TEASING - Montréal, 2048.

Une foule anarchique et cosmopolite fourmille le long de la rue sainte Catherine. L’armada populaire est multicolore de peau tandis que les corps sont de chair, de métal, ou bien encore métis. Homme et androïde, chacun est différent mais tous sont identiques dans la masse, individus trop pressés, croisant l’autre sans même le regarder. C’est une tourbe de bras et de jambes. D’identités.
Certains sont riches. D’autres sont pauvres. Loin du manichéisme, ils manipulent, écrasent. Grondent, se révoltent. Se soumettent ou subissent. Ignorent et se contentent d’avancer. Ils vivent, se confrontent et se répondent car cette foule polymorphe, insaisissable, est l’essence même du mouvement.
C’est la danse des humanités.
De notre société.
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Léandre Luissier - L'Archiviste
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Les figures de l'ombre
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▬ 06/18 :Lancement de Human Outside, pour les deux ans du forum ! C'est un grand remaniement qui n'attend plus que vous ♥
Prédéfinis

Dernier hommage [Neliya]
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- Très anxieux. Lévres en piteux état, fume.
- prêt à tout pour être enfin reconnu et aimé par sa famille
- incapable d'aimer autrui et soi-même
- conservateur trés croyant
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- belle âme au fond qui attend son envol
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- espére un jour être soigné
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Ven 23 Mar - 17:51
Ce rp fait suite au rp :
Le poids du silence





The final Chapter, Olafur Arnalds

Il y a parfois, dans le ciel clair d’une vie sans nuages des coups de tonnerre que personne ne peut prédire en regardant l’azur. C’est ce qui arriva le 3 juillet 48 quand le téléphone sonna et que le décès de l’Ami fut annoncé.
Le 2 au zénith, il s’était éteint face à la lumière d’un soleil d’été, brisé en deux sous la douleur d’un cœur s’étouffant. Il avait été hospitalisé d’urgence mais personne n’avait rien pu faire et de l’autopsie était ressortie une triste fatalité: Infarctus du myocarde du au tabagisme.  
Son vice l’avait emporté.
C’était les mots qu’avaient prononcés M. Dastre Père au combiné et qui avait fait que Léandre avait raccroché,  quitté son bureau sans prévenir pour aller voir ce « père » qui n’avait eu que le mot « vice » pour la mort de son fils.  
Face à cet homme au cœur de glace, il avait oublié le respect et la politesse hiérarchique, celle de l’ancienneté. Il ne s’était pas soumis, avait parlé, durement, d’égal à égal  et Léandre, pour la première fois, avait ordonné, s’était confronté.
Pour respecter la volonté d’Antoine, les obsèques devaient être civiles, en accord avec son absence de foi. La demande était catégorique mais M. Dastre, sous l’argument  avait ricané et refusé. Il avait ordonné qu’une Bénédiction soit organisée avant d’ajouter que s’il le souhaitait, Léandre pouvait l’organiser. Il paierait néanmoins, s’il tenait tant aux demandes du décédé.
L’Albatros, sous la proposition avait serré les dents et, à contre-cœur, malgré le dégout avait accepté, tendant la main à ce père détestable.
La course contre la montre commençait.

-------------- oOo -----------------

Cela faisait cinq jours qu’il dormait à peine ou cauchemardait. Les préparatifs des obsèques l’accaparaient et se poser pour se reposer réveillait ses pensées. Son cœur se serrait et des nausées le prenaient.
Néanmoins, plus que la douleur du deuil, il regrettait son attitude des semaines précédentes où, égoïstement, il n’avait pas souhaité communiquer avec l’Illusionniste. Cette décision il l’avait prise quelques jours après leur retour du monastère, justifiant sa demande par le fait « qu’il fallait mieux couper tout pont entre eux pour leur sécurité émotionnelle et sentimentale respective »
La suite du message précisait qu’ Antoine n’était donc plus le bienvenue à l’association et qu’il était libéré de son rôle de témoin. Chercher à le joindre était inutile car Léandre ne répondrait pas.

Respectueux de sa volonté, aucune réponse ne lui était alors parvenue et le courrier avait  été les derniers mots qu’ils s’étaient échangés.
Ils s’étaient séparés sur le silence et la peur de ses sentiments et cela, il ne pourrait plus jamais rien y changer.

