en plaindre. La dernière année a défilé à une telle vitesse que je ne sais plus comment ni pourquoi j’en suis où j’en suis. Pour la première fois depuis trop longtemps, je décide de prendre du temps pour moi. Il y a une petite brume qui flotte sur Montréal en ce matin froid. Je suis rarement debout à une telle heure, mais le sommeil m’échappe. Je ne sais pas pourquoi. Mais le pourchasse pour encore quatre ou cinq heures ne m’intéresse pas. J’ai abdiqué : je me suis levé, je me suis habillé, je suis sorti. L’air plus frais que froid, la brume, la neige fondante et les quelques taches vertes éparpillées ça et là. Enfin, presque vertes.

Ma mère est partie. J’ai une journée pour moi seul, et je ne sais quoi en faire. Sur l’énorme terrasse de mon condo, je fume. Je regarde l’heure. Je soupire. Une journée. Les cinémas n’ouvrent pas encore avant un bon moment. Quoi que si je veux une bonne expérience, il faudrait que je sorte de la ville. D’habitude, en région les salles sont… traditionnelles. Peut-être cet après-midi.

Finalement, j’écrase mon mégot. La ville m’attend. Je vais aller là où je me retrouve toujours lorsque je recherche l’inspiration.

Pas la peine de prendre la voiture, je marche. Les rues de la ville ne sont pas aussi désertées que je l’aurais préféré. Cela m’étonne à peine. Montréal ne dort jamais complètement. Moi non plus, dans les faits. C’est peut-être pourquoi je m’y sens si à mon aise. Direction Place-des-Arts. Je m’infiltre dans le complexe avec un soupir. Le vent matinal était agréable et la ville souterraine est parfois si étouffante. Tant pis.

Je m’arrête dans un petit café pour un simple déjeuner : café, pâtisserie, journal. Je laisse le temps passer. Le musée ouvre ses portes bientôt. Il est peu probable qu’une foule m’y attende, mais je préfère les salles au calme. J’y serai une heure après l’ouverture. Journal lu, café bu, pâtisserie engloutie, je me remets en route.

Comme prévu, le MAC est dénué de vie. Une des employées me reconnaît. Elle me sourit. Je n’ai pas encore vu la nouvelle exposition « À la manière de… ». Je ne sais pas si elle me plaira. Je n’aime pas les nouvelles tendances artistiques. En fait, ce n’est pas qu’elle me déplaise, mais tout ce qui est numérique me laisse de marbre. Ce que j’aime ici c’est la proximité à l’art. Je ne suis pas un grand artiste, et je ne peux expliquer pourquoi certaines pièces me parlent et d’autres pas, mais je peux passer des heures dans des musées à apprécier le travail d’autrui. C’est mon plan pour ce matin : me perdre dans un monde inventé par quelqu’un d’autre : laisser mes émotions et mes pensées se faire guider calmement.

J’entreprends donc une procession lente dans chacune des pièces. Je m’arrête, j’observe, j’apprécie. Quelques employés me parlent au détour d’une œuvre. Ils me reconnaissent. Je ne suis pas venu depuis longtemps. Ils commençaient à s’inquiéter. Rires polis. Je discute avec eux. Une pièce entière est dédiée à une énorme muraille. Une mappemonde inspirée par Mondrian et Kandinsky. Des panneaux lumineux s’allument et s’éteignent, faisant partie intégrante de l’œuvre. Je prends place devant celle-ci.

Je pensais rester ici seulement quelques minutes. Cependant en m’asseyant, je pose la main sur quelque chose. Un carnet. Je regarde autour. Personne en vue. J’attends un moment, personne ne revient. Il a probablement bêtement été oublié. Il semble bien usé, le genre qu’on utilise pour faire des croquis mais qui finit toujours au fond de son sac. Les coins sont reliés légèrement. La curiosité emporte cette manche et le civisme se fait dire qu’il devra attendre son tour.

Je l’ouvre donc. Baigné dans la lumière bleu pâle de la murale, je commence à tourner les pages une à une. J’observe avec attention. C’est mieux que ce que je pourrais faire, c’est certain. Il y a une attention aux détails impressionnante et le coup de crayon est assuré. Surtout des portraits. Des croquis. Probablement de gens que l’artiste a croisé. Je me monte une histoire dans ma tête. Je ne sais pas pourquoi. Je regarde les dessins et je les fais vivre quelques minutes. J’imagine leur passé, la situation, leur avenir, je me plais à imaginer leurs noms… comme c’est stupide.

J’étais sur le point de remettre le carnet à sa place quand je vois ce croquis. Quelqu’un que je connais. Que j’ai connu. Que je n’ai pas vu depuis des années. Je la pensais morte. Je fronce des sourcils, je secoue la tête. Je regarde avec plus d’attention, il y a relativement peu de détails de l’environnement.

Je pose le carnet sur le banc à nouveau. Je me perds. Tout est en sourdine un moment. Comme face à une réalisation aussi soudaine que brutale. Je remarque à peine le changement d’éclairage. La présence d’autrui. Le retour de l’artiste…
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Surnom : lil wolf
Portrait robot : ♙ 23 ans (19/12). Originaire de Russie. Papa Américain. Maman Russe. Orphelin. Témoin de l'assassinat de ses parents mais trop jeune pour s'en souvenir réellement, hanté par quelques échos de la scène.

♙ Artiste de toile, de papier ou de rue. Mémoire photographique. Prudent, n'accorde que peu sa confiance. Paradoxalement peu confiance en lui sur beaucoup de domaines.

♙ Yeux gris, cheveux très pâles. 1m79. 72 kg. Solide et endurant, rapide. Bonne résistance aux coups durant un combat, tendance à en pâtir après.

♙ Parle en #3AA6AC (+ italique pour l'anglais).
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Mar 27 Fév - 16:57
Asha ne se fait pas d'idées, il sait parfaitement quand une journée commence mal et c'est le cas de celle-ci. En plus d'avoir mis plusieurs trop longues heures à s'endormir la veille au soir, il n'avait pas cessé de se réveiller, tremblant sur des cauchemars, les poings serrés sur les draps et le souffle court, pour passer finalement dans son hamac après deux autres heures de vide. Il avait rejoint Morphée juste un petit temps encore, tiré de nouveau de son sommeil par un rayon de soleil venu chatouiller sa peau dès l'aube arrivée. Il avait du abdiquer il faut bien le dire, s'était mis debout, douché habillé, avalé son petit déjeuner non sans avoir réussi à coller par terre la bouteille de lait et du coup avait du tout nettoyer, puis il s'était résolu à sortir. Vraiment pas un bon départ.

"Votre monnaie monsieur." Il a la tête ailleurs et son regard (souligné de cernes) fixé plus loin, sur les premières personnes qui déambulent déjà dans les galeries suite à l'ouverture du Musée d'Art Contemporain. Il sait pas vraiment pourquoi il est venu là, peut-être par besoin de calme, mais ce qui est certain cependant c'est qu'il n'a pas oublié de prendre son carnet et ses crayons. "Monsieur !" Ça s'agace à sa gauche, il cligne des yeux et s'arrache à ce qu'il observait, les lèvres entrouvertes sur un "oui ?" qu'il abandonne dès qu'il remarque que c'est lui qui est en tort et qu'il gêne en plus. Il récupère donc rapidement sa monnaie qu'il glisse dans sa poche et s'empresse de traverser les pièces pour trouver celle qui l'intéresse.

A vrai dire elle n'a rien de vraiment différent des autres, c'est juste celle dans laquelle il se sent le mieux, et il s'installe sur l'un des bancs, sort ses affaires.

