TEASING - Montréal, 2048.

Une foule anarchique et cosmopolite fourmille le long de la rue sainte Catherine. L’armada populaire est multicolore de peau tandis que les corps sont de chair, de métal, ou bien encore métis. Homme et androïde, chacun est différent mais tous sont identiques dans la masse, individus trop pressés, croisant l’autre sans même le regarder. C’est une tourbe de bras et de jambes. D’identités.
Certains sont riches. D’autres sont pauvres. Loin du manichéisme, ils manipulent, écrasent. Grondent, se révoltent. Se soumettent ou subissent. Ignorent et se contentent d’avancer. Ils vivent, se confrontent et se répondent car cette foule polymorphe, insaisissable, est l’essence même du mouvement.
C’est la danse des humanités.
De notre société.
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Léandre Luissier - L'Archiviste
DC : Johann Keegan - Logan Duval
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Les figures de l'ombre
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▬ 06/18 :Lancement de Human Outside, pour les deux ans du forum ! C'est un grand remaniement qui n'attend plus que vous ♥
Prédéfinis

J'aurais aimé de toi, la certitude d'un geste [Thomas]
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Mer 6 Juin - 3:28


Aujourd'hui, Paul est allé en cours. Clara l'a noté dans son programme de suivi. C'est une bonne période, il se lance à cœur perdu dans ses études. Elle prend garde à ce qu'il ne s'épuise pas trop, ce qui rendrait la chute plus dure par la suite. C'est souvent le cas, elle l'a observé.

Ce soir il travaille jusque tard, alors c'est elle qui va faire les courses. Elle s'élance dans la rue avec enthousiasme, sautillant tant que son cabas est vide. Elle chante pour les passants, ça en fait rire quelques uns, les enfants la pointent du doigt avec de grands yeux ronds. La blondinette leur fait des clins d’œil et esquisse quelques pas de danse. Elle a du temps devant elle, autant saupoudrer le monde de joie !

Arrivée au magasin elle furette dans les rayonnages à la recherche des ingrédients dont elle a besoin. Du riz, des légumes... Elle pourrait lui faire un gâteau ! Elle recherche les notes sur les derniers repas qu'il a pris, constate qu'il n'y a pas eu de sucreries depuis quelques jours, parfait ! Elle file chercher des œufs et du chocolat. Le sac pèse son poids lorsqu'elle arrive à la caisse, mais pas suffisamment pour que ses suspensions s'échauffent. Clara passe les articles devant le lecteur, les bips font comme de la musique.

Elle sort, le temps est bon, le ciel est bleu... Quelques pas plus loin, il y a un homme assis par terre. Elle a le droit de donner de l'argent ou de la nourriture, mais Paul a fixé un seuil limite pour ne pas se retrouver sur la paille en une journée. Posant le sac à côté d'elle, elle y pioche un sachet de pain de mie puis le tend à l'inconnu. Elle n'a pas le droit de suivre les inconnus, ça Paul le lui a bien rentré dans son code. Mais rester à côté, elle peut.

« Bonjour ! Je suis C.L.A.R.A. ! »


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Fredonne en #e00030
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Mar 12 Juin - 21:31
Le temps est bon, le ciel est bleu
Nous n'avons rien à faire, rien que d'être heureux

