TEASING - Montréal, 2048.

Une foule anarchique et cosmopolite fourmille le long de la rue sainte Catherine. L’armada populaire est multicolore de peau tandis que les corps sont de chair, de métal, ou bien encore métis. Homme et androïde, chacun est différent mais tous sont identiques dans la masse, individus trop pressés, croisant l’autre sans même le regarder. C’est une tourbe de bras et de jambes. D’identités.
Certains sont riches. D’autres sont pauvres. Loin du manichéisme, ils manipulent, écrasent. Grondent, se révoltent. Se soumettent ou subissent. Ignorent et se contentent d’avancer. Ils vivent, se confrontent et se répondent car cette foule polymorphe, insaisissable, est l’essence même du mouvement.
C’est la danse des humanités.
De notre société.
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Prédéfinis

Can't fix me. [Cecil]
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Dim 4 Nov - 13:17
Can't fix me.Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit.
La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale.
J'affronterai ma peur.
Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi.
Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin.
Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien.

Rien que moi.

Litanie contre la peur, rituel Bene Gesserit
Frank Herbert



Je ne connais pas la peur.

Peut-être est-ce parce que la notion de douleur n’a jamais été intégrée à mon corps mécanique. Peut-être est-ce parce que je ne connais pas l’attachement profond que peut porter un être envers un autre. Peut-être que la peur est une chose inhérente aux êtres habités par la vie biologique. Aux animaux. A cette branche bien caractéristique que forme l’espère humaine. Oui, mais les plantes ne craignent-elles point, au final ? Ou alors leurs mécanismes de défense ne sont-ils que de l’ordre d’une simple survie ?

Est-ce qu’elles ont peur, ces plantes ? Est-ce qu’elles souffrent ?
L’idée interdite de me comparer à une fleur de lilas me séduit pourtant un bref instant. Elle est belle, cette idée…

…. Depuis quand ai-je acquis une idée de la beauté ? Je n’en sais rien…

Mon système est détraqué.
J’appréhende qu’il me fasse un jour connaitre la peur.


Je reste allongée, face au ciel dont le gris disparait peu à peu. Il est beau, ce ciel-là, je sais qu’il plairait à Isaac. Pourtant, il est à l’hôpital, le vieil homme, il s’est endormi une nuit et puis du sang est remonté le long de sa trachée, et les médecins veillent sur lui -attendent sa mort serait le juste mot.

Et moi….
Moi je ne peux pas le rejoindre pour le moment. Peu importe combien il m’appellera.


Mon corps est brisé sur les pavés, la colonne endommagée et incapable de supporter ma carcasse froide, et je ne peux que fixer le ciel en songeant à Isaac et au temps qui passe.


Heureusement que je n’ai pas mal. Si j’avais été humaine je serais morte sous la douleur ou l’hémorragie. Morte sous les coups de ceux qui m’ont acculée dans cet endroit, ulcérés de l’œuvre d’Isaac et de ce que j’ai représenté. Ce n’est que de l’art, est-ce qu’ils le savaient, ça ? Personne ne les a obligés à fantasmer sur ces œuvres-là. Personne ne les a forcés à les garder en mémoire une fois la vérité découverte.

Mais elle est humaine, leur colère.
Et moi je suis en acier et je ne peux pas la vivre.


J’observe le ciel, les nuages, la rosée contre les murs que le temps égrène.
J’entends les gens qui conversent au loin sans passer par cette rue-là.
J’imagine Isaac souffrant dans son lit, toujours dans ce coma douloureux.

Et je sens quelque chose se serrer.
Peut-être qu’ils avaient raison, au final.
Je suis une anomalie. Abomination selon leurs mots.

Je ne devrais pas ressentir et pourtant mon désir s’élève au-delà de mes simples responsabilités.
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Mar 6 Nov - 16:00




CAN'T FIX ME.

