TEASING - Montréal, 2048.

Une foule anarchique et cosmopolite fourmille le long de la rue sainte Catherine. L’armada populaire est multicolore de peau tandis que les corps sont de chair, de métal, ou bien encore métis. Homme et androïde, chacun est différent mais tous sont identiques dans la masse, individus trop pressés, croisant l’autre sans même le regarder. C’est une tourbe de bras et de jambes. D’identités.
Certains sont riches. D’autres sont pauvres. Loin du manichéisme, ils manipulent, écrasent. Grondent, se révoltent. Se soumettent ou subissent. Ignorent et se contentent d’avancer. Ils vivent, se confrontent et se répondent car cette foule polymorphe, insaisissable, est l’essence même du mouvement.
C’est la danse des humanités.
De notre société.
Staff
Léandre Luissier - L'Archiviste
DC : Johann Keegan - Logan Duval
Fondateur & graphiste - Présent

Les figures de l'ombre
Nouveautés

▬ 06/18 :Lancement de Human Outside, pour les deux ans du forum ! C'est un grand remaniement qui n'attend plus que vous ♥
Prédéfinis

We cut the Night [Asha]
 :: Montréal :: Quartiers résidentiels

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Surnom : Tom, Tommy
Emploi/loisirs : SDF - Sans emploi
Portrait robot : • Parfois camé.
• Souvent paumé.
• Musique en tête, l'Esprit en miette.

Fredonne en #CD5C5C
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Jeu 28 Juin - 23:54
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Musique.
C'est doux et puissant et sourd. Et vibrant.
Musique. Qui résonne dans sa tête, éclate dans ses veines, fait battre son cœur. Qui met en transe, fait tourner les gens, réveille les sens. Il y a un mouvement collectif, une mélodie des corps qui s’harmonise, chacun sur un rythme, avant de trouver le bon. Avant de se laisser porter par le son. Devenir un.
Sous ses doigts glissent les platines, ils volent à la table de mixage, l'ordi dans son champ de vision et le casque aux oreilles. La soirée est tranquille, pas énorme non plus, mais l’ambiance est là. Les gens sont présents. Vivants. Et lui, il est. Simplement là, il existe, se sent être. Renaître. Comme à chaque fois que la musique passe sous ses doigts, passe à travers lui. Alors il sourit, en coin, doucement. Se laisse porter par le courant, par le moment. Apprécie de se sentir utile, dans son univers, de montrer qu'il sait faire quelque chose. Quelque chose de ses dix doigts, quelque chose de sa vie. Parfois.
Le rythme ralenti. Basses sourdes. Ça prend dans l'estomac, ça remonte des pieds à la tête, parcours les échines. Puis l'instant plane, battement vide. Un temps. Avant de basculer, reprendre pied, reprendre de plus belle. On reprend haleine et on rechute. Ondule. Les bassins se frôlent, les âmes s'embrasent. Apothéose des sens, Thomas est terriblement présent. Au point d'en avoir mal à l'esprit, mais il est trop shooté à la vie pour souffrir d'être. Il bat la mesure avec sa tête, ferme parfois les yeux pour sentir simplement le son vibrer en lui, puis les ré-ouvre sur le monde qui lui fait face. Et là, simplement comme cela, il est heureux. Ne demande rien d'autre, ne souhaite rien de mieux. Oublie le reste. Oublie les marques, les traces du passé qui restent présentes, les futurs incertains qui se dessinent au loin.

Puis il finit. Termine le verre qu'on lui a passé d'une traite, laisse l'alcool lui brûler la gorge et laisse sa place au mec qui terminera la soirée. Dommage. Il aurait aimé s’oublier toute la nuit et laisser ses doigts danser sur les disques. Mais la maîtresse de maison a prévu un de ses amis pour finir en beauté. Et dès les premières notes, Thomas comprend que ce n'est pas un débutant et accepte de le voir reprendre les manettes. A lui de se fondre dans le décor, d'attraper peut-être un verre d'alcool fort et de se laisser attraper par le mouvement commun des gens. Parce que vu l'heure avancée, il ne reste plus grand monde de clair et posé dans l'immense appartement qu'ils squattent. Quelques pièces plus à l'écart abritent de petits groupes de gens qui discutent simplement, cocktail à la main et les yeux brillants de fatigue et de plaisir. Le son est moins fort ici, ça permet de s'entendre. Un peu. Alors quand Kacie l'interpelle, il se retourne et la laisse s'approcher. Il pense que c'est un surnom, elle n'a pas une tête à s'appeler Kacie, mais il ne dit rien et la laisse lui fourrer son verre de, il sent discrètement, rhum à moitié vide dans les mains.

- Tommy ! Merci pour ce soir, c'était parfait ! T'as géré, j'aurais pas pu rêver mieux avant que mon pote arrive. Heureusement que t'étais dispo d'ailleurs, il m'aurait bien fait chier sinon à n'arriver qu'à c't'heure là. Tu restes encore du coup ? D'ailleurs y a toujours la p'tite chambre de dispo au fond, si personne ne la squatte... Bref, comme on a prévu, je t'ai payé et tu peux squatter quelques jours s'tu veux. Au fait, faut que j'te présente ma sœur, elle est du milieu elle aussi... Elle est passée où celle-là....

Kacie est une tornade, lèvre rouge et œil de biche, robe noire et talons aiguilles. Elle virevolte entre les gens, reprend son verre en passant et monopolise autant la conversation que l'attention. Thomas la suit deux secondes, juste le temps de comprendre qu'elle est déjà passée à autre chose avec un de ses invités. Il l'aime bien, elle le fait rire. Et il aime écouter les gens, alors ça ne l'a pas dérangé de la laisser parler. Mais maintenant il se retrouve seul au milieu du couloir, entre la pièce principale remplie de danseurs et les portes plus ou moins ouvertes qui desservent les autres pièces. Un air frai le pousse à se diriger vers la cuisine dont la porte-fenêtre est ouverte sur la nuit claire. Sur le balcon, deux nanas et un mec, clope au bec. Ils lui en tendent une qu'une des demoiselles allume d'un geste lent et assuré, ce genre d'élégance qu'ont les femmes qui n'ont rien a prouver. Il la remercie, profite à son tour de l'extérieur et les écoute discuter. Entre la musique assourdie, les paroles chuchotées vers les étoiles et les bruits de la ville endormie, Thomas se sent bien. Alors il reste quelques longues minutes ainsi accoudé, le temps de se laisser aller à ne rien penser. Et ne se redresse que lorsqu'on lui propose calmement un rail de Neige, puisqu'ils vont s'en faire donc si ça lui dit. Et ça lui dit.

Il les quitte pas longtemps après, la poudre blanche fait déjà son effet. Juste ce qu'il faut pour trouver sa place à un endroit où il ne s'y sent pas. Juste assez pour s'ouvrir aux autres, alors qu'il ne les connaît pas. Il ne connaît personne ici en fait. A part Kacie. Et encore. Pas certain que 'connaître' soit le mot pour désigner quelqu'un de rencontré que deux fois. Mais Thomas s'en fout et veut profiter un peu. Profiter de la soirée, profiter des effets de la coke dans son corps, profiter des gens avant de retourner à sa place, quelque part en bas. Profiter. De toi. De lui. De nous et d'ici.
Il taxe une cigarette dans le paquet d'un mec qui passe, s'avance un peu dans le couloir qui mène à la piste de danse, cherche dans ses poches un potentiel briquet, n'en trouve pas, trouve par contre la bonne excuse pour aborder le gars non loin.

- Excuse, tu aurais du feu s'il te plaît ?

