TEASING - Montréal, 2048.

Une foule anarchique et cosmopolite fourmille le long de la rue sainte Catherine. L’armada populaire est multicolore de peau tandis que les corps sont de chair, de métal, ou bien encore métis. Homme et androïde, chacun est différent mais tous sont identiques dans la masse, individus trop pressés, croisant l’autre sans même le regarder. C’est une tourbe de bras et de jambes. D’identités.
Certains sont riches. D’autres sont pauvres. Loin du manichéisme, ils manipulent, écrasent. Grondent, se révoltent. Se soumettent ou subissent. Ignorent et se contentent d’avancer. Ils vivent, se confrontent et se répondent car cette foule polymorphe, insaisissable, est l’essence même du mouvement.
C’est la danse des humanités.
De notre société.
Staff
Léandre Luissier - L'Archiviste
DC : Johann Keegan - Logan Duval
Fondateur & graphiste - Présent

Les figures de l'ombre
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▬ 06/18 :Lancement de Human Outside, pour les deux ans du forum ! C'est un grand remaniement qui n'attend plus que vous ♥
Prédéfinis

we've never met but can we have a coffee or something ◉ feat Sigyn
 :: Montréal :: Centre-ville culturel

Mails : 8
Surnom : Charlie.
Emploi/loisirs : opérateur dans un centre de télécommunication d’un service de hotline.
Portrait robot : ٠ grand et élancé (1m88), physique assez atypique, peau souvent pâle, regard dur et perçant, silhouette très fine et traits presque coupants ;
٠ est en fait un gros nounours derrière cette apparence assez dure ;
٠ se cache parfois derrière des habits amples ;
٠ tombe amoureux au moins deux fois par semaine ;
٠ ressent les émotions puissance mille (et il préfère ça à ne rien ressentir du tout, même si ça apporte beaucoup d’inconvénients) ;
٠ vit au jour le jour et pour lui-même, sans tenir de l'avis des autres.
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Dim 30 Sep - 18:54
we've never metbut can we have a coffee or something
Charles se souvient très bien de la première fois qu’il a vu cette femme.

D’ordinaire, il n’a jamais été intéressé par l’art ou les peintures en général – il passe son temps à se demander les « véritables » couleurs des nuances peintes lorsqu’il va dans des musées ou des expositions, les rare moments où il considère son daltonisme comme étant « gênant ».
C’est si dommage de ne pas savoir saisir les véritables intentions de l’artiste à cause d’un défaut de ses yeux qui l’empêche de voir des couleurs qui semblent tant importantes – et on lui a si souvent répété que la couleur est importante dans l’art, qu’elle pouvait faire passer des messages aussi subtils que possible, un peu comme dans le langage des fleurs. Et Charles n’osait jamais répondre qu’il n’arrivait pas à voir correctement certaines nuances ; et ainsi, le message subtil lui est totalement passé sous silence.
C’est pour cette raison qu’il ne va presque jamais se perdre dans des expositions – puis, il est tellement occupé à rêvasser qu’il ne ferait même pas attention aux œuvres.

Et, contre toute attente, la première fois qu’il a vu cette femme, c’était bel et bien lors d’une exposition. Il se souvient y être allé pour accompagner son petit-ami de l’époque, un passionné d’art et d’œuvres en tous genres.
Et Charles avait croisé ce regard, ce corps, ces peintures toutes plus belles les unes que les autres. Il avait rêvé éveillé de cette femme le restant de la soirée, tant elle semblait réelle sur ses peintures.

Depuis ce jour, il avait l’impression que cette femme le suivait partout ; il la voyait dans le journal, sur son fil d’actualité, ses amis en parlaient. Mais pourtant, Charles n’aurait jamais pensé la croiser un jour, dans la rue, alors qu’il revenait du marché.
Au début, il pensait que ce n’était qu’une illusion, causée par ses rêveries incessantes qui le prennent souvent lorsqu’il se promène seul. Mais même après avoir cligné des yeux une dizaine de fois, elle était toujours là. Charles l’avait observée un moment – après tout, peut-être que c’était juste quelqu’un qui lui ressemblait ou un membre de sa famille. Il ne savait même pas que cette femme sur les tableaux était une véritable personne. Même s’il la voyait souvent sur ses réseaux sociaux, Charles n’avait jamais eu la confirmation qu’elle n’était pas juste tirée de l’imagination du peintre. Mais Charles n’aime pas laisser place au doute, alors, après une seconde d’hésitation, il se dirige vers cette femme, intrigué.
N’est-ce pas malpoli… ? Charles ne connaît même pas son prénom et s’il se souvient bien, le peintre est décédé… ce serait un peu déplacé, non ? Mais la curiosité reste bien plus forte. Et peut-être qu’elle était juste un modèle, peut-être qu’elle ne connaissait même pas le peintre.

Charles se pare de son plus beau sourire alors qu’il se présente finalement devant la femme, entamant alors, il espère, un début de conversation.

