TEASING - Montréal, 2048.

Une foule anarchique et cosmopolite fourmille le long de la rue sainte Catherine. L’armada populaire est multicolore de peau tandis que les corps sont de chair, de métal, ou bien encore métis. Homme et androïde, chacun est différent mais tous sont identiques dans la masse, individus trop pressés, croisant l’autre sans même le regarder. C’est une tourbe de bras et de jambes. D’identités.
Certains sont riches. D’autres sont pauvres. Loin du manichéisme, ils manipulent, écrasent. Grondent, se révoltent. Se soumettent ou subissent. Ignorent et se contentent d’avancer. Ils vivent, se confrontent et se répondent car cette foule polymorphe, insaisissable, est l’essence même du mouvement.
C’est la danse des humanités.
De notre société.
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Léandre Luissier - L'Archiviste
DC : Johann Keegan - Logan Duval
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Les figures de l'ombre
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▬ 06/18 :Lancement de Human Outside, pour les deux ans du forum ! C'est un grand remaniement qui n'attend plus que vous ♥
Prédéfinis

Ceux qui rêvent - ft. Anna
 :: Montréal :: Ville industrielle

Mails : 93
Double-compte : Céleste Francoeur
Surnom : Tom, Tommy
Emploi/loisirs : SDF - Sans emploi
Portrait robot : • Parfois camé.
• Souvent paumé.
• Musique en tête, l'Esprit en miette.

Fredonne en #e00030
$ : 2240
Thomas Loiseau
Sam 16 Mar - 18:46
Can somebody hug me now, So I can be myself And give away
All of my heart  
Il y a le froid, qui fait crisper tout ses muscles, tout son corps en tension qui jamais vraiment ne s'endort. Et la faim. L'estomac près de lui fait trop de bruit, le sien est bien trop serré aussi. Alors, allongé à même le sol, un manteau défraîchi sur lui et son sac à dos pour oreiller, il se réveille à moitié. Ouvre un regard déjà trop inquiet, toujours cerné de noir, sur l'homme contre lui. Pas dans un meilleur état, toujours endormis. Loin au dessus d'eux, au dessus des immeubles gris, un semblant de ciel bleu qui s'étire après la nuit. Journée pas si pire, si le temps prête à sourire.
Il divague. Dans leur coin où personne ne passe, il sait être tranquille une grande partie de la matinée. Les yeux dans le vague, s'agitent ses pensées, sans trop remuer. Juste quelques sons, quelques mélodies qui se perdent entre les mots qui parfois éclosent. Des mots éparses, pas trop graves, juste ce qu'il faut pour combler le vide sans faire d'histoires. Pas de grands questionnements sur le sens de la vie, juste des mots jolis, polis, sur il fait beau et il n'y a pas encore trop de bruits. Pas sur comment ils vont pouvoir manger à midi et pourquoi le sol est toujours gris sous lui.

- Thomas ?
- Hm ?

Son regard doré se focalise sur l'origine de la voix. C'est un gars rencontré hier, paumé comme lui, plus jeune aussi. Mais sans problème de timidité à gerer, puisqu'il s'était installé tranquillement à ses côtés avant d'entamer la discussion. Thomas avait envié l'aisance non complexée de ce Will, et ils avaient sympathisé. Autant que le peuvent deux garçons perdus dans une rue non fréquentée. Puis ils s'étaient endormis, l'un près de l'autre, bien que dormir est toujours un mot trop grand pour ces moments là.

- J'ai faim. Y a un truc d'aide je sais pas quoi dans un quartier pas trop loin. Tu viens ?