Aussitôt ses doigts s'empressent de faire courir sur le papier le crayon de papier avec lequel il esquisse les visages qui passent. Quelques instants de la vie d'inconnus qui ne font pas assez attention à lui pour remarquer, de simples secondes éphémères inscrites dans son esprit dès qu'il les englobe d'un regard. Oui, quelques secondes, il n'a besoin que de ça pour qu'une image vienne s'ancrer sur sa rétine, et ses mains alors se mettent en mouvement, jamais pressées toujours sûres d'elles. Il s'attarde sur un vieil homme au regard triste. Sur une femme. Sur l'un de ces gosses modernes avec une tablette dans la main qui sait même plus regarder le monde.

Sale gosse. Asha relève les yeux et remarque qu'il a perdu quelque chose et ça le fait grimacer, par réflexe il pose le carnet sur le banc avant d'aller ramasser la chose. Ça n'est rien qu'un porte clé et le blond grimace (foutue journée décidément !) et se précipite à sa suite.

Sauf que le gamin n'est plus là et qu'il est comme un imbécile planté au milieu du passage.
Il doit de ce fait parcourir plusieurs salles pour le retrouver.

Une fois le porte clé rendu à son propriétaire il retourne à son banc mais y a un homme dessus. Et le carnet qui a bougé. Il fronce le nez, les sourcils, s'approche à pas mesurés et discrets. "Are you okay ?" En temps normal il aurait attaqué, parce qu'il est de ceux qui n'aiment pas qu'on touche à ses affaires. Pourtant, parce qu'il a l'air chamboulé et qu'il ne s'est pas barré avec, Asha ne s'y autorise pas et récupère simplement son bien d'une main rapide. "Vous semblez avoir vu un fantôme." Il reprend le français parce qu'il s'est juré de faire des efforts même si définitivement ça n'a pour lui rien de naturel.
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Dim 4 Mar - 15:15
Aucune surprise dans sa réaction. Je n’ai en rien caché que j’ai pris le carnet. Je n’ai fait aucun effort pour le poser sur le banc avec le même angle. J’aurais pu. Je sais porter attention aux détails. Cela n’était pas nécessaire. En fait, je ne pensais qu’il reviendrait. Sa voix me frappe comme un coup de batte en pleine tête. Je pense que je recule même un peu quand il me parle. Ce n’était pas les mots ou même sa voix. C’était… cet inévitable retour à la réalité. Pendant quelques secondes (ou quelques minutes), je me suis égaré. Je me suis retrouvé des années plus tôt, avec cette femme que je n’avais vu depuis si longtemps. Et une partie de mon esprit ne voulait revenir à la réalité, préférant s’éterniser dans ce moment qui, malheureusement, m’a filé entre les doigts. Je remarque à peine qu’il me parle en anglais, puis en français. Ces deux langues me sont tout autant familière et cohabitent dans mon esprit. Je ne mentirai pas : l’anglais me vient plus facilement. Mais je respecte son choix. Cela m’indiffère.

« Un fantôme…? »

Je suis encore sous le choc. Je secoue la tête lentement. La lumière dominante de la pièce change encore une fois. Elle devient jaune. Dans une autre situation, cela pourrait paraître léger. Mais pas pour moi. Pas en ce moment. C’est simplement un rappel au monde réel. Un appel que je ne peux ignorer.

« Oui, on peut dire ça. »

Je pourrais l’ignorer. C’est évènement n’en serait un autre que je jouerais en boucle, de temps à autres… dans un moment d’ennui. Mais, non… je veux savoir, je dois savoir. Ainsi, je me reprends. « J’en comprends donc que c’est ton carnet? » Je le tutoie. Aucun intérêt à être formel avec lui. Je pourrais l’être, mais ne pas l’être ne m’engage à rien. Je me sens vieux, encore une fois. Peu importe.

La question est purement rhétorique. Arriver à cette conclusion n’était pas difficile. Je m’attends à ce qu’il comprenne que j’aie déjà tissé ce lien. « Il y a un dessin… je me demande de quand il date. Et où tu as bien pu voir son sujet. »

Je lui souris un peu. Ce n’est pas mon air naturel. Mais je me fais engageant. Je ne veux pas l’effrayer, ou l’ennuyer, avec mes questions. Je voudrais des réponses et je ne le connais pas encore assez pour savoir quelle approche va marcher le mieux. Alors il vaut mieux rester poli, bien qu’informel, et ne pas exiger quoi que ce soit.

[Edité parce qu'il manquait un bout à la dernière phrase.]
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Ven 9 Mar - 15:02
Un battement de cils.

Juste une petite seconde il l'observe Aramis cet homme au visage marqué par l'âge et la fatigue, et aussi par ce petit autre chose sur lequel il ne pose pour le moment aucune hypothèse. Il inscrit chaque détail dans sa mémoire, la courbe de la mâchoire, la forme du nez, les pattes d'oies au coin des paupières et cette lueur au fond des yeux, s'attarde sur la couleur du regard et puis s'enfuit sur celle des lèvres avant de reporter son attention sur lui, l'homme tout entier et plus seulement quelques morceaux dissociés. L'être humain et plus un sujet d'Art dont il couchera certainement les traits sur une feuille dès qu'il en prendra le temps, une fois rentré chez lui, ce qui n'est plus un projet immédiat. Qui serait-il après tout pour le laisser là et filer à toutes jambes vu la façon dont l'homme a l'air bouleversé ? Un garçon lambda pour sûr, lové dans l'égoïsme de la société actuelle et incapable de se préoccuper des autres, ce que parfois il se refuse à être. C'est pourtant pas par excès de gentillesse, Asha a seulement du mal de temps en temps à passer outre le malheur quand il se trouve devant son nez, après tout ça ne lui coûte rien.

Alors il s'assied sur un petit bout de banc. Ses anthracites interrogent, curieuses, quand ses lèvres ne prononcent rien, un silence pour l'encourager à continuer. Et ça l'agace pour sûr de ne pas avoir une réponse dans la seconde, pourtant son visage habilement reste de marbre et il attend, sans parler, confirmant simplement par un hochement de tête qu'il est bien propriétaire du carnet. Il n'y a pas besoin d'extrapoler et d'y passer des heures, son attitude l'a parfaitement prouvé lorsqu'il s'est empressé de ramasser son bien, mais surtout il veut savoir, comprendre.

Sauf que pour ça il doit attendre que l'homme se décide à lui en dire plus.

Il laisserait presque échapper un soupir de soulagement lorsque c'est le cas, au lieu de le faire pourtant il se rapproche un peu et ouvre le calepin sur les dernières pages, synonymes des derniers jours passés. Faut dire qu'il est plutôt habitué aux paysages en perspectives inattendues lui qui aime à courir les toits pour y peindre horizons et buildings d'une ville qui ne dort jamais ou souvenirs d'une terre natale qu'il a quitté pour échapper à des échos trop douloureux. Mais là n'est pas la question et il pose l'objet sur les genoux de cet inconnu complètement torturé par ce qu'il a vu.

"Which one ?"

Il penche la tête et puis se sent obligé d'ajouter quelques précisions histoire d'éviter l'habituel regard surpris ou moqueur de celui qui pense que son aide est vaine, ce qui est loin d'être le cas. Ça fait bien des années qu'Aramis lui même ne sous estime plus sa mémoire.

"Je me souviens de chaque dessin. Quand je l'ai fait, où, à quelle heure de la journée. Alors je peux vous aider je pense."

Son accent est quelque peu à couper au couteau et il se prend à espérer que l'adulte comprendra tout ce qu'il a voulu lui dire. C'est qu'il fait des efforts pour articuler correctement quand il y pense mais ça reste compliqué et pas du tout systématique. Pour autant ce n'est pas un complexe puisqu'il maîtrise parfaitement l'anglais et le russe, des avantages non considérables qui lui permettent de communiquer correctement si cette troisième langue pose problème.