La voix est juste assez forte pour couvrir les basses, mais à peine. Il a préféré s'approcher vraiment plutôt que de trop hausser le ton. Sourire en coin pour accompagner sa demande, celui qui éclaire ses yeux et qui s'excuse presque d'être là. Il ne se refait pas, jamais vraiment. Même dans ces instants, Thomas ne s'impose pas. Peur de déranger, toujours. Mais intéressé. Un peu. Par cet inconnu immaculé, que les lumières du soir habillent d'espoir.




A Fleur de Cœur
« Il faut qu’on se noie encore une fois Dans les nuits fauves Et les grands soirs Qu’on récupère un peu d’espoir. » Fauve - 4000 Iles ©.bizzle
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Surnom : lil wolf
Portrait robot : ♙ 23 ans (19/12). Originaire de Russie. Papa Américain. Maman Russe. Orphelin. Témoin de l'assassinat de ses parents mais trop jeune pour s'en souvenir réellement, hanté par quelques échos de la scène.

♙ Artiste de toile, de papier ou de rue. Mémoire photographique. Prudent, n'accorde que peu sa confiance. Paradoxalement peu confiance en lui sur beaucoup de domaines.

♙ Yeux gris, cheveux très pâles. 1m79. 72 kg. Solide et endurant, rapide. Bonne résistance aux coups durant un combat, tendance à en pâtir après.

♙ Parle en #3AA6AC (+ italique pour l'anglais).
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Dim 1 Juil - 9:32
Dans sa main il y a un verre de vodka. Et son pied qui tapote le sol en rythme avec les mouvements fous de la foule. Sa boisson n'est pas bonne. Simulacre de celles que l'on trouve dans sa Russie, une copie absolument imparfaite. Vendue pourtant aux hommes, aux femmes, à ceux qui n'ont jamais mis les pieds dans les pays de l'Est. Le plus amusant ce qu'ils pensent tous que la meilleure qualité dans leur supermarché équivaut à celle que l'on trouve chez lui. Foutaises. Ça le ferait presque rire s'il ne trouvait pas ça ridicule. Pathétique. Chaque gorgée le ferait grimacer s'il n'avait pas le visage fermé sur l'Impassible ; et souvent quand c'est comme ça il regrette son pays. La chaleur de la Meute. Et après il s'engueule avec lui-même parce qu'il sait qu'il ne devrait pas penser à ça. Au passé. À toutes les choses vécues. Au visage d'un Alpha, d'un ami, d'un frère. D'un homme qu'il aime, mort, étendu par terre. En punition sans doute il s'inflige une nouvelle gorgée de pseudo-vodka. Ça brûle le fond de sa gorge puis tout le long de son torse, la sensation néanmoins n'est pas déplaisante contrairement au goût du liquide. Pendant une seconde il se demande ce qu'il fait là. Heureusement la musique n'est pas déplaisante, mixée par un garçon qui lui attire aussitôt l'œil avec ses cicatrices et le bonheur qui ruisselle sur tout son visage ; il est beau. Et en secret pendant de longues minutes il se contente de l'observer celui qui fait frémir les foules et danser danser danser, danser jusqu'à ce que les pieds agonisent et les têtes tournent, pas une seule fois cependant il se mêle, s'emmêle. Rejoint les autres.

Quel intérêt après tout, il préfère regarder, apprendre. S'accrocher sur des détails. La couleur de la jupe d'une jeune femme. Le sourire d'un homme. La longueur des doigts du garçon sur les platines.

Puis ça change, le gars disparaît et le Blanc vide son verre. Le pose. Le clac est un peu sonore et fait sursauter mais il s'en fiche, s'évapore. Agacé sans doute par ce changement. Il se perd dans un couloir, cale son dos quelques secondes contre un mur. Faudrait qu'il s'en aille sans doute, qu'il reprenne la route, mais il a pas envie ce soir de se briser sur les cauchemars et de revivre encore les horreurs vécues. Le sang partout, Rouge sur le sol Blanc. Le BAM BAM BAM des coups de feu. Sa main doucement sur le visage de l'Alpha, qui ferme les yeux noirs. Morts, tous les Morts qui trouvent la nuit le chemin. Hantent. Crient. Et brutalisent si fort qu'il en a parfois l'estomac qui se vide. C'est moche pour ça d'avoir perdu ses parents tout jeune. Faut croire que ça a laissé ces trucs en lui, des souvenirs ou des trucs comme ça qu'il retrouve jamais totalement. Y a juste le bruit et le sang et l'odeur dans sa gorge mais à y penser c'est bien suffisant, ça fait virer ses yeux gris à l'orage et il les ferme une minute peut-être le temps de refouler les émotions. Elles font toujours mal dans ses côtes, dans son cœur. Il préfère penser à autre chose, à tous les gens qui valsent sur le sol et à la musique non loin. A la voix qui lui parle aussi. Il rouvre les yeux et ils se posent directement sur l'homme face à lui. Sans sourire. Pas besoin. Il glisse sa main dans la poche arrière de son jean.

"C'était toi à la musique hm ?"

Asha est intelligent. Il demande mais il sait. Se fait passer pour un peu plus bête qu'il ne l'est. Ça aide à se faire des amis, paraît-il, de pas se montrer trop intelligent. Ça aide, oui, mais il est pas sûr. Pas sûr d'avoir besoin d'amis. Car il est loup solitaire et il préfère observer les autres meutes d'un peu loin au lieu de s'y mêler. Pas prêt, pas prêt à ça de nouveau. Rien que d'y penser il s'en noue le dos.

En attendant il sort un briquet. C'est pas le sien. Il l'utilise jamais. Asha n'a pas de clopes sur lui et ne fume que rarement. Quand il va vraiment pas bien parfois. Ou quand on lui propose autrement. Après tout ça l'engage à rien. Il a plus de volonté que beaucoup. Ce n'est pas le type qui tombe comme ça aux mains des addictions. Sauf celle du dessin peut-être, mais ça c'est une autre histoire. Il passe son regard sur le gars devant lui. Y a une sorte de douceur dedans, quelque chose qui juge pas. Parce que quand il dévisage c'est avec son œil d'artiste, celui qui voit déjà les traits s'esquisser sur du papier. Parce que le gars est beau, singulier. Il voudrait pouvoir tendre le doigt pour effleurer les marques sur le visage et le corps, découvrir. Il ne se l'autorise pas. Détourne ses pensées sur la conversation.

"'t was very nice."

Il cause vite, il a l'habitude. L'anglais est la langue de l'école, le Russe celle de son cœur. Le français est plus chirurgical, celle apprise un peu plus tard quand en grandissant il s'est ouvert à une autre langue, celle de son père. Plus compliquée aussi avec ses lettres qui accrochent, il ne s'y sent pas toujours à l'aise. Alors il alterne, s'autorise l'anglais quand on le comprend, fait pourtant des efforts sur le français. Il faut bien après tout.

Il vient piquer la clope au bec. La ramène à ses propres lèvres. La flamme du briquet vacille, et sur un caprice enfantin s'éteint. Asha recommence. D'où il vient ce briquet ? Il sait même plus. Sûrement piqué à un autre gars dans une soirée similaire. Il en fait pas beaucoup pourtant mais c'est suffisant. Ici c'est un type qui l'a invité, l'un de ceux qui veut voir ce qu'il a dans le bide avant de l'autoriser à combattre pour lui. C'est pas un méchant, il a peut-être beaucoup plus de respect que les autres dans le milieu et c'est même un garçon plutôt simple. Pur autant il l'aime pas forcément, il se méfie. Il se méfie de beaucoup de monde faut dire, il est comme ça. Moins pourtant de celui qu'il a en face de lui, à qui il rend la clope allumée après avoir tiré juste un coup dessus. Sans broncher. Ses Anthracites cherchent son regard.

"Tu veux prendre l'air ?"