Il soupira et une larme vint s’écraser sur sa joue.
Il avait eu tord mais il était trop tard. Antoine était mort et bientôt le cercueil se refermerait à jamais, recouvert de terre.  On lui enlèverait ainsi totalement cet ami qui, à quelques mètres, entouré de fleurs et de cierges, semblait dormir paisiblement, les yeux clos et un sourire discret aux lèvres.

La voix calme de Monseigneur Generose se tut et le temps de parole prit fin, bientôt suivit de l’homélie et de ses mots sur le sens de la mort. Léandre grimaça imperceptiblement et l’esprit ailleurs, vague, leva les yeux vers le haut, admira les peintures sur la voute, les anges peints sur l’azur. L’église saint-Léon était un lieu qu’il avait toujours aimé par sa sobriété et le contraste avec son plafond décoré. C’était l’église de son enfance et de son quartier et Antoine, quand l’Albatros lui avait fait visiter, l’avait trouvé belle.
Léandre l’avait alors choisi pour lui, pour que la Bénédiction ne lui semble pas trop longue et qu’il puisse dans son dernier lit, admirer le ciel et ses séraphins qui bientôt l’accueilleraient.

Il soupira, fixea son regard sur la fumée molle s’échappant de l’encensoir et attendit que son nom soit appelé pour les témoignages. Il serra alors un instant la demie feuille dans sa main et s’avança jusqu’au pupitre, inspira longuement pour se donner du courage, celui là même qu’il lui manque depuis trois semaines.

« Antoine n’aurait pas aimé cette cérémonie. Il n’était pas chrétien et ne croyait à aucun Dieu, ni à aucun enfer. Peut-être ne serait-il même pas là ou se tiendrait il au fond de l’église en souriant à l’hypocrisie de cette messe si un autre que lui reposait dans le cercueil à côté de moi.
Il aurait souhaité des obsèques civiles mais il n’a pas eu le choix. Une voix s’est levée contre sa volonté alors il  est aujourd’hui mienne d’apaiser ce souhait bafoué, de rétablir la vérité et de faire en sorte que cette cérémonie soit  un tant soit peu à son image. »


Son regard se tourna vers M. Dastre Père puis vers la foule des proches, des amis, des connaissances, des pleureuses et des hypocrites.
Les mots qu’il dirait bientôt lui seraient surement dommageables mais des bruits et des rumeurs commençaient déjà à courir dans tout le quartier huppé de Westmount et dans les couloirs d’Esperancia depuis l’annulation de son mariage avec Anna deux jours après la mort d’Antoine.
La vérité finirait bien par se savoir et il n’avait plus peur de se retrouver face à la réalité à présent. S’il de fils prodige, il devait devenir celui prodigue, il l’affronterait, soutiendrait les regards murmurant qu’Antoine, par sa proximité, l’avait souillé de ses péchés.
Il affronterait Léandre pour ne plus perdre ce que la fuite lui enlevait.

«  Pour beaucoup Antoine était le fils prodigue par ses choix de vie. Il ne priait pas, avait choisi une vie d’artiste et d’illusions, aimait sans différence les hommes et les femmes. Il fumait aussi, de manière déraisonnable et cela a été le plus terrible et fatal de ces vices. Ce n’était pas un homme pieux selon les écritures mais il était par son âme davantage un enfant du Seigneur que bien des chrétiens. »

Il se tut un instant, instaure un temps de silence ému.

« Pour ceux qui le connaissait avec un regard innocent et non plein de jugement, il était un homme bon et courageux qui vivait comme son cœur lui dictait. Il était doux, poète et rêveur. Idéaliste.
Par ailleurs, alors que ma foi me rendait aveugle à bien des vérités, il n’a jamais eu pour sa part d’œillères devant ses yeux et chacune de ses paroles, de ces gestes étaient dictés par l’amour et l’intelligence de l’esprit.
Il m’a appris sur moi-même en quelques mois bien plus que de nombreux écrits en des années. Il m’a accompagné en tant qu’ami, témoin et frère de cœur et avec bienveillance et lucidité m’a toujours encouragé à m’accepter et à m’aimer tel que Dieu m’avait fait. »


Il retint une parole et sa lèvre trembla,  imperceptiblement. Ses paupières se fermèrent sur ses yeux humides quelques secondes, à la recherche de contenance.

