TEASING - Montréal, 2048.

Une foule anarchique et cosmopolite fourmille le long de la rue sainte Catherine. L’armada populaire est multicolore de peau tandis que les corps sont de chair, de métal, ou bien encore métis. Homme et androïde, chacun est différent mais tous sont identiques dans la masse, individus trop pressés, croisant l’autre sans même le regarder. C’est une tourbe de bras et de jambes. D’identités.
Certains sont riches. D’autres sont pauvres. Loin du manichéisme, ils manipulent, écrasent. Grondent, se révoltent. Se soumettent ou subissent. Ignorent et se contentent d’avancer. Ils vivent, se confrontent et se répondent car cette foule polymorphe, insaisissable, est l’essence même du mouvement.
C’est la danse des humanités.
De notre société.
En territoire ennemi [Ft. Nelïya] 50x50
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Léandre Luissier - L'Archiviste
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Prédéfinis

En territoire ennemi [Ft. Nelïya]
 :: Montréal :: Ville industrielle

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Raven Aston
Ven 15 Fév - 20:29
Son cœur tambourinait dans sa poitrine. Avait-elle peur ? Peut-être le reste d’enfant sage qui sommeillait en elle lui murmurait – tout au plus – de faire demi-tour, mais Raven ne lui prêtait pas attention. Elle ne pourrait plus faire marche arrière, désormais.

Après le désastreux speed dating auquel elle avait assisté, elle avait décidé de se renseigner sur les fabricants d’androïdes du coin. L’angelot et la sirène avaient piqué sa curiosité, elle aurait voulu rendre visite à leur très cher « papa » et avait entrepris des recherches. Malheureusement, elle n’était pas parvenue à trouver un nom, une marque qui produisait ce genre de spécimens. Des modèles uniques, sans doute. Pour autant, la libraire n’avait pas arrêté de surfer sur les sites des fabricants. Elle ne pouvait peut-être pas rencontrer le père des deux robots, mais peut-être pouvait-elle en visiter d’autres.

Elle avait jeté son dévolu sur une petite entreprise du nom d’Androtech dont les entrepôts et les bureaux se situaient à Montréal. Il ne valait mieux pas s’attaquer dès le départ à de grands noms, mais d’abord faire ses preuves auprès de petits créateurs. Surtout, elle savait qu’elle n’était pas capable de passer des systèmes de sécurité hyper sophistiqués. Avec le temps, il lui faudrait recruter un expert en informatique, elle avait de quoi payer et peu d’hommes refuseraient la somme qu’elle était prête à offrir. Toutefois, pour l’heure, elle préférait agir en solitaire, afin de se targuer d’une « expérience » dans le milieu : elle serait prise au sérieux par la suite.

Elle avait observé la propriété tous les soirs depuis qu’elle avait choisi sa proie. La nuit, elle s’était faufilée près des barrières, avait noté quand les derniers employés quittaient les bureaux. Elle avait dessiné un plan au fur et à mesure et avait une assez bonne idée de la disposition des lieux.

Raven écrasa sa cigarette sur un cendrier mural, fourra les mains dans sa veste en cuir et fonça vers l’immeuble. Proche de l’entrée, elle ralentit son pas et se plaqua contre le muret qui délimitait la propriété. Il faisait noir depuis peu, et quelques personnes traînaient en rue, soit pour aller au restaurant, soit pour rentrer chez eux, devinait-elle. Elle pénétra dans la cour en grandes enjambées, enfila sa cagoule noire et regarda sa montre. 20h. Bientôt, le dernier employé pointerait, quitterait l’entreprise et mettrait le système d’alarme en route. Elle n’attendit pas et contourna le bâtiment principal, contre le mur, en jetant de brefs regards derrière elle.

La libraire avisa une porte dérobée, à l’arrière de la propriété. C’est maintenant que les Romains s’empoignèrent. Elle l’avait repérée lors de ses moments d’observation et de surveillance et elle avait tenté de contourner par tous les côtés les lieux, mais jamais elle n’avait pu se rendre compte à quoi menait cette porte. Elle espérait qu’il s’agissait de l’entrepôt, car l’immeuble était plus large à cet endroit.