Ce n'est pas un jour gris qui lui tend les bras, même pas un jour de pluie qui lui donne froid. Ce serait même une belle journée pour qui pourrait en profiter. Il en aurait presque le cœur léger, à regarder ainsi le ciel et les gens passer. Presque. Parce que pour l'avoir, il lui faudrait oublier ce trottoir. Ainsi que son estomac trop vide depuis trop longtemps et son corps qui se vide de sens petit à petit. Pour n'être plus que là. Ici. Et maintenant. A contempler l’espace bleu et infini qui lui remplit les yeux. A apercevoir parfois dans son champ de vision le visage d'un inconnu qui passe. Et, rarement, un autre regard croise le sien et lâche un sourire, une pièce, une clope. Il aime les sourires, même si cela ne le nourrit pas. Il en aime la courbe, la mimique, la moue et la musique qui s'affichent sur le visage de celui qui le lui offre. Ou celle. Ce sont plus souvent des femmes qui sourient d'ailleurs. Les hommes donnent aussi, mais les femmes sourient. Souvent un petit sourire contrit, en passant rapidement. Désolé, gêné. Un sourire tout de même. Ça ne nourrit personne, mais c'est gratuit. Et cela s'accorde si bien avec le temps et le ciel heureux au dessus d'eux, que Thomas se dit qu'aujourd'hui ne sera peut-être pas si pire.
Il ramène ses genoux tout contre son torse et pose son menton dessus, suivant des yeux les inconnus. Il surveille son sac à dos aussi, posé à ses côtés. Il s'est assis sur les hanses pour ne pas qu'on le lui arrache en passant. C'est ça hantise par moment. D'autres fois par contre, il n'en a plus rien à faire de ses affaires. Il alterne les passages, suivant son moral. Là, ça va encore. Tout comme sa faim. Ça va encore. Ça ne fait que deux jours qu'il n'a pas eu un vrai repas complet, mais il a pu grignoter un peu alors il s'estime chanceux. Certaines périodes creuses ont duré tellement plus longtemps, que deux jours ce n'est rien. Un pas grand chose, on attend encore demain, on a encore la notion du temps.
Deux jours. Il y a deux jours, Thomas sortait de chez la cousine d'une amie. C'était il y a longtemps, et pas du tout en même temps. La demoiselle l'avait hébergé, laissé squatter son canapé quelques jours avant qu'il ne doive la quitter à son tour. Une fille simple, qui n'avait pas hésité à lui proposer de l'aide quand ils s'étaient croisés. Et depuis, un paquet de chips, une pomme et ses dernières cigarettes sont passées. Il lui reste sa poudre, qu'il garde pour les jours moins clairs. Aujourd'hui, il a encore l'espoir dans l'air. Et encore la force d'y croire.
Un enfant passe, accroché à la main de sa mère. Un bonbon est lancé dans sa direction, rebondissant sur le bitume avant que Thomas ne se tende vers lui pour le saisir de ses longs doigts trop fins. Grand sourire, il incline la tête pour remercier le gamin qui lui fait signe de la main, avant de continuer. Le papier fait un bruit de plastique lorsqu'il le défait et qu'il le fout dans une de ses poches. Puis il y a le goût sucré qui lentement envahit son palais, inonde sa mémoire de souvenirs flous et incertains, bien trop lointains. Et ça fait du bien.
La sucrerie fond doucement sur sa langue, alors qu'il retourne à ses observations sur le monde qui l'entoure. Non loin de lui les gens sortent de la supérette, alors qu'il a de la musique en tête. Il les regarde un peu absent, un peu hors du temps. Autre rythme, pas très différent, juste un peu décalé, qui le laisse sur le côté. Ce n'est pas grave.
Puis il y a cette tache de couleur qui s'inscrit sur sa rétine, qui imprègne son âme. Thomas reconnecte un peu, la suit des yeux. Elle se rapproche, jolie demoiselle blonde qui rayonne, resplendit de mille couleurs. Il y a dans son aura, un peu étrange peut-être, une lumière chaleureuse. Bulle chatoyante qui éclate sur les gens, les éclabousse d'une sorte de jolie candeur. C'est mignon, inconsciemment il lui recherche une chanson, un son. Y a un vieux tube des Beatles qui débarque dans son esprit, alors il sourit quand dans un recoin de sa tête résonne Here comes the Sun. Et la surprise doit s'inscrire sur son visage lorsqu'il la voit s’arrêter devant lui et poser son sac de courses à ses pieds. Il ne sait pas quoi dire, ne trouve jamais les mots de toute manière. Et l'inconnue lui tend déjà un paquet de pain de mie, alors il retrouve son sourire. Il se redresse un peu, prend ce qu'on lui tend et rougit déjà, entre la gène de recevoir autant et le plaisir sincère qui lui éclaire le regard.

- Bonjour ! Je suis C.L.A.R.A. !

Le ton de voix est léger, enjoué. Il détaille rapidement le visage lumineux qui lui fait face, en aime le regard clair et sourit de nouveau face aux joues ornées et colorées qu'elle présente.

- Je.. Merci.

Sa voix est enrouée, pas assez utilisée, trop enfumée. Il bute déjà sur le premier mot, avant de dire l'évidence. Puis se reprend, un peu. Le temps de se mordre la lèvre inférieure gercée, le temps de comprendre qu'elle va rester. Un peu. Qu'elle n'est pas juste de passage, qu'elle semble vouloir échanger. C'est rare.

- Merci beaucoup Clara.