«  Pour tout cela, Antoine est un homme que j’ai aimé et dont la présence, plus qu’aucun autre, m’était chère. Je ne l’oublierais jamais, ni ne regretterais de lui avoir ouvert les portes d’Espérancia malgré les avis réprobateurs.
Je regretterais cependant de ne pas l’avoir écouté plus tôt, de m’être détourné de lui par orgueil et par peur des sentiments que j’éprouvais…
Si j’avais su que je ne pourrais plus jamais ni le voir, ni lui parler, j’aurais aimé être plus raisonnable, et être là pour lui comme il a toujours été là pour moi… »


Une larme coula de chacun de ses yeux, roula sur ses joues. Son visage néanmoins restait calme. Endeuillé mais calme. Maître de soi.

«  « Antoine n’est plus là cependant et les remords sont vains alors nous devons à présent vivre avec son absence et l’enseignement que fut sa vie. En sa mémoire, je veux à présent aimer sans crainte, avec la douceur du cœur et l’espoir que là où il est, il pourra sourire, fier du plus beau précepte qu’il ait pu donner, celui-là même que nous ordonne le Seigneur chaque jour. »  

Il se tut, hocha légèrement la tête en remerciement et alla rejoindre le banc qu’il avait quitté.
La cérémonie continua et l’absoute fut donnée. Les péchés furent pardonnés aux yeux de ce Dieu auquel  Antoine, humaniste, n’avait jamais cru.  
Léandre soupira, las et triste que l’on impose ainsi la foi à ceux qui ne croyaient pas.
Il se leva à la suite d’autres pour la bénédiction du corps, s’approcha une nouvelle fois du cercueil qui reposait ouvert devant l’autel. Il se signa devant  l’Ami d’Hier, frôla sa main un instant, embrassa son front froid d’un baiser  léger. Un sourire triste et ému vient effleurer ses lèvres  et l’Albatros retourna se placer devant son banc. Sa tête pivota légèrement et il accrocha le regard de cette amie nouvelle et chère qui l’avait accompagné lors de ces cinq derniers jours.
Il hocha légèrement la tête en remerciement, et se retourna vers l’autel, tendant son bras en arrière pour qu’elle saisisse sa main.
Seul face au deuil, il avait besoin d’elle, de la chaleur de sa paume, de son essence de vie.
Pour ne pas flancher, ils devaient communier,  ensembles pour ce dernier hommage.  


[note : Si vous avez besoin de plus de précisions n’hésitez pas ! Je considère que les échanges rp commencent juste après la fin de la messe:) Grim, je te dirais quand tu peux venir débarquer. :)

Ps : Oui, le cerceuil est ouvert dans l’église, j’ai fait un mix à la française et à l’américaine 8’D]
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Mer 4 Avr - 21:32
Dernier Hommage
La vie pouvait-elle être assez chienne pour vous faire survivre à une explosion pour mieux vous tuer d'une cigarette ? Cela n'avait pas de sens. Ça ne suivait pas de logique... Et pourtant, c'était ce qui était arrivé. C'est ce qui avait mené Nelïya dans cette église : il y avait bien que pour les enterrements et les mariages qu'elle mettait les pieds dans ce genre d'endroit. Elle y venait pour offrir un dernier hommage à un homme qu'elle n'avait même pas eu le luxe de connaître, mais à qui elle avait  pourtant sauvé la vie... Pour les quelques jours que ça lui avaient offerts, songeait-elle avec cynisme en prenant place sur un banc alors que l'endroit se remplissait.

Si la tristesse régnait, ce n'était pas ce sentiment qui habitait Nelïya... Non, en son coeur, pas de larmes, seulement de la rage. Une colère froide qu'elle adressait à celui qui était responsable de cette mascarade. Un gars qu'on appelait Dieu et qui devait être plein d'amour : mon cul ouais.

Cela faisait cinq jours qu'elle brûlait de cette colère ardente qui ne la quittait pas... Cinq jours en avant, date à laquelle Léandre lui avait annoncé la nouvelle qui l'avait dévasté. Elle aurait voulu ne pas y croire : mais le fantôme qu'était devenu Léandre témoignait qu'il n'y avait là aucun poison d'avril de mauvais gout (cette fois), mais la réalité pure et cruelle.

En soit, la nouvelle ne l'avait pas émue plus que cela : l’homme était pour elle un inconnu. Mais, pas pour Léandre. Non, cela était une évidence, Antoine était loin d'être un inconnu pour Léandre et démunie devant la peine qu'il éprouvait, Nelïya se sentait coupable de cette impuissance... Pendant ces cinq jours, elle l'avait accompagné, craignant secrètement de voir l'homme, qu'elle admirait toujours en secret, se disloquer pour de bon.