HRP:
 





   
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Dim 18 Mar - 13:58
Ça ne m’embête pas qu’il prenne son temps. Je connais les artistes. Ils vivent dans leur monde. Ils vivent à leur rythme. De toute façon, qu’ai-je d’autre à faire en ce matin précis? Rien, justement. Une journée pour profiter de la ville, pour profiter du fait que je ne suis plus pauvre. Si ce dessin ne m’avait pas interpelé, je serais passé à une autre salle. J’aurais poursuivi mes observations. Dans une autre vie, peut-être, aurais-je été un artiste. C’était quelque chose que j’aurais voulu. Mais je me suis souvent fait reprendre : ce que tu fais est une forme d’art, Durante… ce n’est pas à la portée de tous. Que de la merde.

J’aimerais fumer en ce moment. Pour cet inconnu, ce n’est probablement qu’un visage, un amalgame de formes et de lignes se bousculant, sans histoire, sans passé. Comment pourrait-il savoir? Un ombre traverse mon regard, traverse mon esprit. Est-ce que je veux vraiment ouvrir cette boîte de Pandore? Que ferai-je de cette information? En général, je laisse le passé dans le passé, mais…

Un hochement de la tête pour signifier que je comprends. Il n’a pas à s’inquiéter de mon cheminement mental. Il n’a pas beosin de savoir ce qui me trouble. Je me fais ben, normalement, cela ne se discernerait pas sur mon visage. Une page tour. Une autre. Surtout des bâtiments, des paysages. Son style est impressionnant, et les plans de vue sont presque troublants.

Je lui explique, d’une voix neutre, rauque. « C’est une femme, peut-être fin quarantaine. Sur ton dessin elle avait un foulard dans les cheveux avec des boucles d’oreilles circulaires assez imposantes…» Je lui montre la taille en formant un cercle avec mes index et mes pouces. « Un regard triste et sombre… on dirait qu’elle est sortie tout droit d’un vieux film… elle avait un manteau long et une robe style dépassé… tu n’as pas dessiné ses pieds par manque de temps ou d’espace? »

J’ai une bonne mémoire mais j’ai l’impression de ne pas m’être arrêté sur les détails, ou du moins sur les bons détails. J’étais trop concentrer sur son visage, sur ses mains aux doigts longs, la tristesse très bien démontrée dans son dessin.
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Sam 24 Mar - 11:57
Aramis ne bouge pas. Lové dans le silence et dans l'attente il se fait discret, ne parle plus, avale l'air en gorgées basses pour ne pas perturber, ne pas remuer l'inconnu plus qu'il ne l'est déjà. Il a l'habitude de toute façon de s'effacer, se faire oublier pour une minute ou même plusieurs heures, mais toujours il observe, jamais il perd son temps, note les détails auquel il s'accroche, tout ce qui semble important. La présence d'un cheveu blanc. La teinte d'un iris. La tristesse brisant le masque que beaucoup s'imposent. Le mouvement des lèvres à chaque mot. Et les expressions, chaque geste. Tout ce qu'il peut imprimer comme une carte d'identité. Car si l'homme n'est encore qu'un inconnu sans aucun nom, il a désormais une place dans son esprit, un tiroir rien qu'à lui où Aramis rangera tout ce qu'il sait de lui à partir de maintenant. Comme la description de cette femme par exemple, dont il se souvient d'ailleurs parfaitement. S'il n'a pas dessiné ses pieds ? Sans intérêt, ce n'est pas ça qu'il voulait mais la tristesse dans son regard à elle aussi, ce look un peu particulier qui lui allait à merveille, et toutes ces petites choses qui la rendaient comme elle lui semblait être sur le coup : Unique. Malheureuse. Ô combien oui.

"Par manque d'intérêt. Ses chaussures étaient banales et mornes et ce n'était pas ce qui m'intéressait chez elle."

Gris, si gris ses yeux et pourtant emprunts de cette lueur vive et belle quand il les pose sur ses dessins et puis sur l'homme. Ils ont ce côté quelque peu dérangeant certainement parce que ce n'est pas une couleur à laquelle on est habitué, et pourtant... Son père paraît-il avait les mêmes, il ignore si c'est vrai mais c'est ce qu'on lui a dit tout ce temps chez son grand père, "tu as les mêmes yeux que ton père.". Et qui après tout aurait mieux pu lui parler de lui que cet homme qui l'avait élevé ? Il était le dernier, ses autres grands-parents n'ayant visiblement pas eu la bonté de venir le chercher alors qu'ils auraient pu, manque d'argent paraît-il, valait mieux pour lui qu'il soit en foyer. Foutaises, pourtant s'il leur en a voulu il peut sans aucun doute comprendre, quoiqu'il aurait aimé passer les voir avant de partir. Leur poser des questions, demander un tas de chose à propos de sa mère. Ils avaient été les seuls à vraiment l'avoir connu. Sauf que le jour où il avait frappé à la porte il n'avait trouvé qu'un silence de Mort malgré la voiture garée devant le minuscule garage.

Comme si la Faucheuse en personne était venue les visiter alors qu'il n'avait jamais été qu'un enfant malheureux, brisé par la vie et par la Mort et par tout un tas d'événements. Étranglé par la solitude et tout ce qu'il n'avait jamais pu savoir, tout ce qu'on n'avait jamais voulu lui dire. Mais bon, ce n'est pas la question et il secoue la tête comme pour se sortir de ces pensées et souvenirs dans lesquels il refuse de replonger.

"Elle était ici ce matin." Ça tombe comme une sentence mais il ne peut pas le lui cacher, après tout il le lui a dit non, qu'il va l'aider ? Qu'il va l'aider parce qu'il le veut mais surtout parce qu'il le peut. "Elle faisait que passer mais elle a attiré mon regard. C'était y a quoi... une heure ? A peine. Elle est peut-être toujours ici." Et il sait pas pourquoi mais il se sent obligé de venir poser sa main sur l'épaule de l'homme pour la presser légèrement entre ses doigts. "Vous voulez... qu'on aille la chercher ? Il est probable qu'elle soit toujours là, non ?"

Ça brille toujours dans son regard la vie et aussi la curiosité. Et s'il ne pose pas de question, il est prêt à partir avec lui pour la chercher cette femme, louipot prêt à partir sur les traces de sa proie. Il n'y a rien de plus excitant que la traque non après tout ? Tout comme résoudre les mystères du monde, les mystères des Hommes et d'un seul actuellement.





   
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Dim 8 Avr - 14:55
Ici? Au musée? Je sens mon cœur qui manque quelques temps. Pourquoi suis-je si nerveux? Elle ne m’est pas intimement liée. La revoir ne changera pas ma vie. Elle ne me parlera probablement pas. Elle a coupé les ponts avec les Marchesi de façon bien claire, contrairement à moi. Mais de savoir qu’elle est en vie, qu’elle va bien, qu’elle prend le temps d’apprécier ces choses fines dont on a profité dans l’insouciance de l’adolescence.

Je passe nerveusement ma main dans mes cheveux courts. Ma bague dorée se prend dans mes cheveux et je fais une grimace. Aucun lien avec la conversation. Mais quiconque sait lire un humain saura reconnaître l’hésitation sur mon visage. Je passe mes doigts sur mon menton, pensif. D’un côté, j’aimerais m’assurer que la vie la traite bien, savoir pourquoi elle est partie, savoir ce qu’elle devient… d’un autre, je doute qu’elle ne veuille me voir, après tout, elle s’est donné toute une peine pour disparaitre sans laisser de trace.

