TEASING - Montréal, 2048.

Une foule anarchique et cosmopolite fourmille le long de la rue sainte Catherine. L’armada populaire est multicolore de peau tandis que les corps sont de chair, de métal, ou bien encore métis. Homme et androïde, chacun est différent mais tous sont identiques dans la masse, individus trop pressés, croisant l’autre sans même le regarder. C’est une tourbe de bras et de jambes. D’identités.
Certains sont riches. D’autres sont pauvres. Loin du manichéisme, ils manipulent, écrasent. Grondent, se révoltent. Se soumettent ou subissent. Ignorent et se contentent d’avancer. Ils vivent, se confrontent et se répondent car cette foule polymorphe, insaisissable, est l’essence même du mouvement.
C’est la danse des humanités.
De notre société.
Loin du paradis | Icare 50x50
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Léandre Luissier - L'Archiviste
DC : Johann Keegan - Logan Duval
Fondateur & graphiste - Présent

Les figures de l'ombre
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Prédéfinis

Loin du paradis | Icare
 :: Montréal :: Centre-ville culturel :: Vieux-Montréal

Mails : 8
Double-compte : Aucun.
Surnom : Cass et autres dérivations et jeux de mots.
Emploi/loisirs : Coiffeuse en journée, qui prend des photos le reste du temps.
$ : 220
Cassandre Waterkins
Sam 18 Aoû - 12:06
L’inconnue s’éloigna à grandes foulées, laissant la jeune amnésique qui, une joue rendue écarlate par la baffe qu’elle venait de recevoir, observait, hébétée, sa silhouette disparaître entre les bâtiments.
A ses côtés, le vieil inconnu souriait de toutes ses dents, visiblement amusé par la situation. Ses lourdes épaules se soulevaient au rythme de son rire étouffé, secouant sa bedaine en de petites vagues de graisse.
Autour d’eux, la petite foule que la scène avait arrêtée comme une télécommande reprenait son activité, redevenant le paysage mouvant dont on avait l’habitude. La conscience de soi et les valeurs qu’on lui attribue perd son sens quand on fait communément partie des « autres ». Ces gens n’étaient que l’arrière-plan du tableau, et ce ô combien ils étaient capables de se battre pour faire comprendre le contraire.
Quelques regards s’attardèrent un peu avant de juger inutile de prêter plus d’attention à ce qu’il venait de se passer. L’endroit devint une fourmilière, chargée en son centre d’une odeur territorialement nauséabonde qu’il valait mieux éviter.
« Je voulais simplement toucher... » murmura Cassandre.
Elle redessina dans l’air, du bout de son doigt, le ventre de l’inconnue gonflé par la venue future d’un petit être.
« Tu aurais pu... » souffla le vieux d’une voix rauque. Il toussota légèrement et se tourna vers elle. « Mais il n’est pas forcément plaisant pour une jeune femme d’être comparée à une vieille pièce de mon espèce, ajouta-t-il en se frottant fièrement le gros ventre, un large sourire scotché aux lèvres.
- N’êtes-vous pas de la même espèce ? » demanda Cassandre, le regard à nouveau posé là où la silhouette dandinante de l’inconnue avait été dernièrement aperçue.
La question fit toutefois rire le vieux d’un éclat inattendu.
« T’es drôle, toi ! »
Bien que sa question fût sincère, Cassandre fit un sourire faussement amusé. Puis elle observa le vieux s’éloigner à son tour, pour se mélanger aux autres du quotidien et devenir cet inconnu sans importance que l’on recroise un jour sans le reconnaître.
C’était sans doute ce qu’il pensait également d’elle.
« Est-ce qu’ils veulent n’être personne ? » souffla-t-elle pour elle-même. Elle arrêta un passant par le bras. « Pourquoi vous vous contentez d’être une personne de tous les jours ? Ça ne vous gêne pas qu’ils ne vous prêtent aucune attention ? » Et elle eut droit à un regard longuement interrogateur avant qu’il ne se détournât, l’air de rien.
Elle resta plantée là quelques instants, la tête soudainement vide.
« … Mh. »
Mais, si le vieux avait raison, elle avait des excuses à présenter. Alors, Rivage sur les talons, elle prit le même chemin que la femme enceinte qu’elle avait involontairement offensée, espérant la rattraper malgré les faibles chances d’en avoir le temps. Après quelques renseignements, on lui indiqua le bâtiment où la concernée était entrée. Sa petite mine et son air d’urgence lui permirent d’y obtenir, non sans explications mêlées de supplications, l’étage et le numéro de son habitation.
« Je vous accompagne jusqu’à l’ascenseur. Et le chat reste dehors. »
Elle prit l’ascenseur jusqu’au troisième, abandonnant Rivage à l’extérieur, se trompa de porte une ou deux fois, toqua à la bonne et entra sur autorisation. A la vue de Cassandre, le sourire éblouissant de l’inconnue s’évanouit, laissant place à un excès de colère difficilement gardé en boite, comme de l’air dilaté qui menaçait de détruire son récipient fissuré.