D’un geste brusque, elle ouvrit la porte puis la referma avec délicatesse. Un long couloir mal éclairé s’ouvrit devant elle. La jeune femme s’accroupit et progressa aussi vite et silencieusement qu’elle le pouvait.

Elle se releva, collée à la dernière porte et après avoir inspiré longuement, l’ouvrit. Elle fut d’abord déçue de découvrir un bureau comme les autres : plutôt long, une dizaine de secrétaires munis de chaises roulantes et d’ordinateurs dernier cri le composaient. Mais derrière, de larges vitres remplissaient le mur et laissaient découvrir des robots en tout genre. Un sourire s’épanouit sur ses lèvres et elle se précipita pour rejoindre le garage. Dans sa hâte, elle ne vit pas le dernier employé qui rangeait des papiers dans un tiroir. Leurs regards se croisèrent, il y eut un moment de flottement, puis Raven reprit ses esprits et assomma la tête du pauvre homme d’un coup sec sur la table de travail. Elle espérait qu’il n’y en aurait plus d’autres dans les parages.

Pressée, elle sortit son canif et rentra dans l’entrepôt. Affichant un rictus mauvais, elle entailla sa première machine au niveau de la jugulaire, comme si elle l’égorgeait. Ah ! Vous voulez ressembler à des humains, assumez donc, maudits tas de ferrailles ! Soudain, elle entendit un bruit et s’arrêta dans sa sordide besogne. Elle tendit l’oreille et s’accroupit lorsque quelqu’un entrait dans le bureau. Merde.
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Nelïya Fox
Ven 15 Fév - 21:35
En territoire ennemi

Nel savait bien qu'elle était en train de dépasser une limite... Elle le savait car lorsqu'elle feuillait le dossier qu'elle avait entre les mains elle se disait "si Léandre apprend que je fais ça, il me dirait que c'est mal"... Si elle n'assumait pas face à Léandre, c'est qu'elle avait totalement conscience qu'elle jouait gros. Impossible pour elle de lâcher l'affaire cependant... Elle n'arrivait pas à oublier, à passer à autre chose... A pardonner.

Elle voulait voir Androdef sombrer, comme d'autres compagnies d'Androides d'ailleurs... Mais Androdef en premier. Ces chiens qui lui avaient fait un beau chèque pour qu'elle ne porte pas plainte. Contre les conseils de Léandre, elle avait quand même accepté. Une décision qu'elle regrettait encore aujourd'hui. Elle s'était laissée acheter. Elle avait pris peur des Lobby... Lâcheté qu'elle ne se pardonnait toujours pas.

Alors, elle avait décidé de monter un dossier. Trouver des choses compromettantes, c'était son job après tout... Il lui faudrait après tout balancer à la presse.

Ça c'était le plan, mais la pratique se montrait plus ardue... Les employées d'Androdef connaissaient son visage. Elle était LA victime de leur défaillance et ça même eux ne pouvaient pas l'oublier. Impossible de faire son enquête totalement incognito.

Mais cela ne lui avait pas fait lâcher l'affaire. Ça prendrait du temps, mais elle aurait sa vengeance...

Elle avait donc jeté son dévolu sur une structure plus petite... Histoire de se faire la main, d'attaquer petit pour pouvoir attaquer plus haut. Une marche à la fois. Androtech, voilà sa cible. Depuis, il lui arrivait de planquer prêt de l'industrie et l'idée lui était venu qu'il lui faudrait, pourquoi pas, planquer des micros ou des petites caméras pour obtenir des réponses... Ou coucher avec l'un des employés. Cela pouvait marcher aussi...

Elle réfléchissait encore à ça quand un soir où elle planquait, jumelles en mains; elle aperçut Raven. Son coeur s'arrêta de battre... Il lui semblait bien qu'elle avait déjà aperçu la jeune femme dans le coin, mais elle n'était pas bien sûre que c'était elle... Ce soir elle avait la confirmation qu'elle n'avait pas rêvé.

Quand elle comprit les plans de la jeune femme, Nelïya jura.

-Putain mais elle est tarée.
Ou courageuse.
Ou tarée et courageuse.