Il ne dit rien. Qu'est-ce qu'il peut faire ? Refuser une aide sous un prétexte idiot ? Il soupire, rajuste son sourire et hoche la tête. Pour se lever difficilement, mais au final il ne le voit même plus, le ressent à peine. Tend une main à cet ami d'une nuit, dont l'autre se saisit. Une fois debout, ils rangent le peu d'affaires qu'ils possèdent. Pour lui, des fringues trop larges, chaudes et dans un sale état, en plus de son sac à dos trop rempli de brides de sa vie. Puis ils bougent, capuches sur la tête et quelques mots envoyés en l'air, discrètement. Pour ne pas déranger les gens. Passer non loin, mais rester dans son coin. Le temps clair joue sur leur moral, et puis à deux c'est toujours un peu mieux. Alors ils avancent, lentement, mais pour une fois il y a un but, et même si Thomas est stressé du coup, peur d'avoir honte, ça fait du bien. De savoir où mène le chemin. Quelques longues minutes, des mètres avalés par leurs baskets trop usées. Avant d’apercevoir la petite tente claire qui s'élève dans un recoin, une allée un peu en retrait du passage des gens biens. Will s'y avance, serein. Confiant et sans crainte. Lui le suit, sa main libre dans sa poche, l'autre serrée au possible sur la lanière de son sac à dos. Il reste en retrait, ne dit rien, regarde Will se comporter comme si de rien n'était. Au final, il se demande pourquoi il n'y arrive pas, pourquoi il en fait tout un plat. Pourtant il n'a pas de fierté mal placée, alors il ne sait pas trop pourquoi. Prend juste un de ses trop nombreux appareils pourris mais qui font ce qu'on leur demande : passer sa musique. Il y enfonce sa paire d'écouteurs trop vieux et pousse le son sans doute trop fort dans ses oreilles, pour ne plus entendre la tumulte des gens comme lui, pour ne plus entendre les voix usées de froids, les voix usées de vie, ne plus entendre les intonations de pitié qu'il ne sait s'il les imagine ou non, dans la bouche des quelques bénévoles présent. Il voudrait partir, mais Will lui fout une tasse d'un truc brûlant dans les mains avant de s'éloigner discuter avec une dame qu'il doit connaître, vu le ton. Et lui se sent encore très con. Debout dans son coin, avec son regard fuyant, la capuche de son sweat gris délavée cachant la moitié de son visage, un manteau improbable sur le dos et un jean presque pas si déchirés que ça sur le cul. Et lui, le machin idiot qui s'élève dans tout ça. Pourtant ce sont que des gens comme lui ici. Peut-être qu'il ne veut pas voir à travers eux sa propre misère, ne veut pas qu'on lui balance à la gueule le reflet de sa vie, ne veut pas de cette étiquette qu'il est plus facile d'ignorer quand on est seul. Peut-être. Il boit une gorgée de la boisson, c'est un chocolat chaud, ça lui brûle les lèvres gercées et la langue aussi, avant de raper sa gorge d'un goût sucré beaucoup trop chaud. Mais ça fait du bien aussi. Alors il en reprend une. Et reste là le temps de.



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A Fleur de Cœur
« Il faut qu’on se noie encore une fois Dans les nuits fauves Et les grands soirs Qu’on récupère un peu d’espoir. » Fauve - 4000 Iles ©.bizzle

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Anna Kosma
Lun 18 Mar - 10:54

       
Ceux qui rêvent
Feat Thomas Loiseau
Elle venait ici tous les mercredi soir. 
Petite mère attentionnée, elle était une figure sur laquelle on pouvait compter. Elle faisait de son mieux pour être chaleureuse et rassurante envers les pauvres âmes qui cherchaient refuge en ces lieux et mettant tout son cœur à les aider. Elle était assidue dans son ouvrage, toujours attentionnée à l’égard d’autrui, malgré les mondes radicalement différents auxquels ils appartenaient.
Ces soirées lui rappelaient pourtant que tous partageaient la même planète qu’elle.
Elle aimait passer du temps au foyer. Même si voir la misère, la toucher et la sentir, était douloureux. Même si voir ce témoin d’un monde en perdition était une défaite. Elle aimait sincèrement ce lieu et ce contact qu’elle ne pouvait avoir nulle part ailleurs : c’était la plus humaine des maisons.
Elle aimait le feu qui brûlait dans ce foyer, devenu le sien. Elle aimait la petite famille qu’elle commençait à se constituer alors qu’elle tissait des liens plus profonds avec certains réguliers. Elle se sentait peut-être un peu moins seule, comme tout le monde ici. Quand ils quittaient ces lieux, ils revenaient à leur cruelle solitude et à la misère de leur condition- tout comme elle.
Alors elle profitait de ces heures en l’air et faisait de son mieux pour alléger leur foyer.
Elle s’était trouver un ami en la personne de Will, personnage jeune – si jeune !- et haut en couleur, pause joyeuse dans ce monde de tisons froids. Un personnage dont la flamme brillait encore intensément.
Leurs conversations étaient gaies, malgré le monde qui brûlait autour d’eux. Elle aimait penser ce lieu comme un abri contre les flammes.
Ses yeux cependant ne pouvaient s’empêcher de regarder au-delà des traits angéliques du visage du garçon. Il était venu accompagné d’une grande silhouette silencieuse. Un tas de cendres rougeoyantes encore, elle le voyait bien.
« Excuse-moi mon grand… Est-ce que ton ami va bien ? » s’enquit-elle auprès du garçon.
« Il m’a l’air très fatigué, vous devriez rester ici ce soir, avec le temps qui se présente… Je te trouve bien pâle aussi. » fait-elle avec caresse amicale sur la joue du garçon. Sans plus de cérémonie, elle fit volte-face.
Elle reparu quelques instants plus tard, accompagnée de Will, un bol de soupe chaude dans les mains.
« Bonsoir. Je m’appelle Anna, enchantée… » fit-elle doucement, en direction de l’inconnu. Will lui avait dit qu’il s’appelait Thomas.
« Thomas c’est ça ? Tu m’as l’air gelé, mange donc ça…» fit-elle, lui tendant le bol de plastique fumant. Elle faisait de son mieux pour être amicale –  elle savait que certains étaient très timides, qu’ils n’osaient pas demander de l’aide. Elle était là pour ça, pourtant. « C’est très bon, enfin j’espère ! » ajoute-t-elle en riant, léger embarras s’insinuant dans ses yeux qui brillaient comme l’ambre.
Elle cessa de respirer un instant en voyant les mains du jeune homme. Ces pauvres mains tuméfiées, rugueuses. Quelque chose qui les différenciait fondamentalement. Elle avait de longues mains de pianiste, douces et frêles. Jamais blessées que par le fil et l’aiguille. Elle eut un pincement au cœur en voyant la tempête de couleur qui se déchaînait sur ces mains bien plus grandes que les siennes.
« …Et ensuite on s’occupera de ça, veux-tu ? »
La luciole sur le col de sa chemise lui renvoya un éclat joueur.

