En territoire ennemi [Ft. Nelïya]
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Raven Aston
Ven 15 Fév - 20:29
Son cœur tambourinait dans sa poitrine. Avait-elle peur ? Peut-être le reste d’enfant sage qui sommeillait en elle lui murmurait – tout au plus – de faire demi-tour, mais Raven ne lui prêtait pas attention. Elle ne pourrait plus faire marche arrière, désormais.

Après le désastreux speed dating auquel elle avait assisté, elle avait décidé de se renseigner sur les fabricants d’androïdes du coin. L’angelot et la sirène avaient piqué sa curiosité, elle aurait voulu rendre visite à leur très cher « papa » et avait entrepris des recherches. Malheureusement, elle n’était pas parvenue à trouver un nom, une marque qui produisait ce genre de spécimens. Des modèles uniques, sans doute. Pour autant, la libraire n’avait pas arrêté de surfer sur les sites des fabricants. Elle ne pouvait peut-être pas rencontrer le père des deux robots, mais peut-être pouvait-elle en visiter d’autres.

Elle avait jeté son dévolu sur une petite entreprise du nom d’Androtech dont les entrepôts et les bureaux se situaient à Montréal. Il ne valait mieux pas s’attaquer dès le départ à de grands noms, mais d’abord faire ses preuves auprès de petits créateurs. Surtout, elle savait qu’elle n’était pas capable de passer des systèmes de sécurité hyper sophistiqués. Avec le temps, il lui faudrait recruter un expert en informatique, elle avait de quoi payer et peu d’hommes refuseraient la somme qu’elle était prête à offrir. Toutefois, pour l’heure, elle préférait agir en solitaire, afin de se targuer d’une « expérience » dans le milieu : elle serait prise au sérieux par la suite.

Elle avait observé la propriété tous les soirs depuis qu’elle avait choisi sa proie. La nuit, elle s’était faufilée près des barrières, avait noté quand les derniers employés quittaient les bureaux. Elle avait dessiné un plan au fur et à mesure et avait une assez bonne idée de la disposition des lieux.

Raven écrasa sa cigarette sur un cendrier mural, fourra les mains dans sa veste en cuir et fonça vers l’immeuble. Proche de l’entrée, elle ralentit son pas et se plaqua contre le muret qui délimitait la propriété. Il faisait noir depuis peu, et quelques personnes traînaient en rue, soit pour aller au restaurant, soit pour rentrer chez eux, devinait-elle. Elle pénétra dans la cour en grandes enjambées, enfila sa cagoule noire et regarda sa montre. 20h. Bientôt, le dernier employé pointerait, quitterait l’entreprise et mettrait le système d’alarme en route. Elle n’attendit pas et contourna le bâtiment principal, contre le mur, en jetant de brefs regards derrière elle.

La libraire avisa une porte dérobée, à l’arrière de la propriété. C’est maintenant que les Romains s’empoignèrent. Elle l’avait repérée lors de ses moments d’observation et de surveillance et elle avait tenté de contourner par tous les côtés les lieux, mais jamais elle n’avait pu se rendre compte à quoi menait cette porte. Elle espérait qu’il s’agissait de l’entrepôt, car l’immeuble était plus large à cet endroit.

D’un geste brusque, elle ouvrit la porte puis la referma avec délicatesse. Un long couloir mal éclairé s’ouvrit devant elle. La jeune femme s’accroupit et progressa aussi vite et silencieusement qu’elle le pouvait.

Elle se releva, collée à la dernière porte et après avoir inspiré longuement, l’ouvrit. Elle fut d’abord déçue de découvrir un bureau comme les autres : plutôt long, une dizaine de secrétaires munis de chaises roulantes et d’ordinateurs dernier cri le composaient. Mais derrière, de larges vitres remplissaient le mur et laissaient découvrir des robots en tout genre. Un sourire s’épanouit sur ses lèvres et elle se précipita pour rejoindre le garage. Dans sa hâte, elle ne vit pas le dernier employé qui rangeait des papiers dans un tiroir. Leurs regards se croisèrent, il y eut un moment de flottement, puis Raven reprit ses esprits et assomma la tête du pauvre homme d’un coup sec sur la table de travail. Elle espérait qu’il n’y en aurait plus d’autres dans les parages.

Pressée, elle sortit son canif et rentra dans l’entrepôt. Affichant un rictus mauvais, elle entailla sa première machine au niveau de la jugulaire, comme si elle l’égorgeait. Ah ! Vous voulez ressembler à des humains, assumez donc, maudits tas de ferrailles ! Soudain, elle entendit un bruit et s’arrêta dans sa sordide besogne. Elle tendit l’oreille et s’accroupit lorsque quelqu’un entrait dans le bureau. Merde.
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Nelïya Fox
Ven 15 Fév - 21:35
En territoire ennemi

Nel savait bien qu'elle était en train de dépasser une limite... Elle le savait car lorsqu'elle feuillait le dossier qu'elle avait entre les mains elle se disait "si Léandre apprend que je fais ça, il me dirait que c'est mal"... Si elle n'assumait pas face à Léandre, c'est qu'elle avait totalement conscience qu'elle jouait gros. Impossible pour elle de lâcher l'affaire cependant... Elle n'arrivait pas à oublier, à passer à autre chose... A pardonner.

Elle voulait voir Androdef sombrer, comme d'autres compagnies d'Androides d'ailleurs... Mais Androdef en premier. Ces chiens qui lui avaient fait un beau chèque pour qu'elle ne porte pas plainte. Contre les conseils de Léandre, elle avait quand même accepté. Une décision qu'elle regrettait encore aujourd'hui. Elle s'était laissée acheter. Elle avait pris peur des Lobby... Lâcheté qu'elle ne se pardonnait toujours pas.

Alors, elle avait décidé de monter un dossier. Trouver des choses compromettantes, c'était son job après tout... Il lui faudrait après tout balancer à la presse.

