3 millions de lacs et c'est ici qu'on se retrouve [Eli]
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Double-compte : Durante
Surnom : Ben, Benj, Rusty
Emploi/loisirs : Sapeur de combat
Portrait robot : - Très roux, très pâle, couvert de taches de rousseur
- Plutôt grand et avec une bonne carrure, il possède de nombreuses cicatrices
- Généralement souriant, a quand même un personnalité explosive
- Fume à l'occasion
- Porte toujours des lunettes ou des verres de contact
- Aime les trucs... mignons (enfants, petits animaux, etc.)
- Dernier descendant de la riche famille Desmarais
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Benjamin Desmarais
Dim 24 Fév - 20:34
8 Janvier, 2048
6h30.

Je dois me mettre en route. Je le sais. Mais je peux pas m’empêcher de le faire en ronchonnant. Je suis de mauvaise humeur. Quelque part, au fond de mes pensées, j’entends la voix de Dom : « Ouais, ça fait un mois que t’as l’air plus bête que la reine. Reviens-en, Ben. »

En revenir, en revenir… comme si c’était facile.

Le temps des fêtes, j’haïs ça. Chaque année ça me fout un sacré coup. C’est sûr que j’ai des amis dans l’armée, qu’on se fait un souper qui a de l’allure et qu’on boit et qu’on rit, mais le cœur y est jamais vraiment. Certains savent pourquoi, d’autres non. Mais moi je sais pourquoi. Et les nouvelles ne tardent pas de me le rappeler à chaque fucking année. Une horloge réglée au quart de tour, une alarme qui annonce ce moment où je ne veux plus voir qui que ce soit. D’habitude ça dure une ou deux semaines, pas plus. Mais chaque année, la période me semble plus longue encore. Et maintenant, le 8 janvier, je me trouve encore pris avec cette mélancolie déplacée qui me colle à la peau.

Le fait de me trouver au domaine familial aide probablement pas. Pour notre petite excursion sur le bord du lac, je n’ai pas choisi une date et un lieu au hasard. J’avais des affaires à régler ici, et maintenant que c’est fait, je peux me mettre en route. Sauf que je suis encore de mauvaise humeur.

Je fais taire cette petite voix : je ramasse mes trucs, je fume une cigarette et je me mets en route. D’ici, Tadoussac, c’est à une heure de route, peut-être. Je devrais arriver bien avant Elijah. On a confirmé le tout pour midi, mais vu la distance de Montréal, je doute qu’il soit là avant 14h ou 15h même. C’est pas grave, ça va me donner le temps de vérifier qu’il y a de la bouffe dans la frigidaire et que le chalet tient encore en un morceau. Ça devrait. Quelqu’un est payé pour entretenir les différentes maisons de l’héritage familial. J’avoue que je n’y porte pas tellement attention. Je vois les chiffres et la liste des biens à chaque année, mais je m’en crisse un peu, en fait. J’ai pas vraiment besoin de cet héritage, mais une partie de moi arrive pas encore à s’en défaire. C’est difficile d’abandonner tout le passé de la famille.

Bref, la route est … blanche … et tranquille. Il y a tellement de neiges ici, et même si la location de chalet c’est populaire, il y a pas tellement de gens qui veulent s’aventurer aussi loin des villes. Les conforts y sont définitivement pas les mêmes. J’en profite pour écouter de la musique vraiment fort, et fumer deux autres cigarettes. Ça vient avec la mauvaise humeur. Je me promets de pas en fumer d’autre avant ce soir. Je vois pas vraiment l’heure passer.

J’arrive enfin au chalet, peut-être vers 9h, après avoir acheté du bois et un peu de nourriture (et d’alcool) pour la fin de semaine. C’est une jolie maison de pierre avec de grandes galeries de bois, surplombant le Lac de l’Aqueduc. Étrangement, je me sens mieux ici, loin de tout. Je stationne la petite voiture plus luxueuse qu’on pourrait imaginer pour un gars dans l’armée et je rentre avec mes bagages.

J’allume un feu dans l’âtre et je fais un peu de ménage – pas mon activité préférée – avant de m’asseoir devant la télé et de mettre un vieux film en attendant Elijah.

Une partie de moi s’inquiète, l’autre est morose. Ça se peut que ça soit super awkward, après tout, ça fait des mois qu’on s’est pas vus. On s’est parlé un peu durant le dernier mois, mais on a été pas mal occupés tous les deux. Si c’est vraiment un moment malaisant, comment on va régler ça? Il sait même pas que c’est chez moi ici… bah, ça sera peut-être une bonne opportunité pour être honnête et parler un peu…

Et ici, enfin, loin du domaine familial et de tous les souvenirs qui pèsent dessus, je réussis à m’assoupir, oubliant un instant qu’Elijah arriverait sous peu.
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Elijah Roussel
Mer 27 Fév - 14:34

ft.  Benjamin Desmarais

“As a person, I’m really lower than shit. But he knows that, and he smiles kindly at me anyway.”

5 heures de route pour qu'on puisse se voir


Les derniers mois avaient été particulièrement stressants pour Elijah. Entre le travail pour sortir les androïdes à temps pour noël, et sa tendance à éviter tous types de moyens de communication afin de ne pas à avoir à parler à qui que ce soit, pour éviter Benjamin. Cela avait semblé stupide, surtout à ses yeux. Il s’était persuadé d’être un moron ces derniers mois, et cela s’était remis sous contrôle, lorsqu’il s’était forcé, vide d’espoir, de se remettre à discuter avec Benjamin. Lui aussi, avait semblé beaucoup plus distant est coincé quelque part. Au final, depuis l’Halloween, ils ne s’étaient pas vus. La nouvelle année était arrivée, qu’Elijah avait passé auprès de ses androïdes, et la vie continuait avec un sentiment profond de vide. L’ingénieur ne s’était pas remis à boire, ni quoi que ce soit, mais il n’était tout simplement quasiment jamais sorti de chez lui.

