TEASING - Montréal, 2048.

Une foule anarchique et cosmopolite fourmille le long de la rue sainte Catherine. L’armada populaire est multicolore de peau tandis que les corps sont de chair, de métal, ou bien encore métis. Homme et androïde, chacun est différent mais tous sont identiques dans la masse, individus trop pressés, croisant l’autre sans même le regarder. C’est une tourbe de bras et de jambes. D’identités.
Certains sont riches. D’autres sont pauvres. Loin du manichéisme, ils manipulent, écrasent. Grondent, se révoltent. Se soumettent ou subissent. Ignorent et se contentent d’avancer. Ils vivent, se confrontent et se répondent car cette foule polymorphe, insaisissable, est l’essence même du mouvement.
C’est la danse des humanités.
De notre société.
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Léandre Luissier - L'Archiviste
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Prédéfinis

1st April 2041 [Flashback Event Convergence]
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Dim 16 Sep - 16:07

ft.  Alone

“There are wounds that never show on the body that are deeper and more hurtful than anything that bleeds.”  

1st April 2041

[ https://www.youtube.com/watch?v=vq5NvJvr55Q Les paroles de la musique que je prends viennent de là. Elijah n’a que très peu de souvenirs de ce moment.]

Juste du noir.
Des étincelles.
Du noir.

Il avait beau tourner encore et encore tout cela dans sa tête, cela n’avait aucun sens, il ne se souvenait plus, il était dans le noir. Son corps ne répondait pas, il était tombé par terre, apparemment. Il pensait peut-être qu’il s’agissait du lit de Lucas, après tout c’était un lit très dur, mais c’était trop froid pour être du tissu, il voulait allumer la lumière, peut-être un mauvais rêve ? Son visage lui faisait mal. Il avait gardé un écouteur dans l’oreille, il entendait le son, plus très bien, ses oreilles sonnaient. Qui était-il d’ailleurs.

The evil it spread like a fever ahead

Ses yeux s’ouvrirent et tout était flou, la lumière, il n’était pas dans la chambre, il avait chaud. Combien de temps avait-il dormi, où était Lucas. Son corps refusait de bouger, il se sentait en colère, frustré. Où était Lucas. Un goût de fer et de vomi dans la bouche. Ses sensations revenaient petit à petit, diluées par le massif mal de crâne. Deux pieds, deux jambes, un bassin, son torse… Ses épaules. Il avait deux bras, mais il n’en sentait plus qu’un. Où était Lucas. Il avait tant besoin de lui là tout de suite, parce qu’il ne sentait plus qu’un bras et c’était une sensation horrible. Le bruit était horrible, la musique…

It was night when you died, my firefly

Il ne voulait pas mourir. Il n’était pas mort encore, il pensait, où était Lucas. Peut-être qu’il allait mourir, il avait si mal partout, à la tête, au corps. Il aurait préféré resté dans son lit, il voulait ses bras, le creux de son petit corps contre le sien, ses cheveux qui lui chatouille le visage. Il voulait ça maintenant, parce que tout son corps lui faisait mal, et que Lucas n’était toujours pas là, qu’il ne voyait rien à part cette lumière, ce flou, et qu’il se sentait misérable.

What could I have said to raise you from the dead?

Il ferait n’importe quoi pour éteindre cette musique et retourner dans le noir, et le lit dur. Mais la douleur était si intense. Ses yeux réussirent à faire quelque chose, à voir ? A voir. Il ferma les yeux. Il ne voulait pas voir. Il refusait de voir, il voulait rester dans les bras de Lucas, entendre ses respirations dans la nuit, pas cette musique, et tous ces gens blessés. Des gens blessés ? Il ne voulait pas voir. Où était Lucas. Il en avait besoin comme de manger et de boire, il en avait besoin comme jamais, il avait si mal. Si sa bouche n’était pas si sèche, il l’aurait crié. Pourquoi n’était-il pas là quand il en avait besoin. C’était si injuste, il était si égoïste. Non, il ne l’était pas. S’il avait pu il serait venu.

Oh could I be the sky on the Fourth of July?

