TEASING - Montréal, 2048.

Une foule anarchique et cosmopolite fourmille le long de la rue sainte Catherine. L’armada populaire est multicolore de peau tandis que les corps sont de chair, de métal, ou bien encore métis. Homme et androïde, chacun est différent mais tous sont identiques dans la masse, individus trop pressés, croisant l’autre sans même le regarder. C’est une tourbe de bras et de jambes. D’identités.
Certains sont riches. D’autres sont pauvres. Loin du manichéisme, ils manipulent, écrasent. Grondent, se révoltent. Se soumettent ou subissent. Ignorent et se contentent d’avancer. Ils vivent, se confrontent et se répondent car cette foule polymorphe, insaisissable, est l’essence même du mouvement.
C’est la danse des humanités.
De notre société.
It hurts sometimes - Numa & Demetri. 50x50
Staff
Léandre Luissier - L'Archiviste
DC : Johann Keegan - Logan Duval
Fondateur & graphiste - Présent

Les figures de l'ombre
Nouveautés

▬ 06/18 :Lancement de Human Outside, pour les deux ans du forum ! C'est un grand remaniement qui n'attend plus que vous ♥
Prédéfinis

It hurts sometimes - Numa & Demetri.
 :: Montréal :: Ville industrielle

Mails : 93
Double-compte : Céleste Francoeur
Surnom : Tom, Tommy
Emploi/loisirs : SDF - Sans emploi
Portrait robot : • Parfois camé.
• Souvent paumé.
• Musique en tête, l'Esprit en miette.

Fredonne en #e00030
$ : 2240
Thomas Loiseau
Dim 27 Jan - 17:39
My Oh My! It hurts sometimes - I think I’m running out of time - Before I’m gonna lose my mind.
Nuit. Qui tourne. Il a dû fermer les yeux un instant, il se surprend à les rouvrir. Sans aucune idée de la notion du temps. Il est tôt. Ou tard. Ou est-ce encore le soir ? Qu'importe. Juste l'impression d'être lourd et froid et au ralenti et ne plus rien sentir. Il sait qu'il a mal. Ne sait pas où. Une toux lui arrache la gorge et fait éclater son cerveau contre sa boite crânienne. Il a peut-être mal à la tête en fait. Alors il la repose avec précaution contre le mur derrière lui, les yeux à nouveau fermés pour ne plus voir les gens passer. Ou se protéger des lumières trop vives, néons fluo et colorés qui clignotent dans l'obscurité. Quelque chose de chaud macule tout un côté de son crâne, habille une partie de son visage. Il sent son cœur cogner contre ses tempes, battre dans sa lèvre qui le pique atrocement. Il n'ose pas ouvrir la bouche, encore moins sourire. Pourquoi devrait-il sourire en fait. Au cas où, peut-être. Sauf qu'il a peur que ça déchire en deux son visage. Ou que ça fasse craquer toute la peau et tous ses os. Il est persuadé d'en avoir une centaine en trop dans son corps. Ou alors il perd encore le nord. Finalement il laisse tomber, se concentre sur rien et c'est déjà bien.
Soupire. Long. Sifflant. Qui tire sur ses poumons souffrants. Sur ses cotes bien trop douloureuses pour ne pas être bleues. Accroupis contre le mur contre lequel il s'est laissé tombé, Thomas sert contre lui son sac abîmé. C'est bien la seule chose de claire dans cette histoire, alors que les causes du pourquoi du comment s'embrument dans sa mémoire. Son sac. Il le tient comme un désespéré, de ses mains trop écorchées. Elles sont rouges, la peau usée, vermillon, irritée par la morsure du froid, puis peut-être celle aussi des lanières de son sac qui ont brûlé sa peau, en les serrant de trop. Peut-être. Il n'est certain de rien. Ne réfléchis pas. Tout est trop flou, il ne sait à quelle pensée s'accrocher pour ne pas sombrer, à laquelle s'agripper sans que sa tête ne lui fasse plus mal. Il n'est plus que sens et sensations, mais en fait non et peut-être qu'il n'est plus qu'un corps, ou plus qu'un esprit dans une enveloppe, ou non, tout cela est bidon, et il souffle, respire difficilement dans son coin de trottoir dans le noir, et il tombe, inconscient, endormis peut-être.
Conscience qui clignote. Il se réveille par intermittence. La bouche de métro non loin lui envoie de l'air chaud. Il ne sait pas ce qu'il fait là. Ne sait pas qu'il est là. Ne sait pas qu'il est. Absent de son corps, de son présent. La chaleur relative du métro ne fait en rien cesser les tremblements de plus en plus violents  de sa chaire. Carcasse abîmée laissée pour compte dans un coin, habillée d'un vieux jean trop usé comme froc et d'un pull qui a dû être coloré un jour, trop grand, déchirés surtout. Il disparaît à moitié dedans, son sac toujours contre lui. Ne pas le perdre, ne pas l'oublier. Que personne ne vienne le prendre. C'est toute sa vie, son seul bien, merci. Alors il le sert, toujours, encore, comme si tout en dépendait. Il s'y accroche. Une bouée sur laquelle sa tête trop lourde repose, maculant de rouge le tissu sale, pour le confondre avec sa tignasse rendue carmin depuis l'incident. L'accident ? Qu'importe s'il s'est passé quelque chose. Il n'en sait rien, ne se souvient pas alors qu'il clignote encore, replonge dans un sommeil bien trop mauvais. Il a l'impression de décuver, mais sait ne pas avoir touché d'alcool. A l'impression de s'être fait passer à tabac par un troupeau de rhinocéros, mais c'était peut-être des gorilles, ou des ours. Avec des poings bien trop lourds pour son corps frêle. Tu m'diras, n'importe quoi peut bousculer son semblant d'enveloppe, bien trop faible, bien trop camée.
Il se prendrait bien un rail, encore, pour faire passer tout ça. Seul éclair de lucidité qui frappe son esprit paumé. Il tousse jusqu'à s'arracher les bronches de sa cage thoracique. Plonge à nouveau dans les brumes de son inconscience. Accueille avec joie ce noir qui fait disparaître la douleur de son corps et de son âme perdue quelque part dans cette rue.