« Bonjour ! Je crois que je vous connais » son sourire se transforme en moue. « Enfin, ça sonne carrément bizarre, dit comme ça. Ce que je veux dire, c’est que j’ai vu les peintures où vous apparaissez, si c’est bien vous. C’est bien vous ? »

Son sourire s’élargit alors qu’il pose son sac de ses achats du marché au sol, presque comme pour dire qu’il resterait là un petit moment.

« Les peintures sont vraiment belles… je ne pensais pas que vous vivez ici ! Comment vous vous appelez ? »

Et, ne serait-ce que pendant une seule seconde, la pensée que Charles dérange cette femme n’effleure même pas son esprit. Ça fait partie des choses qui l’importent peu, et il oublie souvent que son caractère un peu rentre-dedans peut déstabiliser.
Tant pis.
Il ne pourra que s’en prendre à lui-même s’il se fait rembarer.
ft sigyn



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Mails : 3
Double-compte : Non.
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Mar 30 Oct - 16:29
we've never met, but can we have coffee of something ?J’observe mon corps, mon allure sur le panneau juste à côté de l’épicerie. Le bâtonnet de pétrole et de nicotine entre mes doigts, ma silhouette en noir et blanc, altérant les couleurs du manteau vert que je porte aujourd’hui aussi. Le regard porté devant moi, figé dans l’observation d’un spot lumineux. Mais cela, l’image ne le montre pas. Laissant l’imagination des humains établir leurs propres hypothèses.

La pluie récente a noirci les coins de l’affiche.


Je marche dans les rues pas si symétriques, dans les allées, je me fonds dans la marée humaine sans jamais pouvoir me perdre. Le plan de cette ville, je le connais par cœur, mes rouages l’ont si bien intégré que j’évolue sans difficultés, et sans jamais éprouver ce doute si primaire et humain qui aurait pu me pousser à demander mon chemin à quelque inconnu.

J’aimerais l’expérimenter, ce doute, tu sais.
J’aimerais savoir « douter » comme toi.
J’aimerais être incertaine sur l’heure, les lieux, entrer dans une pièce pour oublier ce que je devais y faire la seconde d’après.

Mais je ne suis pas assez humaine pour ça.



J’évolue dans ces rues pas si symétriques révélatrices de la conscience humaine, dans ce monde illogique et inadapté à mes circuits. J’évolue entre les restaurants à l’odeur douteuse et les bars qui servent au ralenti, dans ce monde humain, ce monde si étrange, si illogique lorsque votre espèce se targue d’être l’instigatrice de l’esprit cartésien.

Je n’ai pas de sac. Je n’éprouve pas le besoin étrange de porter pochettes et stylos en tous genre dans cette chose qui déforme la colonne. Un livre dans les poches un peu larges de mon manteau, les clefs de l’appartement et une carte de crédit. Je dois me rendre à la pharmacie et racheter ton traitement, et puis faire les courses, comme une humaine, ça tu as insisté dessus. Peut-être t’accroches-tu encore à ce rêve de faire de moi plus qu’une humaine à l’extérieur, ou peut-être aimes-tu juste l’idée de moi me comporter comme telle.


Pour le moment, je sais que tu es endormi et que les machines reliées à tes poumons veillent fidèlement sur toi.


— Bonjour ! Je crois que je vous connais. Enfin, ça sonne carrément bizarre, dit comme ça. Ce que je veux dire, c’est que j’ai vu les peintures où vous apparaissez, si c’est bien vous. C’est bien vous ?


Je ne l’ai pas remarqué tout de suite, l’humain qui s’avance vers moi et m’interpelle, plein d’entrain, un peu déroutant. Des humains comme ça, je n’en côtoie pas tous les jours. Tu n’as plus la fougue qui pouvait t’habiter avant ma conception Isaac, et tu te meurs. Je voudrais répondre, du moins mes lèvres un peu trop rouges s’entrouvrent pour se faire, et puis cet essai silencieux se retrouve encore coupé par l’entrain de l’inconnu bien près désormais.

— Les peintures sont vraiment belles… je ne pensais pas que vous vivez ici ! Comment vous vous appelez ?

Je me retrouve un peu con comme dirait certains. Confuse. Du moins, de l’idée limitée que mon algorithme détraqué peut se faire de la confusion. Pourtant je souris. Imperturbable à l’extérieur. Comme si j’étais amusée ou surprise. Je suis un peu surprise, c’est vrai. Mais cela n’est pas censé être plus qu’un acte d’humain.

Sigyn.

Sourire, toujours. J’observe l’humain, il est jovial, il a l’air doux et assez gentil. Tu n’aimerais pas que je parle à l’un de tes compères comme cela, tu en serais jaloux. Mais tu n’es pas obligé de savoir tout cela.

Enchantée.

Je lui tends ma main gantée, l’autre fermement ancrée dans mes poches comme si j’avais froid.
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