Préliminaires [Elliot +Johann]
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Mails : 31
Double-compte : Léandre et Logan
Surnom : Jo'
Emploi/loisirs : Doctorant en theologie / musicien de rue / cultivateur de cannabis
$ : 73
Johann Keegan
Dim 21 Avr - 11:52




Serre-moi, Tryo


Johann est un sensible. Il vibre face à la vivacité d’un esprit, à la résonance d’un corps, à la connections des sens, à la pureté des sentiments, à l’intensité des émotions. A tout.

Toujours ébranlé mais stable sur un fil dont il ne tombe néanmoins jamais, il joue avec brio à l’équilibriste de la vie, saisit en vol les occasions, les sourires qu’on lui offre, la folies des belles idées, le magistral d’une grande connerie.
Il est avide de tout cela comme un enfant se gave d’expériences nouvelles et quand Lola vient le voir pour lui demander de poser pour un gars qu'elle veut aborder et baiser, il rit en découvrant ses dents blanches, l’a prend dans ses bras et  claque une bise sonore sur sa joue, des éclats de joie dans la voix, une phrase unique en accord.

« Va, je suis ton homme, tu me payeras un resto en retour ! »

Il ne cherche pas plus loin et le pacte est conclu, la rationalité mise de côté. Pour le plan absurde de génie,  il organise tout, contacte par sms l’artiste, convient d’un rendez-vous pour le samedi.
C’est aujourd’hui. Il s’est habillé pour l’occasion, a revêtu un jean niqué, un sweat trop vieux et bien chaud, une grande casquette de laine informe dans laquelle il a coincé ses dreads.
Il est beau. Décontracté. Fidèle à lui-même. Pas formel car l’artiste par message semblait ne pas l’être. Ça l’avait d’ailleurs étonné. Tant mieux. Le contraire l’aurait emmerdé.


Revenant de ses pensées, il se tourne vers Lola, qui, pendue à son bras, le pas rapide, répète une nouvelle fois la conduite à tenir, anxieuse, une moue adorable au visage.

-Essaye pas d'y aller subtilement, t'es nul pour ça. J'veux pas qu'il me prenne pour une crisse de niaise fangirl transie qui passe par son pote. Juste qu'il sache qu'il me plaît et que je suis prête à un truc sans suite, juste pour le fun et cul.

Esquisse sur les lèvres du musicien .

“Alors va le voir et drague le sec. Tu le tripotes mine de rien pour le chauffer et tu lui dis ?”
-Comment ? elle avait répondu du tac au tac, “j't’ai vu au vernissage la dernière fois et depuis j'ai la chatte en feu et j'ai envie qu’tu pilonnes “? Steuplé Jo’, les meufs se font pas chier avec le harcèlement pour faire la même aux mecs. J'm'en fous qu'il me prenne pour une chaudasse mais il y a des façons de faire quand même…

Rire. Léger, grave -masculin-, musical.
Johann n’a jamais compris ce besoin de subtilité et de manipulation qu’ont les filles quand un mec leur plaît et qu’elles souhaitent le baiser. Elles veulent faire le premier pas mais ne le peuvent pas. Pas frontalement. Question de convention, de faire croire au mec qu’il a le pouvoir. ‘Faut préserver les égos des mâles aussi si elles veulent l’avoir. Pas faire sa salope si elles ne veulent pas que le mec les respectent mais ne pas être une effarouchée non plus si elles veulent le monter.

C’est d’un compliqué et pour palier à tout ça, elles inventent des tactiques foireuses et inventives. C’est ce que Johann préfére. Ça le fascine. Il adore ce côté légèrement sournois alors qu’il est l’exact opposé et que chez lui, tout se compose par la spontanéité.


-Vu ainsi… Promis, j'ferais ce que je peux mais j'crois que dès qu'il t'aura vu t'aura pas besoin d'mon aide d'facon.

Johann sourit et l’autre fait de même. L’échange est complice. Réciproque. Le temps et leur relation ont rendu explicites les mots tus et les paroles sous-entendues et le musicien glisse un bras autour de la taille de l’amie, continue sa marche vers l'atelier de l'artiste.
Une fraction de seconde, il la regarde et dans ses yeux clairs  brillent un éclat de tendresse et de convoitise dépassée.