It hurts sometimes - Numa & Demetri. 7pev It hurts sometimes - Numa & Demetri. Bogn It hurts sometimes - Numa & Demetri. K721

A Fleur de Cœur
« Il faut qu’on se noie encore une fois Dans les nuits fauves Et les grands soirs Qu’on récupère un peu d’espoir. » Fauve - 4000 Iles ©.bizzle

It hurts sometimes - Numa & Demetri. Krkrkr
Voir le profil de l'utilisateur
Mails : 39
Double-compte : test
$ : 634
Numa Maggiorano
Dim 27 Jan - 21:35
Prendre le métro, c'était un exercice difficile et douloureux. Si on oubliait qu'il était communément acceptable de partager sa sueur avec les autres, et autres relents d'haleine de pets, il fallait craindre le contact physique inopiné. Et encore, ça ne s'arrêtait pas QUE là. Entre les lumières, le son strident des rails lorsque le métro s'enfonçait dans le tunnel, la sensation que tout et n'importe quoi pouvaient arriver un moment à un autre... Bref. Prendre le métro, c'était un exercice pénible, et épuisant. À chaque Numa en ressortait, il s'étonnait d'être en vie, et de ne pas avoir été foudroyé par une crise cardiaque. Il prenait d'habitude des anxiolytiques avant de rentrer dans le métro ; sur le quai, il se tenait loin. Il avait lu — une fois — un fait divers racontant qu'un homme poussait les autres sous les rails du train. De quoi réveiller des angoisses pendant des semaines, et de croire qu'un battement de cil suffirait à le tuer.