Pourquoi il propose ? Loup solitaire mais enfant dans le cœur. En quête de compagnie.
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Fredonne en #CD5C5C
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Mar 3 Juil - 13:21
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Il le fixe, calmement, et le voit rouvrir les yeux pour se reconnecter au monde. Les planter sur lui. Et ne rien détourner. Franchise. Déconcertante. Il n'y a pas de réponse à son sourire, mais Thomas ne percute pas, pas vraiment, presque trop happé par cet inconnu. Par son regard bien trop pointu. Gris. Acier. Mais mouvant, aussi. Alors ça lui fait penser à du mercure, et il y plonge un peu trop, un peu trop rapidement. S'accroche à sa voix, comme pour ne pas se noyer, se demande dans un éclair de lucidité s'il ne ressent pas déjà trop les effets de la poudre. Au final, il s'en fout. Exquise simplement un sourire encore plus grand, heureux comme un enfant. Alors il approuve, doucement. Hochement de tête qu'il accompagne d'un « Oui » léger qui se perd dans les airs, pas assez prononcé sûrement, mais ce n'est pas de sa faute. L'autre le dévisage à nouveau, et ça lui fait perdre ses moyens, un peu. Il a l'impression de se perdre, d'être quelqu'un, d'exister terriblement à nouveau. C'est perturbant. C'est plutôt rare qu'on s'attarde vraiment sur lui.

- 't was very nice.

Deux secondes à peine de flottement, le temps de basculer en anglais, puis de percuter du compliment. Il n'en faut pas plus pour s’empourprer, sentir ses pommettes le brûler, un peu, alors il baisse les yeux. Articule un «  Thank you. » alors qu'il fixe les mains et le briquet. Surtout ses mains. Dont l'une s'élève jusqu'à lui pour lui tirer la cigarette. Thomas suit le geste, absent. Le regarde porter sa clope à ses lèvres, l'allumer, et tirer dessus. Force tranquille, une nature calme qui tranche avec le son, les basses, les lumières et l'énergie de la soirée. Ce mec est la bouffée d'air frais qu'il s'est pris tout à l'heure, il en a le coté implacable et la douceur, et ça fait chaud au cœur sans trop savoir pourquoi. Thomas est de toute manière de bien trop joyeuse humeur pour empêcher son âme de partir voler dans la chaleur des gens, de se cogner contre leur vie. Et lui, avec tout son blanc, lui donne les mots d'un poète un soir de fête, que son esprit camé veut caresser. Il trouve le courage de lever ses yeux dorés vers le visage de son inconnu qui lui redonne sa clope. Et tout pourrait finir là, alors que ce sont maintenant ses lèvres qui emprisonnent la cigarette. Elle a le goût sucré des nouvelles rencontres qu'on ne veut louper. Thomas ne veut pas le laisser.

- Tu veux prendre l'air ?

Lorsque la voix reprend, il entend. Devine les sons, l'accent, léger, différent. Ça le rend curieux, curieux de l'autre, de sa vie et de lui, tout simplement. Alors il accepte la proposition de son sourire timide et espère que le balcon est vide. Vide de monde pour le remplir d'eux. Pour le ressentir lui.
Simplement, avec ce naturel qu'il ne doit qu'à sa poudre blanche, Thomas tend ses doigts vers l'homme et lui saisit la main. A peine effleurée, à peine tenue. L'autre pourrait s'en défaire tellement facilement s'il le souhaite. Et ça ne lui ferait pas trop de peine à Thomas, il n'en prendrait pas ombrage. Profite simplement de la caresse aérienne du bout de ses doigts contre cette peau qui n'est pas la sienne. Et se dirige vers la cuisine où la porte-fenêtre s'ouvre sur la nuit noire et sur la fraîcheur des astres et de la ville à cette heure tardive. Au final, il y a un autre fumeur un peu imbibé qui profite de l’extérieur. Et c'est tout.
Thomas s'appuie contre la rambarde, son dos contre le métal froid de la rampe, le regard et l'esprit entièrement tournés vers celui qu'il a amené. Il est défoncé. A la vie, aux gens, un peu à sa coke et surtout à lui à cet instant. Nouvelle bouffée, il souffle la fumée loin au dessus d'eux. Frisonne à peine sous le vent qui s'engouffre dans son débardeur clair bien trop lâche et pas assez chaud pour cette heure. Mais il ne sent pas grand chose, ressent plutôt. Alors il le quitte de yeux pour se perdre. Un peu. Entre le bruit assourdi, ses pensées éparpillées et la présence à ses côtés. Il y a des flashs, souvenirs en vrac de la soirée, des gens, d'en bas qu'il devine quelques mètres en dessous. Tellement loin et si proche à la fois, il sent le vide et le sol, sent le ciel et le son. S'accroche à rien, à tout. Surtout.

- J'aime bien ton accent, comment il chante.

C'est tout ce qu'il a trouvé à dire. Il n'a même pas cherché. Ouvre les yeux qu'il avait fermés à un moment, il y a des heures ou une seconde. Oublie le monde. Les mots sont étranges, vides et puissants. Il ne les maîtrise sûrement pas assez. N'a pas reçu l'éducation qu'il fallait. Mais ce n'est pas grave. Il a la musique, c'est suffisant. Et la musique dans la voix de l'autre gars lui parle.

- Tu veux ?

De ses longs doigts abimés, Thomas lui tend la cigarette qui se consume doucement. Aime l'idée de partager le même air, d'avoir ses lèvres si près des siennes et si loin en même temps. Il est shooté, permet à son esprit de s'égarer. Et il sourit, encore. Toujours.




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Mer 4 Juil - 9:10


Les doigts autour des siens. Pâles et tout brûlants. Les doigts autour des siens. Avec la simplicité d'un geste d'enfant. Tirent et entraînent leurs corps, et corps qui laissent une trace, ou juste un sillon. Effluves de cigarette que l'on consume. Que l'on fume. Passée d'une bouche à l'autre sans effort, sans inconfort, sans peur non plus. Et de ses yeux gris il continue d'observer, prend le temps de s'attarder. Détaille la nuque et descend sur l'épaule. Voudrait y poser les mains pour savoir comment est sa peau. Douce peut-être. Sûrement. Odeur de tabac. Tabac froid. Désagréable et plaisant en même temps. Comme une addiction. En réponse à ce besoin, à cette envie, il serre un peu plus les doigts au creux de ses paumes, loin de se défaire de ce contact. Chaud. Agréable. Qui pose sur ses lèvres l'esquisse d'un sourire ; tranquille. Force calme. Asha est bien, posé. Étrangement il a confiance en cet homme qui l'entraîne vers le balcon. Ne le craint pas du moins. Préfère penser qu'il est pur aussi, non pourri par la violence, la cruauté du monde. Mais ce sont sans doutes des illusions, trop d'optimisme. Il y a quelques personnes dans cette vie qu'il s'imagine Blanches. Ce gars en fait partie. Et y a pas besoin de raison pour ça, ou juste peut-être la musique, son sourire. La façon dont il le regarde. Personne ne le regarde jamais comme ça. Même si Asha n'est pas dupe. Il a vu les pupilles. Dilatées. Pour autant il ne dit rien. Il suit. Jusqu'au dehors où l'air est frais, où l'air est doux. S'accoude sur la rambarde de fer.

Et en dessous il y a le vide.