Lola est un beau brin de fille, une brunette avec une petite poitrine ferme, une taille fine et des hanches larges qui la font paraître plus ronde qu'elle n'est en réalité. Son physique en poire est celui d’une femme ordinaire mais sa façon d’être la rend agréable, vive et joyeuse. Sûre d’elle, voyante et intéressante. Désinvolte. Attachante.  Sexy.
Désirable et  c’est ce qui, à l’époque de leur rencontre, avait séduit Johann et fait que sans amour mais avec fougue et sincérité, ils avaient si souvent pris leur pied avec l’autre, s’amusant ensemble jusqu’à ce que le jeu, sans violence, s’étiole et disparaît pour ne laisser qu’une amitié tendre et piquante, un amour infatigable et fraternel.

“Tu vas le baiser, je le sais… Tu nous baises tous de toute façon.

Mine faussement contrite, jeu de regards et la Belle éclate de rire, pince les hanches de l’ami.


“Sois pas jaloux ! T’en as déjà profité, faut partager!  je suis irrésistible que veux-tu ! Et puis si tu veux on partagera… ‘Parait qu’il est un peu bi…

Elle le regarde en coin, le vice dans les prunelles et sur le bord de sa lippe tirée.

”Sans moi, sorry, la bite ça me fout pas la trique mais je suis dispo si tu invites à l’avenir une pote.”

Lola sait déjà tout cela mais elle ne perd pas espoir qu’il change d’avis, propose à chaque fois. Imaginer Johann prendre un autre mec la fait fantasmer. Pervertir un hétéro à la bisexualité, ça a un goût d’interdit, de challenge accompli. Elle lui a dit sans doute ni honte. Il a ri.

Avec les années, il sait tout d’elle. Ses relations, ses fails, ses réussites. Le fait qu’elle est pansexuelle et polyamoureuse, pas des plus fidèle et qu’elle aime les plans à trois, qu’elle a un don pour choisir ses partenaires, s’informer sur ses proies. Elle a bon goût aussi et beaucoup de feeling, sait qui pourra s’accorder ensemble de façon presque instinctive. C’est la reine de la bonne baise Lola.

Jo’ n’a jamais été déçu de ses sélections mais coucher avec un mec ne l'intéresse pas. Il préfère passer même s’il sait que c’est aussi pour la possibilité de ce plan à trois qu’elle lui a demandé à lui et pas à un autre de jouer les entremetteurs.
Il soupire. Doucement.

“Au lieu de raconter des conneries, regarde, on arrive, c’est la grosse baraque là-bas.”


Il  indique du doigt une maison bourgeoise à une cinquantaine de mètres et quand ils atteignent la destination, Johann sonne à l’interphone, se présente. Une voix d’homme répond, et la porte s’ouvre.  

Ils entrent et après un couloir aux portes fermées, juste en face, tombent sur un grand atelier.
Le lieu est indéniablement canon. A mi-chemin entre le destroy et le vintage, pourvu d’une grande fenêtre qui inonde la pièce de lumière, donne un jeu d’ombres intéressant au bordel hétéroclite de sculptures et de matos. Très arty.

Johann, reluque l’endroit quand, caché derrière un chevalet, son hôte vient se présenter à eux,  emportant avec lui un torchon taché dans lequel il essuie ses mains.
Arrivé à leur hauteur, il claque une bise à Lola, serre la main au musicien. Il est aimable, sourit malgré son teint de cadavre et son look tout de noir de croque-mort ou de poète dépressif.

Les apparences sont trompeuses parfois et Lola pose sa main sur l’épaule de Johann, dégaine son plus beau sourire, regarde l’ami bien que toute son attention soit réellement tourné vers l’artiste.


« Je te laisse mon lapin ! Je vais faire un tour, tu m’appelles quand tu as fini ? »

Elle fait un clin d’œil, mutine, embrasse la joue du musicien à la volée et, avec une esquisse large et chaleureuse,  fait un grand signe de main à celui qu’elle veut séduire.

« Je vous le laisse, prenez-en soin ! Je reviens le récupérer tout à l’heure ! »

Un éclat de rire éclot dans la gorge de Johann, et la belle disparaît, les laisse seul à seul, Jojo-Lapin dans la gueule du loup.
C’était à lui de se mettre à nu à présent pour que le plan puisse véritablement démarré.

« Bon à priori, je suis à vous. J’me fous à poil là ou il y a un endroit spécial ?»

Arriveraient-ils à leur but ? Le jeu en tout cas était lancé.