Lucas était comme ça, il venait, quand il pouvait. N’étaient-ils pas venus ensemble ? Après le lit dur et les respirations lentes, et ses cheveux qui lui chatouillaient le nez dans ses bras. Si seulement il pouvait y être encore, c’était tellement mieux que ça. Pourtant il aimait les androïdes. Les androïdes ? Ils étaient venus pour des androïdes ? Après le lit dur et les respirations lentes, ses cheveux qui lui chatouillaient le nez dans ses bras, ils étaient allés voir des androïdes. Il en voyait tellement de base, pourquoi il fallait en voir encore. Il préférait le lit dur et les respirations lentes… Il respire d’ailleurs. Rapidement, son cœur bat vite aussi. Comme quand ils sont intimes, ou quand Lucas lui fait un petit kiss sur les lèvres, dans le cou… Il était amoureux.

Well you do enough talk

Amoureux, avec un mal de crâne, il parlait trop quand il était amoureux. Il en était tellement amoureux il passait encore sa journée avec lui. Mais il n’était pas là ? Il en avait besoin comme de manger et boire, de son odeur masculine et douce, comme du bois dans une forêt. Ça sentait la poussière et le sang, piquant son nez, il voulait porter sa main droite à son nez mais il ne sentait plus son bras. Si seulement Lucas était là pour lui frotter le nez. Bon okay c’était peut-être idiot, et il avait une autre main. Elle était faible, comme tout le reste de son corps, mais son nez lui piquait tellement, et il voulait retourner dans le lit avec Lucas, parce que son odeur était tellement mieux. Cela lui manquait tellement, il sentait de l’eau sur ses joues.

My little hawk, why do you cry?

Sa main était pleine de poussière et d’eau, c’était inutile. Ses joues aussi, tout son corps semblait humide et froid. Pourquoi n’étaient-ils pas restés dans la chambre, avec l’odeur de cèdre et la chaleur de sa peau, ses cheveux lui piquant le nez et sa respiration lente. C’était tellement mieux qu’ici. Tellement plus confortable. Il en avait besoin comme de manger et boire. C’était lui qui avait voulu venir pour les androïdes. Lucas aimait aussi, mais il aimait surtout faire plaisir. Quel gentil homme. Adorable, il sentait bon et toujours très calme.

Tell me what did you learn from the Tillamook burn? Or the Fourth of July?

Aux odeurs se rajoutait l’odeur du feu. Le brûlé, comme une cheminée, Lucas et lui voulaient une maison avec une cheminée. Pour pouvoir s’étendre sur le canapé, avec la chaleur de sa peau, et ses cheveux qui lui piquaient le nez, et l’odeur du brasier mêlée à cette du bois de la forêt. Il avait tellement besoin de lui, son corps refusait de bouger correctement, son crâne lui faisait mal, ses oreilles sonnaient. Son cœur battait fort, sa respiration était saccadée, et il avait un goût de sang et de vomi dans la bouche. Il l’avait fait venir voir les androïdes et…

We're all gonna die

Ses yeux s’ouvrirent de peur de mourir. Il ne voulait pas mourir, pas encore. Il y avait de la poussière, d’un effondrement. Si sa gorge n’avait pas été si sèche, il aurait hurlé, parce qu’un bloc se trouvait sur son bras droit. Il n’avait pas mal ici. C’était effrayant, de voir une partie de soi manquant à l’appel, sous un bloc, et imaginer son état lui donnait envie de vomir plus. Il voulait retrouver les bras de Lucas, l’odeur de cèdre, le lit dur, la respiration lente… Où était Lucas. Il l’avait amené ici, et le bloc avait écrasé son bras, comment ? Il cherchait Lucas du regard, son bras était fichu, et il avait tant besoin de Lucas. Peut-être qu’il pouvait lui demander d’essuyer l’eau sur ses joues et son corps, et lui donner ses bras pour se sentir bien. Il voulait tellement retourner là-bas, se faire chatouiller le nez par ses cheveux et penser à la cheminée qu’ils auraient, l’odeur du bois.

Sitting at the bed with the halo at your head

Oui sur son lit. Il en avait besoin comme de manger et de boire. C’était un ange, cet homme. Un ange n’était pas rouge, mais cette couleur lui allait bien au teint. Il avait toujours été très pâle, parce que c’était un geek. Pâle aux cheveux noirs, et du rouge sur ses lèvres, sur le crâne, sur son corps. Il n’était pas venu en rouge aujourd’hui ? C’était trop de rouge, surtout pour un ange, mais il n’était pas compliqué avec les habits, mauvais en esthétique. Sur le lit il était resté en caleçon, avec ses petites fesses. Le caleçon était bleu nuit, et le reste de son corps blanc, ses lèvres rougit par les baisers. Lucas s’était habillé, en rouge. Apparemment. Il était venu en rouge sombre, presque noir, sur tout le corps, comme une peinture.