Les deux hommes s’étaient planifié un petit trip à Tadoussac. Elijah ne connaissait pas l’endroit, il sortait de base rarement, mais il était forcé de constater que le Québec en lui-même lui restait assez inconnu. Alors, avant de partir pour tout cela, l’homme avait fait ses recherches pour savoir dans quoi il s’était embarqué. Tadoussac était une ville principalement touristique, visitée la plupart du temps en été. Au moins, en hiver, il y avait de la chance pour qu’ils aient un peu plus la paix. Elijah avait pas mal de peurs liées au fait de sortir pendant un temps plus long que d’habitude, dans un endroit qu’il ne connaissait pas originellement. Tout de même, il avait accepté l’offre de Benjamin, parce qu’ils s’étaient dits qu’ils le feraient. Elijah avait décidé de tenir sa promesse malgré toute son anxiété. De toute façon, il y avait moins de chance pour que qui que ce soit ne les attaque, si loin des grandes villes.

Le matin du huit Janvier, l’homme commanda donc une voiture automatique pour se déplacer. Elijah n’avait, de base, pas d’auto, puisqu’il ne sortait jamais. Montréal avec ses métros, offraient assez de possibilités de déplacements pour l’ingénieur, et quand il y avait des voyages professionnels, son entreprise payait le voyage sans problème. Dans tous les cas, la voiture automatique lui permettait de passer le voyage à finir sa nuit. Il avait été moins occupé par son travail au sein de l’entreprise, mais beaucoup plus par les réparations chez lui. Après Noël, de nombreux clients qui avaient acheté des androïdes se retrouvaient avec des robots bons marchés, demandant rapidement des réparations. Heureusement, Elijah était là pour les faire, en tout cas, avant sa période de vacance, qui commençait donc ce jour-là.

De Montréal jusqu’à Tadoussac, c’était presque six heures de route, et Elijah ne réussit pas à dormir même quelques minutes dans la voiture. Le paysage était verglacé tout du long, traversant les plus petites villes sous la neige. Cela faisait très longtemps qu’il n’avait pas vu autant de neige éparpillé partout. Il était parti seul, sans aucun androïde, même s’il n’était pas certain de pouvoir se débrouiller tout à fait seul sans au moins Katia. Elle était bien codé cependant, celle-ci lui avait téléchargé quelques recettes de cuisine, mais Elijah espérait fortement ne pas à avoir à cuisiner quoi que ce soit, il avait toujours été absolument terrible. L’ingénieur était parti sans puisqu’il savait que Benjamin n’était pas fan des androïdes. Il avait fait aussi le voyage sans son binder, histoire de ne pas avoir mal au dos dès le début de ses jours de repos.

L’attente avait été plutôt longue, avec quelques musiques, mais surtout beaucoup de rumination. Qu’allaient-ils se dire une fois qu’ils se seraient retrouvés ? Est-ce qu’Elijah était censé s’excuser pour son comportement du soir d’Halloween ? Non, il ne sentait pas vraiment de s’excuser. Il espérait, peut-être naïvement, pouvoir reprendre comme si rien ne s’était passé. De se détendre au chalet que lui avait proposé le rouquin. Durant le voyage, Elijah s’arrêta une fois pour se dégourdir les jambes, boire un café et manger un bout. La voiture se gara, après un interminable voyage de six heures, à côté de celle qui devait être à Benjamin. En sortant, Elijah fut happé par le froid glaçant et tranchant sa peau plus fragile habituée à la chaleur. Il resta dehors juste le temps de récupérer ses bagages, et de monter au chalet.

La porte se dressait devant l’ingénieur, et même s’il pensait que Benjamin était déjà arrivé, il n’en était pas sûr. Elijah toqua, puis sortit son portable de la poche interne de son blouson pour lui envoyer un message.

« J’ai froid. :( »

L’ingénieur attendit quelques secondes. Pas de réponse. Il réalisa que la porte était ouverte, se maudit un tout petit peu parce que it’s really fucking cold out there, et décida de rentrer à l’intérieur. Benjamin comprendrait certainement l’urgence de pouvoir se mettre au chaud quand il faisait moins quinze milliard degré Celsius dehors. La chaleur ambiante fut la première chose qu’il perçut, avant même de comprendre les informations sous ses yeux. Il déposa ses valises après avoir fermé la porte, retirant tout son équipement hivernal pour le laisser sur ses valides. Après cela, il investit un peu plus ce qui semblait être le salon. Il était un peu plus de quinze heures, Elijah avait pris du temps en étant parti en retard – à cause du temps à prendre pour la location, mais aussi avec sa pause de plus de trente minutes pour manger.

L’important était qu’il fut là à présent. Elijah ne tarda pas à trouver le corps étendu de Benjamin endormi. Il se sentit sourire malgré lui, car malgré leurs problèmes, l’homme avait beaucoup apprécié leur temps ensemble. Un peu plus relaxé, du fait d’être arrivé au chaud, et de retrouver la présence de quelqu’un qui lui avait tout de même un peu manqué, Elijah glissa ses doigts dans la chevelure rouquine de son date lentement. Il souhaitait le réveiller en douceur, en espérant qu’il n’en soit pas apeuré par la soudaine présence. L’homme gratta doucement le cuir chevelu de l’autre, pour finir par enrouler ses doigts sur quelques mèches, appréciant la texture. Elijah se mit à la hauteur de Benjamin, faisant craquer ses genoux quelque peu, il parla très doucement.

Hey, je suis arrivé.



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Benjamin Desmarais
Sam 2 Mar - 0:16
Je sais pas … exactement … combien de temps j’ai eu les yeux fermés. Le crépitement du feu, le silence, la chaleur … tout ça, ça m’a permis, pendant un moment, de m’évader. J’arrive pas vraiment à oublier mes soucis, mais on dirait que, pendant un court instant, c’est moins pire, et j’arrive à m’évader. Je ne m’en sauve pas complètement : le chalet, comme tout le reste, fait partie de l’héritage. C’est difficile de ne pas penser aux souvenirs qui me hantent encore de cet endroit, mais avec les années, ils sont de plus en plus diffus … Une petite voix, au fond de ma tête, affirme que c’est le moment : le moment de réclamer tout cet héritage et de forger de nouveaux souvenirs, que ce soit ici ou ailleurs, mais comment …? Et c’est avec ces pensées en tête que j’ai fini par m’endormir. C’était pas très joyeux dans ma petite caboche, ô surprise! Alors mes rêves, si rêves ils étaient vraiment, étaient plus des souvenirs tordus, déformés et incroyablement vivides. Et pour une raison ou une autre, mon sommeil est devenu bien plus profond que je ne l’aurais pensé.