La logique. Elle est une science des plus exacte pour lui. Elle ne laisse la place à aucun doute. Ni aucun écart de conduite. Pour lui tout est déjà écrit. Les choses sont sensés se dérouler parfaitement de manière raisonnée. Son existence suit toujours le même parcourt depuis des années. Le soleil qui se lève. Le réveil à la même heure. La toilette du matin. Les vêtements toujours prêt dans la penderie. Toujours le même petit déjeuner préparé avec soin. La lecture des articles de presse sur la tablette.
Rien ne laissait un jour présager que tout partirait de travers. Qu’il n’y aurait plus personne pour s’occuper au bon train de sa routine. Ce matin fut le pire matin depuis des années. Levé en retard. La douche froide. Plus de chemises repassées. Les toasts cramés. La tablette pas rechargée. Il se laissait aller. Son planning devait être refait, maintenant qu’il n’avait plus personne pour partager son quotidien. Tout prendrait plus de temps. Il devrait s’occuper des tâches ménagères, faire les courses, sans oublier de travailler, et faire tout ce qu’il devait déjà dans une journée. Agir et penser ... non décidément c’était beaucoup trop pour lui d’un coup. Perdre une femme et une mère en même temps. Il se détestait de ne pas avoir appris à être indépendant avant. Il aurait au moins eu les bonnes habitudes ...
Plus il pensait à comment il devait s'organiser. Plus sa liste des choses à faire commençait à s'allonger. Le stress s'empara de lui. Il eut un gros blocage. Par quoi commencer. Que faire. Ou aller. Et s'il faisait mal ? Si tout le monde se moquait de lui au magasin parce qu'il prenait pas une chose appropriée, ou parce que le paiement était refusé à cause d'un bug de machine? Qu'est ce que dirait sa mère si elle le voyait ... que dirait son ex femme s'il la croisait ...
Non. Il était incapable. Il avait besoin d'aide. Il devait bien s'en rendre compte maintenant. Son psychologue avait raison. Il avait besoin de quelqu'un. Ou de quelque chose. Tout le monde avait besoin d'un petit coup de pouce, un moment, non ?

~~~~

L'air semblait déjà chaud. Comme à chaque fois, les fortes chaleurs se passent en juin, et pas réellement pendant juillet-aout. Ca fait longtemps que ce n'est plus le cas d'ailleurs, en fait, maintenant qu'il y pense, ça c'est toujours passé comme ça. Même s'il entendait souvent sa maman dire que le temps avait changé. La météo forcément, avec le réchauffement climatique. Espérons qu'un jour on puisse vraiment régler ce problème. Il ne faut pas désespérer.
Cecil regarda à droite et à gauche de la rue où il était descendu après avoir pris les transports en commun. Se demandant un instant s'il était bien à la bonne rue. Il vérifia sur son GPS remarquant bien évidement que non. Soupirant, il chercha le chemin le plus court pour tracer, avant de venir s'avancer, s'introduisant dans cette ruelle où personne ne voulait mettre les pieds. Quelle heure était-il ? Il trébucha sur un objet non-identifié, alors qu'il voulait vérifier, manquant presque de tomber. « Ah. »
Il baissa les yeux avant de voir le corps de l'androide qui se trouvait sur le dos. A vrai dire comme ça, c'était à se demande si la personne n'attendait tout simplement pas quelque chose. Pour autant il se baissa pour savoir de quoi il en retournait. Sans trop oser parler cela dit. Il ne pouvait pas passer son chemin? Pas vrai ? et puis de toute façon il n'avait déjà plus rien qu'elle en tête. Toute seule par terre dans ce passage, et sous une telle chaleur. Il y avait peut-être une urgence... même s'il s'aperçu bien vite que c'était un androïde. Et qu'elle avait été abîmée. Il ne pouvait s'empêcher de penser à ce pauvre androide frappé et détruit par son père ... « Est-ce que ça fait longtemps que tu es là ? »

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