Ce garçon me semble un peu étrange. Qui offre son aide de cette façon dans une époque comme la nôtre? Sans rien attendre? Par ennui…? Son accent ne ment pas, c’est un étranger. C’est un artiste. Pourquoi je questionne chaque détail? Une vie de crime (même organisé) m’a appris à rester sur mes gardes. Mais est-ce vraiment utile ici?

Ici. Ce matin. Ces mots résonnes dans ma tête, comme une boucle qui ne veut s’arrêter. Je sais que j’ai peu de temps avant de commencer à paraître bizarre. Je ne veux pas étayer ma vie devant lui. Mes dilemmes sont les miens seulement.

« Mmh… » Je garde un air froid. Peut-être sait-il lire dans mon regard que quelque chose traverse mon esprit. Je ne sais pas. Je ne veux pas le savoir. Je regarde ma montre. Une heure. Il y a une heure. C’est effectivement possible qu’elle soit encore ici. Peu probable, mais possible. « Oui, pourquoi pas. »

Je réponds finalement. Peut-être que je me laisse entraîner par la candeur de l’artiste. Après tout, il semble encore si jeune et son regard encore si vif. Tout l’inverse du mien. Un regard perçant, lourd, dans lequel les heurts du passé sont marqués à jamais. Je trouve bizarre qu’il touche mon épaule ainsi. Grave? Non. Étrange? Un peu. Je me tends, mais cela ne dure qu’une fraction de seconde. Ma vie d’avant est encore gravée dans mon corps et dans mes réflexes. Heureusement, le travail au public m’a habitué à ce genre de contacts même avec des étrangers.

« Elle aimait vraiment les œuvres d’Alfred Pellan... c’est un point de départ comme un autre… » Elle pouvait passer des heures dans cette seule pièce. Je ne sais pas si c’est le cas, je ne sais pas si elle y est retournée.

Je me lève pour faire face au jeune artiste. Je lui souris, enfin. Mon sourire trahit peut-être un peu mon âge. Tant pis. « Je m’appelle Durante. Enchanté. » Je lui tends la main. Aussi bien s’embêter de formules d’usage si nous sommes pour passer même un peu de temps ensemble. Peut-être fera-t-il de même. Peut-être pas.
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Lun 23 Avr - 11:24
L'homme hésite. Asha ne remue pas. Il s'est de nouveau tu et il attend, il attend une réaction, une réponse, quelque chose en oui ou bien non qui leur dira s'ils continuent ensemble ou reprennent deux routes éloignées, lui dans ses dessins et l'autre... et bien il n'en sait rien, il a ses propres affaires sans nul doute et même si ce n'est pas le cas et qu'il décide de se morfondre dans ses souvenirs ce n'est certainement pas lui qui l'en blâmera. Après tout qui sont-ils l'un pour l'autre hormis deux parfaits étrangers ? Aramis n'a jamais prétendu vouloir obtenir une quelconque influence sur sa vie, bien loin de là, et ce n'est pas non plus ce qu'il recherche en essayant de l'aider. Après tout c'est de sa faute non s'ils en sont là ? Il n'avait qu'à pas la dessiner elle et n'aurait pas dû non plus oublier son carnet, et dans ces cas là, s'il avait désiré se débarrasser de cet inconnu, il aurait pu le faire dès le départ, récupérer son bien et s'en aller. Ça n'aurait pas été très difficile, il aurait suffi de se laisser happer par les personnes présentes pour disparaître et ils ne se seraient jamais revus, fin de l'histoire pour eux. Or il est resté, et s'il veut l'aider c'est peut-être un peu par inquiétude pour lui, par gentillesse également.

Il y a des jours comme ça où il a beau tout faire pour rester hors du monde ça semble complètement impossible, il se passe une simple chose, un événement qui chamboule tout et le ramène de force aux autres. Alors il doit s'ouvrir à eux au lieu d'être lové dans sa tête et des fois c'est pas désagréable, ça peut aller. Si ça avait été le cas encore une fois il s'en serait allé mais non, il est là, c'est comme ça. Et dans sa tête il note les informations (sans trop de peine) que donne son inconnu du musée.

Alfred Pellan hm ? C'est un point de départ en effet alors autant commencer par là s'ils veulent avoir une chance de la trouver. Et étonnamment, même si Asha ne la connaît pas cette femme, il voudrait vraiment pouvoir poser la main dessus, rendre à l'homme son sourire ou quelque chose comme ça, le voir régler ses comptes avec ce qu'il imagine être un bout de son passé. Est-ce le cas ? A en voir la tristesse dans le regard et la consternation dont il a fait preuve c'est fortement possible même si pour le moment il n'arrive pas à en deviner plus. Puis à vrai dire il n'en a pas envie – même si pour d'autres ils ne se gêne absolument pas, relever les détails et analyser c'est son truc après tout, il adore ça, laissant son cerveau décrypter sans problèmes les situations qui s'offrent à lui. L'un de ses atouts principaux en combat pour sûr en plus de sa rapidité à réagir et sa façon de bouger, d'esquiver, de renvoyer les coups sans trop peiner. Parce qu'il n'est peut-être pas des plus surprenants dans sa façon de frapper mais il a une foutue endurance à toute épreuve le blond. Enfin, là n'est pas le sujet et au lieu de penser à tout ça il revient à l'homme.

Durante. Il lui saisit la main. D'abord sans penser à répondre par son prénom. A vrai dire il se rattrape après quelques secondes et un léger rougissement sur le coin des joues malgré tout (chose rare). "Aramis." Il attend le sourire moqueur ou l'incrédulité devant un prénom pareil, c'est pas comme s'il avait pas l'habitude, les autres gosses étaient pas tendres avec lui à ce propos à l'orphelinat et même dans la Meute ils ont souvent esquissé des prémisses de raillerie que l'Alpha faisait taire d'une parole sèche quand ils ont eu vent de son prénom. Parce que les loups se moquent pas des leurs. Heureusement personne ne l'appelait ainsi car pour tous il était Asha ou juste Loup. Ça lui allait bien comme ça. Encore aujourd'hui il a envie de juste donner ça pour son identité, Loup, parce qu'au fond c'est ce qu'il est, loup égaré loin de sa meute disloquée sous le meurtre de leur meneur. Loup blanc solitaire.

"Dépêchons-nous. Si elle est toujours là on la trouvera, croyez-moi." Il lui sourit, convaincu qu'ils y arriveront. Au moins ils essaient, c'est l'essentiel non ? Il lui jette un regard. Curieux. "Ça fait longtemps qu'elle est partie ?" Était-ce une histoire d'amour ? Amitié ? Il ne sait pas, il cherche, se questionne. Mais ces choses là ne se font pas non ? Il s'en moque, si Durante veut qu'il se taise il n'aura qu'à le lui dire, en attendant lui il interroge. "Vous avez l'air d'avoir tenu à elle." Sa voix est basse, tranquille, et si faire la conversation pourrait le déconcentrer de ses recherches ce n'est pas le cas puisqu'il laisse ses yeux courir sur les différentes personnes qui croisent leurs chemins. Du coin d'un œil il repère des chaussures qui pourraient être les siennes, qui sont les siennes à vrai dire, mais quand il relève le museau ce n'est pas le cas et dans sa tête ça le fait râler. Sans intérêt les chaussures, il l'avait dit non ? Trop communes pour être elle, comme un cadeau que l'on reçoit et qu'on se force à porter pour ne pas blesser. Les mêmes aux pieds d'une autre femme. Par réflexe il les pointe d'un doigt, comme un gamin. "Elle portait ce modèle dans cette même couleur."