C’est con. Parce que je savais que j’attendais de la visite. J’aurais probablement pas dû me laisser glisser comme ça dans un sommeil qui n’évoquait que des souvenirs amers. Difficile de contrôler ça : je manque cruellement de sommeil. Damné temps des fêtes. Damnée vie militaire.

Bref, je savais qu’Elijah était en chemin, et je me suis laisser prendre dans cette situation. Et j’ai peur que ça change notre relation. Ce sont pas ses mains dans mes cheveux qui me tirent de mon sommeil, non … c’est sa voix. Et je me réveille comme si un éclair me traversait le corps! D’un coup, ma main agrippe son avant-bras, plus fort que j’aurais voulu. Je tasse sa main, vif, comme si elle me brûlait, et j’ouvre les yeux pour le regarder. Ça prend quelques secondes, qui paraissent interminables, avant que je m’habitue à l’éclairage, et que je me souvienne d’où je suis, et avec qui.

« Fuck… »

Je lâche prise sur son avant-bras. Je m’assois. Je le regarde. Mon air doit pas mal bien transmettre toute ma confusion. « Oh … Elijah …? Eli! Yo! »

C’est pas facile de faire revenir mon sourire sur commande. Mais même si une partie de mon esprit flotte encore dans des souvenirs amers, je suis sincèrement content de le voir. On s’est pas laissés en super bon termes, on s’est pas vraiment parlé depuis … mais je suis content de le voir. Et ça apaise un peu mes pensées qui s’enfonçaient dans une spirale vraiment dangereuse.

« Désolé pour ça, je euh… j’étais ... ailleurs … » Je fronce des sourcils, et je vois la notification qui se ait aller dans le coin de l’écran de mon cell. « Ça fait longtemps que t’es arrivé? »
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Elijah Roussel
Mer 13 Mar - 22:21

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Le réveil fut plus brutal qu’Elijah ne l’aurait voulu, et la façon dont Benjamin réagit fit sursauter l’homme quelques pas plus loin. Le cœur battant, il était un peu choqué par le fait d’être agrippé si rapidement de cette façon, et l’ingénieur ne put s’empêcher de se demander si ce n’était pas à cause de ses années à l’armée qu’il ait une telle réaction. Se sentant un peu plate d’avoir un tel sursaut, il porta une main à ses cheveux blonds pour se gratter la nuque. Benjamin semblait avoir perdu ses repères pendant quelques temps, et Elijah fit de son mieux pour ne pas bouger de trop, afin de lui laisser le temps de se remettre les idées en place. Doucement, après que le rouquin ai juré, l’homme souffla.

Je ne savais pas très bien comment te réveiller…

Finalement, la main serrant fort sur son avant-bras commença à se relâcher lentement. Benjamin avait l’air complètement perdu, et Elijah se demanda un moment s’il ne s’était pas trompé. Aurait dû-t-il venir un autre jour ? La panique lui agrippa l'esprit pendant quelques secondes, aussi irrationnel que cela puisse être. Il porta son regard à sa montre sur son autre bras, la date était bien la bonne, du moins, dans ses souvenirs. Il était cependant en retard, c’était peut-être la raison pour laquelle Benjamin s’était assoupi. Damn it. Il avait évidemment complètement surpris le rouquin. Assit, il reprenait ses esprits, avant de forcer un sourire pour accueillir son invité.

Elijah était content de pouvoir le retrouver, malgré la façon dont tout cela s’était terminé à Halloween, mais le faux sourire lui donna une sensation de pincement au cœur. Benjamin s’excusa pour sa réaction à son réveil, avant de se questionner. Elijah se permit de se rapprocher du coin du feu, afin de profiter de la chaleur. Elle lui permettait de réchauffer ses jambes bien enveloppées dans ses combines, il se tourna finalement vers Benjamin, ayant la sensation furtive qu’il était devenu un poulet tournant au-dessus du feu. Son corps semblait se décharger de tout le froid de dehors, il fut pris de quelques tremblements, avant que cela ne se calme. Elijah haussa finalement les épaules.

Quelques minutes ! Heureusement c’était ouvert, il fait frette… Désolé pour le retard.

Il restait au niveau du feu, avant de s’accroupir, puis de s’asseoir, dos au feu, plus de chaleur autour de lui, c’était très agréable. Il marqua une pause avant de se frotter les yeux, la fatigue l’avait aussi assailli, la route avait été longue, et bon, Elijah n’avait plus du tout l’habitude de voyager aussi longtemps. Les métros à Montréal ne prenaient pas tant de temps. Il vint poser ses yeux dans les jolies prunelles vertes de son hôte.

J’ai déjà monté mes affaires, tu t’es bien reposé au moins ? T’avais l’air de capoter.

Ses derniers mots sonnèrent un peu inquiet, et Elijah l’inviterait bien à se confier, mais ce n’était pas le meilleur moment pour cela. L’homme se redressa finalement du sol, avant d’approcher ses valises posées dans le coin, regrettant un peu de quitter la chaleur des braises. Il les prit entre ses mains, avant de commencer à avancer plus profondément dans le chalet.

Il est vraiment luxueux, tu me fais visiter ?

Il se demandait combien cela avait pu coûter, mais Elijah se sentait frileux à évoquer l’argent dans l’affaire. Il savait qu’il culpabiliserait, mais cela c’était très certainement parce que l’homme était frileux de se lancer dans de quelconques expériences et aventures.



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Benjamin Desmarais
Sam 16 Mar - 16:17
Well, c’est sûr que ça donne un goût amer au début de la fin de semaine. Ma réaction l’a clairement mis mal à l’aise. Je sais à que ça ne va pas être facile de lui expliquer que ma réaction n’est pas causée par lui : je risque de devoir m’ouvrir un peu, et cette idée me fait pas tellement plaisir. Peut-être plus tard. Je veux pas commencer une fin de semaine qui s’annonçait bien avec des histoires déprimantes, même si, comme un champion je viens de faire peur à … et comment je le qualifie maintenant? C’est pas mon chum et une fin de semaine dans un chalet c’est pas mal plus une activité de couple que de date.