Il ne prononce pas son nom de la même manière que l'androïde, car s'en est une, le fait. Elle a une façon de le dire qui lui fait presque entendre des majuscules. Il ne sait pas comment expliquer cette impression. De toute manière, il l'a déjà laissé de côté pour enchaîner.

- Thomas, enchanté.

Sans oser lui tendre la main pour la serrer, sans oser faire un geste dans sa direction. Qui voudrait vraiment le toucher dans cette situation de toute façon. Il ne sait pas relancer une conversation, ne sait pas quels mots sont les bons. Pour exprimer à quel point il veut la remercier, du geste et de ses mots et de son temps. Alors à la place Thomas ouvre le paquet, se saisit de la première tranche et le referme pour le poser contre son sac.

- Je.. vraiment merci.

Et croque dans le pain de mie. Son estomac est ravi.




A Fleur de Cœur
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Dim 17 Juin - 20:13


« Je.. Merci. »

Petite Clara observe, analyse, tout en lui tendant ce sourire qui fait délicieusement fondre. Sa signature. Parfois les personnes de la rue ont le regard fuyant et elle sent qu'elle est de trop. La peur, la paranoïa, les trop nombreux coups assénés dans leur dos, elle n'est pas formée pour gérer ça. Il leur faudrait un spécialiste pour retrouver une qualité de vie plus saine. Un foyer aussi.

« Merci beaucoup Clara. »

Mais ce n'est pas le cas du jeune homme qui semble presque... soulagé ? De ne plus être qu'une ombre sur le bas-côté.

« Thomas, enchanté.
- Je suis enchantée également Thomas !  »

Son nom est déjà enregistré dans sa base de données alors il n'y a pas de pause dans son discours le temps du processus de synthèse vocale. Les noms plus complexes lui posent problème parfois. Thomas devait avoir faim, il ouvre le paquet et prend une tranche. Quelques miettes microscopiques tombent sur le sol.

« Je.. vraiment merci. »

Elle penche la tête sur le côté et lui sourit tendrement, pour lui faire comprendre sans aucun mot qu'il n'y a pas de quoi. Puis elle ne lui dit plus rien, elle le laisse manger tranquille sans qu'il se sente pressé. Décalant son sac de courses pour qu'il ne soit plus dans le passage, elle s'assoit à ses côtés.

L'androïde regarde la rue. Elle la regarde du point de vue de Thomas, elle essaye de se mettre dans sa position. Elle ne connaît pas sa vie, mais elle sent la bascule qui manque de le faire tomber dans le vide. Alors elle comble le vide, avec sa petite voix chantante.

« Il fait beau aujourd'hui ! Je n'ai pas pris de parapluie, parce que de toute façon je suis imperméabilisée. J'aime bien la pluie quand même, mais Paul râle parce qu'il faut arranger mes cheveux à cause de l'humidité. J'ai essayé de danser sous la pluie une fois, mais ma chaussure a glissé et il a fallut changer les rotateurs de mon genou qui s'étaient cassés. »

Elle descend sa chaussette droite, rose pale avec des motifs de baleines, pour montrer son genou, mais il n'y a aucune marque donc ça ne sert au final pas à grand chose. Elle prend une expression surprise.

« Oh ! »

Puis elle rit en se frappant doucement la tête.

« Les humains font ça pour montrer leurs blessures. Alors j'ai voulu copier, mais ça ne marche pas pareil ! »


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Fredonne en #e00030
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Dim 24 Juin - 14:28
Le temps est bon, le ciel est bleu
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Elle lui tend un doux sourire, alors qu'il commence à se nourrir. Un sourire sincère, lumineux, coloré. Qui dit tout sans rien prononcer. Qui lui fait chaud au cœur alors son estomac se réchauffe à l'idée de grignoter. Le temps de finir la première tranche, Thomas ne quitte pas l'androïde des yeux. Androïde qui s'assoit en silence à ses côtés. C'est à ce moment que son regard se détourne et tous deux se retrouvent à regarder face à eux, fixer la même direction. Elle s'est mise à son niveau. A cet instant, ils partagent autre chose qu'un peu de temps, ils partagent une vision, une vie. Et ça fait du bien, de savoir que quelqu'un à le regard braqué sur le même chemin, même si ce n'est que quelques secondes. Même si ce n'est qu'une impression.

- Il fait beau aujourd'hui ! Je n'ai pas pris de parapluie, parce que de toute façon je suis imperméabilisée. J'aime bien la pluie quand même, mais Paul râle parce qu'il faut arranger mes cheveux à cause de l'humidité. J'ai essayé de danser sous la pluie une fois, mais ma chaussure a glissé et il a fallu changer les rotateurs de mon genou qui s'étaient cassés.

Le ton est léger, sa voix est chantante. Il l'écoute avec un sourire qui atteint ses yeux parce que tout chez elle donne du baume au cœur. Parce qu'on ne peut faire autrement face à sa candeur. Il  la laisse parler, se laisse l'écouter, sans intervenir, parce qu'il n'a rien à dire. Et que surtout ce n'est pas le but, qu'elle comble le silence et l'absence et qu'elle le fait bien.
La tête inclinée sur le côté, il la regard abaisser sa chaussette improbable, à son image, rose et habillée de baleines. Face au genou dévoilé, immaculé, Clara lâche une exclamation de surprise avant de pouffer, ce qui lui tire un rire à son tour. Elle est adorable, mignonne, avec cette forme de naïveté qui déteint sur lui, qui lui fait oublier tout ça avec une trop grande facilité.

- Les humains font ça pour montrer leurs blessures. Alors j'ai voulu copier, mais ça ne marche pas pareil ! 

Il rit encore lorsqu'elle reprend la parole. Avant de se calmer et d'admirer sa simplicité presque ingénue qui est la bienvenue dans son monde parfois trop gris.

- Non, en effet. Et tant mieux, tu restes parfaite ainsi.

Thomas affiche un sourire franc et doux et un peu triste, ou plutôt mélancolique. Parce que souvent il voudrait pouvoir effacer toutes ses marques de son corps. Même si elles font maintenant partie de lui, que ça va mieux, mais tout de même. Face à la peau immaculée de la demoiselle, il a une petite pointe de jalousie qu'il éteint bien vite, parce que déplacée et surtout parce que cela ne sert à rien. Alors il remonte une des jambes de son pantalon trop grand pour dévoiler son genou à son tour.

- Je suis tombé aussi.

Mais pas à cause de la pluie. Et ça avait été un peu violent. Alors il passe sous silence le pourquoi du comment, mais passe un doigt léger sur la cicatrice claire et lisse qui traverse son articulation. Puis relève la tête et laisse ses lèvres s'étirer de nouveau.

- On aurait pu avoir la même.

Sa voix a repris un peu de forme, elle accroche moins les mots. Il recouvre sa jambe du vêtement et s’installe un peu mieux, assis en tailleur. Thomas se trouve un peu débile maintenant, à avoir montré une autre trace de ses blessures à une inconnue qui n'en a sûrement rien à faire. Alors pour changer de sujet, retourner sur elle, il reprend la parole.

- Paul est ton créateur ?

Sujet loin de lui, pour l'écouter à nouveau. Il aime bien sa voix, il aime bien comment elle raconte. Même une petite anecdote, ça lui change les idées. Alors il pose la question, pour la garder un peu ici, un peu près de lui.




A Fleur de Cœur
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Jeu 9 Aoû - 17:46


« Non, en effet. Et tant mieux, tu restes parfaite ainsi. »

Clara sait qu'elle n'est pas parfaite. Elle ne sait pas ce qu'est être parfaite, mais elle sait qu'elle ne l'est pas. Peut-être qu'il compare l'imperfection de l'être humain à celle des androïdes, qui sont deux types d'imperfections différentes. Pourtant elle ne le contredit pas. Elle sent que ce n'est pas ce dont il a besoin pour l'instant.

« Je suis tombé aussi.
- Oh ? »

Elle regarde le genou du jeune homme fatigué et le pointe du doigt. C'est ça qu'elle pensait avoir. C'est étrange d'avoir le souvenir d'une cassure, de son corps défectueux, mais qu'il n'en reste aucune trace.

« On aurait pu avoir la même.
- Oui, on aurait été jumeaux de genoux ! »

L'androïde hoche la tête comme un scientifique renommé, en tenant son menton entre ses doigts. Le jeu est intégré dans son programme, pour oublier la tristesse de la vie. Elle parle fort, comme les acteurs à la télévision, et elle fait des poses dramatiques qui font rire autour d'elle. Plus elle entend de rire joyeux plus son sourire s'agrandit.

« Paul est ton créateur ? »

La petite blonde regarde droit devant elle subitement, comme si elle voyait Paul au loin. Elle laisse échapper un petit rire.

« Oui ! C'est lui qui m'a assemblée, qui a créé mon programme et auprès de qui je déambule chaque jour. Paul est quelqu'un de très gentil, peut-être un peu trop... La tristesse qu'il voit autour de lui le heurte sans cesse, alors souvent il s'enfonce dans son puits. C'est pour ça que je suis là, je l'aide à voir la lumière, en lui et en les autres. Je lui montre qu'il n'est pas inutile, qu'il fait plein de petites choses pour aider son prochain, et que ça compte malgré tout. »

Son sourire se fait doux, comme un nuage.

« Avec ou sans son handicap, c'est une personne merveilleuse. Imparfaite. Humaine. Merveilleuse. »


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Sam 13 Oct - 15:08
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- Oui, on aurait été jumeaux de genoux ! 

Le ton, la phrase, la pause. Tout est théâtral, naïf, heureux. Ça lui tire un autre rire. Naturel, encore. Elle est parfaite cette rencontre. Elle est parfaite cette androïde. Fraîche, vive et colorée. Ce qu'il faut pour retrouver le sourire, sans même s'en apercevoir.  Alors il continue de la regarder illuminer son morceau de vie, d'éclairer son morceau de monde. Et elle reprend, sur Paul. Et quel qui soit, il l’apprécie déjà, parce que Clara en parle avec tout l'amour du monde et que c'est contagieux.

Oui ! C'est lui qui m'a assemblée, qui a créé mon programme et auprès de qui je déambule chaque jour. Paul est quelqu'un de très gentil, peut-être un peu trop... La tristesse qu'il voit autour de lui le heurte sans cesse, alors souvent il s'enfonce dans son puits. C'est pour ça que je suis là, je l'aide à voir la lumière, en lui et en les autres. Je lui montre qu'il n'est pas inutile, qu'il fait plein de petites choses pour aider son prochain, et que ça compte malgré tout... Avec ou sans son handicap, c'est une personne merveilleuse. Imparfaite. Humaine. Merveilleuse.

Il comprend un peu, entre les lignes, sans que les mots ne soient prononcés, sans qu'il ne soit placé dans une case, enfermé dans un terme. Il comprend un peu Thomas, de quel handicap elle parle. Mais ce n'est pas ce qui compte, ce qui compte c'est le sourire doux qu'elle a, ce sont les beaux mots qu'elle utilise. Et l'affection qui se lit partout. Alors il écoute, se plaît à imaginer cet être, détaille l’androïde sans vraiment la voir. Ce n'est pas juste un propriétaire pour elle, c'est vraiment son créateur. Mais surtout un ami. On dirait. Et il trouve ça génial d'avoir quelqu'un de proche d’aussi dévoué, sur qui on peut compter. Ça lui fait croire en la vie. Car si les créations de l'être humain sont aussi belles, si la machine devient aussi émouvante, alors tout n'est pas perdu. Demain peut être beau, devenir meilleur. Ça fait chaud au cœur.

- Il travaille dans la robotique ou la programmation ? Ou carrément autre chose ?

Thomas fait son curieux, gentiment. Trouve le sujet neutre, même si en fait il n'en sait rien. Et comme de toute manière il ne connaît rien sur ce sujet, la conversation devrait rester en surface.
Puis il lève la tête. Voit l'oiseau gris posé pas très loin au-dessus de lui. Et comprend ce qui vient de salir un peu plus le semblant de pull clair et lâche qu'il porte. Dommage. Encore plus crade, il n'est plus vraiment à ça près maintenant. Il lui faudra nettoyer ça un jour, pour l'instant il n'a rien sous la main. Alors il grimace un peu, hausse les épaule et balance un maigre sourire désolé vers la demoiselle colorée.

- Pas d'bol. Fallait qu'ça tombe sur moi... Tu aurais un mouchoir ou c'est abusé ?

Il a un ton un peu trop blasé peut-être. Mais il n'aime pas vraiment réclamer et elle l'a déjà nourri, alors il ose demander, mais se sent déjà coupable.

- Ça t’arrive souvent de danser ?

Le changement de sujet est brusque. Il se souvient juste de l'histoire de la pluie, et l'imaginer valser ainsi est une image réconfortante. Il aime voir les gens danser, surtout sur sa musique. Alors il lui demande.


[placement du gage de la Roue de l'Infortune]




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