Sacrée mémoire qu'il a là Asha.

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Double-compte : Athena, Benjamin Desmarais
Surnom : Val, Dudu (...), Dante
Age du Montréalais : 30
Emploi/loisirs : Propriétaire du Festin des Morts
Portrait robot : - Ancien homme de main de la famille Marchesi, une famille mafieuse assez influente à Montréal
- Fils adoptif de Lorenzo Marchesi
- Un vrai MAMA'S BOY!!!
- A quitté sa vie de crime il y a quatre ans environ
- Adore les films, surtout les vieux films
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Dim 6 Mai - 17:07
Même s’il y a de longues périodes de silence entre lui et moi, le malaise n’a pas le temps de s’installer. Peut-être est-il, comme moi, un de ces hommes de peux de mots. Quelqu’un qui ne cherche pas à combler le vide de l’existence par des paroles. Quelqu’un qui s’abandonne librement à ses pensées. Du moins le fais-je en temps et lieu. Durant de nombreuses années, je n’ai eu ce luxe, vivant toujours à bout de souffle, où les silences étaient porteurs de sens, étouffants, mais maintenant… maintenant, je peux m’arrêter et penser. Parfois. Et je ne peux la chasser de mes pensées. Pourquoi?

Parce que c’est un fantôme… elle devrait être morte…

Je soupire. Je chasse ces pensées. Nous en parlerons si je la retrouve. Enfin, peut-être. Comment réagira-t-elle? Impossible de savoir.

Le garçon se présente. Aramis. Comme le mousquetaire. Je ne fais pas de commentaire. Même si je connais l’œuvre, je me verrais mal commenter. Mon propre nom peut sembler assez particulier. Surtout pour ceux qui ne parlent pas italien. J’ai entendu toutes les versions.

« Enchanté. » Je me répète. Je connais les politesses de base tout de même.

Nous sortons de la pièce avec l’énorme carte du monde. Nous nous engloutissons dans une pièce où il y a trois ou quatre personnes attroupées autour d’un guide qui explique le sens profond des toiles… enfin… des œuvres. De grandes fresques de couleur. Des éclats de couleur, comme un miroir brisé. Je ne m’arrête pas sur l’œuvre. Ne pas se laisser distraire. Les gens attirent mon regard. Je parcours leur visage, leurs vêtements. Personne qui ne correspond à sa description ici, nous passons à la prochaine pièce. Il me parle, je réponds, presque machinalement :

« C’est une longue histoire. Ça fait des années que je ne l’ai pas vue. » Elle était mon amie. Une autre étrangère dans un monde brutal qui ne demande que des sacrifices. Je me souviens d’elle comme si c’était hier. Elle n’était pas comme les autres. Elle n’était pas comme mon frère ou ma sœur. « J’ai perdu le compte. »

Je suis son regard quand il parle des souliers de la femme. Des souliers blancs, sans intérêt. Il avait bien raison. Sans le savoir, Aramis avait remarqué des choses importantes. Ce n’était pas son genre, du moins pas quand je la connaissais. Avait-elle changé à ce point? Était-ce même elle? Non, je ne pouvais laisser ces doutes s’ancrer dans mon esprit. Si le dessin du jeune homme était de la moindre qualité… il est certain que c’était elle.

« Je vois. C’est… atypique. » Je ne sais pas quel autre terme pourrait décrire le sentiment que je ressens. Comme un détachement. Qu’est-ce que j’espère vraiment? Elle ne sera certainement pas heureuse de me revoir… elle a fui. Je la comprends. Je cherche peut-être le réconfort de ne plus être seul.

Je soupire. Mes doigts dans mes cheveux. La fatigue creuse mon front. Ridicule, je viens à peine de me lever. Nous passons à pièce suivante. Nous sommes accueillis par des motifs et des couleurs criants. Des formes presque absurdes évoquant la nature. Quelque chose de primal. Je reconnais bien là les œuvres de Pellan.

Un groupe d’écoliers, leur professeur… une visite guidée. Quelques curieux qui s’attardent devant ces toiles. Un homme désintéressé, traîné par sa copine. Une femme à l’air pincé, avec des talons trop haut et des lunettes trop grandes. Ce n’est pas celle que je recherche.

Qu’est-ce que tu espérais… elle t’a probablement vu; tu l’as fait fuir.

« Mmmh… » Un grognement agacé. Ces pensées, je les ai entendues encore et encore dans ma tête. Combien de gens ai-je fait fuir? Combien d’amis ai-je réussi à garder? Trop. Trop peu. « J’apprécie ton aide, mais elle est peut-être tout simplement partie. »
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Portrait robot : ♙ 23 ans (19/12). Originaire de Russie. Papa Américain. Maman Russe. Orphelin. Témoin de l'assassinat de ses parents mais trop jeune pour s'en souvenir réellement, hanté par quelques échos de la scène.

♙ Artiste de toile, de papier ou de rue. Mémoire photographique. Prudent, n'accorde que peu sa confiance. Paradoxalement peu confiance en lui sur beaucoup de domaines.

♙ Yeux gris, cheveux très pâles. 1m79. 72 kg. Solide et endurant, rapide. Bonne résistance aux coups durant un combat, tendance à en pâtir après.

♙ Parle en #3AA6AC (+ italique pour l'anglais).
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Dim 13 Mai - 10:50
Aramis aimerait pouvoir affirmer encore une fois qu'ils vont la retrouver et prêter rien qu'un peu de son optimisme à Durante. Il aimerait oui pouvoir lui donner de la force, du courage et de l'espoir, l'envie de continuer encore à croire, y croire très fort jusqu'à ce qu'enfin ils mettent la main sur elle, sur cette femme, ce fantôme d'un matin au musée. Parce qu'il doute, n'est-ce pas, son inconnu ? Ça se voit dans les traits tirés de fatigue, dans cette main emmêlant les cheveux sombres. Ça s'entend dans son soupir et il aurait beau assurer du contraire que le loup ne le croirait pas car il a observé, écouté, et le langage corporel parle mieux que tous les mots prononcés. Et tout ça, tout ça ce sont assez d'indices abandonnés sur son chemin pour savoir qu'il n'a pas assez confiance et que l'espoir se tarira bientôt, aussi vite que les années déjà passées. Est-ce qu'Asha est trop optimiste cependant ? Un petit peu trop fou de baigner ainsi dans ses convictions ? Oui, sans doute, mais lui aussi après tout aimerait retrouver les personnes qui sont parties (mortes ou vivantes), les revoir rien qu'une fois, et aujourd'hui son inconnu a cette chance. Alors même si ça semble irréalisable, irréaliste aussi, il veut continuer, chercher avec toute la fougue de sa jeunesse quitte à retourner les pièces, s'accrocher au moins encore un peu.

Ses anthracites fouillent, accrochent les détails, la couleur d'une chevelure ou le pigment d'un iris, la forme d'une chaussure, et il lui suffit de moins d'une seconde à chaque fois pour savoir que ça n'est pas elle.

"On va la trouver. On ne peut pas la laisser partir, right ? On n'a pas le droit. C'est votre chance à tous les deux, vous pouvez vous retrouver aujourd'hui et croyez-moi il y a beaucoup de personnes qui voudraient être à votre place."

