Chaleur d'un café - ft. Noah
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Mails : 28
Double-compte : Thomas Loiseau
Emploi/loisirs : Chanteur lyrique
$ : 396
Céleste Francoeur
Dim 10 Mar - 21:00
ft. Noah
A coffee please.
Journée grise. Mais pas sombre. Une visite à son médecin, check de sa voix et de ses cordes. Cela s'améliore, mais ne pas trop forcer. Surtout ne pas chanter, toujours pas, pas encore. Bientôt. Mais à Céleste ça lui manque, ça lui fait une boule dans le ventre, un serrement dans son cœur. Et surtout un vide dans sa vie. Qu'il ne sait pas combler, trop de temps libre à occuper. Trop de vacuité. Et il ne sait quoi faire pour remplir tout ça, remplir ses journées, remplir sa vie à part se laisser voguer, se laisser porter. Alors comme après chaque visite, il fait un bout de chemin à pied. Pour combler un peu le creux. Pour profiter de cette liberté forcée. Et surtout apprécier le temps qu'il a devant lui, les gens qui passent autour de lui. Pressés. Avec un but, une destination. Lui marche sans précipitation, lève les yeux sur ce qui l’entoure, savoure, contraint, le jour qui se présente encore à lui sans détour. Sur le béton gris, à l'image du ciel aujourd'hui, ses pieds marquent un rythme lent, serein. Comme à chaque fois, il va se prendre une pause dans un petit coin trouvé un matin comme celui-ci, un petit café découvert au hasard de sa balade. Et ce qui l'avait fait se décider à franchir le pas, c'est le nom de l'endroit qui lui avait tiré un sourire. Qui le lui tire encore alors qu'il se présente à nouveau, pousse la porte et se fait accueillir par l'odeur particulière du lieu.
Lumière chaude et musique discrète. Il est encore assez tôt, quelques habitués ou gens de passage sont posés ça et là. Le tout est chaleureux. Lui arrive avec la douce assurance d'un homme qui connaît les lieux, un peu. Et c'est sans hésitation qu'il s'avance jusqu'au comptoir de bois sombre, se débarrasse lestement de son long manteau qu'il pose sur un des sièges hauts, et s'assoit sur celui d'à côté. Le temps de récupérer le livre de poche un peu corné qu'il lit en ce moment, de sortir aussi son portable pour vérifier l'activité récente, puis Céleste s'installe. Son coude sur le bois, sa main dans les mèches blondes qu'il a laissé libre aujourd'hui, il reprend sa lecture qu'il tient dans son autre main. Il n'y a pour l'instant personne derrière le comptoir, mais rien ne presse, on doit s'occuper des autres clients, on viendra vers lui ensuite. Il parcourt les lignes, replonge tranquillement dans les mots de l'autrice. Lit beaucoup trop rapidement les pages qui suivent, qu'il tourne dans un rythme plus élevé que celui de la plupart des lecteurs. Et c'est ainsi que les quelques minutes qui s'étirent se trouvent comblées de mots et d'idées et de sentiments sublimés. Un mouvement dans son champ de vision attire son attention. Alors Céleste se redresse, fait un signe de main alors qu'il cale un marque-page dans le livre qu'il referme. Sourire discret mais sincère à l'attention du jeune homme qui se présente.

- Bonjour Noah. Comment allez vous en cette belle journée ? Je prendrais un café viennois, comme j'imagine que vos thés sont toujours aussi imbuvables que de coutume.

Le ton est bas pour ne déranger personne, mais teinté d'amusement alors qu'il le taquine sur ses produits. Se permet cette pique pour le plaisir de se plaindre, sans vouloir à mal. Plaisanterie habituelle qu'il lui sert à chaque fois, alors que sa première commande ici avait été un thé, indigne de son palais beaucoup trop capricieux sur le sujet. C'est pour cela que depuis il s'offre un café, pour lequel le lieu est réputé. Et s'il en boit rarement, il le fait avec plaisir ici, puisque ils sont en effet délicieux. Sous sa main le livre fermé, qu'il range dans son manteau à côté. Se permet de reprendre rapidement.

- Ah et la viennoiserie du jour s'il-vous-plait Darling.

Surnom qu'il donne bien trop souvent, qui sort naturellement. Noah en fait les frais aujourd'hui, alors que sur ses lèvres s'étale un sourire plein de chaleur. Il relève les manches de son pull bleu marine et de sa chemise blanche, dévoile ses avant-bras. Puis croise ses mains sous son menton, suit des yeux le garçon de café et se laisse porter, loin de ses pensées ressassées bien trop souvent lorsqu'il se retrouve seul, ce qui lui arrive beaucoup trop depuis son retour à Montréal. Voilà pourquoi il se crée une vie sociale, des habitudes, voilà pourquoi il se permet de fréquenter des gens, bien plus souvent qu'à l'accoutumé. Mais sans travail dans lequel s'enfoncer, il cherche un ailleurs où se perdre un peu. Et ce matin, l'ailleurs sera le Gai Savoir, avec son nom qui le fait sourire.  


W. Shakespeare - Le Songe d'une nuit d'été.

If we shadows have offended, Think but this, and all is mended,

That you have but slumbered here While these visions did appear.   by lizzou .
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