On sait bien, toi, tu fais jamais rien comme personne… me murmure une petite voix au fond de ma tête. Et je lui réponds avec un roulement d’yeux à peine visible.

Speaking of… Ma vision peut bien être floue. Je cherche mes lunettes à tâtons, aucune idée où je les ai laissées tomber quand je me suis assoupi. Je ne les vois pas sur le divan, ni sur la table du salon. Finalement je le sretrouve à demi glissées sous le divan, juste à côté de la patte. Je me penche pour les ramasser et quand je me relève, je souris à Elijah qui se trouve maintenant sur le bord du feu.

Je me lève, je m’étire, tout en longueur, mon corps encore ankylosé après se petit somme dont j’avais vraiment besoin.

« Ok super! J’ai pas vraiment vu le temps passer. Une chance que j’ai laissé les portes débarrées. Ça aurait pas été cool de te retrouver gelé comme une crotte une fois la nuit tombée. C’est quand même un peu plus froid ici qu’à Montréal. »

Je pose mon regard dans le sien. Je pensais que ça serait tellement awkward mais finalement on dirait qu’en quelques instants, les tensions fondent et que je me rends comptes qu’elles ne vivaient que dans ma tête. Peut-être qu’il se sent pas comme ça, peut-être que pour lui c’est encore bizarre, et qu’on va devoir clarifier des trucs … mais si oui, ça devrait attendre. Là, c’était pas le moment pour ça.

Quand il se lève, je le suis du regard et je remarque ses valises. Je lui tends la main pour en prendre une s’il le souhaite, tout en m’expliquant, peut-être minablement : « Ouais, j’ai souvent des rêves… vivides. Surtout quand je dors mal depuis un bout. Anyway, j’suis vraiment désolé j’voulais pas te faire peur ou tsé… te surprendre au minimum. »

Je marque une pause je pointe vers le salon, puis la cuisine, qui sont tous deux proches de l’entrée. « J’peux bien te faire visiter, même si ça fait vraiment longtemps que je suis venu ici. Salon, cuisine. Si tu passes le petit muret il y a un solarium avec une grande terrasse et un jacuzzi dehors. Plus loin dans ce couloir, il y a une chambre pour les enfants, et une salle de bain et la porte vers le garage. Suis-moi. »

Je monte les marches pour le guider vers l’étage supérieur. « En haute deux chambre, une pour les invités, si tu préfères faire chambre à part, et la chambre des maîtres. » J’ouvre chacune des portes qui donnent sur des chambres quand même richement décorées mais qui semblent un peu défraîchies, comme si le style datait d’une autre époque. « Tu peux déposer tes valises et on peut retourner au rez-de-chaussée et aussi voir le sous-sol si ça t’intéresse. »

Je lui souris et j’attends, dans le couloir, pas vraiment sûr de ce qu’il va préférer : je pourrais le comprendre de vouloir son intimité, pour pleins de raisons, alors je me fais patient et pas insistant.
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Elijah Roussel
Dim 24 Mar - 12:13

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L’expression perdue du rouquin finit par s’effacer au profit de quelque chose de plus positif. Elijah ne manqua pas de le regarder s’étirer tout de long, vraiment très grand se dit-il, après avoir cherché ses lunettes. A ses paroles, l’homme étira un petit sourire à la fois gêné et amusé, parce qu’en effet, se retrouver tout seul dans la voiture chauffée jusqu’à la nuit n’était définitivement pas son idée de ‘vacances’. Elijah tentait de ne pas trop se poser de questions sur ce que ces vacances voulaient dire. Il y avait pensé pourtant, avant de partir, depuis qu’ils s’étaient mis d’accord sur l’idée. Cela l’avait obsédé, pour de bonnes et de mauvaises raisons. Après tout, il s’agissait de ses premières vacances depuis très – trop – longtemps, mais il y avait tellement de choses qui pouvaient mal se passer. En soit, c’était donc un saut de l’ange dans l’inconnu.

Elijah savait cependant que s’il n’y avait pas eu une ‘raison’ pour prendre des vacances, il n’en aurait jamais pris. Donc c’était dénué de toutes espérances que l’homme s’était lancé à l’aventure, en tentant de se focaliser sur les bonnes choses connues, plutôt que la façon dont tout cela pouvait se passer. Et des bonnes choses, il y en avait ! Outre le cadre relaxant, c’était un endroit où il ne se passait jamais vraiment grand-chose. C’était sécuritaire, loin de Montréal, de toutes ces attaques terroristes qui lui faisaient avoir des cauchemars. Elijah s’était même laissé imaginer un peu plus longtemps ce que ce serait de vivre ailleurs, loin de tout et de tout le monde. Loin des codes, de la technologie – bien que toujours accessible heureusement – pour se concentrer sur la simplicité. Une vie simple.

Une fois aux valises, Elijah les prit toutes sans laisser l’occasion à Benjamin d’en récupérer une, murmurant un ‘t’inquiète’, avant de visiter tranquillement l’espace, écoutant avec attention la description des lieux. Ben semblait intimement connaître l’endroit, et le blond ne savait toujours pas combien cela avait coûté, mais il était de plus en plus anxieux à l’idée que ce soit très cher. Peut-être le rouquin avait-il des connaissances qui lui avaient fait un prix ? Elijah ne se souvenait plus du prix de ce type de chalet, et en arrivant aux chambres, un peu vieillottes, il laissa échapper un petit soupir, posant ses valises sur le seuil d’une des deux chambres. Voilà qu’on lui laissait un choix, soit prendre la même chambre que Benjamin, soit faire chambre à part. Il fut pris d’un mutisme, un peu touché par le fait qu’il lui laissait tout à fait le choix pour être le plus confortable possible. Incertain, Elijah posa son dos contre le cadre de la porte, il avait vraiment besoin de plus se dégourdir les jambes, mais il le ferait en temps voulu.