Was it all a disguise, like Junior High

Une jolie peinture, liquide, elle avait teinté ses vêtements de rouge. C’était adorable comment il avait joué avec, ses lèvres contrastant avec son corps pâle, s’il en avait eu la force, il l’aurait embrassé. Lucas le regardait avec un air absent. Il était là donc, il était tout proche, il n’avait même pas bougé pour venir le voir et lui essuyer le visage, et le prendre dans ses bras pour entendre sa respiration. Il n’était pas venu lui piquer le nez avec ses cheveux, ou bien l’entourer de son odeur de cèdre, l’amener sur le canapé et regarder le feu de cheminée dans leur future maison.

Where everything was fiction, future, and prediction

Ils ne l’avaient pas encore trouvé, mais il pouvait l’imaginer sans problème. Le feu crépitant, à moins que ce soit le gémissement d’un blessé. L’odeur de sang, non, l’odeur de cèdre, avec une couverture autour d’eux parce qu’il faisait si froid et humide, malgré le feu de cheminée. A deux ils se tenaient chaud, mais Lucas ne voulait ni parler ni bouger, il le regardait simplement absent. A quoi pensait-il ? Il l’avait trouvé, mais il était égoïste, cet ange, à ne pas vouloir venir le voir et l’entourer de ses bras. Peut-être qu’il pensait à la peinture, il tâcherait ses habits. Lucas pensait à ça sans doute. Non il n’était pas égoïste, il pensait à lui, il ne voulait pas tâcher ses vêtements à lui, à cause de la peinture. Qu’est-ce qu’il était gentil.

Now, where am I? My fading supply

Où étaient-ils oui, avec les androïdes, il n’y avait pas d’androïdes. De la peinture rouge noire très liquide et de la poussière. Il voulait se reposer, retourner dans le lit avec Lucas, sentir son odeur masculine, son petit corps pâle contre le sien, ses cheveux qui lui chatouillaient le nez. Il le voyait, il le regardait dans ses beaux yeux sombres, ses lèvres rouges de baisers bougeaient doucement.

"Did you get enough love, my little dove
Why do you cry?
And I'm sorry I left, but it was for the best
Though it never felt right
My little Versailles"


Monsieur vous pouvez m’entendre ? Clignez si vous m’entendez. Regardez-moi si vous pouvez.

Il cligna des yeux, sentant une main sur son épaule. C’était la main de Lucas, bien qu’elle soit un peu grande. Il chercha des yeux la voix, un homme habillé en costume. La peinture et le costume, ils avaient un lien. Il ne se souvenait pas s’être costumé lui, il fronça les sourcils.

Vos papiers sont notés Elijah Roussel, c’est bien ça ?

Elijah cligna des yeux. Oui, c’était ça son nom. Il était Elijah Roussel, ingénieur à AndroTech, ils étaient venus voir des androïdes, car il était ingénieur. Il aimait les androïdes.

Restez concentré sur ma voix monsieur. Nous allons vous prendre en charge à l’hôpital, votre bras droit a été très endommagé. Vous avez un trauma crânien. Nous allons vous déplacer après avoir enlevé le bloc de sur votre bras. Vous allez avoir très mal mais je serais là.  

Quel gentil homme en costume. Elijah replaça son regard sur Lucas, il voulait lui parler, lui dire que son bras allait bien aller, même s’il avait mal. Lucas ne semblait ni étonné, ni rien, surement il cachait son angoisse. Lucas était rassurant comme ça, c’était une des raisons pour laquelle Elijah l’aimait tellement. Il ne lui donna pas la main quand la douleur apparut cependant, elle était si forte, si intense, si dévorante, comme des milliards de poignards dans le bras et Elijah ouvrit la bouche pour crier mais il n’avait plus de voix. Alors l’homme décida de rentrer sur le lit avec Lucas, et de sentir son odeur, et de regarder sa peau blanche et ses lèvres rougies par les baisers, d’écouter sa respiration douce et lente, de faire qu’un avec la nuit, car il faisait nuit, il ne voyait plus rien.



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