Il le regarde longtemps sûrement puis lève son regard vers les étoiles. La nuit est claire et elles sont belles. Brillantes. Gardiennes de leur sommeil à tous. S'il tend les bras il pourrait presque s'en saisir. N'est-ce pas ? Elles sont si proches. Si belles. Est-ce qu'elles seraient froides entre ses paumes ? Ou soyeuses ? Aramis voudrait fort pouvoir s'en saisir. Les serrer contre sa poitrine rien qu'un instant comme une mère berce son enfant. Partager leur éclat avec le garçon à côté de lui. Et observer leur reflet dans ses yeux dorés. Puis prendre à nouveau sa main. Pour les lui partager. Ce serait bien non ? Vraiment. Mais pour l'instant il doit s'en détourner. Rougir un peu aussi quand il entend cet aveu, et perdre son joli regard dans celui de son compagnon. D'un soir. Qui dit des choses comme on lui a jamais dit. Sincères. Estomac qui se tord et cœur qui s'emballe. Ce gars là il lui fait presque un coup dedans, dans son cœur. Intrigue le Loup Blanc.

"Merci..." Pour quoi ? Pour les mots ? Ou pour la cigarette qu'il prend entre ses doigts ? Il la coince entre ses lèvres et ça fait du bien. La fumée caresse le creux de sa gorge. Crachée ensuite dans un souffle doux, envoyé directement vers le ciel noir. Avant de lover encore ses Anthracites. Droit dans les prunelles du rouquin. Parce qu'il tire sur le roux, dehors ça se voit bien. Pas de lumière étrange. Qui éblouit et colore. Pas de flashs brûlants sur les rétines. Juste l'éclat. De la lune et des étoiles. Sans artifices. "C'était quoi ? Ce que tu as pris." Et Thomas a raison, dans sa voix y a son accent qui chantonne, fredonne. Notes de son pays tant aimé. Mais surtout ça révèle rien une toute petite part de ce qu'il est. Observateur. Trop. Attiré toujours par le detail qu'il ne faut pas voir. Celui qui en dit peut-être un peu trop. Et quand il rend la clope c'est pour grimper sur la balustrade. Elle tremble un peu sous son poids mais il maintient l'équilibre. Accroupi. Pieds bien posés car quand il se relève il ne bascule pas. Après tout il n'a pris qu'un verre. Vodka. Ça ne lui fait pas tourner la tête. Comme beaucoup d'alcools fort. Étonnant. Jamais rien comme les autres. Il étend les bras. Maintient sa position. Et marche. On dirait un oiseau. Un oiseau Russe, un oiseau blanc. Un oiseau moqueur. Qui marche. Face au vide et sans peur.
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Mer 4 Juil - 18:22
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- Merci.

Encore sa voix, encore le chant particulier de son accent. Qu'il remarque à chaque petit mot maintenant. Maintenant qu'il l'a dans l'oreille, maintenant qu'il rythme son esprit. Ses doigts sont délestés de leur fumée qui part habiller les lèvres de l'autre homme. Il le regarde toujours, sans détour, incapable de se détacher de lui. Il ne sait pas pourquoi, pourquoi cet effet là. Pourquoi aussi, et surtout, il a encore la chaleur de sa main au creux de sa paume. Ça ne devrait pas rester graver autant, aussi longtemps. Ce n'était qu'un instant, des doigts autour des siens, mais ils ne s'étaient pas  soustraits et étaient restés présents. Il les ressent encore, imprimés dans son corps.
Puis son regard qui à nouveau croise le sien. Plonge en lui. Thomas sombre à nouveau, mais ça ne lui fait pas peur. Il n'est même pas gêné de s'être fait surprendre, encore, à le contempler. Comme l'autre contemplait le ciel, quelques secondes avant. Ça lui étire simplement les lèvres, sourire innocent de celui qui est déjà tombé, dans des étoiles différentes que celles qui parsèment le ciel nocturne. Il baisse les yeux, ne soutient plus le regard de l'autre alors que sa main devenue libre vient se saisir  de son coude. Posture de gamin incertain qu'il ne tient qu'un instant, le temps de rougir à nouveau puis de se reprendre. Un peu. A peine.

- C'était quoi ? Ce que tu as pris.

La question le perturbe. Pas qu'il en ait honte. Ou si, peut-être. Ou alors, c'est plutôt qu'on ne lui a jamais vraiment demandé. Sauf des gens intéressés par en prendre aussi. Ce qui ne semble pas être le cas de l'autre gars. Ou si peut-être. Qu'est-ce qu'il en sait au final, il ne le connait pas. Malgré l'évidence et l'attrait et tout, il ne le connait pas. C'est triste et heureux à la fois, il reste tout à découvrir. Mais Thomas ne pensait pas que ça se serait vu. Ne pensait pas grand chose en fait. Pense simplement à cette voix, encore, et à ses yeux, qui l'ont vu. Qui le voient. Mieux que beaucoup. Et ça ce n'est pas rien, c'est même tout. Il articule vaguement un « coke » qu'il balance plus à la nuit autour d'eux plutôt qu'à quelqu'un de précis. Se demande vaguement s'il peut en trouver à nouveau. Et ça lui tord un instant l'estomac, loin de la chaleur qui ronronnait avant. Maintenant si, il en a honte. Honte de penser à la chute prochaine, où il cherchera à nouveau à replonger dans cet état. Honte de chercher cet état pour trouver un peu de légereté dans son monde. Alors il reprend la cigarette qu'on lui tend, tire dessus, ferme les yeux et oublie. Sourit.

Il y a la balustrade qui tremble, ça le fait se reconnecter. A ses côtés, l'être immaculé se déploie dans la nuit, debout. Grand. Immense. Équilibre précaire, mais assuré, et Thomas n'est pas inquiet. Admiratif devant le corps qui s'élance sans effort, brave le vide et surement aussi la mort. Putain. Il devrait paniquer. S’inquiéter au moins. Pas le regarder avec son air serein. Comme si tout était normal, comme si l'autre prenait simplement son envol pour un jour meilleur. Et, les deux pieds ancrés sur le sol, il a le regard admiratif et innocent de l'enfant qui regarde les oiseaux voler au loin, les feuilles danser dans le vent. Tom voudrait danser aussi. Il voudrait le rejoindre surtout. S'en sait incapable, lucide malgré sa poudre, lucide malgré tout. Son terrain c'est en bas, la rue, le sol. Ce ne sont pas les envols. Alors c'est son rire qui l'accompagne, léger. Il se redresse, le suit à côté, tête relevé vers le visage clair au dessus de lui. Nouvelle étoile dans le ciel qui illumine sa nuit. Il voudrait s'en saisir, le toucher, le garder contre lui ou le regarder s'envoler.

- Tu viens d'où ?

La question lui échappe, il veut savoir l'origine de cette musique particulière dans sa voix. L'origine de cet homme particulier. Qui se détache du noir du ciel, bien trop clair pour pouvoir tomber. Thomas s'est arrêté, le regarde s'avancer. Puis s'appuie de nouveau sur la rambarde, basculé vers l'arrière, le regard perdu dans les airs. Courbé ainsi, entièrement voué à sa contemplation. La cigarette entre ses doigts s'éteint doucement, dernières cendres qui tombent et se dispersent dans le vent. Un nouveau rire s'élève. Il y a quelque chose de naïf dans la situation, et une forme d'évidence, qui le font chavirer, basculer, plus surement que sa compagne poudreuse.

- Dis, tu peux sourire encore ? Ça te va bien de sourire.

Ce n'était en rien ce qu'il voulait demander au début, mais les mots étaient sortis. Avoués avec facilité, les yeux brillants de cet aveux et les pommettes rougies par le froid et pas que. Il laisse échapper un soupir après son rire, le temps de reprendre le fil de ses pensées.

- En fait, je ne sais même pas comment t'appeler. Dans ma tête tu résonnes comme un éclat de lumière qui n'a de froid que la couleur.