T’as vraiment sorti le grand jeu… Je veux essayer, dans la même chambre. Si cela te convient.

Il n’avait pas regardé Benjamin dans les yeux en disant cela. Encore une fois Elijah se maudissait de ne pas avoir pris d’alcool pour noyer toutes hésitations et gènes de sa voix. Se décalant bizarrement du côté de la porte, l’homme se dirigea vers la chambre du maître avec ses valises, les déposants dans un coin de la pièce. Il semblait un peu impossible que Benjamin ai décidé de louer quelque chose d’aussi grand, cela semblait pouvoir contenir une famille entière, voire même deux. Elijah n’avait jamais pu avoir l’occasion de vivre dans un endroit aussi grand, ses parents n’avaient jamais été si riches, et à Montréal, le moindre petit mètre carré coutait très cher. Elijah aurait sans doute dû comprendre une fois devant la façade du bâtiment, mais il n’y avait pas réfléchi beaucoup. Il se demandait ce que cela faisait, de vivre dans un espace si grand, dans une famille unie. Penseur, l’homme se redressa sur ses deux jambes, fixant Benjamin d’un air pensif.

Je ne crois pas avoir déjà vécu dans un endroit aussi grand. Est-ce que c’est à ta famille ? Ou un héritage ? Je pose plein de questions ahah.

Le blond finit par suivre Benjamin vers le rez-de-chaussée, s’attaquant à observer plus minutieusement l’environnement, se sentant un peu perdu sans ses androïdes, mais aussi un peu plus libre loin du travail et de tout le reste du monde. De son monde.



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Benjamin Desmarais
Dim 31 Mar - 16:17
« Le grand jeu? » que je demande, sans vraiment attendre de réponse. C’est plus l’incrédulité qui me guide ici. J’y ai pas pensé sur le coup : ça reste un petit chalet au Québec. C’est une des propriétés les moins importantes et imposantes que ma famille a laissé sur l’important héritage. L'important héritage avec lequel j'évite de dealer depuis six ou sept ans déjà. Mais ça, c’est pas quelque chose que je vais dire parce que c’est clairement pas la taille qui compte : le domaine familial est énorme – ÉNORME – et pourtant, c’est l’endroit le plus solitaire et le plus triste sur terre.

Je le laisse choisir sa chambre : je ne fais pas de pression d’un côté comme de l’autre. C’est sûr que j’ai une préférence, je mentirais pas sur ce sujet, mais je vais certainement pas commencer à imposer mes décisions, où même sous-entendre qu’il me doit quoi que ce soit. En plus, c’est juste notre troisième … troisième-ish … date. Alors j’attends comme un bon garçon qu’il se décide, et j’essaie de contenir ma joie quand il choisit de rester dans la chambre des maîtres. Avec moi. J’espère en criss qu’il sait que c’est là où je vais rester! Parce que sinon on risque d’avoir un début de nuit pas mal awkward.

Je ne peux pas retenir mon grand sourire un peu niaiseux quand il entre dans la chambre, mais je le laisse faire, et je le laisse poser ses valises (et ses questions). Je m’appuie dans le cadre de porte en attendant, répondant à ses questions comme je peux. C’est pas que je veux éviter la vérité, c’est juste que c’est toujours TOUJOURS malaisant de parler de ma famille. Un gars qui travaille avec des androïdes va avoir entendu parler de la famille Desmarais, d’un bord comme de l’autre. J’ai toujours grandement profité du fait que mon nom est super commun au Québec. Si ça avait pas été le cas, 100% de chance que j’aurais trouvé une façon de le changer… genre en utilisant le nom de ma mère ou quelque chose. Bref, je tasse une mèche de cheveux rebelle et je lui réponds :

« Ouais, ça fait partie de l’héritage familial. J’ai pu tellement l’habitude du luxe, quoiqu’encore ici c’est ‘meh’, mettons … J’veux dire, je vis sur une base militaire alors c’est pu vraiment mon rythme de vie, mais de temps, ça me fait du bien de revenir un peu m’imprégner de l’histoire familiale pis des souvenirs qu’on a ici. Quoi que c’est peut-être une forme de torture. »

Je le guide au rez-de-chaussée quand il est prêt. Je retourne à la cuisine ouverte et pose mes mains sur le comptoir de marbre, le laissant observer l’environnement. Je n’ai jamais enlevé les photos de famille … une chance que ma mère était attentionnée et aimante : il y a encore quelques clichés encadrés de moi, de mes sœurs, de toute la famille à Noël, de nos activités hivernales, du premier poisson que j’ai attrapé. Et soudain ça me frappe encore. L'absence total de vie familiale. Même ma nouvelle famille sait pas remplacer l'ancienne, parfois...

« Je t’offre quelque chose à boire? Je peux te faire un thé ou du café, si tu préfères. »
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Sam 13 Avr - 19:31

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Elijah tentait d’ignorer l’anxiété crépitant au fond de son ventre, et les fourmillements dans ses bras et ses mains. Benjamin était d’une famille très prestigieuse, et Elijah commençait à comprendre un peu plus le portrait de l’identité du rouquin, en l’écoutant parler. Après être descendu au rez-de-chaussée, le blond observa un peu mieux les pièces dans lesquels ils allaient, pour s’arrêter à la cuisine. Elijah n’avait jamais vécu ou vu quelque chose de si grand, sa famille avait toujours été modeste, et ensuite il y avait eu l’internet, qui n’avait pas offert beaucoup de luxe ou de grandeur aussi. Le chalet était impressionnant, et si Elijah mentirait en disant que c’était la première fois qu’il se trouvait dans un chalet, cela se ressentait comme une première fois. Avec Lucas, cela avait été bien plus modeste, Elijah se souvenait bien du moment où ils avaient eu l’occasion de se serrer l’un contre l’autre au pied du feu… Mais c’était un autre temps.

Une autre vie.

