TEASING - Montréal, 2048.

Une foule anarchique et cosmopolite fourmille le long de la rue sainte Catherine. L’armada populaire est multicolore de peau tandis que les corps sont de chair, de métal, ou bien encore métis. Homme et androïde, chacun est différent mais tous sont identiques dans la masse, individus trop pressés, croisant l’autre sans même le regarder. C’est une tourbe de bras et de jambes. D’identités.
Certains sont riches. D’autres sont pauvres. Loin du manichéisme, ils manipulent, écrasent. Grondent, se révoltent. Se soumettent ou subissent. Ignorent et se contentent d’avancer. Ils vivent, se confrontent et se répondent car cette foule polymorphe, insaisissable, est l’essence même du mouvement.
C’est la danse des humanités.
De notre société.
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Léandre Luissier - L'Archiviste
DC : Johann Keegan - Logan Duval
Fondateur & graphiste - Présent

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Prédéfinis

S.O.S d'un terrien en détresse // Charles
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Invité
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Dim 23 Sep - 19:59
Aujourd'hui, Joceline m'a filé un coup de main pour arranger les bouquets et puis étaler correctement la devanture, histoire de rendre un peu plus propre. C'est vrai que j'oublie parfois de m'occuper de cette partie-là du magasin, Jo me dit que c'est parce que : "T'en as rien à fiche p'tit Eloi, t'es dans les fleurs !" Peut-être que c'est ça, je m'en fiche.

Près de moi, la tasse fumante d'un... chocolat chaud. Je ne suis ni thé, ni café. Je n'aime pas l'arrière-goût savant du premier ; l'amertume du second me froisse la gorge. Tu savais, ça ? On peut deviner beaucoup de choses sur quelqu'un, rien qu'en lui demandant ce qu'il préfère prendre au petit-déjeuner. Qu'est-ce que tu dirais sur moi ? Suis-je un enfant parce que je ne peux pas me mettre à des saveurs plus profondes ?
Quelques fois, j'aime m'assurer en répondant que oui, je n'aime que les choses de l'enfance.

La nuit tire de plus en plus rapidement son volet sur Montréal, il commence à faire froid et de la vapeur se formera bientôt à la lisière des lèvres. Une drôle de lumière chaude et tamisée plonge sur moi et ricoche dans toute ma cuisine ; la lampe qui a une ampoule de cassée. Mais ça non plus, je ne change jamais. Oui, je crois que je m'en fiche vraiment.

Combiné à la main, j'approche le haut-parleur de mon oreille. Ça grésille, on m'entend.

Oui... Euh... C'est pour commander. Vous êtes ouverts jusque vingt-heures c'est ça ? Ah... J'aimerais passer à ce moment-là si ça ne vous dérange pas.

"Si ça ne vous dérange pas" Je me demande pourquoi je continue de terminer mes phrases par ça. Le téléphone me fait stresser, c'est ridicule. J'ai peur de répondre, comme j'ai peur d'ouvrir la porte quand la sonnette secoue mon appartement. À chaque fois que je me mets à paniquer, on le sait parce que mon timbre est plus rapide et que mon cœur grossit.

Maintenant que je suis sûr de mon repas de ce soir, je raccroche. Le vieux fil entortillé autour de mon doigt (je ne m'étais même pas rendu compte), ma poitrine dégonfle et j'ouvre un bloc-note avec des numéros dedans. Les numéros... Eux non plus, je ne les aime pas. Je préfère les lettres et les phrases, elles ont un caractère moins implacable à entendre.

... 07... 069... Je prononce toujours à voix haute. ... 7.

Et ça sonne. Cinq secondes, dix secondes, une minute. Peut-être toute la soirée. Aymeric ne répond pas, j'ai dû me tromper. Je raccroche encore, et je tourne la page de mon cahier. Mes yeux traversent la feuille quadrillée avant d'échouer sur une autre combinaison que je m'empresse d'entrer du bout de l'index. Le Bip bip salvateur, encore.

A-allô ? C'est moi... Pourquoi tu n'es pas venu Jeudi dernier ? Tu me manques.
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