Ça c'était le plan, mais la pratique se montrait plus ardue... Les employées d'Androdef connaissaient son visage. Elle était LA victime de leur défaillance et ça même eux ne pouvaient pas l'oublier. Impossible de faire son enquête totalement incognito.

Mais cela ne lui avait pas fait lâcher l'affaire. Ça prendrait du temps, mais elle aurait sa vengeance...

Elle avait donc jeté son dévolu sur une structure plus petite... Histoire de se faire la main, d'attaquer petit pour pouvoir attaquer plus haut. Une marche à la fois. Androtech, voilà sa cible. Depuis, il lui arrivait de planquer prêt de l'industrie et l'idée lui était venu qu'il lui faudrait, pourquoi pas, planquer des micros ou des petites caméras pour obtenir des réponses... Ou coucher avec l'un des employés. Cela pouvait marcher aussi...

Elle réfléchissait encore à ça quand un soir où elle planquait, jumelles en mains; elle aperçut Raven. Son coeur s'arrêta de battre... Il lui semblait bien qu'elle avait déjà aperçu la jeune femme dans le coin, mais elle n'était pas bien sûre que c'était elle... Ce soir elle avait la confirmation qu'elle n'avait pas rêvé.

Quand elle comprit les plans de la jeune femme, Nelïya jura.

-Putain mais elle est tarée.
Ou courageuse.
Ou tarée et courageuse.

Quoi qu'il en soit, l'assurance que Nel avait que la jeune femme allait s'attirer des ennuis la força à quitter le confort de sa planque. Elle aussi avait un attirail d'infiltration, au moins de quoi se dissimuler le visage, ainsi prit-elle la suite de la réfractaire. Apparemment, Raven avait fait le même travail de repérage que ce que Nel avait fait, pour autant, celle-ci trouvait le timing trop juste.  

Une fois à l'intérieur, il fallait s'assurer d'aller dans le même sens qu'elle alors la détective laissa son instinct parler. Quand Nel tomba sur l'employé assommé, elle sût qu'elle était sur la bonne voie et surtout que Raven ne déconnait pas et qu'elle allait définitivement s'attirer des ennuis. Pressant le pas, elle trouva la porte qu'elle suspecter mener à l’entrepôt sans en être sûre.

Surveillant, ses arrières, elle s'y engouffra le coeur battant.

Soucieuse de se présenter en amie, elle murmura :

-Aile noire, c'est moi.  

Elle ne voyait pas encore Raven, mais le "cadavre" de l'androïde lui indiquait que la jeune femme était forcement dans le coin. Refusant de donner son identité, au cas où l’entrepôt disposait de micros, elle avait utilisé le premier nom de code qui lui été venu à l'esprit. Cherchant toujours où pouvait se dissimuler la libraire, elle ajouta.

-J'croyais que c'était à moi de te contacter pour dessouder de l'androïde...  



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Raven Aston
Sam 16 Fév - 16:39
Raven s’était cachée derrière un androïde et, accroupie, avait retenu son souffle lorsque l’intrus avait ouvert la porte du garage. De sa position, elle ne pouvait voir la silhouette féminine qui venait d’entrer, mais elle entendit clairement sa voix. Aile noire ? Qu’est-ce que c’est que cette connerie ? À la déclaration suivante, la libraire fronça les sourcils et referma sa prise sur son canif. La jeune femme n’était pas de ceux qui reconnaissaient des voix à la première note, mais elle était certaine de l’avoir déjà entendue. Pas possible. Que ferait Nel, ici ? La suivait-elle ? Raven avait espéré recevoir des nouvelles de la part de la brunette, mais cette dernière s’était montrée silencieuse depuis leur rencontre. Il fallait qu’elle s’en assure.

En tâchant de faire le moins de bruit possible, Raven progressa vers un autre robot, proche de l’entrée. Elle veillait à se cacher dans leurs ombres, afin de se fondre dans l’obscurité. Sa nouvelle cachette était moins efficace, mais elle pu observer la silhouette en vitesse. L’obscurité des lieux ne lui rendait pas la tâche aisée, elle ne pouvait assurer qu’il s’agissait bien de Nel. Elle sortit un briquet de sa poche et le lança vers le fond du garage. Il rebondit sur une machine avant de claquer sur le sol. Profitant de cette ouverture, elle se glissa derrière l’individu, bloqua son bras et passa son canif sous sa gorge. Dans sa tentative, elle sentit le métal froid du bras de Nel contre sa main. Désormais, elle reconnaissait sa coupe de cheveux courts et son parfum. La libraire sourit.

- Well, je me suis lassée d’attendre de tes nouvelles, Nel… murmura-t-elle à son oreille.

Puis, d’un ton moins suave, elle ajouta :

- Que fais-tu ici ?

Sans enlever l’arme de la gorge de la brunette.
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Nelïya Fox
Lun 18 Fév - 11:31
En territoire ennemi

A son appel, pas de réponses. Alors Nelïya commence à douter... Un doute affreux, qui la fait frémir, hésiter. Elle cherche du regard, sonde les ténèbres de l'endroit où les silhouettes immobiles des androïdes sont sinistrement silencieuse.

Un bruit. Un seul. Quelque chose qui tombe, rebondit. Nel sursaute, pivote.

*Déconne pas Raven, c'est pas drôle*

Mais si ce n'était pas Raven ? Nelïya commence à regretter son choix alors que dans sa poitrine son coeur bat les cent mille tours... Une ombre se glisse derrière elle et sous sa gorge, une lame apparaît.

La détective laisse échapper un cri étouffé de peur que le son familier de la voix de Raven n'apaise pas.

Nel. Son diminutif raisonne et son coeur bondit. La lame est toujours sous sa gorge et son bras toujours immobilisé, mais la détective n'est pas de celle qui laisse la peur la paralyser trop longtemps. Dans un murmure, elle gronde...  

-Ferme là, putain. La pièce est remplit d'Andoïdes et s'pourrait bien qu'il y ait des micros. J'veux pas d'emmerdes moi !

Raven lui ferait-elle du mal ? Dans le coin de sa vision, dans le noir de l’entrepôt, les yeux vides de l’Androïde égorgé la fixent, comme un avertissement : et si tu étais la prochaine Nel ? La détective hésite, un court instant, à envoyer son crâne se fracasser contre le nez de Raven, pour lui apprendre les bonnes manières, mais se retient... La détective ne sait pas vraiment se battre. Elle sait le faire, comme le font les gosses des rues, d'un art archaïque et brutal où on se concentre pour taper fort, à défaut de taper bien.
Raven en sait sûrement plus qu'elle dans ce domaine là, et la jeune femme ne veut pas finir avec un oeil au beurre noire qu'elle ne sera pas expliquer à Léandre.  

-Tu veux bien me lâcher maintenant ? J'suis venue pour t’éviter d'avoir des ennuis !
Résultat, elle va sûrement en avoir, elle aussi. Son plan n'était idéal...



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Raven Aston
Ven 22 Fév - 14:46
Raven fronça les sourcils, hésita encore quelques secondes puis retira sa lame. La libraire se rendit compte que Nel était plutôt effrayée et qu’il y avait peu de chance pour qu’elle joue la comédie. Dans tous les cas, elle devait lui prouver qu’elle avait la situation bien en main et continuer d’inspirer un sentiment de crainte si jamais l’autre venait à retourner sa veste.

- Des micros, j’pense pas, ça irait à l’encontre du respect de la vie privée… Caméras, en revanche…

Elle désigna sa cagoule et sourit sous son masque, avant de poser un doigt sur le nez – qu’elle devinait arrondi – de la brunette.

Puis, Raven croisa les bras sur sa poitrine et dévisagea la nouvelle arrivante avec un air sérieux. Elle avait dit qu’elle était venue pour lui éviter d’avoir des ennuis, et cet aveu la perturbait. Néanmoins, elle s’en détourna et planta son canif dans un nouvel androïde. Celui-là, et puis un autre, en silence. Après tout, elle n’était pas venue ici et n’avait pas pris tous ces risques pour discuter tranquillement.
Tout un gardant un œil sur Nel, elle finit par lui demander :

- T’as dit que t’étais venue ici pour que je m’attire pas d’ennuis… Depuis combien de temps tu m’suis, au juste ?

La libraire était suffisamment parano pour imaginer la jeune femme dans l’immeuble d’en face, des jumelles braquées sur elle, épiant ses moindres faits et gestes. L’idée la fit frissonner, mais elle tâcha de n’en rien laisser paraître et ajouta, sur un ton plus léger :

- Parce que, tu pouvais juste frapper à ma porte, j’t’aurais laissée entrer.

Dans un fracas, sa dernière victime retomba sur le sol, démembrée. Ses yeux verts fixés sur Nel, elle n’avait pas pensé à retenir la machine.
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Nelïya Fox
Dim 3 Mar - 11:27
En territoire ennemi

Se libérant de l'emprise de Raven, Nelïya s'écarta vivement en coulant un regard de reproche à la libraire. Si la détective, elle, était mal à l'aise ici, ce n'était pas du tout le cas de Raven qui poursuivait tranquillement son affaire, absolument pas inquiétée.

Inspirant profondément pour calmer son angoisse, Nel lui répondit :

-Je t'ai juste vu entrer. ça fait un moment que je planque dans le coin... Je bosse sur un dossier sérieux, à propos de cette entreprise là et toi... Bha,toi tu es bien partie pour tout foutre en l'air...

Songea-t-elle brusquement et sombrement.
S'il n'y avait eu que la dégradation du matériel ! Mais Raven s'en été prise physiquement à l'un des employés... Elle s'apprêtait à lui faire la leçon quand la dernière victime de Raven tomba au sol. Le fracas sourd s’amplifia dans l’entrepôt. Sous sa cagoule, Nel perdit toute couleur. Attrapant Raven par le poignet elle glapit :

-On reste pas là ! Tu vas réveiller tout le quartier avec tes conneries ! Tu as assez fait de dégât ! Gronda-t-elle d'une voix que la peur rendait autoritaire.


 


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Raven Aston
Dim 10 Mar - 15:48
- Mes conneries, mes conneries ! Tu viens quand même d’avouer que tu mijotais un truc, toi aussi !

Sérieux ?

- Et d’ailleurs, pourquoi tu m’as pas contactée, hein ?

Raven bouillonnait de l’intérieur. Si Nel préparait un truc, pourquoi ne l’avait-elle pas rappelée ? Sa fierté en avait pris un coup. Elle pensait qu’elles avaient été sur la même longueur d’ondes, mais elle s’était trompée. Néanmoins, elle savait que le boucan qu’elle venait de créer ne risquait pas de passer inaperçu et que Nel n’avait pas tort. Elle se laissa donc entraîner par la brunette hors du garage avant de se défaire de sa poigne, une fois revenue dans les bureaux.

- Alors, c’est quoi ton dossier ? Tu devrais jeter un œil dans ces tiroirs.

Joignant le geste à la parole, elle ouvrit une petite armoire et arqua un sourcil devant le monticule de feuilles et dossiers qui prenaient la poussière. Barbant, pensa-t-elle en refermant la porte.

- Franchement ça me les brise, je devrais faire flamber tous ces trucs.

Elle se mit à jouer nerveusement avec son briquet, le faisant glisser habilement autour de ses doigts. Quand elle ne trouvait pas d’inspiration, elle s’amusait à effectuer de nouvelles figures (si du moins, on pouvait les qualifier ainsi) et se calmait afin de repartir sur de bonnes bases. Certes, les documents avaient de la valeur et elle pourrait s’en servir contre les fabricants. Mais il faudrait qu’elle avoue comment elle se les était procurés, ce qu’elle jugeait plutôt moyen. Ou alors, elle pourrait diffuser ces précieuses données sur le net, mais avec les moyens techniques actuels, elle ne doutait pas qu’on la retrouverait.

- Ça les ferait chier aussi, tu crois pas ? ajouta-t-elle en reportant son attention sur Nel.

C’est à ce moment là qu’elle comprit que quelque chose clochait. Que quelque chose n’était plus à sa place, ou plutôt quelqu’un. Le type qu’elle avait assommé en arrivant n’était plus affalé sur son bureau. Elle s’en approcha et fronça les sourcils en remarquant des traces de sang, de véritables empreintes qui menaient à la sortie de la pièce. Elle avait dû lui ouvrir l’arcade sourcilière : ça  pissait le sang, cette saloperie. Ce fut sa première réflexion. La seconde la fit moins sourire.

- Putain, Nel, on se casse.  Le type est plus là, il risque de donner l’al…

La libraire n’avait pas fini sa phrase qu’une alarme stridente se mit en marche. Voilà, c’est ce qu’elle disait.
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Nelïya Fox
Dim 17 Mar - 21:50
En territoire ennemi

Prise sur le fait, Nelïya se mura dans un silence boudeur. Elle n'avait parlé de cette "affaire" à personne. Pas à Léandre, qu'elle considérait comme son meilleur ami. Pas à Zito, son jumeau, pas plus qu'à Wolfy, son coéquipier et voilà qu'elle avait lâché le morceau rapidement devant une inconnue, c'est ce qu'on pouvait appeler une belle boulette.

Son esprit réfléchissait à la fois trop vite et pas assez.

Fouiller dans les tiroirs... L'idée était sacrément séduisante et sous sa cagoule elle ne mordit les lèvres, insidieusement tenté. N'est-ce pas ce qu'elle cherchait à se procurer depuis un certain temps ? Maintenant qu'elle y était, autant rentabiliser le risque...

Alors qu'elle réfléchissait à ça, elle remarquait à peine Raven jouer avec son briquet.

Mais peut-être qu'elle avait raison : faire brûler tout ça, c'était pas une solution bien plus simple..? Pas le temps de laisser l'idée fleurir, car le destin en a décidé autrement. C'est le coeur plongeant dans sa poitrine quelle se laisse épingler par l'alarme qui beugle.

*ça y est on est fait comme des rats*  

Pourtant, comme Raven, elle s'active. Les deux jeunes femmes prennent la fuite. Face à elle, une porte se verrouille dans un claquement métallique.

-Merde ! Je crois qu'ils verrouillent le bâtiment pour nous enfermer à l’intérieur !
Réalise Nelïya dont la voix part dans les aigües.

Il nous faut une sortie de secours avant que les flics débarquent !!!
Putain ce qu'elle donnerait pour que Wolfy soit là... Avec son calme olympien, il aurait réussi à analyser froidement la situation pour trouver une solution. Elle, quant à elle, elle a l'impression que son esprit est aux prises avec essoreuse.

Dis moi que tu as étudié les plans avant de venir... Que tu sais par où faut sortir ?
Demande-t-elle à Raven presque suppliante.


Y'a pas... Je sais pas, un conduit à ordures ou une connerie du genre ? Ou alors on passe par le toit ? Tente-t-elle alors qu'elle a presque l'impression d'entendre les sirènes de police... D'ailleurs... Sirène...

Une trappe d’évacuation de la fumée ! Il y en a obligatoirement une ! En cas d'incendie ! Faut trouver ça ! C'est bien les seules idées qui lui viennent.

 


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Raven Aston
Dim 24 Mar - 15:45
Il faut faire vite. Raven se répète qu’elle doit absolument garder son calme. De la même manière que Nel, elle cherche une autre solution pour fuir le bâtiment : c’était évident qu’ils allaient fermer les portes. Une fois encore, elle se dit qu’engager un hacker serait une bonne idée.

Elles courent et quittent le bureau, mais la libraire sait qu’il n’y a pas d’autres issues de ce côté, ou du moins, pas de porte qui ne soit pas déjà fermée.

- Bien sûr que j’ai étudié les plans, lâche-t-elle sur un ton sec.

Elles reviennent dans le garage où les victimes de la libraire demeurent amoncelées sur le sol, empilées les unes sur les autres, parfois estropiées.

- Sur le toit ! Bien sûr, et après, on saute ? ironise-t-elle en fixant les pans de mur de brique.

Si elle se souvient bien, il doit y avoir une conduite d’évacuation dans le coin, encore faut-il repérer la trappe.

- Je suis déjà dessus, je sais qu’il y en a une ici.

Elle attrape sa lampe torche et la braque sur tous les recoins. Plus besoin d’être discret, la rapidité prime. Raven indique à sa complice d’un soir de s’occuper de l’autre moitié de la pièce et elle commence ses recherches. L’alarme, aigüe, tourne en boucle telle une plainte lancinante, mais la jeune femme l’ignore. Son cœur bat trop vite, ses membres tremblent. Elle a l’idée de répéter des exercices respiratoires que son ancienne psy lui avait proposés lorsqu’elle repère enfin la trappe.

- Là ! pointe-t-elle du doigt.

Elle est trop haute, mais il y a de quoi escalader. Aidée de Nel, elle empile les androïdes et bientôt, elle ordonne à la brunette de se hisser. Le temps que cette dernière parvienne à déverrouiller la grille, elle lui prête ses épaules car l’amas de robots demeure peu stable. À peine perceptibles à cause du signal, des bruits de pas pressés parviennent aux oreilles de la libraire.

- Bouge tes jolies fesses, Nel ! Ils arrivent !

Enfin, elle l’entend crier de joie et la sent se hisser dans le conduit d’aération. À son tour, Raven prend appui sur un crâne métallique et saute vers l’entrée. Une main appuyée sur le rebord, l’autre serrée dans la main de sa coéquipière, elle donne un coup de pied pour éparpiller les restes de robots afin d’effacer le monticule et grimpe dans le conduit. Au moment où elle repose la grille, cinq hommes armés – certainement la police – pénètrent dans la pièce. La libraire a envie de rire, soulagée et amusée par la situation, mais elle enjoint Nel à sortir du conduit le plus silencieusement possible. Elle la laisse passer devant et, à quatre pattes, elles arpentent l’exigu tuyau. Il mène dehors, c’est une certitude, mais où ? Elle n’en est plus certaine. Et qui sait ce qui les attend dans la cour de l’entreprise ?
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Nelïya Fox
Ven 19 Avr - 16:02
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Le boyau étroit puait la poussière.

*N’éternue pas Nel, n’éternue pas...*

Songeait la détective, ce qui avait au moins l'avantage de ne pas la faire penser à la cavalcade qu'elle venait de faire aux côtés de Raven. Son coeur en battait encore la chamade, lui rappelant des vieux souvenirs d'adolescence où cette sensation d'adrénaline l'avait poussé à faire pas mal de connerie...

Le bon vieux temps ouais ! Mais aujourd'hui, elle réalisait qu'elle avait bien grandit, peut être un peu trop car cette sensation de danger ne l'amusait plus du tout.

Elle progresse dans le conduit, tendant l'oreille mais on ne perçoit pas grand chose ici. Ils ne sont pas encore sortie d'affaire... Elle ne veux même pas penser à toute les micro traces d'ADN qu'elle a dû laisser là bas.
La police va la retrouver et Léandre va lui faire une sacrée morale...

Enfin, la sortie est devant elle. Elle pousse la grille avec précaution. Elle ignore encore ce qui l'attend de l'autre côté... Une ruelle s'ouvre devant elle. Elle se glisse dehors. Personne en vue.

-La voie est libre ! Murmure-t-elle à l'adresse de Raven. Mais l'aboiement d'un chien la fait sursauter.

-Vite ! Magne toi, ils ont ramené les chiens ! Lance-t-elle sans être vraiment sûre que le chien en question est un chien flic.




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Raven Aston
Lun 29 Avr - 21:44
Raven a la sensation que le conduit d’aération ne se termine pas. Elle ne perçoit aucune voix, aucun bruit qui pourrait lui indiquer que les gars sont à leur poursuite. Elle est certaine qu’aucun d’entre eux ne s’est aventuré à leur suite, mais elle ne peut s’empêcher de les imaginer à la sortie, prêts à les cueillir. Enfin, Nel s’arrête et la libraire attend qu’elle enlève la grille. De sa place, elle ne voit personne, mais elle sait que ça ne veut rien dire. Sans s’en rendre compte, elle retient sa respiration.

Elles ne sont pas dans la cour comme elle l’avait imaginé, mais dans une ruelle adjacente. Une chance qu’elles aient choisi le bon chemin dans le conduit et atterri dans une zone plus calme ! De concert avec Nel, elle sursaute lorsqu’elle entend un chien aboyer et court aussi vite qu’elle le peut. De peur de perdre le rythme, elle n’ose pas jeter un œil derrière son épaule. Ses pires craintes sont confirmées lorsqu’une voix rauque hurle à l’autre bout de la ruelle.

- Arrêtez-vous ! Police !
- Dans tes rêves, pauvre con, murmure-t-elle pour elle-même.

Une fois à l’intersection d’une autre rue, Raven se rend compte qu’elles débouchent sur une avenue plus fréquentée. Elle enlève sa cagoule et rabat aussi vite la capuche de son sweat sur sa tête. C’est déjà un peu moins suspect.

- Faut qu’on les sème !

Raven ne connait pas très bien les lieux. La faute à sa phobie de sortir de chez elle. Bientôt, les flics sortiront de la rue à leur tour et ils les repéreront. Elles doivent en profiter.

- Fais-moi confiance !

Elle attrape la manche de sa comparse et l’entraîne in extremis dans le premier bâtiment sur leur droite : un bar irlandais. La libraire ferme doucement la porte derrière elle, afin de taire tout soupçon, mène Nel jusqu’au bar, commande deux Guinness puis propose une table éloignée des fenêtres. Près d’elles, une porte mène aux toilettes de l’établissement. L’idéal si les flics se pointent dans le café.

- Profitons de cette belle soirée, lui propose-t-elle, un sourire taquin sur les lèvres.

Mais au fond d’elle, elle n’est pas du tout à l’aise. Sur ses gardes, elle ne quitte pas la porte d’entrée des yeux.
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Nelïya Fox
Mar 30 Avr - 21:33
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Imitant Raven, Nelïya a retiré sa cagoule. En sueur, elle se sens poisseuse et poussiéreuse. Fébrile, alors qu'elles entrent dans le bar. L'ambiance chaleureuse est agréable, elle rappel un jour ordinaire, sans course poursuite, chien et police.

Nel aurait pu rentrer dans un bar comme ça, pour juste passer le temps... Mais elle est là pour fuir ses erreurs.

Léandre va la tuer.

Elle remercie le serveur qui lui donne sa bière. Raven louche vers la porte. Nelïya lui refile un coup de pied.  

-Arrête de regarder la porte comme si tu y attendez le diable. Murmure-t-elle.

-C'est suspect. Boire ta bière si tu sais pas quoi faire... Mais regarder par la porte, Nel doit aussi s'empêcher de toutes ses forces de le faire.  

-C'est peut-être mieux si après ça... on se sépare. Murmure-t-elle.

-Ils recherchent deux personnes... Ajoute-t-elle en avalant un gorgée, vérifiant que personne ne regardent dans leur direction...

-C'était irréfléchie ! SI ils nous choppent, c'est la prison... Enfin, elle croit. Elle est pas très bonne en droit. C'est le job de Léandre ça...


-Dis... Pourquoi tu piffres pas les machines, au point de prendre ce genre de risque ? Questionne-t-elle.


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Raven Aston
Mar 14 Mai - 18:59
Raven grimace face à la remarque de Nel et détourne son regard de la porte. Elle sait qu’elle a raison, mais la libraire ne peut pas s’empêcher de vérifier toutes les secondes l’entrée du bar. Elle porte son attention sur sa bière, hausse les épaules et décide de suivre son conseil. Attrapant fermement la hanse de la chope, elle boit une lampée du breuvage et la repose, à moitié vidée. Si aucun flic ne débarque, elle en prendrait bien une deuxième.

- Ouais t’as raison, vaut mieux se séparer…

Raven n’en a pas envie. Elle ne veut pas retrouver son appartement vide, vivre dans la peur que la police frappe à sa porte. Elle pense demander à Nel où elle habite, mais se ravise. Elle doute qu’elle apprécie la question. La libraire termine sa boisson, expire d’aise et d’un signe, demande au serveur une seconde bière. Elle sait que ce n’est pas judicieux. Mais elle en a terriblement besoin. L’idée d’aller en prison ne l’effraie pas plus que ça. L’argent achète tout, dans ce bas monde, elle est persuadée de s’en sortir facilement. Mais Nel ? Elle ne connaît pas ses moyens.

Au ralenti, elle porte ses yeux sur la brunette et secoue la tête.

- Je ne crois pas que ça te regarde.

Son ton est sec. Elle se sent obligée de relater le passé et il n’en est pas question. Les flammes lèchent encore la façade de la maison, les gyrophares bleus et rouges se reflètent sur la bâtisse, les pompiers hurlent toujours leurs recommandations.

- Je les aime pas, c’est tout. Y’en a trop, ils prennent trop de place.

Son regard se perd sur le bras mécanique de Nel.

- C’est à cause d’eux que tu l’as perdu, pas vrai ? Moi aussi, ils m’ont pris quelque chose… Ils m’ont tout pris.

Mes parents, ma vie. Saloperie de Tim.

Le serveur lui amène sa seconde bière et Raven se détend un peu.

- S’ils débarquent, tu cours. Moi j’m’en fiche d’aller en prison, mais je crois pas que c’est ton cas. Et je veux pas t’entraîner dans ma chute.

Puis, après une gorgée, elle ajoute, le sourire en coin :

- Du moins, pas dans ce genre de chute…
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Nelïya Fox
Mar 21 Mai - 19:06
En territoire ennemi

Les yeux de la détective se détournent quand Raven lui fait remarqué son indiscrétion. Mais cette méfiance, elle l'a comprend.

Quand la jeune femme lui fait remarquer pour son bras, Nelïya pose sa main valide sur la prothèse et dans ses prunelles danse une lueur mélancolique.

-Oui... C'est à cause d'eux. A une exposition... Il y a eu un accident, un androïde a disjoncté... La salle était en panique, il y a eu des mouvement de foule... Peut-être qu'il a mit le feu lui-même... Je sais pas trop. Me rappel que de bride. Je sais juste que y'a eu une explosion, et que j'ai voulu protéger l'ami d'un ami... Mon bras a pris le choc... Ils ont du amputer. On m'a mit ça à la place... Y'avait un autre androïde avec nous. Un Andro-enfant... Il a explosé pendant l'accident... La dernière fois que je l'ai revu, ces propriétaires l'avaient totalement fait reconstruire, avec un taille en plus... Kimi qu'il s'appelait...

Raconte-t-elle, la gorge un peu nouée.


-Avant ça, les androïdes ne me dérangeaient pas plus que ça. Je préférais avoir à faire à des humains, c'est sûr... Mais je me disais que c'était ça l'avenir, les androides qu'on pouvait rien faire contre... Alors autant s'en accommoder. Maintenant... Maintenant je sais plus vraiment ce que je dois penser...
Confessa-t-elle.


-Y'a les constructeurs qui veulent toujours aller plus loin, et les consommateurs qui les accueillent à bras ouverts. Qui contrôle cette machine ? Qui lui met des freins ?
Questionna-t-elle, presque pour elle-même en avalant une gorgée en soupirant... Ces réflexions tournent dans sa tête comme un poisson dans un bocal.

-Dis pas de conneries... S'ils arrivent, ils auront vu nos deux silhouettes. Et dans le pire des cas ils auront retrouvé notre ADN à nous deux sur les lieux. Ils se contenteront pas de toi... Ils nous prendront à deux. Lâche-t-elle, défaitiste. Avec un bon avocat, elle aurait peut-être réussi à s'en sortir avec un moindre peine. Mais pour un bon avocat, il faut de la thune. Et on ne pouvait pas dire que Nelïya était d'une grande richesse. Ça sentait mauvais, mieux valait pas y penser.


-Mais peut-être qu'ils ne vont pas nous retrouver après tout, si ça peut te déculpabiliser Glisse-t-elle, car après tout, on peut bien rêver


-Et de quel genre de chute tu parles d'ailleurs? Questionne-t-elle, à des années lumières d'imaginer les sous-entendus de Raven.


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Raven Aston
Sam 1 Juin - 11:51
En silence, Raven l’écouta raconter son accident. La libraire se souvenait très bien de cette exposition. Elle n’y était pas, bien sûre, mais les médias n’avaient cessé de relayer l’information jour et nuit. C’était le jour où elle avait décidé qu’il était temps d’agir. Elle n’était plus la seule à subir la violence de ces machines, Montréal avait eu la preuve que les robots étaient dangereux et elle comptait bien mettre cet événement à profit. Comme aujourd’hui.

- Moi, je compte bien leur mettre des freins.

Elle but une gorgée de sa seconde bière, osa un regard vers la porte d’entrée puis reporta son attention sur Nel.

- Les humains vont trop loin. Ils sont partis dans une quête d’immortalité… et ils ne comprennent pas qu’ils n’ont plus rien d’humain. Mais nous, on peut leur ouvrir les yeux ! s’emporta-t-elle, poing fermé sur la table.

Elle haussa les épaules et fixa son acolyte de ses yeux verts, pétillants.

- Et donc, en détruire quelques-uns est un début, et c’est à ma portée…

La jeune femme ne lui conta pas tous ses plans futurs. Elle n’était pas encore certaine de pouvoir lui faire complètement confiance. Après tout, Nel n’appréciait plus les androïdes depuis peu et elle pouvait encore changer d’avis. Raven comptait bien la ramener à sa cause, mais elle préférait prendre son temps. Leur relation n’en serait que plus solide.

Devant la naïveté de la brunette, Raven ne put s’empêcher de rire. Cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait plus fréquenté ce genre de personnes… pures, sans arrière pensée. Elle se sentit plus touchée qu’elle ne l’aurait cru, ses joues se teintèrent de rouge. Elle secoua la tête comme pour les décolorer.

- Ouais, le genre de chutes qu’on ne fait qu’à deux… Mais quel dommage ! On va devoir se séparer… D’ailleurs, on attend jusque quand ? Je ne sais pas si l’on sort par derrière, ou si on s’en va par la porte principale.
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Nelïya Fox
Ven 12 Juil - 11:09
En territoire ennemi

Se livrer avait libéré un poids dans la poitrine de Nelïya... Elle avait posé des mots sur ce qui la rongeait, partager avec quelqu'un qui pouvait la comprendre, et mieux même : la soutenir.
Ne pas se sentir monstrueux de haïr... Voilà une sensation qu'elle savoure alors que Raven expose ses projets destructeurs... La détective devrait la raisonner, mais elle ne le fera pas. Elle n'en a pas envie et dans ses veines coule le même désir de guerre envers les industries robotiques que celui qui anime Raven.

Alors, elle l'écoute. Pire, envisage que cette approche, si extrémiste soit-elle, puise être la seule solution possible... Que Léandre lui pardonne, car une partie d'elle veut tout simplement foutre le feu.

Non, il faut te reprendre, se sermonne-t-elle. Détruire n'a jamais été la solution... C'est ce qu'elle se dit, encore et encore : pour se persuader plus que parce qu'elle y croit.

La tension retombe, pour qu'une autre prenne sa place. Elle remarque que les joues de Raven se colorent. C'est vrai qu'il fait un peu chaud ici, se dit-elle, aussi naïve qu'un androïde fraichement programmé, avant de comprendre ce que la brunette veut vraiment dire ! Alors là... Là c'est à Nelïya de rougir jusqu'aux cheveux. Gênée de ne pas avoir compris tout de suite, surprise par cette proposition, incertaine de ce qu'elle doit répondre. Elle ouvre la bouche, la referme. Les mots ne lui viennent pas, seuls des bégaiements qu'elle perçoit avec la honte de ne pas trouver la subtile réponse qui s'impose.

Heureusement, Raven change de sujet. Nelïya peut respirer de nouveau, concentrer son esprit sur une question dont la réponse à sa portée.

-Non... On va sortir l'une après l'autre... Partir dans des directions opposées. Répond-t-elle sans préciser que ce plan, elle l'a pondu du dernier film d'action qu'elle a visionné la veille.

Leur séparation est imminente. La détective le sait. Elle devrait dire quelque chose comme " à la prochaine". Ou "Adieu". Mais ce n'est pas ces paroles là qui lui viennent.

-Raven. Promet moi une chose. S'entend-t-elle énoncer, si solennelle.


-S'ils te choppent la première... Dénonce-moi. Non, attend, écoute ce que j'ai à dire... C'est à cause de mon bras. Je suis déjà une victime de ces industriels de merde. Je les dérange... Je le sais : crois moi vu la somme que m'avait promis l'industrie qui m'a fait ça, ils aiment pas les bavures... Alors on pourra l'utiliser à notre avantage, pour gagner l'opinion publique. Tu comprends ? "la pauvre fille qui a perdu son bras mène le combat parce que les autorités l'ont abandonné." On est pas les seuls a avoir perdu quelque chose... Et si on me choppe, je connais des gens pour porter mon histoire dans les journaux, et les ceux qui son comme nous pourront s'identifier... Si on doit finir en taule, faut que ça serve notre cause. Ajoute-t-elle, convaincue. Et pour appuyer ses mots, elle pose sa main sur celle de Raven et serre avec insistance.

-Alors, promet-moi. Implore-t-elle.





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Raven Aston
Jeu 18 Juil - 15:41
Raven a envie de rire lorsqu’elles voient les joues de Nel se colorer, incapable d’aligner trois mots sans bégayer. Mais l’ambiance sérieuse pèse sur ses épaules et elle écoute avec attention les propos de sa comparse. Très bien, elles sortiront l’une après l’autre. C’est aussi la stratégie qu’elle comptait adopter. Du moins, c’est celle qui lui semble la plus sûre.

Devant le ton solennel de la détective, elle hausse un sourcil. Sa nouvelle amie est stressée, effrayée par ce qui pourrait les attendre dehors. C’est étrange, mais Raven sent que Nel a envie de lui éviter des ennuis, comme si elle s’inquiétait pour elle. De fait, voilà qu’elle la supplie de la dénoncer si les choses tournent mal ! Ah ! N’a-t-elle pas encore compris à qui elle a affaire ? Néanmoins, elle ne dit rien et écoute toute son argumentation. Elle doit avouer qu’elle n’est pas mauvaise. Elle pourrait même marcher.

Raven sursaute quand elle sent la main froide et métallique de Nel se poser sur la sienne. Elle se mordille la lèvre inférieure et hésite, les yeux perdus sur le membre d’acier. Que faire ? C’est elle qui les a mises dans cette situation et elle ne veut pas se défiler. Son cœur se serre face à son insistance. Promets-moi. Elle relève les yeux, la toise un moment puis retire sa main en soupirant.

- Ton idée est bonne, mais tu crois qu’ils me relâcheront pour autant ? Autant que j’aille seule en taule. Je te jure, j’ai de l’argent, mon oncle payera la caution.

Elle l’espère. Il est comme un père pour elle, mais soudain, elle prend conscience qu’elle ne veut pas le déranger. Elle ne veut pas lui faire honte.

- Bon.

Elle se lève d’une traite de sa chaise et offre un sourire confiant à Nel. Une confiance qu’elle ne ressent pas du tout. Il faut pourtant assumer les conséquences de ses actes. L’air désinvolte, elle passe une main dans ses cheveux et se dirige vers l’entrée.

- Allez, j’y vais. Si t’entends du grabuge dehors, passe par derrière.

Elle traverse le bar, essaye de se donner du courage puis ouvre la porte. Elle la referme avec douceur et observe les environs. Pas de flics à droite, pas de flics à gauche. Elle fourre ses mains en poche et s’avance jusqu’au coin de la rue. Elle se plaque contre le mur avant de tourner, mais cette tactique est vaine. En face, au carrefour, deux policiers – sans chien au moins – s’avancent dans sa direction. Ils ne l’auraient peut-être pas repérée si elle avait agi plus normalement. En rasant les murs, elle se rend compte qu’elle a l’air louche. L’un des policiers, petit, mais costaud, tient une photo dans sa main. Sans doute un dessin approximatif. Elle ne leur laisse pas le temps de réagir et s’élance dans la rue. Au moins, Nel est en sécurité.
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Nelïya Fox
Dim 21 Juil - 21:35
En territoire ennemi

La relâcher ? Ce n'est pas la véritable l'idée... Ce qu'elle veut surtout, c'est ne pas voir Raven tomber seule, condamnée par la justice des hommes alors même que ces eux qu'elle veut protéger. Non ils ne la relâcheront pas, mais si Nelïya l'accompagne, leur chute peut avoir un but, devenir un épine dans le pieds des industriels plein aux as qui n'ont pourtant pas l'affection du public.

Nel veut que ce soir serve. Que leur action porte un coup, qui, elle le sait, ne sera pas fatal, mais qui pourra peut être fendre l'armure des ces trop puissants...

Mais peut-être idéaliste-t-elle ça un peu trop... Elle voit ça comme dans un film où le bien triomphe à la fin... Mais le monde ne se résume pas à une bande audiovisuel et cette pensée la fait soupirer. Raven a peut être raison, peut-être vaut-il mieux acheter la caution.

Elle la regarde se lever.

-A une prochaine ! Lance-t-elle, presque avec espoir alors que Raven quitte l'endroit.

Refermant ses mains sur son verre, Nelïya baisse les yeux. Elle se sent seule tout à coup. Vulnérable même . Brusquement, elle réalise que ses yeux la piquent. Des larmes lui viennent... Pourquoi pleurer songe-t-elle ? De peur ou de fatigue sûrement.

Avec l'impression que les secondes s'écoulent à la vitesse de l'escargot, elle attend pour que Raven prenne de l'avance, puis à son tour elle se lève et quitte l'endroit.

Les policiers sont encore dans la zone. Elle va devoir les éviter, rentrer chez elle... Oui chez elle tout ira mieux, se persuade-t-elle. Mais en attendant son coeur bat à lui arracher la poitrine. Elle essaye de se déplacer de façon naturelle, mais à oublier comment faire.

Jamais elle a pris un chemin aussi détourner pour rentrer chez elle et plus elle s'approche, plus elle craint de retrouver les flics chez elle.

Quand enfin elle arrive, elle a mal aux pieds, sûrement des ampoules, mais pas de policiers chez elle. Elle pousse la porte, et cette fois pleure de joie. Ce n'est peut-être que partie remise, mais ce soir en tout cas, elle ne dormira pas en prison.




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Raven Aston
Ven 23 Aoû - 11:52
Raven n’a jamais couru aussi vite de toute sa vie. Elle a enfilé son masque ainsi que sa capuche et défile dans les rues de Montréal. Elle sait qu’ils n’ont pas pu mémoriser son visage, si elle leur échappe, c’est dans la poche. Dans sa course, elle entend l’un des flics hurler dans son talkie walkie « demande de renforts, elle nous échappe ! » et vire brusquement à gauche, dans une large ruelle. Il y a du monde, les terrasses sont pleines, les habitants se promènent et lèchent les vitrines.

La libraire se fond dans la masse, enlève son masque, ralentit l’allure. Elle garde un bon pas et entend les policiers qui atteignent la ruelle. Elle avise un bar qu’elle reconnaît, y pénètre au moment où l’un des flics somme les passants de se mettre à terre. D’un même mouvement, elle voit la foule s’abaisser, se jeter sur le sol tandis qu’elle est déjà dans le café. Ils ne tarderont pas à comprendre qu’elle est dans l’un des établissements. Elle file droit vers les toilettes, monte sur l’un des éviers et ouvre une des fenêtres. Elle doit se recroqueviller pour passer, mais elle y parvint et retombe avec souplesse de l’autre côté. Dans cette cour arrière, tout est calme. Raven prend le temps de respirer puis quitte les lieux ; elle connaît le chemin.

Parfois, soucieuse, elle tourne la tête de droite à gauche, mais si les policiers l’ont suivie, ils sont bien discrets. Devant chez elle, elle ne s’accorde pas d’autres inspirations. Dans sa chambre, elle attrape un sac et le fourre de vêtements, papiers, quelques trucs à manger et d’un peu de monnaie.
Elle est dans le train, lorsqu’elle rédige deux sms à la suite de l’autre. « Morgane, désolée je dois m’absenter une semaine, t’inquiète je pars dans la famille. Bon courage avec la librairie, je te jure que je te rendrais la pareille ! » accompagné de trois cœurs rouges, tandis que le second est plus bref « Hey, tonton. J’arrive dans l’après-midi ! Surprise ! » Elle cale son dos contre le dossier et ferme les yeux. Oui, s’installer quelques jours à Québec, le temps que la situation se calme lui semble être la meilleure des idées.
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