Le regard et les pensées de l’homme se tournèrent finalement sous tous les cadres accrochés un peu partout dans la cuisine. Benjamin avait l’air d’avoir une famille heureuse, l’entourant et l’aimant profondément. Pourtant, elle n’était pas là aujourd’hui, et le rouquin ne lui en avait jamais parlé. Il y avait certainement une bonne raison à cela, mais Elijah espérait que ce n’était pas parce qu’il était un homme. Ses yeux parcoururent les différentes photos, silencieusement, Benjamin parlait d'une forme de torture, mais Elijah n’était pas certain de comprendre pourquoi. S’il avait eu des moments difficiles avec sa famille, les photos n’en laissaient absolument rien montrer. Le blond de son côté, n’avait jamais eu une quelconque photo de famille accrochée dans son appartement. Il n’avait jamais été fan, ni des photos, pour des raisons évidentes, ni sa famille.

Un peu de café s’il te plaît.

La laisser derrière avait été un des moments les plus difficiles, mais aussi l’un des plus libérateurs. Sans réfléchir, Elijah saisit l’un des cadres contenant Benjamin, posant fièrement avec sa prise de poisson entre les doigts, un grand sourire plein de dents. Ses yeux finirent par revenir vers le rouquin, les comparants silencieusement, un sourire crépitant dans le coin de ses lèvres. Cela le faisait plaisir de le voir de cette façon, d’en savoir plus de façon générale sur lui.

Je ne t’ai jamais vu sourire comme ça ! T’étais mignon déjà à l’époque, t’as l’air heureux.

Il posa un doigt sur la joue du Benjamin en photo, et quand bien-même ils étaient les mêmes personnes, avec cette personnalité extravertie charmante, quelque chose avait changé. Est-ce que cela avait été l’armée ? Elijah s’adossa au comptoir de la cuisine après avoir reposé minutieusement le cadre à sa place, ses yeux admirant le reste de la cuisine, avant de retrouver les yeux émeraudes de son… De son quoi d’ailleurs ? – Ce n’était pas le moment de trop y penser – De cette personne digne d’admiration. Il posa finalement ses doigts sur l’avant-bras de Ben, caressant doucement sa peau. Sa voix se fit plus douce, plus intime, moins pour meublé et plus pour l’honnêteté.

Merci, c’est vraiment sympas.



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- Plutôt grand et avec une bonne carrure, il possède de nombreuses cicatrices
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Benjamin Desmarais
Sam 18 Mai - 14:54
Même si c’est intimidant – et ça l’est – je le laisse se promener dans la cuisine et dans la salle à manger … le domaine de ma mère. Je le vois regarder les cadres, un à un, comme s’il lisait un livre sur ma vie – le tome deux ou trois une saga incomplète, interrompue. Les souvenirs qui restent ici ce sont estompés avec les années, et la douleur aussi, mais ils ne sont jamais partis. Quand je reviens ici, je revis les bons moments comme les mauvais. C’était peut-être risqué d’amener Elijah ici, après tout, on se connaît pas vraiment. Mais si je ne me lance pas, il ne me connaîtra jamais, et je ne le connaîtrai jamais. Je pense que le jeu en vaut la chandelle. Sinon, ben, on va partir chacun de notre chemin, et ça sera ça. Je veux dire, il y a aucune recette miracle ici.

Bref, je mets un petit gobelet de café moulu dans la cafetière et je pèse sur le gros bouton vert immanquable pour la démarrer. Sous peu on devrait avoir deux cafés assez chauds. Et c’est pas long que ça sent. C’est fou comme la technologie, c’est rendu moron-proof.

Pendant que la cafetière opère sa magie, je reviens du côté d’Elijah pour voir la photo qu’il regarde. Évidemment, une où il me manque trois dents de lait et que j’ai l’air de l’idiot du village … non, en fait, je sais pas pourquoi je suis si critique : j’ai juste l’air d’un enfant qui a l’air heureux de pêcher avec sa famille. Pfff… ça c’est définitivement une autre vie, un autre Benjamin. Mais est-ce que c’est vrai que je ne souris plus? J’ai pas l’impression que c’est le cas, pourtant je pourrais pas juger.

« Mmm? Tu penses que je souris plus comme ça? J’suis pas convaincu. Tu m’as jamais vu devant un gâteau au fromage ou quand je fais du camping. »

Je lui offre quand même un sourire quand il pose ses doigts sur mon avant-bras, et je pose mes yeux dans les siens. Ses mots me surprennent, j’hausse les sourcils. « Qu’est-ce qui est sympa? » que je demande, sans trop y réfléchir. J’ai vécu des années dures, mais c’était toujours, quelque part, un choix. Pour moi, ce chalet, c’est pas particulièrement spécial ou luxueux, c’est juste une trace de mon enfance.

Quand la cafetière arrête de couler, je détourne le regarde et je me retourne. Je serre sa main avant de la lâcher, et j’attrape deux tasses pour les remplir. « Crème? Sucre? Sirop d’érable? Coureur des bois? » Le dernier c’est plus une blague, mais qui sait. Je prépare le mien en attendant qu’il me dise comment il préfère son café.
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Elijah Roussel
Sam 1 Juin - 19:03

ft.  Benjamin Desmarais

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5 heures de route pour qu'on puisse se voir

Ben semble étonné à la remarque d’Elijah. Peut-être que cela venait du fait qu’ils ne se connaissaient pas tant que cela. Il n’avait jamais eu l’occasion de le voir comme cela. Voilà qu’il s’en sentait stupide, car il avait réussi à casser l’ambiance et à dire quelque chose d’idiot une fois à nouveau. Cela lui prit absolument tout son courage pour ne pas courir dehors pour rentrer dans la voiture et s’y cacher par honte, avant de rentrer la queue entre les jambes à Montréal. Non vraiment, il se sentait mal à l’aise maintenant, et peut-être n’aurait-il pas dû lui toucher le bras d’une telle façon non plus. Comment avait-il réussi à tout détruire en l’espace de quelques secondes ? Benjamin devait l’avoir invité par pitié, peut-être car il n’arrivait pas à lui dire qu’il n’était pas le bienvenue, ni dans sa vie, ni dans son espace.

Un frisson le parcouru, il essaya de sourire à l’exemple de Ben face à un gâteau au fromage, ou lors du camping. Essayant de rattraper sa grossière erreur sans trop en faire d’autre, Elijah rétorqua patiemment.