Numa rentra la tête dans les épaules, il se tassa dans un coin du train, lorsque celui-ci s'arrêta net. Il serra ses mains tremblantes sur son téléphone, tandis qu'il sentait les gens le frôler. Une sensation de brûlure s'étendit dans sa chair, persistant de longues minutes après que le contact ait été rompu. Il attendait toujours que tout le monde descende pour en faire de même, mais il ne prenait pas vraiment en compte l'imprévisibilité. Un pas dehors suffit pour qu'il se fasse bousculer par ceux et celles voulant prendre le métro, et on le poussa un peu dehors, lorsque l'alarme signala que les portes allaient se refermer. Il manqua de tomber, il reprit son équilibre de justesse, et il sentit l'anxiété lui tordre le coeur. Il ramena les bras contre sa poitrine, alors que les passants continuaient de le bousculer, et s'engouffraient dans les sorties. Cinq minutes, à s'entendre respirer, erratique, à sentir son coeur s'écraser contre sa poitrine, et dans ses tempes. Enfermé dans son propre corps. Relativiser, se balancer d'avant en arrière, ou sortir un stimtoy sur lequel passer ses nerfs. Reprendre comme si de rien n'était. Essayer d'être normal.

Numa avala sa salive, puis il reprit la route. Déjà, bien avant que le train n'arrive, il percevait dans les tunnels le grondement se rapprocher. Il se crispa, puis il prit une sortie à sa droite. Il n'osait pas toucher les murs ni la rambarde ; le métro, c'était incroyablement sale. Juste respirer l'air humide lui donnerait toutes les maladies du monde. Pouvait-il attraper le SIDA ? Oui. Vraisemblablement. Il en était certain. Il devait arrêter de respirer. Son cerveau s'enfonçait dans la paranoïa, alors qu'il remontait les escaliers. Il s'empêcha de respirer, et il aurait continué jusqu'à la sortie si son pied n'avait pas buté une jambe.

Sans un son, Numa s'étala au sol. Ses paumes râpèrent contre le bitume. Lorsqu'il releva ma tête, personne ne l'avait remarqué. Mais personne ne remarquait quoi que ce soit. Il garda un visage sans émotion, le regard vide, et il fixa ce qui l'avait fait chuter. Une jambe. Une jambe impolie, barrant le passage. Il inspira, puis ses yeux raccrochèrent cette jambe à un corps incroyablement maigre. Puis un visage. Du sang ? Numa ne réagit pas. De l'extérieur, il semblait regarder le cadavre comme s'il observait des canards sur un lac.

Il resta plus ou moins couché sur le sol, pendant au moins cinq minutes. Son coeur avait repris sa course affolée dans sa cage thoracique, sa bouche devenait pâteuse, et son monde devenait un gouffre. L'angoisse se prenait à lui, s'écrasant contre son estomac, lui donnant de grandes peines à respirer. Il en connaissait tous les signes, toutes les étapes, et même s'il relativisait, il savait très bien que c'était inutile. Il prit son sac à dos, il l'ouvrit, et il prit une nouvelle d'anxiolytique. Nécessité : il avait devant lui quelqu'un de mort, non ?

Le jeune homme n'osa pas se rapprocher, il se contenta de réfléchir autant qu'il le pouvait. Il peinait à se concentrer, entre les voitures, les gens, le métro, les odeurs. Il n'allait pas tarder à vomir ou tomber dans les pommes si ça continuait. Il devait s'accrocher. Et si c'était vraiment un cadavre ? Non... Numa était à peu près sûr que si le gars était mort, il l'aurait senti dès qu'il serait descendu du métro. Vivant ? Hors de question de le toucher, on ne savait jamais sur qui tomber ! Et le sang ? Et les blessures ? Bon sang, pourquoi ce monde n'était-il pas doté de queue de phoenix ou de potion de soin ? Il suffisait alors de les jeter sur les humains pour qu'ils regagnant des points de vie...

Non.

C'était la réalité.