Mails : 25
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Surnom : Elio, Lili, Catin, l'Incube, le Borgne
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Portrait robot : - Oeil bionique
-Adolescence et étude passées en France
- Malaise face aux androïdes
$ : 340
Elliot Hill
Mar 9 Juil - 11:36
Le pastel, gras, coloré, épais, lui collait aux doigts. Et le menton appuyé dans le creux de sa main, il en barbouillait ses joues – des traces jaunes et roses – alors que pour la centième fois il revenait sur ce nu, qu’il se contentait de saborder un peu plus à chaque tentative de rendre correctement la texture de la peau. Pour ne pas emmerder un peu plus l’étudiante en art qui était venu poser pour lui, un peu craintive devant son enthousiasme démesuré, il avait prit quelques photos en référence, levant les yeux au plafond quand elle lui avait demandé d’une petite voix qu’aucuns de ces clichés ne finissent sur le net.
Elliot était un enfoiré, une enflure, un salaud, pas un taré pervers. Du moins tentait-il de l’oublier. Il l’avait rassuré en prenant une de ses rares mines sérieuses, posant une main sur son épaule ; et maintenant son modèle lui avait filé entre les doigts, sûrement trop timide pour un jour revenir le voir. Et comme il refusait d’aller mendier la présence de quiconque, ils ne se reverraient jamais.
Alors, en artiste torturé qu’un auteur romantique aurait pu prendre en pitié et raconter sur des centaines de pages, il s’était mis en quête d’une nouvelle muse de la plus lyric des façons : une annonce dans une Fac.
L’ironie du sort avait voulu que son manque de poésie soit récompensé, et que par l’intermédiaire d’une jolie brune qui semblait étrangement souriante à son égard, la tant désirée muse vienne à lui.
Au détail prés qu’entre les jambes de la muse, logeait un vit.
L’idée venait de lui, précisée sur l'annonce, lui qui aimait par-dessus tout exploser les portes closes de la bonne morale, et ce type, il l’accueillerait à bras ouvert, quand bien même il ne connaissait même pas son visage.

Le bruit de l’interphone le fit sursauter, son pastel roulant sol jusqu’à disparaître insolemment sous un meuble, comme pour se venger du manque d’intérêt que lui portait un possesseur déjà partie répondre et ouvrir le portail.
Elliot s’essuya vite les mains sur le chiffon coincé à la ceinture de son pantalon cargo noir, observant une dernière fois la martyre alanguis dans son cadre blanc, avant d’entendre la clenche de la porte tourné. De derrière son chevalet, il tendit le coup, un sourire déployé sur ses lèvres sombres. Il trotta vers eux, le chiffon toujours entre ses mains, posant une main sur l'épaule de Lola en se courbant pour embrasser sa pommette charnue.

« Salut Lola, ça fait un moment ! »

Et redressant son un mètre quatre-vingt, il se tourna vers l'homme un peu en retrait derrière  elle. D'un regard il le détailla des pieds – chaussures pratiques, jean délavé et usée – à la tête – un sweat large, une casquette sur la tête, dans lequel disparaissent des dreadlocks –, et sans qu'il ne cherche à le cacher, son sourire s'agrandit
Elliot n'était pas de ceux qui cachaient leur intérêt ; pas toujours. Il y avait certaines personnes face auxquelles il refusait de céder, et d'autres pour qui l’intérêt était trop soudain, ou porteur de trop peu d'enjeux pour qu'il prenne la peine de le dissimuler. Dans un geste vif, il lui tendit la main et pencha légèrement la tête en le regardant dans les yeux.

« Elliot Hill, enchanté ! »

Il s'éloigna ensuite de quelques pas, laissant les deux amis se saluer et peut-être échanger une phrase qui ne le concernait pas, allant de son côté chercher une mallette remplie de peinture adaptées à la peau humaine et sa fragilité. Il sourit à la remarque de Lola et la salua d'un signe de main, l'observant s'éloigner avec un léger sourire, avant de subitement tourné la tête en entendant la voix de Johann résonner dans l'atelier.

« Ha oui, désolé ! Hum, comme vous voulez... »

Il esquissa un sourire, montrant d'un geste de la main un paravent en bois ouvragé dans un coin de la pièce, qui contre le mur formait une sorte de cabine.

« Vous pouvez vous changer là si vous préférez. »
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Johann Keegan
Lun 29 Juil - 20:52




L’accueil est chaleureux.
L’artiste, face à leur venue, est familier et détendu sans trop l’être, salue Lola puis, sans fausse-gêne, jette une œillade à Johann, sourit de sa dégaine, vient saisir sa main. Il se présente. Le musicien fait de même.

« Johann Keegan, enchanté de vous connaitre. »

Cela sonne un peu faux même si le propos est vrai. Il est enchanté mais déteste l’utilisation du vouvoiement. Cela est trop protocolaire. Ca le gêne et dès qu’il le pourra, verra pour passer au « tu ».
Il range pour plus tard cette volonté dans un coin de sa mémoire et Lola partie, question sur l’endroit pour se changer posée, son visage s’ouvre un peu plus et au jeune homme, sourit d’avantage.
Il rayonne de naturel et de bonne  humeur et l’autre doit le ressentir, répond en étirant ses lèvres, indique un paravent, précise qu’il peut se changer ici-même néanmoins s’il le préfère.