Quoi qu'il en soit, l'assurance que Nel avait que la jeune femme allait s'attirer des ennuis la força à quitter le confort de sa planque. Elle aussi avait un attirail d'infiltration, au moins de quoi se dissimuler le visage, ainsi prit-elle la suite de la réfractaire. Apparemment, Raven avait fait le même travail de repérage que ce que Nel avait fait, pour autant, celle-ci trouvait le timing trop juste.  

Une fois à l'intérieur, il fallait s'assurer d'aller dans le même sens qu'elle alors la détective laissa son instinct parler. Quand Nel tomba sur l'employé assommé, elle sût qu'elle était sur la bonne voie et surtout que Raven ne déconnait pas et qu'elle allait définitivement s'attirer des ennuis. Pressant le pas, elle trouva la porte qu'elle suspecter mener à l’entrepôt sans en être sûre.

Surveillant, ses arrières, elle s'y engouffra le coeur battant.

Soucieuse de se présenter en amie, elle murmura :

-Aile noire, c'est moi.  

Elle ne voyait pas encore Raven, mais le "cadavre" de l'androïde lui indiquait que la jeune femme était forcement dans le coin. Refusant de donner son identité, au cas où l’entrepôt disposait de micros, elle avait utilisé le premier nom de code qui lui été venu à l'esprit. Cherchant toujours où pouvait se dissimuler la libraire, elle ajouta.

-J'croyais que c'était à moi de te contacter pour dessouder de l'androïde...  



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Raven Aston
Sam 16 Fév - 16:39
Raven s’était cachée derrière un androïde et, accroupie, avait retenu son souffle lorsque l’intrus avait ouvert la porte du garage. De sa position, elle ne pouvait voir la silhouette féminine qui venait d’entrer, mais elle entendit clairement sa voix. Aile noire ? Qu’est-ce que c’est que cette connerie ? À la déclaration suivante, la libraire fronça les sourcils et referma sa prise sur son canif. La jeune femme n’était pas de ceux qui reconnaissaient des voix à la première note, mais elle était certaine de l’avoir déjà entendue. Pas possible. Que ferait Nel, ici ? La suivait-elle ? Raven avait espéré recevoir des nouvelles de la part de la brunette, mais cette dernière s’était montrée silencieuse depuis leur rencontre. Il fallait qu’elle s’en assure.

En tâchant de faire le moins de bruit possible, Raven progressa vers un autre robot, proche de l’entrée. Elle veillait à se cacher dans leurs ombres, afin de se fondre dans l’obscurité. Sa nouvelle cachette était moins efficace, mais elle pu observer la silhouette en vitesse. L’obscurité des lieux ne lui rendait pas la tâche aisée, elle ne pouvait assurer qu’il s’agissait bien de Nel. Elle sortit un briquet de sa poche et le lança vers le fond du garage. Il rebondit sur une machine avant de claquer sur le sol. Profitant de cette ouverture, elle se glissa derrière l’individu, bloqua son bras et passa son canif sous sa gorge. Dans sa tentative, elle sentit le métal froid du bras de Nel contre sa main. Désormais, elle reconnaissait sa coupe de cheveux courts et son parfum. La libraire sourit.

- Well, je me suis lassée d’attendre de tes nouvelles, Nel… murmura-t-elle à son oreille.

Puis, d’un ton moins suave, elle ajouta :

- Que fais-tu ici ?

Sans enlever l’arme de la gorge de la brunette.
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Nelïya Fox
Lun 18 Fév - 11:31
En territoire ennemi

A son appel, pas de réponses. Alors Nelïya commence à douter... Un doute affreux, qui la fait frémir, hésiter. Elle cherche du regard, sonde les ténèbres de l'endroit où les silhouettes immobiles des androïdes sont sinistrement silencieuse.

Un bruit. Un seul. Quelque chose qui tombe, rebondit. Nel sursaute, pivote.

*Déconne pas Raven, c'est pas drôle*

Mais si ce n'était pas Raven ? Nelïya commence à regretter son choix alors que dans sa poitrine son coeur bat les cent mille tours... Une ombre se glisse derrière elle et sous sa gorge, une lame apparaît.

La détective laisse échapper un cri étouffé de peur que le son familier de la voix de Raven n'apaise pas.