Bien. Maintenant que cette vérité lui avait frappé l'esprit, Numa devait à présent réagir. Il tapa sur Google quelque chose comme « quoi faire quand on trouve un SDF dans la rue ». Il n'y avait pas vraiment de tutoriel pour apprendre à interagir sur le monde, mais il trouva des informations qui seraient tombées sous le sens pour TOUT LE MONDE. Sauf lui.

Appeler les secours.

Appeler.

Il pensa « LoL », très fort, et ironique. Lui demander d'appeler, c'était comme demander son avis à un sourd sur le dernier tube à la mode. Non non... non... il ne voulait pas.

* Dix minutes d'angoisse plus tard. *

Numa s'était répété la chose dans sa tête, plusieurs fois, avec précision, un peu comme lorsqu'il lisait et relisait les feuilles plastifiées pour apprendre à se comporter en société. Il aurait pu fuir, laisser le jeune homme dans cet état, fermer les yeux. Il aurait pu. Mais il ne le faisait pas.

Ça tombait sous le sens.

Demander à quelqu'un d'appeler pour lui ? Non... et si on l'envoyait promener ?

Ce fut au prix d'efforts insurmontable — parler — qu'il parvint à avoir les urgences. Comme il était angoissé, il dû s'y prendre six fois pour commencer sa phrase, trois fois pour signaler qu'il avait un blessé face à lui — il ne s'était pas levé —, encore plus pour donner l'adresse.

On lui confirma qu'une ambulance allait arriver. En attendant, Numa s'assit à côté du mort-vivant, son sac contre sa poitrine, et il commença à se balancer d'avant en arrière en ricanant. Les passants leur jetèrent des regards, se demandant s'il ne l'avait pas agressé lui-même.

030 315 586 924 219...
Mails : 71
Double-compte : Chayton M. Wolfe
Surnom : Dem
Emploi/loisirs : Ambulancier, secouriste, bénévole ...
Portrait robot : – 29 ans, écossais et pas tout à fait bilingue, Demetri parle encore le français avec un fort accent. Longtemps secouriste sans frontière, il a beaucoup voyagé avant de se poser en tant qu'ambulancier à Montréal avec sa chienne, Horchata.

– Yeux bleus/gris, longs cheveux bouclés noirs et un mélange de taches de rousseur ou de peinture sur le visage, il possède une chaleur généralement communicative. Peindre est un de ses passe-temps favoris, il a longtemps rêvé de percer dans le milieu artistique et de vivre de ses toiles avant d'abandonner…

– Supporte très mal la solitude.
$ : 2308
Demetri McLagan
Mar 26 Fév - 18:38
It hurts sometimesEncore une nuit passée à faire des heures supplémentaires.
Ce n'était pas vraiment un problème pour lui, Demetri n'avait jamais été une personne très constante ; la routine n'avait jamais été pour lui, il préférait s'occuper et se lancer dans des activités quitte à en ressortir totalement lessivé, mais heureux. Là, c'était différent. Il travaillait davantage pour s'occuper les mains que par réel envie de gagner de l'argent, parce que c'était mieux d'avoir quelque chose à faire que de se laisser aller à des pensées négatives.

Bien sûr, il pourrait prendre le temps de peindre ou de faire d'autres activités agréables, mais la solitude commençait sérieusement à le ronger et à empiéter sur son inspiration. Voilà quelques mois qu'il avait emménagé à Montréal sans véritablement se faire de nouveaux liens, bien trop occupé avec les aléas de la vie et du travail pour ça. Et ce qui n'était, à la base, qu'un remplacement temporaire – pour une collègue en congé maladie – devint en un clignement d'oeil son nouveau rythme de travail. Skyler s'inquiétait un peu pour lui : il lui payait des sandwichs quand il avait le dos tourné pour s'assurer qu'il mange lorsqu'ils travaillaient ensemble, lui jetait de longs regards et s'enquerrait souvent de son état d'un petit “ça va ?” qui, de sa part, était aussi étrange qu'inattendu.