Il fait un peu froid pour le camping… Mais le gâteau cela doit se trouver !

Un rire gêné ne put s’empêcher de sortir de ses lèvres. Ahhhh comment allait-il réussir à passer toutes les vacances sans s’enfermer de honte dans un trou ? Marie lui disait souvent qu’il était bien trop dur avec lui-même, mais Elijah ne se considérait définitivement pas comme quelqu’un de doué avec les gens, un comble pour un chef d’équipe. A jouer ce jeu social, à essayer de ne pas faire d’erreur. Cela le terrorisait, en fin de compte, toute cette situation le terrorisait.

Le blond n’eut même pas la possibilité d’entendre la question du rouquin tant il était dans ses pensées, et la seule façon qu’il eut pour revenir à lui-même, fut de calmer discrètement sa respiration qui commençait à s’emballer. C’était facile à percevoir, car elle lui donnait l’impression d’être complètement coincé et écrasé par son binder. Finalement, le café, qui ne calmerait définitivement pas son anxiété, mais qui lui permettrait de se concentrer sur quelque chose d’autre. La chaleur de la tasse sur ses doigts, par exemple. Approchant de la machine avec Benjamin, qui l’avait lâché, il esquissa un sourire à la – il espérait – blague de son interlocuteur.

Il est peut-être un peu tôt pour ça… Deux sucres, s’il te plaît.

C’était comme cela qu’Elijah les buvait généralement au travail. Deux sucres, cela pouvait faire beaucoup, mais ce n’était jamais de trop pendant les nuits blanches au travail. Il avait pris l’habitude. Une fois en possession de sa tasse de café, il glissa une main sur sa nuque, trahissant sa gêne, il n’osait plus regarder Benjamin, mais les questions lui brûlaient les lèvres.

Je ne comprends pas bien pourquoi… Enfin, c’est sympathique, et ce n’est certainement pas quelque chose de très sexy à dire, mais, pourquoi tu m’as amené ici ? Pourquoi moi ? I mean

Si ce n’était qu’une sorte d’escapade pour ne pas à avoir à lui dire de fuck off, alors Elijah préférait qu’il le dise maintenant. C’était incompréhensible, que quelqu’un d’aussi lumineux puisse vraiment s’arrêter pour quelqu’un comme lui. Il voulut boire une gorgée de café pour se taire et faire avec l’anxiété crépitant dans son ventre faisant battre son cœur trop fort, mais le liquide était brûlant. Il poussa un gémissement après y avoir trempé les lèvres, retirant immédiatement la tasse.

C’est chaud !

Bien sûr que c’était chaud. Encore une erreur…



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Benjamin Desmarais
Dim 16 Juin - 16:46
Le malaise est palpable. Je sais même pas comment on en est arrivé là aussi rapidement. Je veux bien croire qu’il a des issues, mais j’espère que j’aurai pas à surveiller chaqcune. de. mes. paroles. pendant les prochaines 48 heures. Il apprendra bien assez vite que mon vomi verbal ne s’arrête pas toujours à temps pour que je m’assure du confort d’autrui. C’est pas comme si ça me gênait de m’excuser ou quoi que ce soit du genre, genre, je sais que je fais des erreurs, mais ça a beaucoup plus de sens … quand ça a un sens? Je veux dire, j’ai strictement aucune idée de ce que j’ai fait de mal. Espérons que ça passe, qu’il va s’habituer à me mots et à ma présence. Et arrêter de douter de chacun de mes gestes et de chacune de mes paroles.

Je lui souris, un peu, au moins, avant d’ouvrir le sucrier. Je prends une petite cuiller, et je verse deux sucres dans son café avant de le brasser. Je le laisse prendre sa tasse, je prends la mienne : crème et sirop d’érable, et je me retourne pour appuyer le bas de mon dos contre le comptoir.

« Pourquoi je t’ai… what? »

Sa question me laisse perplexe. Si bien que je sais pas quoi répondre. Pendant un moment, je cligne lentement des yeux, mon regard béant. Il va probablement lire mon hésitation comme si je cherchais le mensonge parfait, mais c’est tellement tellement pas le cas. J’aimerais bien être plus assuré, mais il m’a vraiment pris off guard. Pourtant, j’aurais dû m’y attendre.

« Je t’ai invité parce que je voulais passer du temps avec toi? Je sais pas ce que tu veux entendre. Je sais pas ce qui t’inquiète tant. T’avais pas l’air super à l’aise au resto ou au party parce qu’il y avait plein de monde, alors je me suis dit que ça te ferait du bien… de… tsé, d’être juste nous deux, d’avoir la chance de se parler et de se connaître plus sans avoir la pression de paraître d’une certaine façon ou d’agir d’une certaine façon. Non? »

J’ai l’impression de parler dans le vide. Je pense que l’idée est claire, en tout cas elle l’est pour moi. Mais visiblement, ça l’est pas pour lui. Et je veux bien le réconforter, mais je ne sais pas ce qu’il veut entendre.

« Qu’est-ce que tu espères entendre? Qu’est-ce que tu espères que je te dise? Je voulais aussi que tu vois… je sais pas, une autre partie de moi. Plus que ce que je montre en public ou que ce dont je parle facilement. Tsé, genre cette photo. » Je pointe vaguement vers la photo qu’il m’a amené plus tôt.

Je peux pas retenir un petit rire quand il se brûle. C’est pas un rire vilain ou moqueur, en tout cas c’est pas mon intention. « Évidemment que c’est chaud. C’est un des avantages de la crème! » Et pour prouver mon point, je prends une bonne gorgée de café avant de déposer ma tasse sur le bureau. « Ca va aller? »
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Elijah Roussel
Dim 30 Juin - 18:20

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5 heures de route pour qu'on puisse se voir

Apparemment la question d’Elijah surprit beaucoup Benjamin. L’ambiance semblait de plus en plus tendue au fur et à mesure que cela continuait, et c’était difficile pour lui d’essayer de ne pas y penser. Pendant un moment, Elijah reste planté là, prêt à devoir récupérer ses affaires si cela se passe mal. Après tout, il pouvait toujours rentrer avec sa voiture, ce n’était pas très compliqué, et passer du temps chez lui plutôt. Cela ne serait pas pareil qu’une vraie virée en vacance, surtout que l’homme ne pourrait pas fondamentalement s’empêcher de finir par se remettre à travailler, faute de pouvoir se changer les idées… Mais ce serait peut-être préférable, plutôt que d’imposer sa présence à Benjamin. Le rouquin lui demanda alors ce qu’il voulait entendre, qu’il avait souhaité lui montrer une autre partie de lui-même, loin des gens. Il avait fait tout cela pour mettre à l’aise Elijah, et c’était vraiment touchant au fond, mais il ne pouvait pas s’empêcher de se sentir un peu honteux.