Nel. Son diminutif raisonne et son coeur bondit. La lame est toujours sous sa gorge et son bras toujours immobilisé, mais la détective n'est pas de celle qui laisse la peur la paralyser trop longtemps. Dans un murmure, elle gronde...  

-Ferme là, putain. La pièce est remplit d'Andoïdes et s'pourrait bien qu'il y ait des micros. J'veux pas d'emmerdes moi !

Raven lui ferait-elle du mal ? Dans le coin de sa vision, dans le noir de l’entrepôt, les yeux vides de l’Androïde égorgé la fixent, comme un avertissement : et si tu étais la prochaine Nel ? La détective hésite, un court instant, à envoyer son crâne se fracasser contre le nez de Raven, pour lui apprendre les bonnes manières, mais se retient... La détective ne sait pas vraiment se battre. Elle sait le faire, comme le font les gosses des rues, d'un art archaïque et brutal où on se concentre pour taper fort, à défaut de taper bien.
Raven en sait sûrement plus qu'elle dans ce domaine là, et la jeune femme ne veut pas finir avec un oeil au beurre noire qu'elle ne sera pas expliquer à Léandre.  

-Tu veux bien me lâcher maintenant ? J'suis venue pour t’éviter d'avoir des ennuis !
Résultat, elle va sûrement en avoir, elle aussi. Son plan n'était idéal...



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Raven Aston
Ven 22 Fév - 14:46
Raven fronça les sourcils, hésita encore quelques secondes puis retira sa lame. La libraire se rendit compte que Nel était plutôt effrayée et qu’il y avait peu de chance pour qu’elle joue la comédie. Dans tous les cas, elle devait lui prouver qu’elle avait la situation bien en main et continuer d’inspirer un sentiment de crainte si jamais l’autre venait à retourner sa veste.

- Des micros, j’pense pas, ça irait à l’encontre du respect de la vie privée… Caméras, en revanche…

Elle désigna sa cagoule et sourit sous son masque, avant de poser un doigt sur le nez – qu’elle devinait arrondi – de la brunette.

Puis, Raven croisa les bras sur sa poitrine et dévisagea la nouvelle arrivante avec un air sérieux. Elle avait dit qu’elle était venue pour lui éviter d’avoir des ennuis, et cet aveu la perturbait. Néanmoins, elle s’en détourna et planta son canif dans un nouvel androïde. Celui-là, et puis un autre, en silence. Après tout, elle n’était pas venue ici et n’avait pas pris tous ces risques pour discuter tranquillement.
Tout un gardant un œil sur Nel, elle finit par lui demander :

- T’as dit que t’étais venue ici pour que je m’attire pas d’ennuis… Depuis combien de temps tu m’suis, au juste ?

La libraire était suffisamment parano pour imaginer la jeune femme dans l’immeuble d’en face, des jumelles braquées sur elle, épiant ses moindres faits et gestes. L’idée la fit frissonner, mais elle tâcha de n’en rien laisser paraître et ajouta, sur un ton plus léger :

- Parce que, tu pouvais juste frapper à ma porte, j’t’aurais laissée entrer.

Dans un fracas, sa dernière victime retomba sur le sol, démembrée. Ses yeux verts fixés sur Nel, elle n’avait pas pensé à retenir la machine.
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Nelïya Fox
Dim 3 Mar - 11:27
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Se libérant de l'emprise de Raven, Nelïya s'écarta vivement en coulant un regard de reproche à la libraire. Si la détective, elle, était mal à l'aise ici, ce n'était pas du tout le cas de Raven qui poursuivait tranquillement son affaire, absolument pas inquiétée.

Inspirant profondément pour calmer son angoisse, Nel lui répondit :

-Je t'ai juste vu entrer. ça fait un moment que je planque dans le coin... Je bosse sur un dossier sérieux, à propos de cette entreprise là et toi... Bha,toi tu es bien partie pour tout foutre en l'air...

Songea-t-elle brusquement et sombrement.
S'il n'y avait eu que la dégradation du matériel ! Mais Raven s'en été prise physiquement à l'un des employés... Elle s'apprêtait à lui faire la leçon quand la dernière victime de Raven tomba au sol. Le fracas sourd s’amplifia dans l’entrepôt. Sous sa cagoule, Nel perdit toute couleur. Attrapant Raven par le poignet elle glapit :

-On reste pas là ! Tu vas réveiller tout le quartier avec tes conneries ! Tu as assez fait de dégât ! Gronda-t-elle d'une voix que la peur rendait autoritaire.