Cette nuit, ils étaient ensemble. Skyler avait pris le volant et, lorsqu'il s'en était plaint, s'était contenté de lui lancer un pauvre petit muffin au chocolat de grande surface. C'était sucré, gras et écoeurant mais l'attention lui extirpa un sourire mi-gêné mi-heureux et termina de taire ses ronchonnements de mécontentement. « On va où, maintenant ? » Son collègue jeta un coup d'oeil à leur tableau de bord, où s'affichait les dernières informations reçues. « On vient de recevoir une nouvelle intervention… c'est pas loin d'une bouche de métro. T'as à peine le temps de finir de grignoter. » « À qui la faute ? »

La présence de Skyler lui faisait du bien et écartait pour quelques heures la lancinante sensation de vide qui s'était ancrée à son arrivée. Bien sûr, elle reviendrait sitôt rentré chez lui, impossible à noyer ou à oublier, mais il n'était pas contre un peu de répit.

Lorsqu'ils arrivèrent sur les lieux, Demetri était aussi attentif et souriant qu'à l'accoutumée. À peine l'ambulance parquée, il s'empressa d'en extirper le brancard avant de s'approcher de la victime, allongée par terre et visiblement inconsciente. À ses côtés se tenait un autre jeune homme, assis et visiblement secoué ; il n'avait pas dû le voir arriver, vu les petits ricanements qui s'échappaient de sa gorge au rythme de ses mouvements de balancement …

« … Tout va bien ? » Il s'inquiéta en s'agenouillant à ses côtés, déposant instinctivement une main délicate et légère sur son épaule pour attirer son attention. « On va s'occuper de votre ami, il est entre de bon– » Le rouquin sursauta cependant avec tant de violence que, surpris, Demetri s'écarta aussitôt de lui, levant les mains en signe de paix. « Pardon, je vous ai fait peur… ? … Je … je ne vous veux aucun mal. »

Faisant attention à garder ses mains pour lui, il s'assura que tout allait bien avant de s'intéresser au jeune homme inconscient. Skyler s'occupait déjà bien de lui, ses doigts gantés manipulant avec beaucoup d'attention le visage tuméfié du jeune homme pour en diagnostiquer les blessures. De là où il se trouvait, il notait sans mal les ecchymoses qui s'étalaient sur son faciès et sa lèvre inférieure d'un rouge particulièrement sombre. Assurément explosée…  « Demetri, on va devoir l'emmener rapidement. M'a pas l'air clean, il ne réagit pas. »

Hochant la tête, il aida son collègue à le placer sur le brancard et à l'attacher, prenant en même temps le sac ensanglanté qui lui servait d'oreiller. Son regard retourna ensuite se poser sur le rouquin et sur son visage juvénile, aux prunelles luisant d'angoisse. De quoi avait-il peur, exactement ? Était-il véritablement une connaissance de la victime –comme il l'avait pensé plus tôt– ou angoissait-t-il sur tout autre chose ? Dans le doute, Demetri lui adressa un nouveau signe de la main, cette fois-ci pour qu'il s'approche. « Viens avec nous, tu m'as l'air particulièrement secoué. On s'occupe de lui… et je pense qu'un bon chocolat chaud te ferait du bien. Tu n'es pas blessé… ? »

Grimpant à l'arrière de l'ambulance, Demetri s'installa et attendit de voir si le jeune homme viendrait avec eux ou non pour fermer les portes. Skyler, quant à lui, s'était déjà installé derrière le volant et pianotait son diagnostique sur son téléphone de service, attendant de voir quel hôpital les accueillerait pour aviser les infirmières urgentistes de la situation.