Je veux ta chaleur. C'est ce qu'il n'a pas dit, mais cela a traversé son esprit. Ça et la volonté d'avoir un nom à prononcer, à faire rouler contre sa langue, à savourer contre son palais. Au loin, la musique assourdie continue de marquer le rythme




A Fleur de Cœur
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Portrait robot : ♙ 23 ans (19/12). Originaire de Russie. Papa Américain. Maman Russe. Orphelin. Témoin de l'assassinat de ses parents mais trop jeune pour s'en souvenir réellement, hanté par quelques échos de la scène.

♙ Artiste de toile, de papier ou de rue. Mémoire photographique. Prudent, n'accorde que peu sa confiance. Paradoxalement peu confiance en lui sur beaucoup de domaines.

♙ Yeux gris, cheveux très pâles. 1m79. 72 kg. Solide et endurant, rapide. Bonne résistance aux coups durant un combat, tendance à en pâtir après.

♙ Parle en #3AA6AC (+ italique pour l'anglais).
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Jeu 5 Juil - 13:34
C'est qu'un mot. Un seul mot. Qui dit tout et rien en même temps. Qui fait froid et chaud dans le dos. Dans le ventre. Peur et envie. De cette chose qu'il ne s'est jamais permise. De tout ce qu'il a laissé de côté. Coke ; drogues. Diverses, variées, que l'Alpha se foutait parfois dans le bras. Sous la langue. Ou dans le nez. Perdu dans des limbes. Au loin. Trop. Insaisissable. Avec des murmures pendus à ses lèvres quand il voyait son Louveteau poser les yeux sur la seringue. La poudre. Ou le cachet. Toi t'as pas le droit, белый. Toi tu peux pas, t'es un bon petit gars. Un bon petit frère, qu'il disait. Et ça blessait Asha si fort, si fort dans le cœur. Qu'en se laissant serrer dans les bras il laissait s'écouler quelques larmes sur son épaule. Que le Grand Loup ne voyait jamais. Trop loin toujours. Parti derrière ses paupières closes. Dans ses rêves, ses délires. Dont il ne sortait que pour ça, touche pas Petit Loup, touche pas à tout ça, c'est pas bon pour toi. Avec sa voix grave, sa voix basse. Sa voix disparue, emportée par la Mort. Qui chantait des chansons parfois, durant la nuit. Quand il l'emmenait dans son lit après que les cris aient brisé les cauchemars. C'était à eux tous ces moments, ceux quand les longs doigts caressaient sa joue. Quand ils s'observaient sans rien dire. Dans le noir paisible. Le noir tranquille. Au rythme de leurs respirations. Mêlées. Têtes bêches comme des jumeaux. Brun et blanc. Yin et Yang. Et c'était simple et beau. Plein d'amour. Quand il plongeait dans ses yeux. Dans sa fragilité.

C'était peut-être bien le seul à le voir ainsi.

Mais c'était bien oui. Comme maintenant. Comme quand il marche au dessus du vide. Sous des yeux d'or. Voudrait tendre la main vers lui, l'attirer. Montrer son monde et comme on danse. Danse avec la Mort. Rien qu'une seconde. Si seulement le garçon ne planait pas si haut. Malgré le fait qu'il semble encore l'avoir, toute sa tête. Pas assez pourtant pour le guider, l'aider. A rester debout. A ne pas tomber. Puis ça fait peur aussi. De rester ainsi sur le fil. Alors il ne demande pas, n'invite pas. Esquisse quelques pas sur la rambarde qui tremble, revient vers son rouquin. De nouveau s'accroupit. Il le trouve beau, encore plus beau quand il rit. Et il hésite à caresser sa joue, se redresse finalement pour reprendre son chemin. Un pas après l'autre avec souplesse, avec douceur. Porté par ce son si léger. Et sa voix avec évidence. "Russie." Oui, Russe malgré ses racines d'ailleurs. Russe malgré ce grand père, ici au Québec, qui l'a fait s'envoler de son pays. Russe dans son cœur mais aussi dans ses os, dans sa façon d'être, dans ses chansons et ses dessins. Russe quand sur les murs et les toiles il peint. La Meute. Ou bien le kremlin. Les toits qu'il a parcouru avec aisance aussi. Russe du plus profond de lui.

"St-Petersbourg. Mais quand j'étais petit j'ai aussi vu Moscou."

Il y a l'Opéra là-bas. À St-Petersbourg. À Moscou. Et le Palais d'Hiver. Avec ses couleurs. Vert, blanc. Hiver. Asha s'en souvient. Comme il se souvient de Moscou. Avec une précision effrayante pour un si petit bout. Il n'avait même pas 4 ans. Et ça lui manque tout ça, ce que les gens dans la rue appellent Russie Triste et qui est pour lui Paradis. Pourtant il sourit. Il sourit parce qu'il y retournera un jour. Il sourit parce que le rouquin demande. Joues rouges du compliment. C'est pas souvent que quelqu'un lui dis tout ça. Son accent. Ses sourires. D'habitude il le fait pas autant, avec lui il a envie. Puis on est bien là sous les étoiles. Avec le gars un peu plus loin qui cuve ou plane. Qui fait pas de bruit. Les laisse dans leur monde. Un prénom.

Aramis.

"Asha." Ça sort mais il sait pas pourquoi. Ça aurait pas dû être ça, ça c'est pour les amis. Ceux qu'il a dans le cœur. Et peut-être que ça veut dire qu'il a dans le cœur aussi le garçon face à lui. Mais comment en si peu de temps ? "Et toi ?" Comment c'est son prénom à lui, lui et ses jolis mots. Poète dans la nuit. Dont il s'approche à nouveau. Tend une main vers sa joue. Avec un contact d'enfant à son tour. Tout frêle, tout doux. Sourire plus étincelant sur sa bouche.

"You're sweet. And beautiful." Il murmure juste pour eux deux. "Я люблю твой смех." Soufflé comme une énigme. Dans la langue qui lui vient du cœur. Toujours. Encore. Tandis que sa main se mêle aux cheveux, caresse d'une seconde. Il descend ensuite de la balustrade. Parce que ça pourrait attirer l'attention. Briser leur moment. Ce serait bête. Beaucoup trop bête. Hors de question. Tout est un peu trop beau, un peu trop simple pour être vrai. Et s'il tend l'oreille il entend de l'intérieur le rythme tranquille d'une chanson de l'amour, laquelle ? Il s'en fiche. Elle est belle. Et il tend la main vers son bel inconnu.

"Est-ce que tu veux danser ?"

Pas au milieu des autres. Ici. Ici juste eux. Car l'autre gars déjà vacille vers l'intérieur et s'y glisse, les laisse seuls. Ils sont bien dans l'air frais. Bien tous les deux. Asha sourit encore plus. Attend une réponse, un indice. Un oui pour illuminer tout son monde. C'est si rare après tout ce qu'il propose là. Danseur de fil, de toits, mais pas ailleurs.

Traduction:
 

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Fredonne en #CD5C5C
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Ven 6 Juil - 12:48
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Il y a sa nouvelle étoile dans son champ de vision, le regard du garçon qui s'invite près de lui, accroupi. Thomas admire la légèreté, l’assurance de son pied. L'admire tout court alors qu'il s'invite dans le ciel noir qui le surplombait jusqu'alors. Mais, trop rapidement, l'autre s'éloigne à nouveau, emportant sa clarté quelques pas plus loin. Équilibriste des hauteurs, qui a l'air de se saisir de son cœur. Ça ne lui fait pas peur à Thomas, ça ne le chagrine pas. Au contraire. Il bascule sur le côté, légèrement, pour pouvoir toujours le regarder. Et l'écouter alors que sa voix s'élève à nouveau, en réponse à sa curiosité. Russie. Saint-Pétersbourg. Moscou. Il y a la neige qui s'invite dans ses pensées, l'image d'un enfant courant dans l’Hiver. Un enfant trop blanc dans un décor enneigé. Il ne connaît pas la Russie Tommy, n'en sait que les grandes lignes. Mais il devine, ressent, un instant, tout ce que ça peut être, tout ce que ça peut contenir. Il saisit tout ça, au son de sa voix, à l’intonation particulière d'un cœur qui flanche sous le poids des souvenirs, à son sourire. Pendant quelques secondes, il a vu et aimé et s'est perdu avec l'autre homme, quelque part dans la mémoire d'un enfant. Ça lui tire un sourire encore plus grand, qui atteint ses yeux et dévoile ses dents. Parce que l'autre a souri aussi, a rougi surtout. Et il y a ce quelque chose d'adorable et d'unique, cadeau offert au creux de la nuit.