Lui n'est-ce pas ? Il aimerait pouvoir retrouver ainsi un fantôme de son passé, voir réapparaître une mère, un père, un Alpha tant aimé durant tout ce temps passé à ses côtés. Et il aimerait que le sang sur le sol et la plaie à la gorge n'aient pas été réels. Que le regard vide de son chef de meute n'aient été qu'un cauchemar duquel on se réveille au plus tard au matin, qu'il ne soit pas mort sans raison. Le problème c'est qu'il n'a pas choisi, ni la mort ni la vie, et oui peut-être qu'en voulant aider Durante il espère juste réaliser ce que lui ne vivra jamais. En fait il n'en sait rien, ça lui fait mal bien sûr de se dire que l'homme va la laisser partir mais ça devrait pas être ses histoires. Malheureusement il a parfois le cœur trop grand Asha.

"Je vais fouiller ce musée jusqu'à ce qu'on mette la main dessus. Parce qu'elle est en vie, parce que vous avez l'occasion de lui parler, de lui sourire, de la toucher. Et ça y a plein de monde qui voudrait pouvoir le vivre vous comprenez ? Mais on choisit pas... Et des fois on voudrait revoir quelqu'un mais c'est pas possible parce qu'il y a la mort qui est passée par là..."

Il la connaît bien la Mort, c'est presque une amie à lui qui a hanté chacun de ses pas. Et rien que d'en parler ça lui noue un peu la gorge mais pas question de se laisser aller ou d'en parler plus, non. Asha est là pour aider et pas pour faire pitié et il refuse de se prendre encore l'un de ces regards faussement compatissants qu'on peut lui envoyer quand il parle des merdes de son passé. Il soupire à son tour. Pas une seconde son regard ne cesse de chercher, à droite à gauche et devant et derrière Aramis ne lâche pas l'affaire, entraîne l'homme-adulte dans la pièce suivante. Ils la trouveront, ils sont obligés, c'est un acharné le Blanco car on lui a appris à ne pas baisser les bras trop vite.

"She can't be far away." qu'il grogne entre ses dents. Parce qu'après tout le dessin c'était y a pas si longtemps.

Le problème c'est que le temps il ne le voit jamais passer et que si Durante ne l'arrête pas il s'entêtera sans doute jusqu'au bout, poussé par ses propres démons, ses douleurs qui pleurent au fond de son cœur. Mais n'a t-il pas raison ? Car au milieu de plusieurs autres personnes apparaissent des souliers blancs et quand il relève la tête tout son instinct hurle. C'est elle non ? Il en est sûr. Automatiquement sa main vient attraper celle de sa compagnie d'infortune. L'a t-il vu lui aussi ? Ira t-il la voir ? S'il ne le fait pas ça fera râler Asha, mais quel droit a t-il sur ses décisions ? C'est peut-être trop tôt ou bien trop tard. C'est peut-être trop compliqué pour qu'ils puissent se retrouver. Sans doute s'est-il emballé avec ses leçons de morale à deux balles car après tout il ne connaît pas leur passé.

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Sam 21 Juil - 16:50
Ce garçon a une détermination comme je n’en ai pas vu depuis mes jeunes années. Peut-être n’aimerait-il pas la comparaison il me fait penser à ma sœur. Sans déborder d’optimisme, l’abandon n’est pas une option. J’ai déjà eu cette force, aussi. Mais aujourd’hui, plus que jamais, je me sens vieux. Le temps a grugé des parcelles de mon être que je ne reverrai jamais. Les minutes passent. Il continue d’essayer de me convaincre, ou de se convaincre, que nous allons la retrouver. Je le suis, mais les minutes passent et bientôt mon cœur n’y est plus. Comment pourrait-il y être? Et même si cet espoir, si futile soit-il, mène à quoi que ce soit… que lui dirais-je? « Oh, tu n’es pas morte? Tes funérailles étaient magnifiques, tout le monde a pleuré et tout… » Non. Alors quoi?

« C’est beau d’avoir cet optimisme, mais tu n’as pas à fouiller le musée. Si j’ai à la revoir, je la reverrai… si elle veut me revoir, elle saura me contacter. »

C’est une attitude qui peut sembler… défaitiste? Je le sais. Mais je ne pourrais jamais forcer qui que ce soit à supporter ma présence, à me regarder dans les yeux sachant tout ce qu’elle sait sur moi (et imaginant toutes les choses qu’elle pourrait imaginer.)

Nous passons néanmoins d’une pièce à l’autre, et je me laisse emporter par son enthousiasme. Il mène et je le suis. Ni lui ni moins ne sachons vraiment ce que nous recherchons. Une femme parmi d’autres. C’est du moins ce qu’elle est pour cet artiste. Et pour moi? Pour moi c’est un spectre… une ombre de ce que j’ai déjà été, de ce que ma vie a déjà été.

Je suis prêt à abandonner. Je suis prêt à rentrer chez moi, ou à retourner à ma routine, à ne plus penser à cette rencontre fortuite que deux inconnus ont eue. Mais pour moi, comme pour Aramis, le temps s’arrête. C’est comme un battement de cœur assourdissant retentissant dans tout mon être. Puis un silence qui m’envahit. Le rythme dans la pièce qui ralentit. Les lumières qui se tamisent. Tous les êtres qui deviennent flou. Elle est là. Devant moi.

Je la vois. Elle me voit. Elle est là, bien vivante. Les années n’ont pas abîmé son visage (on ne peut en dire autant de moi). Elle est comme une parfaite copie. Et il y a ce moment à me demander… est-ce bien elle? Avec les technologies actuelles… Mais elle détourne le regard, puis elle se dérobe, va vers la sortie.

« Je… ne peux pas la voir. Pas pour le moment. » Une blessure ouverte. Mais maintenant, elle sait que je sais. S’enfuira-t-elle à nouveau?

Je me retourne vers l’artiste. Je lui souris. J’essaie, du moins. Mon visage ne partage pas souvent ce genre d’émotions, comme la gratitude ou la bienveillance. « Elle sait que je l’ai vue, et que je suis toujours en vie… je dois la laisser venir à moi si elle veut me voir. Merci pour ton aide. Je peux faire quelque chose pour te rendre la pareille? »

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Lun 13 Aoû - 15:12
Pendant de longues minutes Asha reste en fantôme, à observer le face à face sans dire un seul mot. Son cœur lui fait mal, un peu, de savoir qu'il n'aura jamais cette chance là, celle de retrouver quelqu'un comme ça parce qu'autour de lui tout le monde est mort, et pourtant il n'en montre rien. Souffre plusieurs secondes dans son silence et repense, lui, à ce qu'il a pu vivre. Là-bas dans sa Russie, les cauchemars qui se sont nourris. De la violence et des cadavres, et du sang qui s'enfuit, en flots tourbillonnants, des corps encore frémissants. Brûlants d'une vie arrachée sauvagement. Par des mains inconnues, sans identité. Qui lui ont tout volé. Ses parents alors qu'il n'était qu'un enfant. Cet homme qu'il aimait et en qui il croyait. En qui il avait confiance. Tellement fort qu'il aurait pu le suivre éternellement, et des fois il s'en veut de ne pas l'avoir fait. De l'avoir abandonné. Et laissé mourir alors qu'il avait juré de toujours être là pour lui, de toujours le protéger. Sur sa propre vie, oui, le seul pour qui il l'a fait. Se mettre comme ça en danger. Une fois qu'il a compris ce qu'il valait vraiment, qu'il lui a trouvé une âme, un cœur, un but véritable au lieu d'une simple volonté de semer sans raison le chaos comme le font certains groupes ou certains gangs qui foutent à feu et à sang des villes en se moquant des Morts. Avec leurs guerres pour des putes ou de la drogue, pour des quartiers qu'ils désirent juste posséder. Sans autre raison que le pouvoir encore, qui depuis des siècles rend fou les Hommes. Bien loin de ce que faisait la Meute avec ses grands rêves, et ses revendications quant aux droits pour les gamins de rues qu'ils étaient tous. Bien loin de ses désirs d'humanité pour eux orphelins et rejetés, plongés dans la merde pour beaucoup, avec rien pour pouvoir se retourner, ni qualifications ni argent, enfoncés dans un cercle vicieux sans aide pour s'en tirer. S'il n'y avait pas eu l'Alpha. Qui les récupérait les gars comme eux, offrait une seconde chance. Une seconde vie. Dont il s'est saisie à pleines mains comme tant d'autres avant lui et comme tant après lui, jusqu'à ce que la Meute éclate avec cet assassinat. Se disloque et s'éparpille en grains de sable balayés par le vent dont un au moins a atterri ici. Au Québec.