Il lui avait dit que le jeune homme était inconscient et ne réagissait pas à ses tentatives, mais Demetri ne le laissa pas pour autant. Il lui attrapa délicatement la main, faisant attention aux égratignures qui abîmaient ses phalanges, et en caressa doucement le dos. Sa voix se fit plus légère tandis qu'il s'adressait au blessé, son regard soucieux ne sachant sur quel bleu se poser. « Si tu nous entends… ouvre les yeux ou serre moi la main… On va bientôt arriver à l'hôpital. »

HRP:
 

©️ 2981 12289 0
Mails : 93
Double-compte : Céleste Francoeur
Surnom : Tom, Tommy
Emploi/loisirs : SDF - Sans emploi
Portrait robot : • Parfois camé.
• Souvent paumé.
• Musique en tête, l'Esprit en miette.

Fredonne en #e00030
$ : 2240
Thomas Loiseau
Dim 3 Mar - 19:39
My Oh My! It hurts sometimes - I think I’m running out of time - Before I’m gonna lose my mind.
Nuit. Toujours. La pluie de son esprit qui goutte contre ses paupières clauses. Il pleut en dedans, en dedans de lui. Et l'écho du bruit lui torpille le crane. Il est. Ou pas encore. Il était. Ne sais toujours pas. Disparaît. Inconscience, conscience d'être. De ne plus être. Dans ses oreilles plus un bruit, que le sang qui bat sa vie. Mais rien du dehors, rien qui ne fait souffrir. Plus que sa propre musique qui bat le rythme, sous les bambam de son cœur épris de rien. De tout. De surtout rien du tout. Il tombe. En dedans de lui. Il tombe, plus profond, il fait plus noir encore que le bruit du soir. Idées folles qui se mélangent, des mots vides de sens, les siens ? Qui se répercutent dans son esprit. Il tombe, encore. Perd toujours plus, tombe toujours plus fort. Puis plus rien. Silence serein. Il flotte. Enfin. Un peu de rien qui fait du bien. C'est doux et chaud et vide et clair mais plein de nuit et surtout. Surtout.
Flash de conscience. Micro seconde qui lui perfore les tympans, la rétine qui explose sous les néons trop vifs qu'un flash de ses paupières à fait pénétrer. Rien ne répond. Pas un son. Pas un sens. Pas un souffle de son corps, pas un souffle de son esprit. Il est bien trop proche du dehors, bien trop proche de sa réalité. Il ne veut pas, préfère ressombrer dans les bras de son Morphée, suivre Orphée pour redescendre dans ses enfers. Ceux qui sont bien moins dangereux, bien moins tristes que le dehors. Démons d'extase dont la poudre lui fait du bien. Lui fait quitter tout ce quotidien. Lui fait quitter tout son corps qui se tord. De vie et de douleur. Il voudrait partir. Disparaître. Tout oublier. Rester. Mais il semblerait qu'un peu de vie, qu'un peu d'envie s'accroche à lui. Et c'est une sensation étrange qui suit. Celle d'une chaleur sur sa peau. Il est. Mais n'est plus. Se sait être, totalement déconnecté. Il n'est plus matière, ni sens, ni corps ni rien. Pur esprit, pensées éparses, il perçoit des choses, des mouvements. Ne ressent rien. Ça lui fait du bien, mais en fait il n'en sait rien. N'est plus que constat. Celui que son sac lui est enlevé. Ça, il le sait. Comment, aucune idée. Il sait qu'il devrait paniquer, il sait qu'il voudrait s'y accrocher. Mais rien ne répond, et surtout, rien ne l'atteint. Constate. Sans sentiment aucun, sans volonté aucune. Il vogue entre deux eaux troubles, flotte entre deux vies sourdes.

Je crois...
Je crois que je voudrais dormir.
Juste dormir en fait.

Oui, je crois bien que c'est ce que je veux.