Et puis finalement, Elijah se brûle avec son café, il posa la tasse sur le comptoir, avant de se passer un coup d’eau froide dans la bouche. Le rouquin se marre un peu, mais il a raison, et le blond tente de rigoler un peu aussi gêné.

Ouais, ça va. J’ai juste, l’habitude des cafés noirs… Rester éveiller, pour les projets, etc.

Elijah regarde sa tasse de café, avant de la toucher du bout des doigts. C’est beaucoup trop chaud, il rajoute un petit peu d’eau froide pour le refroidir, puis observe le liquide noir.

J’ai juste… Cela fait tellement longtemps que je n’ai pas… J’ai peur de fuck up.

Ses yeux se relèvent vers ceux de Benjamin, il se frotte le front, puis les yeux, laissant peser le silence quelques secondes avant de continuer.

Pour te dire la vérité, ce n’est pas moi qui me suis inscrit sur le site c’est… Katia. Elle pensait que ce serait bien pour moi, et je suppose que oui, mais je ne sais pas si je suis prêt.

Katia étant un robot mais il tairait cette partie-là, si Benjamin ne demandait pas plus de précision sur son identité. Son regard se rabaissa sur la tasse, qu’il manqua de boire avant de se rappeler qu’elle était encore très chaude. Il poussa un soupir, regardant par la fenêtre, l’espace blanc qui se dévoilait sous ses yeux, à perte de vue, partout. Il pouvait sentir la fraîcheur du temps juste en le regardant. Sa voix se fit plus douce.

Il y a quelques années j’ai perdu quelqu’un. Je ne peux pas… Revivre cela. Je ne suis pas une personne très entourée, d’une façon générale, enfin, j’ai des amis, des collègues, mais toujours à une certaine distance, tu comprends ? Laisser venir un homme plus proche…

Ses yeux revinrent vers Benjamin. Il gardait ses distances avec les autres pour ne plus jamais se retrouver dans ce genre de situation, ce genre de douleur. Elle était inimaginable, incroyable. Ce jour dans l’attentat, cela l’avait tué. Le sang, le corps de Lucas par terre. Elijah secoua la tête pour s’échapper de ce passé qui l’emprisonnait encore.

… C’est prendre le risque qu’il parte à nouveau.

Et c’était un risque obligatoire. A part les androïdes, il n’était pas possible de garder quelqu’un près de soit pour toujours et en dépit de tout. Elijah avait peur, il était terrorisé, c’était une vérité dure à admettre, impossible à dire. Il se mordit la lèvre inférieure, quelques secondes, avant de finalement réussir à boire une gorgée de ce café.

Quel est le plan du coup ? Je dois que je n’ai pas spécialement envie de sortir dehors par ce temps…Ahah.



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Benjamin Desmarais
Mar 16 Juil - 23:17
Quand il commence à parler, Elijah semble pas vouloir s’arrêter. Je le suis du regard, pas pour être intimidante ou quoi que ce soit, juste parce qu’il est tellement étourdissant, je dois me concentrer sur quelque chose pour pas perdre le fil. Dans tout ce qu’il dit, il y a des hauts et des bas, du progrès et du recul. Je pense bien que je comprends l’essentiel de son message mais pas nécessairement les inquiétudes qui viennent avec.

Et là, je me retrouve devant un choix. Je pourrais être un dick. Ça serait pas la première fois. Je pourrais être sweet. Ça non plus ça serait pas la première fois. Mais moi aussi j’ai des problèmes, ils sont peut-être moins flagrants, mais ils sont bien présents. Alors est-ce que je veux prendre cette charge en plus de tout ce que je porte moi-même? Je pourrais reculer, je pourrais insister, je pourrais faire du stationnaire et espérer que tout se replace. Est-ce que je veux porter la charge qui vient avec le fait d’insister? Est-ce que j’en ai même la capacité?

Peut-être qu’il le voit pas, probablement pas qu’il le voit pas, parce que je cultive cette personnalité insouciante depuis si longtemps, mais j’ai aussi des heurts et des blessures : je ne suis pas un pilier très solide, alors est-ce que je veux risquer de prendre ce rôle?

Puis je me rends compte que ça doit bien faire quelques minutes que je suis silencieux à siroter mon café sans vraiment donner signe que je participe à la l’échange.

« Euh… » que je commence. Rare signe d’hésitation. C’est pas juste pour meubler la conversation, je sais sincèrement pas quoi lui répondre.

Je dépose ma tasse aux trois quarts vides sur le comptoir et je fais quelques pas vers lui. Elijah, de son côté, a pas vraiment décroché. Il soutient mon regard alors que j’hausse les épaules. « Je sais pas? Je veux dire ya pas vraiment de plan. Si t’es pas prêt, t’es pas prêt. C’est pas comme si j’allais te forcer ou whatever, mais tsé, c’est quand même un peu plate que ça sorte de-même mettons? J’ai un peu l’impression de passer pour une belle dinde. »

Je passe ma main dans mes cheveux, comme pour les tasser, agacé. « Ego bruising aside, on peut quand même rester pour la fin de semaine. Il y a plein de films et on peut faire de la raquette ou de la pêche sur la glace ou du patin sur le lac. C’est sûr qu’il faut s’habiller chaud. »

Je marque une pause, puis j’ajoute : « Je suis désolé que tu aies perdu quelqu’un comme ça. Je sais que c’est dur. » Pas besoin de rentrer dans les détails.
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