 


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Raven Aston
Dim 10 Mar - 15:48
- Mes conneries, mes conneries ! Tu viens quand même d’avouer que tu mijotais un truc, toi aussi !

Sérieux ?

- Et d’ailleurs, pourquoi tu m’as pas contactée, hein ?

Raven bouillonnait de l’intérieur. Si Nel préparait un truc, pourquoi ne l’avait-elle pas rappelée ? Sa fierté en avait pris un coup. Elle pensait qu’elles avaient été sur la même longueur d’ondes, mais elle s’était trompée. Néanmoins, elle savait que le boucan qu’elle venait de créer ne risquait pas de passer inaperçu et que Nel n’avait pas tort. Elle se laissa donc entraîner par la brunette hors du garage avant de se défaire de sa poigne, une fois revenue dans les bureaux.

- Alors, c’est quoi ton dossier ? Tu devrais jeter un œil dans ces tiroirs.

Joignant le geste à la parole, elle ouvrit une petite armoire et arqua un sourcil devant le monticule de feuilles et dossiers qui prenaient la poussière. Barbant, pensa-t-elle en refermant la porte.

- Franchement ça me les brise, je devrais faire flamber tous ces trucs.

Elle se mit à jouer nerveusement avec son briquet, le faisant glisser habilement autour de ses doigts. Quand elle ne trouvait pas d’inspiration, elle s’amusait à effectuer de nouvelles figures (si du moins, on pouvait les qualifier ainsi) et se calmait afin de repartir sur de bonnes bases. Certes, les documents avaient de la valeur et elle pourrait s’en servir contre les fabricants. Mais il faudrait qu’elle avoue comment elle se les était procurés, ce qu’elle jugeait plutôt moyen. Ou alors, elle pourrait diffuser ces précieuses données sur le net, mais avec les moyens techniques actuels, elle ne doutait pas qu’on la retrouverait.

- Ça les ferait chier aussi, tu crois pas ? ajouta-t-elle en reportant son attention sur Nel.

C’est à ce moment là qu’elle comprit que quelque chose clochait. Que quelque chose n’était plus à sa place, ou plutôt quelqu’un. Le type qu’elle avait assommé en arrivant n’était plus affalé sur son bureau. Elle s’en approcha et fronça les sourcils en remarquant des traces de sang, de véritables empreintes qui menaient à la sortie de la pièce. Elle avait dû lui ouvrir l’arcade sourcilière : ça  pissait le sang, cette saloperie. Ce fut sa première réflexion. La seconde la fit moins sourire.

- Putain, Nel, on se casse.  Le type est plus là, il risque de donner l’al…

La libraire n’avait pas fini sa phrase qu’une alarme stridente se mit en marche. Voilà, c’est ce qu’elle disait.
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Nelïya Fox
Dim 17 Mar - 21:50
En territoire ennemi

Prise sur le fait, Nelïya se mura dans un silence boudeur. Elle n'avait parlé de cette "affaire" à personne. Pas à Léandre, qu'elle considérait comme son meilleur ami. Pas à Zito, son jumeau, pas plus qu'à Wolfy, son coéquipier et voilà qu'elle avait lâché le morceau rapidement devant une inconnue, c'est ce qu'on pouvait appeler une belle boulette.

Son esprit réfléchissait à la fois trop vite et pas assez.

Fouiller dans les tiroirs... L'idée était sacrément séduisante et sous sa cagoule elle ne mordit les lèvres, insidieusement tenté. N'est-ce pas ce qu'elle cherchait à se procurer depuis un certain temps ? Maintenant qu'elle y était, autant rentabiliser le risque...

Alors qu'elle réfléchissait à ça, elle remarquait à peine Raven jouer avec son briquet.

Mais peut-être qu'elle avait raison : faire brûler tout ça, c'était pas une solution bien plus simple..? Pas le temps de laisser l'idée fleurir, car le destin en a décidé autrement. C'est le coeur plongeant dans sa poitrine quelle se laisse épingler par l'alarme qui beugle.

*ça y est on est fait comme des rats*  

Pourtant, comme Raven, elle s'active. Les deux jeunes femmes prennent la fuite. Face à elle, une porte se verrouille dans un claquement métallique.

-Merde ! Je crois qu'ils verrouillent le bâtiment pour nous enfermer à l’intérieur !
Réalise Nelïya dont la voix part dans les aigües.

Il nous faut une sortie de secours avant que les flics débarquent !!!
Putain ce qu'elle donnerait pour que Wolfy soit là... Avec son calme olympien, il aurait réussi à analyser froidement la situation pour trouver une solution. Elle, quant à elle, elle a l'impression que son esprit est aux prises avec essoreuse.

Dis moi que tu as étudié les plans avant de venir... Que tu sais par où faut sortir ?
Demande-t-elle à Raven presque suppliante.


Y'a pas... Je sais pas, un conduit à ordures ou une connerie du genre ? Ou alors on passe par le toit ? Tente-t-elle alors qu'elle a presque l'impression d'entendre les sirènes de police... D'ailleurs... Sirène...

Une trappe d’évacuation de la fumée ! Il y en a obligatoirement une ! En cas d'incendie ! Faut trouver ça ! C'est bien les seules idées qui lui viennent.

 


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Raven Aston
Dim 24 Mar - 15:45
Il faut faire vite. Raven se répète qu’elle doit absolument garder son calme. De la même manière que Nel, elle cherche une autre solution pour fuir le bâtiment : c’était évident qu’ils allaient fermer les portes. Une fois encore, elle se dit qu’engager un hacker serait une bonne idée.

Elles courent et quittent le bureau, mais la libraire sait qu’il n’y a pas d’autres issues de ce côté, ou du moins, pas de porte qui ne soit pas déjà fermée.

- Bien sûr que j’ai étudié les plans, lâche-t-elle sur un ton sec.

Elles reviennent dans le garage où les victimes de la libraire demeurent amoncelées sur le sol, empilées les unes sur les autres, parfois estropiées.

- Sur le toit ! Bien sûr, et après, on saute ? ironise-t-elle en fixant les pans de mur de brique.

Si elle se souvient bien, il doit y avoir une conduite d’évacuation dans le coin, encore faut-il repérer la trappe.

- Je suis déjà dessus, je sais qu’il y en a une ici.

Elle attrape sa lampe torche et la braque sur tous les recoins. Plus besoin d’être discret, la rapidité prime. Raven indique à sa complice d’un soir de s’occuper de l’autre moitié de la pièce et elle commence ses recherches. L’alarme, aigüe, tourne en boucle telle une plainte lancinante, mais la jeune femme l’ignore. Son cœur bat trop vite, ses membres tremblent. Elle a l’idée de répéter des exercices respiratoires que son ancienne psy lui avait proposés lorsqu’elle repère enfin la trappe.

- Là ! pointe-t-elle du doigt.

Elle est trop haute, mais il y a de quoi escalader. Aidée de Nel, elle empile les androïdes et bientôt, elle ordonne à la brunette de se hisser. Le temps que cette dernière parvienne à déverrouiller la grille, elle lui prête ses épaules car l’amas de robots demeure peu stable. À peine perceptibles à cause du signal, des bruits de pas pressés parviennent aux oreilles de la libraire.

- Bouge tes jolies fesses, Nel ! Ils arrivent !

Enfin, elle l’entend crier de joie et la sent se hisser dans le conduit d’aération. À son tour, Raven prend appui sur un crâne métallique et saute vers l’entrée. Une main appuyée sur le rebord, l’autre serrée dans la main de sa coéquipière, elle donne un coup de pied pour éparpiller les restes de robots afin d’effacer le monticule et grimpe dans le conduit. Au moment où elle repose la grille, cinq hommes armés – certainement la police – pénètrent dans la pièce. La libraire a envie de rire, soulagée et amusée par la situation, mais elle enjoint Nel à sortir du conduit le plus silencieusement possible. Elle la laisse passer devant et, à quatre pattes, elles arpentent l’exigu tuyau. Il mène dehors, c’est une certitude, mais où ? Elle n’en est plus certaine. Et qui sait ce qui les attend dans la cour de l’entreprise ?
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