Alors il ferme les yeux. Ceux du dedans, pour qu'il fasse nuit aussi ici. Mais une chose le retient un peu, un bruit lointain. Une voix claire et légère. Des mots qu'il ne comprend pas, mais qui résonnent dans l'air. Alors dans son nuage brumeux et chaleureux, Thomas s'y accroche. Délicatement. Pour les comprendre. Comprendre ce qu'on lui demande. Parce que c'est cela non ? On lui demande. Quelque chose. Entendre. Qu'entend-il ? Rien, juste le bourdonnement serein de son corps. Son corps.. Que lui a-t-on demandé ? Ouvrir les yeux ? Quelle idée. Ils sont déjà ouverts, sur son monde, sur ses couleurs. Sur sa musique nouvelle qui joue en lui, pleine de vie et de folles idées. Ouverts à l’intérieur. Il ne peut pas répondre à cette demande étrange. Se concentre un peu, pour saisir le sens de la seconde. Saisir la main. La main. Où est la sienne. En a-t-il une ? Oui. La main. Serrer. Se concentrer, la ressentir. Paniquer, car aucun sens ne lui répond. Paniquer pour de bon et perdre pied et finalement, c'est peut-être ça qui le fait s'accrocher à son propre corps, parce que la panique de son cœur fait battre le sang dans un bruit sourd qu'il perçoit enfin. Changement de rythmique qui lui fait prendre conscience de lui. Un peu. Juste pour savoir que sa main est là et qu'il y a dans ces doigts abîmés quelque chose qui s'y pose. Sauf que le prix à payer est la douleur et la peur. Et ça Thomas ne sait pas s'il le souhaite, s'il veut s'y confronter. En fait, il sait très bien que non. Et le coton qui entoure son esprit est parfait pour reposer tout son corps abîmé. Alors il doute, mais les mots étaient tous proches, et Thomas sait très bien qu'il ne veut pas vivre en dedans, qu'il préfère cogner les miettes de sa vie aux gens autour de lui. Et qu'on ne lui veut pas de mal. Normalement. Il espère. N'en sait rien. Et c'est dans un effort surhumain qu'un tremblement parcourt sa main. Spasme qui contracte ses doigts. Qui est plus violent pour lui à l'intérieur que pour quiconque à l’extérieur. Il n'est même pas certain au final d'avoir émis plus qu'une légère caresse, une douce pression. Mais cet infime geste  lui a demandé toute son attention, et entre la douleur de ses côtes, de son crane, de ses muscles et de tout le reste, entre tout ça et l'effort demandé, Thomas préfère se rendormir encore. Basculer à nouveau dans sa nuit sombre et colorée qui lui fait moins mal et lui demande moins de volonté qu'une goulée d'air qui lui déchire le corps. Il tentera la prochaine fois de faire mieux, là il veut juste qu'on lui fiche la paix. Dormir un peu. Oui, ainsi c'est bien mieux. Mais promis, la Voix, qu'après il te répondra.


NB:
 



It hurts sometimes - Numa & Demetri. 7pev It hurts sometimes - Numa & Demetri. Bogn It hurts sometimes - Numa & Demetri. K721

A Fleur de Cœur
« Il faut qu’on se noie encore une fois Dans les nuits fauves Et les grands soirs Qu’on récupère un peu d’espoir. » Fauve - 4000 Iles ©.bizzle

It hurts sometimes - Numa & Demetri. Krkrkr
Voir le profil de l'utilisateur
Mails : 39
Double-compte : test
$ : 634
Numa Maggiorano
Mar 5 Mar - 13:29
On rentra dans son champ de vision sans crier gare ; un sursaut, un mouvement de recul, et sa tête heurta un truc derrière lui. La douleur lui perça le crâne, tandis que la sensation du contact perdurait sur son épaule. L'inconnu l'avait effleuré, mais ça restait souvent comme une impression. Une brûlure qui mettrait un petit moment à s'estomper. Numa ne le regarda pas, il garda le nez penché sur son téléphone. Des mauvaises langues diraient qu'il était déconnecté du monde, dans sa « bulle », tant son smartphone semblait le happer. En fait, il était en train de farfouiller doctissimo à la recherche de solutions pour aider le jeune homme près de lui. S'il en croyait, « Ilovemedecine65 », il avait probablement un cancer des ongles, et il n'en avait plus pour longtemps. Numa mit un certain temps à réagir, enfin, à réagir selon le point de vue des autres. Du sien, il remuait pour essayer de se débarrasser de la sensation laissée sur son corps, tandis qu'il écrivait sur son téléphone ; l'angoisse accentuait le tremblement essentiel, et il peinait comme un petit vieux à tapoter sur son écran.