La vie ne lui avait jamais fait croire qu'elle était juste, mais jusqu'à ce jour, elle n'avait jamais eu l'impression de ressentir aussi fort l'injustice qui pesait sur les mortels. Ce qui était arrivé n'avait pas de sens... Léandre ne méritait de souffrir de la sorte. Antoine de mourir si jeune. Et, elle d'être aussi impuissante devant ce constat... Elle avait fait ce qu'elle pouvait : elle avait insisté pour accompagner Léandre dans cette épreuve : elle l'avait vu se battre contre le père Dastre avant de céder à propos du déroulement de cette cérémonie... Une épreuve ne vient jamais seule... Et, depuis cinq jours, chaque fois qu'elle croisait le regard vide son ami, qu'elle mesurait la profondeur de sa peine, sa colère grandissait un peu plus.

Aujourd'hui la colère formait une boule pesante qui lui écrasait la gorge... Et plantée là dans l’Église, non sans affront, elle leva le menton pour fusiller du regard Jésus, fils de Dieu, qui, épinglé sur sa croix, baissait les yeux, honteux.

C'est ça, baisse les yeux connard ; ces larmes qui inondent le palais de ton père : c'est de votre faute si elles coulent. Il était trop tôt pour qu'il parte. C'est injuste : vous le savez très bien. Antoine était quelqu'un de bien. Quelqu'un qui faisait du bien. Je l'avais sauvé... Sauvé !    

La cérémonie commença et les témoignages commencent. On appel Léandre et croisant son regard peiné, Nelïya plante ses ongles dans le bois meuble pour se retenir de ne pas se jeter en avant : elle aimerait le soutenir, le serrer dans ses bras pour lui murmurer qu'il n'a pas à s'imposer ça...

Elle est restée à sa place, elle y est parvenue : Léandre quand à lui commence son discours et elle se perd dans sa voix. La colère, lentement s'apaise, alors qu'elle s’émerveille de voir avec quelle force il fait face à cette foule et parle à cœur ouvert. Un sourire tendre caresse ses lèvres alors qu'il achève ses mots... Elle sait que derrière les mots, l'homme n'est plus qu'une ombre, mais s'il a déjà des regrets, elle le sait : il n'aura pas celui de s'être tue à ce moment crucial.

Alors qu'il lui revient, glissant discrètement une main vers elle, elle n'hésite pas à glisser sa main, celle de chaire- car ce n'est sûrement de la froideur du métal dont à besoin Léandre à cet instant- dans la sienne.  

-Votre discours... il était magnifique. Parfait. Lui murmure-t-elle avec compassion et admiration.



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Dim 8 Avr - 18:56


« Votre discours... il était magnifique. Parfait. »
Les mots de Neliya, bien que sincères, ne sont qu’une piètre consolation. Ce discours, il aurait préféré ne jamais le prononcer. Ne pas avoir à s’y confronter. A réaliser que tout cela serait leur futur. Sans Antoine.

Il sent l’émotion remonter en lui mais tourne néanmoins légèrement la tête et offre un sourire pâle à la jeune femme.

« Merci. »

Il ne sait quoi dire d’autres et dans la pudeur du silence la messe se finit. Le cercueil est refermé et le visage paisible de l’Illusionniste disparait. Les mains se séparent et les silhouettes se lèvent et comme des automates à la chorégraphie répétée, abandonnent les bancs, suivent le défunt et ses porteurs dans l’allée centrale. Ils quittent l’intérieur de l’église pour le parvis où le corbillard patiente stationné en double-file, les vitres latérales opaques et l’arrière ouvert dans l’attente du cercueil, comme un four crématoire le serait de sa dépouille.

Cette vision macabre glace l’Albatros qui s’arrête au côté de l’Amie, détourne le regard pour ne pas voir la bière pénétrer dans son dernier transport.
Il ne le supporterait pas. Il a déjà tellement fait, retenu tant de larmes et de détresse.
Il n’en peut plus et pour se donner une contenance, rattrape la main de la jeune femme, la serre trop fort, sans tendresse ni délicatesse. Il n’y a plus dans son âme que le dénuement, le cœur mis à nu de trop lutter, incessamment.
La digue a rompu et les larmes viennent enfin, spontanément, brûlantes sur ses joues, brouillant son regard qu’il abaisse vers le sol dans un désir de fuite.
Il ne supporte plus. Ni la vue de ce cercueil fermé, ni l’attention de soutien des amis.
Il veut s’en aller. Disparaitre. Oublier. Il parle cependant car Neliya a le droit de savoir elle qui pendant ces cinq jours l’a accompagné.