Johann, tourne la tête vers l’objet pointé du doigt, toise la cabine improvisée, devine l’étroitesse qui se cache derrière, hausse les épaules.
Au vue du niveau d’intimité qui sera le leur dans quelques instants, se dévêtir ici, sans chichi ni cérémonie, sera très bien.
Il l’oralise.  

« Bwaah, ça m’a l’air étroit là-bas. Vous allez de toute façon me voir à poil et me tripoter pendant je sais pas combien de temps donc ça serait un peu abusé de faire son pudique au moment de se déshabiller. Et puis, honnêtement, j’men fous. Ça sera pas une première. »

Tous ses potes l’ont déjà vu au moins une fois nu ou bourré. Les deux parfois en même temps.

Il masque un sourire sous la pensée, étouffe un bâillement, et sans plus d’attente, délasse ses chaussures, retire sa casquette large qui laisse retomber ses dreads sur les épaules, dévoile les piercings et les écarteurs à ses oreilles, les tresses de fil dans ses cheveux.  
D’un mouvement vif, il passe d’un seul coup par-dessus sa tête son sweat et son t-shirt, frisonne du changement thermique.
Sur ses bras découverts, ses poils se dressent mais il n’y fait pas d’avantage attention, continue son effeuillage sans manière, laisse choir au sol son pantalon et son boxer.
Il est à présent nu comme un ver, et sans le moindre mal-à l’aise, ramasse les vêtements laissés par terre, tourne le dos à son hôte pour aller les pendre au paravent.
S’il se sait surement observer, il ne voue pas le moindre intérêt au regard de l’autre sur son corps, revient, tend les bras à l’horizontale dans un geste théâtre.  

« Tadam ! »

Il expose la marchandise , s’assume tout entier sans complexe, ni artifice, conscient de ne pas être un canon de beauté.
Il se sait sec, nerveux, parcouru de constellations entières de grains de beauté, le ventre légèrement creusé,  les abdominaux légers mais toujours durs de faire peu de sport mais de trop rire.
Il n’ignore pas non plus les cicatrices d’acné dans son dos et sur ces épaules, les quelques poils fauves et longs (à croire qu’ils se sont perdus) remontant en ligne sur son torse et  vers son nombril. Il fait fi de son sourire et du blanc de ses yeux respectivement légèrement jaunis ou rougis par le cannabis, de ses jambes à l’état sauvage, des toisons à peine entretenues à ses aisselles à et son pubis alors que tant de mecs s’épilent,  arbore fièrement le rose petit cochon de ses mamelons sur sa peau trop blanche, son téton gauche percé, le tatouage de son bras, le reste dégueulasse de bronzage de festivalier, bras et jambes foncé, torse pâle.

Il s’en fout. Un corps et un corps et Johann les aime tous.
La culpabilisation des défauts et l’ôde aux canons, ce n’est pas son truc. Il s’aime comme il est et le charisme qui émane de cette liberté d’être en est presque saisissant, gênant.
Peut-être le perçoit-il, raison des mots qui balancent à la suite pour ne pas laisser de blanc.  

« Du coup, J’m’installe où ? Comment ?  »

Il se tait, un instant car son oreille vient de remarquer le fond musical si discret et bas que l’agitation l’avait tu.
La mélodie, baroque, lui est familière bien que cela fasse des années qu’il ne l’a pas écouté.

« C’est les Indes Galantes ? Nice choice pour un artiste. »

Espiègle, il lance un clin d’œil très bleu au peintre, s'amuse de la proximité qu'il instaure, curieux de voir la réaction de l'autre.
Peut-être l'artiste prendra peur et se repliera sur lui-même, peut-être comprendra-il qu'il n'a rien à craindre à être lui même.
Johann l'espère car le prochain pas est le tutoiement.
Lola viendrait ensuite, cerise sur le gâteau, peinture d’art sur la toile vierge du corps.




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Elliot Hill
Mar 27 Aoû - 22:17
Il rit franchement en entendant Johann, des risettes sur son menton pâle et anguleux, les yeux plissés par l’amusement, et tourna la tête vers lui en reluquant une nouvelle fois sa dégaine : débraillée et naturelle, au point que le restaurateur se dit qu’il devra un jour le dessiner habiller. Johann est un personnage, quelqu’un d’authentique et original. Ce qu’il trouve si peut et chéri tant.

« Vous voulez que j’évite la ceinture ? »

Le nargua-t-il pour rire, partant au fond de l’atelier prendre une mallette de peinture faîte pour le corps et revenant en marquant un légère arrêt devant les dreads de Johann. Il aimait définitivement bien ce type. En passant prés de lui, il retient l’envie d’abandonner la mallette pour passer ses bras autour de ses épaules, enfouir son nez au milieu de ses épaisses mèches de cheveux avec un rire d’enfant, peser de tout son poids sur le corps de l’étudiant, et peu à peu se hisser sur lui, son torse contre ses omoplates, ses bras pendant de chaque côté de son visage, ses jambes, mollement serrées autour de sa taille, dressé en haut de son perchoir avec toute la dignité d’une serpillère, mais une serpillère heureuse.
A la place, Elliot posa la mallette au sol, s’accroupissant à côté pour ordonné un peu ses tubes, ouvrir et renifler ceux lui semblant dans un état douteux. Il en balança un par-dessus son épaule avec une grimace, rentrant la tête dans les épaules en l’entendant rencontrer le sol plutôt que le fond de la poubelle.

Le borgne se retourna au « tadam » de Johann, et sourit en le regardant, délaissant sa mallette de tubes de peinture pour se redresser, et les bras croisés, observer l’homme. Johann c’était dévêtu dans gênes, aussi le borgne le détailla de la même façon : sans gêne. La pudeur n’avait pas sa place dans un atelier, du moins avec lui, qui pouvait sans mal se révéler en connard exigeant dans les mauvais jours. Et ses yeux descendaient le long du corps de l’ami de Lola, dessinant déjà sur sa peau avec une lueur de désir qu’il ne cherchait pas à cacher ; ainsi il verrait si Johaan était intéressé ou gêné – peut-être même cordialement indifférent –, et il adapterait son comportement en fonction. Mais l’homme face à lui était son type d’homme, beau et naturel à l’en crever, et il maudit intérieurement la bienséance, la pudeur, la moralité et toutes ses barrières érigées entres humains, qui l’empêchaient à l’instant de lui proposer une rapide baise, dans sa chambre ou ici, à même le sol, puisque son atelier était clairement son endroit préférait pour faire l’amour.
Prend-moi ou laisse-moi te prendre, je m’en fous, je te veux.

Elliot lui désigna d’un signe de tête un tabouret d’un vieux style au milieu d’un des rares vides de la pièce, à moins de deux mètres de son chevalet. Un bois sombre, des pieds ouvragés, et un cuire rembourré autrefois rouge, que des tas de fesses avait usée et un tas de poussière assombrit au point de l’en rendre amarante.

« Là ? Si vous voulez il y a un drap à côté… »

Désigna-t-il en avançant dans le sens opposé à Johann, contorsionné un instant pour lui sourire avant de se retourner pour laver soigneusement ses mains au lavabo accroché au mur, au milieu d’une mosaïque et sous un morceau de miroir.

Il salua la remarque mélomane de Johaan d’un « yep » amusé, tournant la tête pour lui sourire, plantant sans gêne son regard dans le sien, intrusif, et dodelina doucement de la tête sur le temps, fredonnant du bout de ses lèvres les croches qui raisonnaient entre eux. Un peu plus fort, pour couvrir la musique autant que les quelques pas qui les séparés, le borgne lâcha avec un début de rire :

« Vous m’accorderez une danse ? »

Le provoqua le borgne, l’espoir bien présent et assumé de le voir accepter dans un coup de dérision luisant dans son regard, bien qu’il ne savait pas danser. Ou seulement de façon très restreinte : il maîtrisait le twerk.
Dont l’apprentissage c’était terminé en dégringolade d’une table basse, avec l’amie finit aux joints qui c’était improvisée sa professeur, puis des courbatures dans le bas du dos pendant une semaine, et l’évocation récurrente de cette soirée mémorable pendant un mois.

« Ho ! Heum… »

Il se retourna vers l’homme avec un sourire mélangé à une grimace,  faisant tourner entre ses doigts un pinceau.

« Ca vous dérangerez qu’on… Se tutoie ? J’ai plus l’habitude du « vous » pour les gens que je n’aime pas… »

Son sourit s’agrandit un peu plus, et il attendit tranquillement sa réponse, les bras à nouveau croisés sur son torse, intérieurement amusé du début d’avance, au pire de la demande d’amitié qu’il venait de faire à l’homme. L’implicite, à l’instant l’amusait, même s’il aurait aimé parfois s’en affranchir.

HRP:
 
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