Mais entre ce qu'il comptait raconter, et ce qu'il se passait, il y avait eu un écart temporel majeur. Quand Numa voulut montrer ce qu'il écrivait, les deux - Ah ? Ils étaient deux ? Il n'avait pas fait attention au deuxième - s'occupait du jeune homme. Au fond de lui, il crut d'abord que c'était pour l'emmener faire des expériences, mais les blouses, et l'ambulance pas loin le rassurèrent. Il n'avait pas appelé des malfrats, mais bel et bien les urgences. Aucune inquiétude. Numa ne savait pas s'il devait dès à présent effacer ce qu'il avait écrit, ou si c'était toujours de propos. Il avait marqué dans un français maladroit « Je lé trouvé issi, je kroi kilé mor. » Faire des fautes ne lui était pas habituels, mais la situation était tellement incongrue pour son cas qu'il n'avait pas réussi à faire mieux. Lorsque le premier ambulancier lui parla, il évita de le regarder, et il tourna la tête sur le côté en se balançant d'avant en arrière, la tête rentrée dans les épaules.

Dans tous les cas, Numa n'osa pas refuser l'offre. Il n'osa pas bégayer et mettre trois heures pour aligner trois mois ; l'expérience au téléphone lui faisait déjà encore assez mal à la gorge. Plutôt que de se manifester d'une quelconque façon, il conserva le silence, et il se retrouva embarqué dans l'ambulance. Oui, il était secoué, mais constater que sa gardienne avait changé les pots de fleurs de place lorsqu'il sortait toutes les deux semaines chez lui, lui faisait plus ou moins la même chose. Si ce n'était plus, car elle ne choisissait jamais les zones les plus appropriées pour le bien-être des plantes ; donc Numa les remettait AU BON ENDROIT. Et ainsi de suite.

Numa se tassa dans un coin, il écouta d'une oreille la scène, alors qu'il rabattait sa capuche sur son crâne comme pour disparaître. Il se contenta de répondre de nouveau, à la suite du message plein de fautes qu'il avait tapé sans le montrer :

« Je lé trouvé issi, je kroi kilé mor. Je n'aime pas le chocolat chaud, et qu'est-ce qu'il a ? »

Parce que Numa s'inquiétait, il ne voyait pas l'inconnu réagir à ce que racontait l'ambulancier. Puis d'un coup, le jeune homme se mit à imaginer que tout ceci était un piège, et qu'on était en train de le reconduire dans un asile psychiatrique. Pour autant, son visage restait totalement inexpressif, mais il recula, il se cogna, avant de se rapprocher. Donc... pour éviter ça, Numa devait BIEN se comporter, « être un bon garçon ». Dans sa volonté de bien faire — et d'échapper à l'enfermement -, il se rapprocha de l'ambulancier et du jeune homme inconscient. Il se tenait plus ou moins bien, il était tendu de crainte de tomber. De plus, Numa ne se sentait pas bien ; il était en pleine surcharge sensorielle.

Quand Numa entendit Demetri demander de serrer la main, il ne comprit pas que ça ne lui était pas destiné. Il prit la main du SDF, celle de Demetri, et il les serra d'une pression ferme en croyant — plein de bonne volonté — que c'était ce qu'il fallait faire. Il était satisfait de lui, il avait fait ce qu'il devait faire, hein ? Il avait mal au crâne, ses yeux peinaient à suivre, et les différents appareils enveloppaient sa bulle dans une cacophonie ambiante, faisant qu'il peinait à se concentrer complètement.

Contenu sponsorisé
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum

 :: Montréal :: Ville industrielle
It hurts sometimes - Numa & Demetri.

Sauter vers: