TEASING - Montréal, 2048.

Une foule anarchique et cosmopolite fourmille le long de la rue sainte Catherine. L’armada populaire est multicolore de peau tandis que les corps sont de chair, de métal, ou bien encore métis. Homme et androïde, chacun est différent mais tous sont identiques dans la masse, individus trop pressés, croisant l’autre sans même le regarder. C’est une tourbe de bras et de jambes. D’identités.
Certains sont riches. D’autres sont pauvres. Loin du manichéisme, ils manipulent, écrasent. Grondent, se révoltent. Se soumettent ou subissent. Ignorent et se contentent d’avancer. Ils vivent, se confrontent et se répondent car cette foule polymorphe, insaisissable, est l’essence même du mouvement.
C’est la danse des humanités.
De notre société.
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Léandre Luissier - L'Archiviste
DC : Johann Keegan - Logan Duval
Fondateur & graphiste - Présent

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Prédéfinis

J'aurais aimé de toi, la certitude d'un geste [Thomas]
 :: Montréal :: Quartiers résidentiels :: Commerces

Mails : 97
Age du Montréalais : 24
Emploi/loisirs : Assistante de vie
Portrait robot : • Androïde T4
• Environ 16 ans d'apparence
• Souvent enjouée sauf quand la situation ne s'y prête vraiment pas
• Sert son propriétaire, Paul, avec enthousiasme
• Vous chantera des chansons ♥️
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Mer 6 Juin - 3:28


Aujourd'hui, Paul est allé en cours. Clara l'a noté dans son programme de suivi. C'est une bonne période, il se lance à cœur perdu dans ses études. Elle prend garde à ce qu'il ne s'épuise pas trop, ce qui rendrait la chute plus dure par la suite. C'est souvent le cas, elle l'a observé.

Ce soir il travaille jusque tard, alors c'est elle qui va faire les courses. Elle s'élance dans la rue avec enthousiasme, sautillant tant que son cabas est vide. Elle chante pour les passants, ça en fait rire quelques uns, les enfants la pointent du doigt avec de grands yeux ronds. La blondinette leur fait des clins d’œil et esquisse quelques pas de danse. Elle a du temps devant elle, autant saupoudrer le monde de joie !

Arrivée au magasin elle furette dans les rayonnages à la recherche des ingrédients dont elle a besoin. Du riz, des légumes... Elle pourrait lui faire un gâteau ! Elle recherche les notes sur les derniers repas qu'il a pris, constate qu'il n'y a pas eu de sucreries depuis quelques jours, parfait ! Elle file chercher des œufs et du chocolat. Le sac pèse son poids lorsqu'elle arrive à la caisse, mais pas suffisamment pour que ses suspensions s'échauffent. Clara passe les articles devant le lecteur, les bips font comme de la musique.

Elle sort, le temps est bon, le ciel est bleu... Quelques pas plus loin, il y a un homme assis par terre. Elle a le droit de donner de l'argent ou de la nourriture, mais Paul a fixé un seuil limite pour ne pas se retrouver sur la paille en une journée. Posant le sac à côté d'elle, elle y pioche un sachet de pain de mie puis le tend à l'inconnu. Elle n'a pas le droit de suivre les inconnus, ça Paul le lui a bien rentré dans son code. Mais rester à côté, elle peut.

« Bonjour ! Je suis C.L.A.R.A. ! »


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Mails : 16
Surnom : Tom, Tommy
Emploi/loisirs : SDF - Sans emploi
Portrait robot : • Parfois camé.
• Souvent paumé.
• Musique en tête, l'Esprit en miette.

Fredonne en #CD5C5C
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Mar 12 Juin - 21:31
Le temps est bon, le ciel est bleu
Nous n'avons rien à faire, rien que d'être heureux

Ce n'est pas un jour gris qui lui tend les bras, même pas un jour de pluie qui lui donne froid. Ce serait même une belle journée pour qui pourrait en profiter. Il en aurait presque le cœur léger, à regarder ainsi le ciel et les gens passer. Presque. Parce que pour l'avoir, il lui faudrait oublier ce trottoir. Ainsi que son estomac trop vide depuis trop longtemps et son corps qui se vide de sens petit à petit. Pour n'être plus que là. Ici. Et maintenant. A contempler l’espace bleu et infini qui lui remplit les yeux. A apercevoir parfois dans son champ de vision le visage d'un inconnu qui passe. Et, rarement, un autre regard croise le sien et lâche un sourire, une pièce, une clope. Il aime les sourires, même si cela ne le nourrit pas. Il en aime la courbe, la mimique, la moue et la musique qui s'affichent sur le visage de celui qui le lui offre. Ou celle. Ce sont plus souvent des femmes qui sourient d'ailleurs. Les hommes donnent aussi, mais les femmes sourient. Souvent un petit sourire contrit, en passant rapidement. Désolé, gêné. Un sourire tout de même. Ça ne nourrit personne, mais c'est gratuit. Et cela s'accorde si bien avec le temps et le ciel heureux au dessus d'eux, que Thomas se dit qu'aujourd'hui ne sera peut-être pas si pire.
Il ramène ses genoux tout contre son torse et pose son menton dessus, suivant des yeux les inconnus. Il surveille son sac à dos aussi, posé à ses côtés. Il s'est assis sur les hanses pour ne pas qu'on le lui arrache en passant. C'est ça hantise par moment. D'autres fois par contre, il n'en a plus rien à faire de ses affaires. Il alterne les passages, suivant son moral. Là, ça va encore. Tout comme sa faim. Ça va encore. Ça ne fait que deux jours qu'il n'a pas eu un vrai repas complet, mais il a pu grignoter un peu alors il s'estime chanceux. Certaines périodes creuses ont duré tellement plus longtemps, que deux jours ce n'est rien. Un pas grand chose, on attend encore demain, on a encore la notion du temps.
Deux jours. Il y a deux jours, Thomas sortait de chez la cousine d'une amie. C'était il y a longtemps, et pas du tout en même temps. La demoiselle l'avait hébergé, laissé squatter son canapé quelques jours avant qu'il ne doive la quitter à son tour. Une fille simple, qui n'avait pas hésité à lui proposer de l'aide quand ils s'étaient croisés. Et depuis, un paquet de chips, une pomme et ses dernières cigarettes sont passées. Il lui reste sa poudre, qu'il garde pour les jours moins clairs. Aujourd'hui, il a encore l'espoir dans l'air. Et encore la force d'y croire.
Un enfant passe, accroché à la main de sa mère. Un bonbon est lancé dans sa direction, rebondissant sur le bitume avant que Thomas ne se tende vers lui pour le saisir de ses longs doigts trop fins. Grand sourire, il incline la tête pour remercier le gamin qui lui fait signe de la main, avant de continuer. Le papier fait un bruit de plastique lorsqu'il le défait et qu'il le fout dans une de ses poches. Puis il y a le goût sucré qui lentement envahit son palais, inonde sa mémoire de souvenirs flous et incertains, bien trop lointains. Et ça fait du bien.
La sucrerie fond doucement sur sa langue, alors qu'il retourne à ses observations sur le monde qui l'entoure. Non loin de lui les gens sortent de la supérette, alors qu'il a de la musique en tête. Il les regarde un peu absent, un peu hors du temps. Autre rythme, pas très différent, juste un peu décalé, qui le laisse sur le côté. Ce n'est pas grave.
Puis il y a cette tache de couleur qui s'inscrit sur sa rétine, qui imprègne son âme. Thomas reconnecte un peu, la suit des yeux. Elle se rapproche, jolie demoiselle blonde qui rayonne, resplendit de mille couleurs. Il y a dans son aura, un peu étrange peut-être, une lumière chaleureuse. Bulle chatoyante qui éclate sur les gens, les éclabousse d'une sorte de jolie candeur. C'est mignon, inconsciemment il lui recherche une chanson, un son. Y a un vieux tube des Beatles qui débarque dans son esprit, alors il sourit quand dans un recoin de sa tête résonne Here comes the Sun. Et la surprise doit s'inscrire sur son visage lorsqu'il la voit s’arrêter devant lui et poser son sac de courses à ses pieds. Il ne sait pas quoi dire, ne trouve jamais les mots de toute manière. Et l'inconnue lui tend déjà un paquet de pain de mie, alors il retrouve son sourire. Il se redresse un peu, prend ce qu'on lui tend et rougit déjà, entre la gène de recevoir autant et le plaisir sincère qui lui éclaire le regard.

- Bonjour ! Je suis C.L.A.R.A. !

Le ton de voix est léger, enjoué. Il détaille rapidement le visage lumineux qui lui fait face, en aime le regard clair et sourit de nouveau face aux joues ornées et colorées qu'elle présente.

- Je.. Merci.

Sa voix est enrouée, pas assez utilisée, trop enfumée. Il bute déjà sur le premier mot, avant de dire l'évidence. Puis se reprend, un peu. Le temps de se mordre la lèvre inférieure gercée, le temps de comprendre qu'elle va rester. Un peu. Qu'elle n'est pas juste de passage, qu'elle semble vouloir échanger. C'est rare.

- Merci beaucoup Clara.

Il ne prononce pas son nom de la même manière que l'androïde, car s'en est une, le fait. Elle a une façon de le dire qui lui fait presque entendre des majuscules. Il ne sait pas comment expliquer cette impression. De toute manière, il l'a déjà laissé de côté pour enchaîner.

- Thomas, enchanté.

Sans oser lui tendre la main pour la serrer, sans oser faire un geste dans sa direction. Qui voudrait vraiment le toucher dans cette situation de toute façon. Il ne sait pas relancer une conversation, ne sait pas quels mots sont les bons. Pour exprimer à quel point il veut la remercier, du geste et de ses mots et de son temps. Alors à la place Thomas ouvre le paquet, se saisit de la première tranche et le referme pour le poser contre son sac.

- Je.. vraiment merci.

Et croque dans le pain de mie. Son estomac est ravi.




A Fleur de Cœur
« Il faut qu’on se noie encore une fois Dans les nuits fauves Et les grands soirs Qu’on récupère un peu d’espoir. » Fauve - 4000 Iles ©.bizzle
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Dim 17 Juin - 20:13


« Je.. Merci. »

Petite Clara observe, analyse, tout en lui tendant ce sourire qui fait délicieusement fondre. Sa signature. Parfois les personnes de la rue ont le regard fuyant et elle sent qu'elle est de trop. La peur, la paranoïa, les trop nombreux coups assénés dans leur dos, elle n'est pas formée pour gérer ça. Il leur faudrait un spécialiste pour retrouver une qualité de vie plus saine. Un foyer aussi.

« Merci beaucoup Clara. »

Mais ce n'est pas le cas du jeune homme qui semble presque... soulagé ? De ne plus être qu'une ombre sur le bas-côté.

« Thomas, enchanté.
- Je suis enchantée également Thomas !  »

Son nom est déjà enregistré dans sa base de données alors il n'y a pas de pause dans son discours le temps du processus de synthèse vocale. Les noms plus complexes lui posent problème parfois. Thomas devait avoir faim, il ouvre le paquet et prend une tranche. Quelques miettes microscopiques tombent sur le sol.

« Je.. vraiment merci. »

Elle penche la tête sur le côté et lui sourit tendrement, pour lui faire comprendre sans aucun mot qu'il n'y a pas de quoi. Puis elle ne lui dit plus rien, elle le laisse manger tranquille sans qu'il se sente pressé. Décalant son sac de courses pour qu'il ne soit plus dans le passage, elle s'assoit à ses côtés.

L'androïde regarde la rue. Elle la regarde du point de vue de Thomas, elle essaye de se mettre dans sa position. Elle ne connaît pas sa vie, mais elle sent la bascule qui manque de le faire tomber dans le vide. Alors elle comble le vide, avec sa petite voix chantante.

« Il fait beau aujourd'hui ! Je n'ai pas pris de parapluie, parce que de toute façon je suis imperméabilisée. J'aime bien la pluie quand même, mais Paul râle parce qu'il faut arranger mes cheveux à cause de l'humidité. J'ai essayé de danser sous la pluie une fois, mais ma chaussure a glissé et il a fallut changer les rotateurs de mon genou qui s'étaient cassés. »

Elle descend sa chaussette droite, rose pale avec des motifs de baleines, pour montrer son genou, mais il n'y a aucune marque donc ça ne sert au final pas à grand chose. Elle prend une expression surprise.

« Oh ! »

Puis elle rit en se frappant doucement la tête.

« Les humains font ça pour montrer leurs blessures. Alors j'ai voulu copier, mais ça ne marche pas pareil ! »


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