Un Loup Russe aux cheveux pâles et à l'accent étrange quand il parle, au cœur blessé et un peu froid avec de l'or dedans pourtant quand il veut bien le montrer. Un Loup solitaire aussi. Séparé des siens. Qui vagabonde au gré d'envies souvent un peu folles, sur les toits, sans personne. Là où on ne le voit pas, là où il est libre. Quand il plonge et saute, quand il s'envole d'un rebord à l'autre. Quand il pleure tout là-haut d'un trop plein de douleur, rarement heureusement et pourtant de temps en temps. Parce que le gamin dans sa poitrine trouve que ça suffit de se blinder comme il le fait. Parce que ça peut pas toujours être comme ça, de faire semblant d'aller bien quand c'est pas vraiment le cas. Et que comme maintenant il s'oublie et fait taire ses souffrances. Qu'il remplace par un sourire de circonstances.

"It's okay." Il hausse les épaules. Il a fait tout ce qu'il pouvait. "That's your choice."

C'est lui qui sait aussi s'ils peuvent se retrouver ou pas encore et s'ils ont le droit immédiatement à leur chance. Et Asha n'a aucun droit pour en faire plus, pas alors qu'il a déjà forcé le destin en retournant le musée pour pavenir à la trouver. Lui et son espoir de fou. Au moins ça a fini par payer, et il espère que ça sera de nouveau le cas. Que l'homme trouvera un peu de ce bonheur qui manque à ses traits. Qu'il y aura de la joie dans ses sourires désormais. Plus que dans ceux qu'il a offert jusque là, fatigués, presque forcés. Ces sourires qui ne croient plus en rien et qu'il comprend parce que ça lui est arrivé aussi. De plus savoir comment faire. D'être trop triste pendant trop longtemps pour de nouveau y parvenir. À trouver de la joie même dans le malheur. À ne plus se gâcher avec des idées noires même quand ça n'a pas lieu d'être. Même quand sur l'instant tout va plutôt bien. N'est-ce pas le cas après tout ? Puisqu'il l'a retrouvée. Cette femme qu'il appréciait. Ça devrait être un oui sauf qu'il ne sait pas ce qu'il y a dans la vie de Durante. Pour ça il ne s'autorise aucune réflexion il reste une fois de plus dans son coin. Bien rangé. Sans faire de bourde, d'erreur ou de remarque qui pourrait blesser.

"J'espère sincèrement que vous vous retrouverez... Ce serait bien qu'elle vous fasse sourire vraiment." C'est dit avec prudence bien sûr, sans être effronté. C'est juste une vérité à ses yeux, lui qui aime voir les gens sourire. "Puis comme ça on n'aura pas retourné tout le musée pour rien." Il rit un peu, Tout bas. Ça a le goût de celui qui a peur de déranger. De se faire remarquer. D'être de trop alors qu'il enfonce ses mains dans ses poches.  Cherche le confort. Pour la demande qu'il s'apprête à faire. "Vous accepteriez que je vous dessine ? Vous n'aurez pas besoin de poser, tout est déjà dans ma tête. Si vous acceptez et si vous le voulez je peux même vous le faire parvenir, le dessin..."

À vrai dire en temps normal il ne demande pas l'autorisation. Croque les corps et les visages qui passent, capturés sans problèmes par quelques coups d'œil. Seulement c'est différent. Après avoir côtoyé Durante, il se sentirait imposteur de voler ainsi ses traits. Alors il demande. Espère bien sûr que ce sera un oui. Au risque de s'en sentir frustré. Quoique par dépit il passera sans aucun doute à autre chose pour éviter de ruminer. Toujours est-il qu'il doit, de toute façon, attendre la réponse de l'homme face à lui. Qu'il fixe longuement, pour ancrer plus profondément chaque marque du visage, chaque spécificité qui apparaît dessus. Il a l'habitude après tout. De se souvenir.





   
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Sam 25 Aoû - 15:51
« Qu’elle me fasse sourire…? »

J’entends les mots, et je les comprends, mais je ne sais pas si je suis prêt à associer mon bonheur à une seule personne. Elle n’avait pas cette influence. Mais la culpabilité a engouffré mon cœur depuis des années, et de savoir qu’elle se porte bien, un voile se lève. Je le regarde, une certaine confusion dans mon regard, et j’acquiesce lentement.

« Oui je vois ce que tu veux dire. » C’est vrai que je comprends, juste le fait de savoir, que pour une raison ou une autre, elle est partie; et qu’elle n’est pas simplement morte dans un caniveau, c’est d’un grand réconfort. C’est un peu déprimant de voir la situation de cette façon, mais ce n’est que ce que je suis : pessimiste.

Je la regarde filer, et bientôt elle n’est plus qu’un autre souvenir. Perdue dans une marée de souvenirs.

Ainsi, je peux maintenant tourner les yeux vers le jeune artiste. Je lui offre un sourire, un peu comme mes autres, je suppose, forcé, ou dénué de sens véritable. Mais c’est un sourire poli qui, je l’espère, exprime au minimum ma gratitude. Car même si je peine à l’exprimer, j’apprécie énormément son aide.

Sa demande me surprend. Je ne sais pas pourquoi, en fait. Je me contente de le regarder, un sourcil haussé, comme si je cherchais dans son visage une réponse à la simple question ‘Pourquoi?’ Je ne pourrai probablement jamais trouver cette réponse sans la lui poser, mais je doute que lui-même ait vraiment une réponse à cette question.

« Me dessiner? » Je reste perplexe. Il y a peu de monde dans cette salle, et j’ai l’impression que ma voix résonne plus fort qu’elle ne le devrait. Un dessin de mémoire, si je comprends bien. Pourquoi me le demande-t-il? Ca ne semble pas être dans ses habitudes. Je l’intimide peut-être. Ça ne serait pas la première fois. « Ça ne me dérange pas de poser, si c’est préférable. Après tout, tu m’as bien aidé aujourd’hui, c’est le moins que je puisse faire. »
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Jeu 27 Sep - 18:19
Sa demande est surprenante. Asha le sait mais il s'en fiche. Le fait parce qu'ils se sont côtoyés, par acquis de conscience. Préfère demander de but en blanc au lieu d'avoir les regrets en tête parce qu'il n'a pas osé, au risque seulement de voir sa requête refusée - ce qui ne serait pas un drame non. Parce qu'il trouvera bien vite de quoi dépasser sa frustration, de quoi l'anéantir, sans jamais oublier leur rencontre cependant. Le son de la voix. La couleur des yeux. Ou les traits fatigués du visage. Qui ne sait pas sourire. Toujours ancrés en lui, dans sa tête. Pour au moins des années. Sans oublier non plus cette course à travers le musée. Pour le fantôme d'une femme qu'il ne connaît pas. Ne connaîtra jamais. Croquis anonyme dans son carnet. Rien de plus. Qu'un instant figé. Qu'un instant parfait. Saisi sur le fait. Dans la grâce de l'inconscient. Du charme au naturel. Et toutes ces choses qui ne viennent pas dans une pose ; artificielle. C'est pourquoi à cette mention les lèvres s'étirent. En un sourire doux, presque triste, qu'il offre sans même s'en rendre compte à cet homme inconnu.

"You're sweet."

Les épaules se haussent et il secoue tranquillement la tête. Les yeux braqués sur Durante. Comme deux lunes claires, deux lunes grises. Magnifiques. Et sans voiles. Sans peurs. Sans inquiétude quant à ces mots prononcés en connaissance de cause, sans crainte de le blesser. Malgré les années de plus et cette aura un peu sombre, tout ce qui pourrait l'effrayer ou l'impressionner. Si seulement c'était le cas, car Asha au contraire d'autres se fiche bien de tout ça. En a vu d'autres. Des pires.

"Mais ce sera pas nécessaire. J'ai un appareil photo dans la tête et c'est mieux que quand on pose. C'est plus vrai."

Par réflexe il ouvre le carnet. Sur la page qui la présente elle, avec ce mouvement vers l'avant, ce pas un peu inquiet. Et même un peu pressé. Montre comment il travaille. Ce qu'il ne fait jamais. À part pour ses toiles, qu'il vend aux intéressés. À ceux qui ne comprennent pas forcément ce qu'elles représentent. Mais tant pis. Il le sait. Que les regards sur l'art ne sont pas les mêmes d'une personne à l'autre. Que personne ne peut se rendre compte comme les choses qu'il peint sont importantes. Merveilleuses. Des petits bouts de lui et de sa vie. Pourtant c'est pas si grave, non non non. Car celles qui prennent le plus de place en lui il les garde et les accroche sur ses murs.

"Par contre comme je l'ai dit je peux vous le donner à la fin le dessin. Vous l'envoyer. Ou vous le porter."

Au moins il l'aurait plus dans la tête. Plus dans le cœur et les tripes. Tout serait posé et il pourrait passer à autre chose, au gré de ses envies, de son inspiration qui va et vient avec ce qu'il voit, ce qu'il entend, ce qu'il vit aussi.





   
You look perfect tonight.
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Surnom : Val, Dudu (...), Dante
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Emploi/loisirs : Propriétaire du Festin des Morts
Portrait robot : - Ancien homme de main de la famille Marchesi, une famille mafieuse assez influente à Montréal
- Fils adoptif de Lorenzo Marchesi
- Un vrai MAMA'S BOY!!!
- A quitté sa vie de crime il y a quatre ans environ
- Adore les films, surtout les vieux films
- Fume et boit probablement beaucoup trop
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Sam 6 Oct - 14:41
Il préfère ne pas avoir de modèle? Tant mieux. Je l’ai offert peut-être plus par politesse. Je me vois mal rester plusieurs heures, immobile, à le laisser travailler. De toute façon, je ne suis pas le modèle le plus esthétique de l’île, pourrait-on dire. Mon corps, comme mon esprit, a subi tant d’attaques au cours des années, que je me verrais mal le montrer pour le plaisir.

Lorsqu’il me montre son carnet, je me penche un peu vers l’avant. Encore une fois, je suis impressionné par les lignes justes qui traduisent le mouvement d’une scène. La première fois, je regardais le contenu. Maintenant, je regarde le contenant. Et je suis impressionné. Par son talent.

Je relève les yeux vers lui, je capture un moment l’éclat de ses yeux gris. Si différents des miens. Il y a encore de l’espoir, de la vie, dans ses yeux. Les miens sont morts il y a longtemps. Seen too much shit…

« Si c’est ce que tu préfères, oui, ça me convient. Allez, note… » J’attends qu’il prenne un crayon, ou son téléphone, ou peu importe, pour noter mon adresse. « Tu peux l’envoyer à mon club, le Festin des Morts… » Et je lui donne l’adresse. C’est un endroit public, du moins, dans la limite du possible. Je préfère ne pas donner mon adresse personnelle. Je doute qu’il soit un grand danger, mais c’est une question d’habitude.

Pas étonnant que tu n’aies pas de femme, Patatino… C’est ce que ma mère dirait. On revient toujours à cette question. Je soupire et je chasse ces pensées.

« Merci encore pour ton aide. »
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Surnom : lil wolf
Portrait robot : ♙ 23 ans (19/12). Originaire de Russie. Papa Américain. Maman Russe. Orphelin. Témoin de l'assassinat de ses parents mais trop jeune pour s'en souvenir réellement, hanté par quelques échos de la scène.

♙ Artiste de toile, de papier ou de rue. Mémoire photographique. Prudent, n'accorde que peu sa confiance. Paradoxalement peu confiance en lui sur beaucoup de domaines.

♙ Yeux gris, cheveux très pâles. 1m79. 72 kg. Solide et endurant, rapide. Bonne résistance aux coups durant un combat, tendance à en pâtir après.

♙ Parle en #3AA6AC (+ italique pour l'anglais).
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Mer 10 Oct - 11:17
Les lettres sont rondes, proprement tracées. L'adresse inscrite sur une page, blanche pour l'instant. Enfermée ensuite entre deux dessins quand il range son carnet. Le coince à l'arrière de son pantalon avant de rabattre son tee-shirt par dessus. Sans prudence certainement. Par habitude surtout. De celui qui l'emmène partout. Sur les toits et dans les rues, prêt toujours à trouver quelque chose à y graver. Un morceau de vie ou quelques visages rencontrés sur l'instant. Des paysages, urbains ou lointains, qu'il revoit dans ses rêves quand ils le bercent. Dans ses souvenirs quand ils traversent. Le fond de son esprit assailli par les cauchemars, par les horreurs ; par le macabre d'une enfance qu'il porte sur ses épaules et qui pèse, pèse beaucoup trop.

"Okay. That's good for me."

Il relève la tête. Pourrait sourire. Mais ne le fait pas car c'est déjà trop arrivé aujourd'hui. Adresse un simple regard, gris pâle en nuages de neige, comme un au revoir. Sans savoir s'il doit dire quelque chose, poser des adieux au coin de la marge ou s'en aller juste comme ça. C'est difficile faut dire de savoir comment faire. Quand c'est l'histoire de deux inconnus qui ont cheminé côte à côte juste pour quelques instants. Heureusement c'est l'homme qui prend la parole et Asha se contente de regarder. De le fixer. Pour ancrer dans sa mémoire une dernière fois les traits.

"J'aurais souhaité que vous vous retrouviez vraiment. J'espère que ça viendra."

Le temps, le temps peut tout résoudre non ? Même les peines de cœur il paraît, alors il ne s'explique pas la détresse le broie encore après toutes ces années. Ni les larmes qui coulent quand il s'éveille, parfois, après un cauchemar trop violent. Se dit que ce sont des foutaises. Ces histoires de temps. Sans cesser de vouloir y croire cependant car il faut bien de l'espoir pour ne pas s'en trouver mal. De ces choses qu'on a vues et vécues. C'est pour ça qu'il refuse de faire comme tant d'autres. S'abandonner aux souffrances et survivre seulement dans un coin de ville. Devenir mort dans son cœur, mort avant l'heure.

"Mais je suis heureux d'avoir aidé."

Heureux. Est-ce que c'est le mot ? Asha se demande. Ne corrige pas. Se dit que l'autre s'en fiche de toute façon. Car ce n'est pas important. De toute façon ils se séparent bientôt.

"Okay, hm... See you soon ?"

Il hésite. Puis s'illumine légèrement. Avec un sourire qui ne dure pas longtemps car il est déjà en train de partir. De s'enfuir. Discret mais rapide. Se fond une nouvelle fois dans la masse.





   
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Le musée des souvenirs amers (Asha)

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