« J’ai un pris un sacré pète dans le cou aussi … » commence Will, la mine boudeuse. « Je m’en occuperai aussi. » répond cette dernière avec un rire.
 


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make it right
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Fredonne en #e00030
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Thomas Loiseau
Sam 30 Mar - 21:41
Can somebody hug me now, So I can be myself And give away
All of my heart  
Musique. Trop forte. Les mains au chaud contre sa tasse, le temps de finir sa boisson rapidement malgré la chaleur brûlante qui lui fait fondre la gorge et c'est bon, ok, c'est bien. Il cherche où la poser, bouge à peine en direction d'une table et discrètement se débarrasse du récipient. Se demande s'il peut partir maintenant. Il se bascule légèrement, en rythme. Le regard fuyant, il laisse les gens et se concentre sur son bruit. Puis oublie. Qu'il ne voulait voir personne, encore moins discuter, parce qu'il la voit. Elle. La femme. D'une élégance des plus rares. Il ne percute pas, Thomas, que c'est de lui qu'elle s'approche, que c'est bien lui qu'elle regarde, que c'est lui. Il ne percute pas de suite. Ce n'est que quand elle se pose en face de lui, qu'il comprend. Ou alors c'est Will derrière elle et sa grimace concernée qui lui font reprendre pied. Il se débarrasse rapidement de ses écouteurs, s’emmêle dans les fils, lâche son appareil qui va pendre trop près du sol, le reprend vite en main et l’éteint enfin pour tout ranger dans une de ses poches, sa main essayant de se débarrasser du fil enroulé, pour réussir après quelques secondes de combat acharné. Pendant lesquelles Elle s'est présentée. Et Thomas rougit.

- Ah euh.. Pardon. Anna. Je... Enchanté aussi.

Il en oublie son nom, en oublie les règles élémentaires de présentation. Elle est trop.. Pas assez.. Il en perd ses moyens, un peu. Plus que d'habitude sûrement. Parce qu'elle a une douce assurance, une belle élégance, que Thomas ne sait pas quoi faire face à tout ça, se sent toujours plus misérable. Il est tellement paumé à cet instant qu'il en oublie de se sentir ainsi. Avant de piquer un fard quand elle l'appelle par son nom. Il se sent vraiment idiot, alors il hoche juste la tête et prend entre ses mains ce qu'elle lui présente, le cœur qui tangue alors qu'elle rit. Et c'est léger et à son image et ça lui tire un vrai sourire, un peu caché derrière le bol qu'il porte à son visage. Il espère aussi que ce sera bon, parce qu'il ne veut pas la décevoir, parce qu'il ne veut pas lui dire que non. Parce qu'il ne saurait pas comment être désagréable ou quoi que ce soit avec Elle. Alors il tente, prend une inspiration discrète et une gorgée de la soupe fumante. Accepte et oublie ce que ça fait d'être traité avec pitié dans un centre comme ça, parce que c'est une Dame qui s'occupe d'eux, de lui, et que ça efface un peu le gris.

- … C'est.. C'est pas si pire.

Sourire, toujours. Non, ce n'est pas si pire, ça se laisse plutôt bien avaler. Il en reprend une gorgée, la voit le fixer, ou fixer ses mains, il n'en sait rien. Mais il comprend que oui c'est bien ça lorsqu'elle reprend la parole. Une moue désolée s’étale sur son visage, il voudrait s'excuser, de lui. Mais Will prend la suite, veut de l'attention. Il adore ce garçon, qui lui tire un rire franc avec sa mine boudeuse d'enfant trop grand. Un rire discret, presque étonné d'exister, mais vrai. Qui se finit rapidement alors qu'il retourne se fondre derrière sa soupe, les yeux pétillants de les voir se taquiner, se chercher. Il en profite pour finir tranquillement sa soupe, sans se presser mais sans trainer, pour ne pas la faire attendre, pour ne pas lui faire perdre son temps. Il ne sait pas ce qu'elle fait là, pourquoi elle veut s'occuper de lui. Mais ça fait un peu de chaleur alors c'est bon. Et pour ne pas rester les bras ballants une fois son bol vide, pour ne pas laisser trop de blanc, il tente de s'accrocher, de dire quelque chose. Quelque chose de simple, sujet banal sans trop de risques. Son regard passe sur elle, sur les gens, revient rapidement. Il y a un éclat doré qui attire ses yeux.

- C'est quoi comme insecte ? C'est joli.

Il désigne du doigt le petit bijou. Ce qu'il dit est inutile au possible et Will à côté lève les yeux au ciel. Alors il rougit à nouveau, range sa main, de l'autre tient son bol sans savoir quoi faire d'autre que de rester planter là. Comme un idiot.



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