« J’en ai assez vu Neliya…Je n’en peux plus… Je ne veux pas aller au cimetière et voir toute cette terre et ces fleurs le recouvrir… »

Il tremble, mord sa lippe meurtrie, se mutile si doucement pour apaiser la douleur du cœur et sa bouche s’imprègne du gout de fer,  couvre ses mots de sang.

« Je me sens si lâche… je suis incapable de l’accompagner jusqu’au bout et de me confronter à l’idée qu’il ne reviendra plus… »

Que le poids de la terre empêchera à jamais son retour, que les vers mangeront ses chairs et qu’un jour, sous les assauts du temps,  tout ce qui a fait son corps, disparaîtra totalement.

Il ne restera alors rien d'Antoine. Rien hormis peut-être le souvenir doux-amer d'un défunt amour.

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Ven 13 Avr - 17:40
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Aujourd'hui est un jour de deuil, mais pour Nelïya c'est surtout un jour d’échec : Aujourd'hui quelqu'un qu'elle aime a perdu quelqu'un de cher, et aussi bonne détective est-elle, elle ne peut ni lui retrouver ni le lui rendre... Le constat est amère, mais de loin elle n'est pas celle qui en souffre le plus.

Dans un mouvement brusque, Léandre lui saisi la main et lui broie les phalanges. Il est en train de craquer... Elle le sent, inutile de voir ses larmes pour en être sûre...

"J’en ai assez vu Neliya…Je n’en peux plus… Je me sens si lâche… je suis incapable de l’accompagner jusqu’au bout et de me confronter à l’idée qu’il ne reviendra plus…"


Confesse-t-il d'une voix défaillante. Lentement, la jeune femme accroche son regard sur celui de l'homme. Un pale sourire étire ses lèvres. Elle sent les larmes de compassion lui venir, mais les retient avec détermination : elle doit être forte. Elle se l'est promis.

-Léandre... Vous n'est pas lâche...Vous êtes triste. Le corrige-t-elle avec douceur. Ici ou ailleurs, qu’importe là où il voudra fuir, la douleur le suivra. Nelïya le sait, mais refuse d’énoncer la chose à voix haute : ce n'est pas ce dont l'Albatros à besoin d'entendre.

-Mais si c'est vraiment comme ça que vous vous sentez, si ne pas l’accompagner jusqu'au bout vous rend honteux alors... Je pense que nous devrions y aller. Avance-t-elle avec précaution. Ce n'est pas ce qui ferait revenir Antoine, mais peut-être cela atténuera-t-il les regrets dans le coeur du Meurtri.

-Je serais avec vous. Vos ne serez pas seul. Ajoute-t-elle en lui pressant délicatement la main dans un signe d'encouragement.





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Lun 23 Avr - 18:13


Elle essaye de le soutenir mais la douceur et le réconfort n’ont pas d’emprise sur l’Albatros, ses mots, ses sourires, ses regards, et ses caresses ne réchauffent pas son cœur. Tout est vain et plus elle le retient, plus l’Oiseau s’envole au loin.

Il se fait fuyant, ne soutient pas les regards émus, retire doucement sa main de la paume de la jeune femme et attrape dans sa poche un paquet de cigarette.
Ce n’est pas celles qu’il prend d’habitude. Il en a changé depuis cinq jours, s’est approprié celles qu’Antoine fumait. En souvenir car l’odeur lui rappelle sa présence, le berce d’une illusion de vie et lui rappelle la mort.  
Elle est si pleinement Lui alors, cette fumée qui sort d’entre ses lèvres et l’enlace, l’englobe de son parfum, imprègne sa bouche de l’Autre comme le ferrait un baiser.
C’est un étrange héritage, intime, semblable à ce briquet de laque sombre aux arrêtes d’or que Léandre vient de replacer dans sa poche et qui avant son décès, appartenait à l’Illusionniste.
Cet objet qui lui revenait maintenant, l’Albatros l’avait offert il y a moins d’un an à Antoine par signe d’affection et sur sa base, y avait fait graver l’initiale ‘’A’’ suivie du nom Dastre et d’une étoile.
Cela avait été un tendre présent au prix égal à la force de l’attachement, qui après le décès d’Antoine, en échange d’une  compensation, lui avait été rendu.
Il ne l’avait plus quitté depuis et Léandre avait mis de côté son propre briquet pour n’utiliser plus que celui-ci.
En mémoire, toujours.


L’Albatros souffle entre deux inspirations de nicotine et après un temps de silence, enfin répond à l’Amie qu’il a abandonnée au profit de ses pensées.

« Je ne sais pas… Certains arrivent à aller par delà la tristesse. Moi je n’ai pas cette force. Je… »

J’aimerais que la cigarette m’emporte comme elle l’a fait avec lui. Ainsi nous pourrions nous retrouver de nouveau ensemble au Royaume de Dieu.

Par convenance, il ne dit pas ces mots mais les pense, aimerait se donner le droit, l’égoïsme et la cruauté de les prononcer.

« Je ne veux pas y aller … Tant pis pour la honte… Je passe déjà pour un pédéraste notoire qui annule son mariage pour pleurer la mort de son témoin. Je ne suis pas à une infamie prés. »

Il soupire, de l’aigreur dans la voix.

« Je ne préfère même pas imaginer ce que les gens peuvent croire. Il doivent penser qu’avoir Antoine comme témoin devait être pratique pour… »

Il ne continue pas, son visage se déforme sous un pli de dégout et son regard se détourne vers le corbillard qui vient de claquer son coffre. Il va partir sous peu et Léandre ne l’accompagnera pas.
Il ne veut pas car cela n’a aucune forme de sens.

« N’y allons pas je vous en prie Neliya. Antoine détestait parler de son âge et de son anniversaire car il avait peur de vieillir. Il n’aurait pas aimé que tout le monde se réunisse autour d’un trou pour constater sa mort. »
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Ven 1 Juin - 13:45
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La tristesse qui apparait dans le regard de Léandre est une plaie ouverte sur le monde qui étreint douloureusement le cœur de la jeune femme. Les mots du Juge la prennent de court... Elle laisse la stupeur et l'horreur marquer ses traits alors qu'il fait jaillir le venin de ses paroles. Elle sent son coeur plonger dans sa poitrine en réalisant que, peut-être, ce qu'il dit est vrai, que c'est bien ce que pense les gens autour de lui. Avec un vertige, elle parcours la foule du regard, craignant d'y trouver la preuve fatidique de cette réalité cruelle...

Léandre a traversé tellement de chose et en trop peu de temps... Sa vie, aujourd'hui, tient plus du fardeau que de cadeau, et Neliya se sentait si impuissante face à cela. Avec honte, elle détourna alors le regard. Elle aurait voulu trouver les mots, mais elle réalise à quel point la situation de Léandre la dépasse et l'écrase : pour lui elle n'a que des mots. Que peuvent les mots face à la mort et la cruauté humaine ? Si peu de choses...
 

-Vous savez mieux que moi ce qu'il aurait voulu ou non... reconnait-elle, en capitulant.

-Rentrons... Inutile de vous imposer cela, vous avez raison. Répondant, non sans se sentir lâche de ne pas avoir d'avantage insisté... Elle a l'impression de l'encourager à la fuite. Est-ce que qu'il attend d'elle ? Ou doit-elle plutôt le contraindre à faire ce qu'elle pense être le mieux pour lui ? Elle l'ignore... Elle souhaite être une bonne amie pour Léandre. C'est pour cela qu'elle l'a accompagné... Mais elle le connait trop peu pour se comportent entièrement comme tel. Par moment, il lui semble si fragile, qu'elle craint de le briser pour de bon avec un simple mot de travers...

-Où voulez vous aller ? Elle craint secrètement qu'il souhaite simplement rentrer chez lui pour se morfondre...





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Dim 15 Juil - 16:19

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Demain dès l’aube, Victor Hugo


The Final Chapter, Olafur Arnalds


Face à la cruauté des mots et à la détresse du cœur, Neliya se fait miroir de l’âme de l’Albatros, fuit à son tour la confrontation des regards, murmure des mots d’abandon.
Rentrons.

Léandre hoche la tête pour approuver, glisse un dernier regard vide de vie vers le corbillard toujours stationné, souffle, las, fatigué. Il n’ira pas jusqu’au cimetière, qu’Antoine le pardonne.
Il ne peut pas car la foi en son Dieu, légèrement, s’est brisée, certain qu’il ne pourra pas la préservée s’il va jusqu’au bout, craintif de perdre ce qui étrangement le retient encore debout, lui interdit de céder aux pulsions de détresse et de mort.

Il inspire, contracte ses mâchoires sur des pleurs contenus avant de murmurer.

« Rentrons à l’association, j’ai besoin de boire. »

Pour oublier et diluer la tristesse, réchauffer son cœur glacé sur lequel même la douceur et les senteurs de l’été n’ont pas d’emprise.

Il soupire, détourne son regard des arbres aux feuillages dense que le vent fait doucement oscillé  et  attrape l’ovale du bras de la jeune femme, s’appuie dessus, quitte lentement la petite place ensoleillée sous laquelle il ne peut s’émerveiller car au sein de son esprit, tout est gris, tout est pluie, fait de l’hiver de la vie.

Marchant lentement, les mots en deuil, il ne dit rien sur le court trajet, ignore l’amie présente, ouvre la porte de son bureau de l’association puis celle du coffre à alcool, glisse ses doigts sur le Crown Royal, frisonne quand le souvenir du verre plein d’Antoine revient, que les rires et les longues discussions, de nouveau, émergent des eaux froides de la mémoire.
Ses dents se serrent plus fort sous l’émotion et l’Albatros saisit une autre bouteille, un brandy qu’il verse dans deux verres, dilué d’un glaçon dans celui de Neliya, pur dans le sien pour que l’ivresse l’étreigne plus vite.

Il se fige quelques instants, la main tremblante, revient vers le bureau, pose les verres sur son bois, invite d’un sourire pale et fané la jeune femme à s’asseoir face à lui.
La boisson coule entre ses lèvres, brûle sa gorge et Léandre se met à parler.
Parler, parler, parler. Dire tout ce que ces cinq jours ont tu ; ce qu’une vie de mensonge et de silence a caché.

Il raconte à Neliya ce qu’il a raconté il y a si peu de temps à Antoine, relate l’histoire de son premier amour(*), le sentiment étrange qui en avait découlé, la découverte de son homosexualité, la honte d’être déviant, les médicaments et les méthodes traumatiques pour le soigner.  
La haine, la peur, la volonté inébranlable de plaire à ses parents, les nuits de travail, les fiançailles avec Anna auxquelles il ne s’était jamais intéressé et dont il avait accepté l’idée uniquement dans l’espoir d’accrocher le regard de son père, d’y lire la fierté.  
L’énurésie tardive aussi, le corset pour son dos, les rêves monastiques avortés, les laideurs de sa vie.

Il parle longuement d’Antoine dans un dernier temps. De cette façon qu’il a eu de capter son regard, de l’odeur de ses cigarettes, des ses lèvres et de ses mains dont son regard ne savait se détacher, de la beauté de son âme, de ce soir au monastère, de l’amour déclaré puis de leur séparation. Celle que Léandre avait choisi seul, intransigeant, pleutre et égoïste.
Il conclut sur ses regrets, ceux douloureux qui l’étreignent sans relâche, pourrissent son cœur, lui donne tout à la fois l’envie de mourir, de s’offrir au premier homme venu et de s’enfermer à vie pour fuir sa sexualité ; son identité.

Il soupire, achève son discours, épuisé, tristement grisé par l’alcool ; défait.    

« Je me sens si seul et perdu Neliya… Si vide de joie, uniquement fais de douleurs et de tristesse. Je.. n’avais jamais ressenti cela. Ça fait si mal.
Je sais que ce n’est que passager mais j’aimerais mourir à cet instant pour que la mort m’offre l’accalmie des émotions. »


Des larmes coulent sur ses joues, viennent s’écraser sur le bureau ciré mais les pleurs sont silencieux, empreints d’un drame si profond qu’il anesthésie l’âme, étouffe la colère.

« Je n’ai plus que vous aujourd’hui…Veillez sur moi s’il-vous-plait. Je veux dépasser cela pour un jour futur, de nouveau, pouvoir sourire. »

Penser à Antoine comme à cet amour d’Hier auprès duquel on a grandi et qui, à présent, laisse dans son sillage, le doux parfum des souvenirs apaisés et des fleurs fraiches sur une tombe visitée.
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