Asha.

Thomas à les yeux brillants. De vie, d'espoir, de joie, d'envie. De beaucoup de choses. Le prénom est comme murmuré, chuchoté. Et il en aime la sonorité, le glissement sur la langue. Unique encore, à son image. Il se le répète quelques secondes, s'en imprègne. Ferme les yeux pour savourer ce nouveau son. Puis répond à la question. « Thomas. » C'est simple, sans prétention. Bien trop banal. C'est ce qu'il aurait dit en temps normal. Mais en cet instant, il se sent spécial. Alors ce n'est pas grave. Ce n'est pas important. Pas quand il y a cette main sur sa joue. Pas quand ses paupières s'ouvrent à nouveau sur le sourire éclatant de l'autre homme. C'est doux et chaud, contact léger, tellement présent, presque ancré. Il ne peut déjà plus s'en passer. Il y a des mots qui se bousculent, basculent, s'oublient et ne sortent pas. Il s'en fout, profite de cette caresse aérienne, fragile. S'émerveille du sourire offert. Se perd à nouveau dans le regard trop gris face à lui.

- You're sweet. And beautiful... Я люблю твой смех.

C'est un frémissement. Celui qui parcourt son corps, remonte son estomac, enserre son cœur. C'est le frémissement des sons, celui de la voix qui lui dit ça tout bas. Il en oublie de rougir, en oublie de respirer. Se perd dans ces autres sonorités. Et si les premières notes l'ont cueilli, ces derniers mots incompris l'ont achevé. Parce que certaines choses ont simplement besoin d'être ressenties, et que cela en fait parti. Le russe pourrait lui réciter le monde, qu'il en savourerait chaque secondes. Il aime trop les sons pour ne pas apprécier ceux qui viennent de lui être murmurés. La caresse s'évapore, de sa joue, de son corps. Il en veut encore. Des doigts dans ses cheveux, puis l'oiseau clair descend de sa nuit. Il voudrait le garder pour lui.  

- Est-ce que tu veux danser ?

Il n'y a pas besoin de réfléchir, de se demander si on sait danser, si quoi que ce soit. Il y a simplement cette main tendue et le sourire encore plus lumineux qui l'accompagne. Alors Thomas se saisit de ces doigts offerts pour se redresser, s'avancer vers cet être qui lui emplit la tête. Et ce n'est qu'une fois face à lui, debout au milieu de nul-part, qu'il entend la musique. Bien trop romantique. Ça le fait rire à nouveau, l'instant est trop parfait, magnifique. Magique. Il acquiesce légèrement, hésite un instant. Laisse la joie lui éclairer le visage alors que lentement la musique le prend, et se laisse aller. Contre ce corps, chaleur d'un être, chaleur d'un cœur. Il passe sa main libre dans le cou de son cavalier, le mot le fait sourire à nouveau, et caresse le tissu de sa chemise, avant de se glisser, de s'accrocher à sa nuque. Apprécie le contact de la peau contre la pulpe de ses doigts, bascule entièrement vers lui, contre lui, et se laisse porter par le rythme lent. C'est doux. Délicat. Tendre. Il lui laisse mener leur danse puisque c'est l'autre qui l'a invité. En profite simplement pour poser sa tête dans le creux de son épaule. Et son souffle qui doit lui caresser la gorge.

- Asha.

Et putain, qu'est ce qu'il est bien là. Il n'a pas besoin de plus. Simplement cette étreinte et eux. Ça lui met des papillons dans le ventre, lui serre le cœur. Paix et bonheur. Ça lui rappelle des heures plus claires, des instant hors du temps, que sa mémoire garde précieusement. Mais il ne se perd pas dans ses pensées, entièrement tourné vers l'homme qui le fait tanguer, chavirer. Il y a leurs bassins qui se frôlent, sa peau qui brûle et son esprit qui s’enhardit. Un peu. A peine. Juste pour oser poser ses lèvres sur la peau claire, offerte, de cette gorge pale. S'il a encore un sourire d'enfant, peut-être que ce n'est plus aussi innocent. Il ne sait pas, ne sait plus. S'en moque, profite simplement, sans chercher plus que cette légère tension dans son cœur, dans son bas-ventre. Étincelle de désir qui embrase ses sens. Doucement.

- Tu es si beau toi aussi.

Murmure, à peine fredonné. Qui sera saisit ou non, il avait seulement besoin de le prononcer. De le dire à voix haute, de l'offrir ailleurs que dans sa tête. Et si au loin ce n'est plus la même musique qui passe, celle qui suit reste dans la même ambiance. Parfaite pour continuer de se balancer l'un contre l'autre, de faire danser deux âmes et deux corps trop proches, sans pour autant basculer. Il ne sait pas si c'est son monde qui tangue ou si ce sont les étoiles qui dansent. Mais son cœur chante en harmonie avec la nuit, en harmonie avec Lui.




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♙ Artiste de toile, de papier ou de rue. Mémoire photographique. Prudent, n'accorde que peu sa confiance. Paradoxalement peu confiance en lui sur beaucoup de domaines.

♙ Yeux gris, cheveux très pâles. 1m79. 72 kg. Solide et endurant, rapide. Bonne résistance aux coups durant un combat, tendance à en pâtir après.

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Dim 8 Juil - 21:01

Il accueille cette main dans la sienne et déjà il a un sourire sur les lèvres. Qui tire et s'étire et éclaire tout son être alors que le corps du rouquin s'échoue contre le sien. Et ça le fait frémir. C'est qu'il a pas l'habitude, Asha. Pas l'habitude de ça. D'avoir quelqu'un entre ses bras. De la musique romantique qui résonne tout autour. De cette confiance. Qu'il donne si vite. De cette étreinte. Pleine de douceur jusque dans son ventre. Des mouvements lents. Avec la main accrochée près de sa gorge. Qui provoque quelques frissons de plus, un soupir étranglé par la décence. A la dernière minute. Et son cœur, son cœur qui pulse bam bam bam bam de toutes ses forces. En écho à celui de Thomas, Thomas et son nom qui roule et tangue sur la langue. Simple. Agréable. Comme l'instant. Thomas. Tommy. Naturellement. De même que la façon dont bougent leurs deux corps, lovés, nichés l'un contre l'autre, en symbiose. En confiance. Lentement. D'un pied à l'autre. Comme un bateau. Un bateau sur une mer aux clapotis doux. Paisibles. Avec quelques vagues qui frémissent quand une caresse est déposée, ou même un baiser. A chaque fois que son inconnu fait bondir son cœur. Sous les étoiles. Tous les deux comme un rêve. Un petit morceau d'infini. Qu'ils serrent entre leurs paumes. Qui fait du bien. Dont ils se gorgent. Des sourires en plus. Alors qu'il presse son bassin contre le sien, innocemment, sans se rendre compte. De ce que ça peut faire au rouquin. Il le veut juste plus proche de lui. Plus proche encore. Comme un besoin de sa chaleur, un besoin de Tommy.

Au milieu duquel se perdent les murmures.

"Merci beaucoup Tommy."