Cassandre baissa la tête, s’apprêtant à se faire sermonner lorsque, subitement, une voix lointaine se dégagea du silence pesant qui séparait les deux femmes.
« Regardez ! »
Un brouhaha vaguement feutré par les murs s’éleva à l'extérieur. Seule une fenêtre ouverte du mur de droite en permettait le passage. Prise de curiosité, Cassandre oublia sa quête initiale et se dirigea vers l’ouverture. En bas, plusieurs têtes s’étaient figées, irrégulièrement rejointes par d’autres yeux qu’un événement semblait intriguer.
En suivant leurs regards, Cassandre tomba sur ce danseur ailé.
« Un ange, » souffla-t-elle.
Ses ailes repliées, broyées par la blancheur presque toute aussi pure des nuages navigants sur l’eau du ciel, balançantes sous le vent des cieux que les constructions des alentours, de par leur insuffisante taille, ne pouvaient plus retenir, vacillaient à chaque pas derrière ses bras tendus en équilibre. Elle ne savait pas ce qu’il faisait, ni s’il avait des raisons de frôler ainsi le vide dont un maigre câble insignifiant le séparait, mais il se dégageait de lui une impression de liberté qu’elle voulait goûter.
Si elle en croyait ses multiples lectures, sans doute saurait-il la guider à travers le brouillard glacial du vide qu’elle percevait en elle depuis son réveil.
« Hé, l’ange ! » beugla-t-elle.
La portée de sa voix parut insuffisante. Décidée, elle grimpa sur le rebord de la fenêtre, se retourna, et eut à peine le temps de remarquer l’air stupéfait de l’inconnue avant de se glisser petit à petit sur la façade murée de l’extérieur. La structure plus ou moins imbriquée du bâtiment l’aida à s’éloigner légèrement de la fenêtre, puis à se hisser sur moins d’un mètre ; il n’en fallut pas plus pour qu’elle fît face à la partie trop parfaite et dépourvue d’appuis qui la séparait de l’étage suivant. Elle se retrouva elle aussi proche du vide, son poids menaçant de la tirer vers l’arrière si elle lâchait prise, et cette sensation lui procura tout sauf un sentiment quelconque de liberté.
Elle retenta malgré tout, criant plus fort :
« L’ange ! Pourquoi l’homme est capable de tout ça ?! Il y a bien une raison, non ?! »
Elle risqua un regard au-dessus d’elle et, en voyant le concerné, se libéra une main pour la tendre vers lui.
« Pourquoi nous sommes là ?! Tu dois le savoir, toi ! »
Une légère perte d’équilibre faillit la faire basculer. Elle se cramponna brusquement au peu d’appui qu’elle avait trouvé et, du regard, chercha un moyen de se rapprocher.
« Pourquoi est-ce qu’on doit supporter tout ça ?! Alors qu’on n’existe même pas pour tout le monde ! C’est obligatoire, les amis, les ennemis, les sentiments ? Comme la pauvre dame, je l’ai blessée sans le vouloir ! Ç’aurait pas été mieux de ne pas connaître ça ? »
Elle serra un peu plus sa prise.
« Comment ça s’appelle déjà… La tristesse ! Ou la colère ! Ou les deux ! J’y comprends toujours rien ! C’est quoi la différence ? Et à quoi ça sert ?! »
Des voix prirent leurs sources à côté ; elle regarda la fenêtre et vit qu’on lui tendait plusieurs mains. Parmi les visages qui dépassaient, elle reconnut celui du vieux.
« Comment est-ce que vous avez réussi à comprendre, vous ?! leur adressa-t-elle. Pourquoi est-ce que tout vous paraît normal ?! »
Elle se détourna et entreprit de longer précautionneusement la façade jusqu’à la fenêtre suivante. Elle aurait ses réponses, coûte que coûte.
« L’ange ! cria-t-elle encore, sans-même être certaine qu’il l’entendait. On apprend tout ça, chez toi ?! Tu ne voudrais pas m’emmener avec toi ?! »
Accompagnant ses paroles, sa main se détacha une nouvelle fois pour joindre l’ombre de ses doigts à la forme impalpable de son corps ailé.
Mails : 27
Surnom : Icare
Age du Montréalais : 71
Emploi/loisirs : Funambule, danseur
$ : 554
Icare
Mer 22 Aoû - 9:05
La représentation est bien avancée, tout comme moi sur le trajet. Il y a une foule assez compacte amassée en bas. Probablement un peu plus nombreuse que d'habitude, car on est samedi.
Mes processeurs tournent sans toutefois être débordés. En effet, les calculs induits par mes algorithmes d'équilibre correspondent à une utilisation normale de la RAM. En gros, il y a du soleil et pas de vent.
Je m'arrête et tends la jambe droite le plus raide et le plus haut que mon enveloppe corporelle le permet. Mon membre inférieur monte jusqu’à atteindre la verticale, et mon corps garde un équilibre parfait.
Je tiens la position pendant 5 secondes, puis pivote le haut de mon corps en avant, balançant la jambe en arrière et battant des ailes afin de jouer avec mon centre de gravité. Dans cette position, je peux voir tous les humains qui me regardent d'en bas. Mais j'entends aussi une voix plus proche.
Quelques étages plus bas, dans l'immeuble que je dois rejoindre, une femme m'interpelle. Elle semble en détresse ##JE DOIS L’AIDER##.
Mais… ##Je dois finir le spectacle##



Icare se remit droit et se figea sur son fil. Il regardait la jeune femme au bord du précipice qui le hélait. Dans ses processeurs des tas et des tas de requêtes se chevauchaient. Le jeune Androïde était fait pour se donner en spectacle, il était conçu pour finir sa tâche… Mais les lois de la robotique d’Isaac Asimov lui donnaient des indications contraires. La jeune femme était encore en équilibre sur le balcon, l’hésitation du robot n’était donc pas encore considérable comme une défaillance. Mais dans ses circuits, quelque chose était en train de changer.

Il allait devoir prendre une décision.

Icare regarda l’arrivée prévue de son parcour, puis le femme elle aussi en équilibre. C’était la première fois que l’Androïde était confronté à un dilemme. Il y avait deux instructions majeures qui s’affrontaient. Jamais il n’avait rejeté une requête de ce genre. Et accomplir les deux était impossible. Même voler rapidement jusqu’au bout de l’immeuble puis revenir chercher la personne était exclu : les probabilités de chute était trop concrètes, s’éloigner était presque synonyme de la laisser chuter. Icare semblait avoir buggué. Toujours immobile, l’ange n’était pas en mesure de prendre une initiative.
Dans la situation actuelle, avec ces paramètres de distance, de météo, de positionnement de la personne… Il était infailliblement en mesure de réagir si la prochaine action entreprise par la femme entraînait sa chute. Mais les paramètres en questions n’indiquaient pas encore un danger suffisamment palpable pour que cela justifie un abandon de l’autre tâche en attente.
Chaque paramètre lié à Icare qui pouvait être amené à changer serait systématiquement compensé. La situation était dans un état d’équilibre.

La scène aurait pu rester figée encore très longtemps, mais la femme lâcha les appuis qu’elle tenait jusque là de sa main. Le danger était trop grand. Icare n’eut plus vraiment le choix.


Alors que mes circuits sont proches de l’alerte “surchauffe”, mes ailes se déploient et mon corps a vole droit sur la jeune femme. Elle n’est pas en train de tomber mais elle se met trop en danger. L’éloigner du vide est la meilleure chose à faire. Alors que j’atteins presque son niveau, elle tend les bras et se penche instinctivement en avant. Je l’attrape donc solidement entre mes bras et je vole jusqu’à un endroit stable et où il est facile d'atterrir. Nous avons donc posé pied sur le toit d’un immeuble tout près. L’arrivée n’est pas des plus douces, puisque je ne suis pas conçu pour transporter des objets lourds. Nous tombons tous les deux au sol mais tout va bien. Elle est saine et sauve et sans égratignure. Ma jambe gauche, en revanche, forme un angle à 90° sur le côté.
Je suis cassé. C’est la première fois.
Je me remets debout sur une jambe en m’aidant de grands coups d’ailes puis souris.

“Tu es en sécurité.”

J’observe en détail la personne mais je ne parviens pas à identifier quelque chose en elle.

“Je suis Icare. Je suis un Androïde. La raison de mon existence est de donner des spectacles de danse et de funambulisme.”

Icare ne répondit pas aux autres questions. Il n’avait pas de réponse pour cela.


Défi en cours, à réaliser :
Placer "un petit ange parti trop tôt" dans un RP

Parole : color=#006600
##Pensée## : color=#009900

Oui, ceci est une memo-signature ;) (hâte d'écrire "acheter du pain" sur un contrat de travail)
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Cassandre Waterkins
Mar 28 Aoû - 18:19
L’ange venait la chercher. Ses grandes ailes battantes coupèrent la lumière autour d’elle alors qu’elle se penchait pour l’agripper, les cheveux balayés sur son visage par le souffle de ses innombrables plumes. Une fois dans ses bras, ses fils de suie désordonnés l’empêchaient de distinguer le visage pourtant proche du descendant des cieux. Elle se contenta de serrer sa prise autour de ses épaules et de se laisser emporter vers elle ne savait encore où, avec comme seule pensée : J’aurai mes réponses.
L’atterrissage brutal ne dissipa aucunement ses attentes. Cassandre se grouilla même de se détacher des bras de l’ange pour se lever et se recoiffer négligemment, juste assez afin d’observer l'endroit, sans prendre la peine d’inspecter l’état de sa peau ou de ses vêtements. Elle ignora royalement les fourmillements de ses membres et l’ange qui lui parlait.
« Alors c’est ici que tu vis ! Un toit… ce n’est pas mal, je suppose. Ça ressemble beaucoup à notre monde. C’est fait exprès ? »
Elle courut dans tous les sens, entre les quatre coins du bâtiment, pour regarder par-ci par-là ce qui pouvait s’avérer intéressant. Des bâtiments à perte de vue, d’une architecture très semblable à ce qu’elle avait vu jusqu’alors. Un ciel bleu, parsemé de moutons blancs par endroit et orné d’un éclat aveuglant. Les mêmes bruits, véhicules, piétons, oiseaux intrépides, brise passagère. Et, en bas, un rassemblement de têtes chevelues, chauves ou chapotées. Des corps sans ailes. Des hommes. Des gens comme elle.
« … Oh. Les anges vivent sur Terre ? »
Alors Cassandre cria à l’intention des personnes en bas :
« Vous avez vu ça !? Les anges vivent sur Terre ! »
Elle se redressa lentement, pointant le bout de son nez vers le toit bleu universel et inexistant qui les couvrait. Un faible souffle lui échappa avant qu’elle ne se retournât vers l’ange.
Sa jambe n’était pas normale. Il se portait pourtant bien, en équilibre comme si de rien était sur son dernier appui. Les anges ne souffraient pas ? Réprimaient-ils la douleur afin que rien n’en transparût ?
Puis elle se souvint qu’il lui avait parlé. Les sourcils foncés, elle tâcha de se souvenir des mots qui avaient tout simplement traversé sa tête, passant par une oreille pour trouver leur sortie par l’autre. Sécurité. Icare. Androïde.
« … Ah. Tu es un androïde. »
Elle baissa les yeux, puis la tête, puis les genoux, puis son corps entier, et se retrouva assise en tailleur, les bras croisés sous sa poitrine. Que faisait Maman, déjà, quand elle attendait quelque chose qui ne venait pas ?
« Tu es un androïde et je ne suis pas chez les anges. Il n’y a donc aucune réponse à trouver ici. »
Elle soupirait. Donc Cassandre soupira aussi.
« Enchantée, Icare. Je suis Cassandre. Je suis une humaine. Et je ne connais pas la raison de mon existence, donc je ne peux pas te la dire. Je me demande si c’est juste, en fait, d’exister pour une raison précise. Non, en fait, je me demande plein de choses. »
Ses prunelles se levèrent, se posant sur la silhouette déformée de ce corps robotique masqué.
« Mais tu ne dois pas comprendre la notion de justice… si ?.. Mh. Qu’est-ce que je raconte, tu es un androïde. Tu ne dois pas comprendre. »
Elle soupira encore. Mais, trouvant son soupire peu crédible, elle recommença, avec un peu plus de rides sur le front.
« Je t’avoue sincèrement que moi non plus, de toute façon. Et même beaucoup d’entre nous, j’en suis persuadée. C’est difficile à comprendre, tout ça. Les notions, les émotions. Je me perds souvent. »
Et elle se releva enfin, s’époussetant rapidement son accoutrement.
« Je me demande tout le temps si c’est vraiment une bonne idée, d’essayer de tout comprendre, mais bon… Ne te mêle pas à ça. Tu erreras plus que tu n’apprendras. Tu dois être content, dans tes conditions, non ? Créé avec un objectif déjà implanté, qu’il se suffit de réitérer, sans se poser de questions. Tous les jours la même chose… Ah, mais tu es un androïde, justement. Ca ne peut pas te déranger. Tu ne peux pas être content. Il paraît que c’est agréable, d’être content. »
Ses épaules se soulevèrent brièvement et, en un même mouvement venteux, elle lui tendit une main.
« Je ne sais jamais quand je le suis. »
Et elle émit un petit sourire.
« Descendons. Et par les escaliers, cette fois. On va éviter de te casser autre chose. »
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