Tommy qui fait rougir ses joues. Une fois de plus. Accélérer son cœur. Encore. Et qui couvre aussi sa peau de frissons juste en prononçant son prénom. Asha. Tellement simplement. Qu'on dirait une évidence.

"Tell my name again..."

Une supplique. Pour exister un peu. Ne plus être un fantôme qui erre dans cette maison pleine de bruit, pleine de lumière. Une supplique. Pour entendre encore la voix. Ou peut-être son rire. Dans lequel sonnent un million de grelots. Un million d'étoiles. Une supplique pour faire chanter son accent aussi. Lui donner ça, en cadeau, parce qu'il a envie en l'instant de lui faire plaisir. Aussi parce qu'il est gêné. Ému. De tous ces compliments accumulés en à peine quelques minutes. De toutes ces jolies choses qu'il lui dit sans filtre. Sans retenue. Plaisir. D'être considéré à la même hauteur. Pas comme un moins que rien, le gars qu'on regarde avec dédain. Envie. D'un peu moins, d'un peu plus. De laisser courir ses lèvres sur lui. Comme il le fait là, juste contre sa tempe. Alors qu'il inspire son odeur. S'égare. Glisse contre son cou, sous son oreille. A la pointe de son nez. Dessin tracé. Comme on se perd, avec lenteur, sans assurance. Au rythme des notes et des mouvements. Tommy, esquissé avec ses sens, ouïe et les bruits, respiration de sa poitrine. Vue, de sa peau et ses cheveux, et même le toucher, de son corps qu'il sent contre le sien, et puis contre ses paumes posées sur ses reins. Odorat qui inspire sa senteur, parfum de Lui et d'Ailleurs.

"I wanna feel you... A lil bit more..."

Murmures de plus. Juste dans l'oreille. Avant que les lèvres effleurent, qu'il tremble un peu. De cette peau chaude contre sa bouche. De sa bouche qui découvre, goûte rien qu'un peu. S'empare de quelques parcelles, lancées dans leur conquête. Vole aux autres ce qu'ils auraient pu vouloir, celui derrière la porte par exemple qui un instant les regarde en pensant qu'ils ne voient pas. Mais il voit Asha. Et s'écarterait sans doute si ça n'était pas si étrange, si unique. Baigné au parfum du Particulier avec ce garçon aux cheveux roux, aux yeux enjôleurs. Au rire si beau qui roule dans son cœur. Et qu'il fait danser comme il n'a jamais fait danser personne parce qu'Asha ne se laisse pas aller comme ça.

A part avec l'Alpha. Le seul avec qui il était bien, bien jusque dans ses bras. Le seul qui arrivait à le faire trembler de l'avoir effleuré. Le seul à qui il quémandait. Plus, juste un peu plus. Mais pas avec la bouche non, avec les yeux par son regard. Ses deux anthracites désespérées. Parce que le loup ne le touchait jamais. Pas plus qu'un petit frère qu'il aimait certes, mais pas pareil. Pas avec toute la passion, tout le désir qui pouvait l'habiter. Plus que de raison. Avec lui il se posait moins de questions. Avec Tommy aussi. Moins de peurs. Moins de tracas. Moins de tout.

"Si tu savais comme tu sens bon..."

Et sans masques aussi.
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Jeu 12 Juil - 1:55
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- Asha.

AshaAshaAshaasha. Son univers tient là dedans, tout entier dans ces deux syllabes. Qui, à force d'être répétées, ne veulent plus rien dire, mais qui contiennent tout. Tout cet instant, tout ce trop grand. Tout ce moment qui se résume à Lui. Alors il le lui fredonne, encore, inlassablement, comme il le lui a demandé. Supplié. Avec ce pincement au cœur et dans l'estomac qui lui fond voler tellement de papillons ou d'étoiles, il ne sait plus très bien. Qui lui font voler toutes ses pensées et envoler toutes ses peurs, ses pleurs. Pour ne laisser que ce nom et ce gars auquel il appartient.

- Asha.

Encore, le nom qui roule sur la langue, danse dans son souffle et siffle du bout des lèvres. Il en aime le son, le répète à nouveau. A voix haute ou dans sa tête, il ne sait plus très bien. Perdu. Éperdu. Paumé quelque part entre ce corps chaud contre lui et les brumes claires de son esprit. Paumé entre ce touché léger qui caresse sa peau, trace un chemin désordonné qui lui tire des frissons, et quelques part dans les étoiles. Ou alors c'est l'homme face à lui qui les allume une à une, de son accent particulier, de son souffle immaculé. Qui l'allume tout court, chaleur d'un bassin pressé contre le sien, brûlure des mains au creux de ses reins.

- Asha...

Cette fois c'est un gémissement déposé contre son épaule, soufflé contre cette gorge claire qu'il n'a pas quitté. En réponse à ce "I wanna feel you... A lil bit more..." murmuré à son oreille. En réponse à cette bouche qui le touche, le frôle, l'enrôle. Des lèvres, aériennes, qui marquent sa peau plus sûrement que toutes ses cicatrices. Qui guérissent. Par des baisers, les blessures du corps, les blessures du cœur. Celles qui s'imprègnent, qui disent chaque jour à quel point il n'est rien, qui rappelle chaque soir pourquoi il est seul et pourquoi il a peur du noir. Les blessures d'enfant, mais aussi celles qu'on a plus grand. Celles qui lui font baisser les yeux, détourner le regard, celles qui le laissent hagard au détour d'un trottoir. Tout ça s'envole, poussières, au contact du frémissement de ces lèvres contre sa peau. Il en ferme les yeux, heureux, oublieux. Il en ferme les yeux pour le ressentir mieux. 
Asha. 
Thomas ne suit plus vraiment la danse, n'entend plus non plus la musique. Accaparé, comblé par la présence contre lui. Partout. Qui emplit tous ses sens. Il n'entend plus que lui, la chanson de sa voix et la mélodie de leurs cœurs. Ne sent plus que lui alors que son parfum empli ses poumons et que leurs corps se mêlent, petit à petit. Il voudrait le goûter à son tour, encore, avoir rien que pour lui cet homme particulier jusqu'au creux du jour prochain, jusqu'au matin. Alors il danse doucement, à peine, absent du rythme de la musique, calé sur le leur. Il a l'impression de pouvoir refaire le monde, de pouvoir refaire son monde, en reprendre chaque seconde. Se reprendre en main, avoir confiance en ses lendemains. Il se sent capable d'accrocher les étoiles, de toucher le ciel. De courir à son tour la nuit, suspendu au dessus de la ville. Il pourrait lui offrir la lune qui brille au dessus d'eux et les tintements de son rire et tous ses vœux. Ses pensées se bousculent, ses envies aussi. Toutes entières tournées vers l'homme qui le tient, qui le retient de basculer trop en dedans, de se perdre en son esprit. Thomas s'accroche à lui comme un désespéré, désespéré heureux et trop vivant. Il voudrait tellement. Tellement de choses et tellement fort. Il reste simplement là contre son corps, lové dans sa chaleur, lové contre son torse, simplement là. A danser sur un son différent, une musique bien à eux. Dans sa tête, ça à la grandeur envoûtante d'une électro lente, mais avec l'évidence et la simplicité d'une ballade au piano. Et le mariage est unique, magique et surtout étrange. Rythmé par son cœur qu'il sent cogner trop fort en lui. Qui résonne dans tout son corps et dans sa tête, qu'il devine en écho à celui contre lequel il s'est épanché. Penché. Il est camé.

- Si tu savais comme tu sens bon...

Ça lui tire une nouveau rire, toujours clair, encore léger. Un rire satisfait, étonnamment ravi. Comme surpris d'exister encore, comme étonné de s'envoler à nouveau dans la nuit. Il l'étouffe dans cette épaule  qui l'accueille, embrasse à nouveau cette peau tentante et se redresse un peu. S'écarte. Juste assez pour redresser son visage vers celui de d'Asha. Encore bien trop proche mais pas assez. Cet entre deux où les souffles se mêlent. Thomas a son rire encore d'inscrit sur son visage, un éclat bien trop radieux au fond des yeux alors qu'il cherche ce regard gris si particulier. Il n'a jamais autant aimé le gris que ce soir là, jamais autant apprécié l'argent que dans cette nuance si spéciale qui brille si proche de lui. Ses mains remontent doucement, parcourent le peu de peau, de corps, d'espace qui les séparent du visage de cet homme trop magnétique. Et ses doigts se posent sur ses joues, délicatement, alors qu'il ferme les yeux, bascule son front contre celui du russe. Et il laisse leurs respirations ne faire qu'une, laisse leur danse continuer doucement. Tanguer lentement. Il est bien là, posé, serein. Déposé contre cet être qui l’envoûte, déposé contre Lui dans cette nuit étrange. Il ne voit rien ni personne, ne sent rien. Rien d'autre que Lui et Eux et tout son univers dans un souffle mêlé, dans un rien, un tout, un creux. Une aspérité de sa vie qu'il n'aurait espérée.
Du bout des doigts, les yeux fermés, il retrace les contours, apprend les formes et les textures, apprend la chaleur et la douceur qui le compose. Paisiblement, il dispose de ce visage, ose le découvrir, différemment. Sans le dévorer des yeux comme avant. Mais avec la même délicate ardeur, la même passion. Révérencieuse. Cérémonieuse. Et ils ont tout le temps devant eux, toute la nuit pour se découvrir. Même si la chaleur dans son bas-ventre est devenue un doux brasier, même si ses désirs se sont pleinement réveillés. Il prend le temps, n'est pas pressé. Ses doigts s'égarent, redessinent. Passent sur ses lèvres qui l'inspirent, s'attardent. Puis reprennent leur danse, finissent par s’emmêler dans les mèches tellement claires et s'y échouent. Et il en est là, frôlement de deux bouches bien trop proches, caresse éthérée de ses lèvres contre les siennes. A peine effleurées.  




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♙ Yeux gris, cheveux très pâles. 1m79. 72 kg. Solide et endurant, rapide. Bonne résistance aux coups durant un combat, tendance à en pâtir après.

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Ven 13 Juil - 18:09


Dans le noir il danse. Et sous les étoiles il danse. Frissonne à la lueur de la lune souriante, qui éclaire avec tendresse leurs peaux. Leurs pas. Leur étreinte. Embrasse leurs chairs pâles sur lesquelles ils ont posé les mains, baigne leurs deux corps serrés pour ne faire plus qu'un. Accompagne leurs mouvements. Sans un son. En une chanson muette qu'ils sont seuls à entendre et qui les guide. Donne le rythme. Le La. La cadence d'un moment. Le battement de vie qui tambourine tout contre leurs cœurs et pulse. Invisible. En secret, caché à tous ceux qui ne sont pas eux, repartis dans la folie d'une musique puissante, au son des platines. Les platines de Tommy, où il aurait dû rester pensait-il avant de le rencontrer. Avant de lui découvrir une place au creux de ses bras. Pour une danse ou beaucoup plus. Pour un instant ou plus de temps. Tout une éternité si le rouquin le veut bien. Pour ne plus jamais sentir son cœur se calmer. Ne plus laisser l'enfant dans sa poitrine si seul, si vide d'amis et d'amour. Avec ses larmes brûlantes et l'espoir douloureux de celui qui attend depuis trop longtemps. Avec ses peurs, ses terreurs, ses cauchemars. Brisé, brisé trop fort en lui depuis tout ce temps là, depuis toutes ces années. Depuis cette journée de Mort dont il ne se souvient pas. Ou pas de l'essentiel surtout. Juste de l'odeur des roses, entêtante. Du torse du flic contre lequel il avait fini par se blottir, rassurant. De son doudou échoué dehors. Sur la balancelle. Qu'il aurait voulu serrer entre ses tout petits bras. Comme il serre Thomas maintenant.


Avec force. Son visage lové contre son cou sur lequel traîne sa bouche. Lentement. Découvre. S'abreuve. Le cœur palpitant de cette proximité. De cette chaleur qui lui brûle le ventre et descend descend descend, toujours plus bas sans qu'il comprenne comment. Pourquoi.


Et il se mange les joues. L'intérieur. Juste une seconde. Le temps de récupérer son souffle. Parti s'échouer en tremblant sur la gorge chaude. Le temps d'accuser ça, les lèvres contre sa peau. Frissonnant. Tout proche du garçon aux cheveux roux, du garçon aux mains trop douces qui s'éloigne après avoir laissé voguer tout près de ses oreilles son rire d'étoiles. Qui le regarde, ses yeux dans les yeux d'Asha, le gris dans l'or et l'or dans le gris. Pose son front contre le sien. Magnifique. Tandis que les mains trouvent leur place. Que les paupières tombent comme on s'endort, avec confiance, avec tendresse. Caresse des souffles. En brises douces, mêlées l'une à l'autre. Et confiance. Encore. Envers l'autre homme. Comme connu depuis toujours. Alors que ses doigts passent, caressent, enlacent ses joues. Laissent sur lui leur chaleur. Galop de son cœur. De son âme aussi. Et nouvelles rougeurs qui s'étirent. Quand ses lèvres boivent aux siennes. En l'esquisse d'un baiser. Son premier. Car celui qu'il a laissé à l'Alpha n'était qu'un regret sur les lèvres d'un Mort. Rien de comparable à ça. Au bien que ça lui fait. À cette douceur dans son estomac, qui rampe, s'insinue. Coule au creux de ses veines comme un poison lent. Au goût de passion. D'amour. De quelque chose qui y ressemble. Qui fait trembler ses jambes sur lesquelles il danse toujours. Son premier. Qu'il n'a même pas pu goûter.

"Thomas..."

Ça s'échappe d'un seul souffle. Tout bas. Et le Loup Blanc serre un peu plus sa prise sur le corps du roux. Sans cesser d'être doux. Le kidnappe. Tant qu'il ne l'empêchera pas. Frissonne encore. Puis fond sur lui, s'empare de sa bouche. Doux. Léger. Un battement d'ailes soyeuses de papillon. Maladroit aussi. Comme un enfant. Sensations. Découvertes. Et frissons. Qui le perdrent derrière ses paupières abaissées. Qui embrasent. Le bas de son ventre. Font de ses jambes deux aiguilles de coton. Car il l'embrasse. C'est pas comme une mère à son gosse, c'est pas non plus comme deux frères. C'est d'un homme à un homme, avec l'inexpérience des première fois, la prudence de celui qui ne sait pas, ignore comment on fait ça. Embrasser quelqu'un. Est-ce qu'il y a un instinct pour ça ? Asha n'a pas de réponse. Mais il n'a pas dans la tête une petite voix qui dit comment faire. Qui souffle les instructions. Alors il écoute. Se focalise sur Thomas. Thomas entre ses bras. Thomas a la peau chaude qu'il caresse du bout des doigts, glissés juste là sur son dos. À la frontière de son haut. Il relâche ses lèvres. Rouvre ses yeux, et frissonne de plus belle. Sur sa bouche le souffle est court. Sur ses joues le rouge reste, s'accroche. Preuve évidente de son incompétence. De sa non expérience. Pauvre orphelin. Qui n'a jamais rien fait.

"Tommy... What am I supposed to do...?"

Il murmure en supplique. Son regard cherchant le sien. À la recherche d'un confort. Réconfort.
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We cut the Night [Asha]

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