TEASING - Montréal, 2048.

Une foule anarchique et cosmopolite fourmille le long de la rue sainte Catherine. L’armada populaire est multicolore de peau tandis que les corps sont de chair, de métal, ou bien encore métis. Homme et androïde, chacun est différent mais tous sont identiques dans la masse, individus trop pressés, croisant l’autre sans même le regarder. C’est une tourbe de bras et de jambes. D’identités.
Certains sont riches. D’autres sont pauvres. Loin du manichéisme, ils manipulent, écrasent. Grondent, se révoltent. Se soumettent ou subissent. Ignorent et se contentent d’avancer. Ils vivent, se confrontent et se répondent car cette foule polymorphe, insaisissable, est l’essence même du mouvement.
C’est la danse des humanités.
De notre société.
Staff
Léandre Luissier - L'Archiviste
DC : Johann Keegan - Logan Duval
Fondateur & graphiste - Présent

Les figures de l'ombre
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▬ 06/18 :Lancement de Human Outside, pour les deux ans du forum ! C'est un grand remaniement qui n'attend plus que vous ♥
Prédéfinis

Promesses. [Logan Duval]
 :: Montréal :: Quartiers résidentiels

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Surnom : lil wolf
Portrait robot : ♙ 23 ans (19/12). Originaire de Russie. Papa Américain. Maman Russe. Orphelin. Témoin de l'assassinat de ses parents mais trop jeune pour s'en souvenir réellement, hanté par quelques échos de la scène.

♙ Artiste de toile, de papier ou de rue. Mémoire photographique. Prudent, n'accorde que peu sa confiance. Paradoxalement peu confiance en lui sur beaucoup de domaines.

♙ Yeux gris, cheveux très pâles. 1m79. 72 kg. Solide et endurant, rapide. Bonne résistance aux coups durant un combat, tendance à en pâtir après.

♙ Parle en #3AA6AC (+ italique pour l'anglais).
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Dim 7 Jan - 21:24
Il y a des jours où les heures ne peuvent pas passer en un claquement de doigts, des jours où elles ne font que s'étirer, s'étirer encore, comme un morceau de gomme jaune que l'on utilise pour coller quelque chose à un mur trop vide. Et on ne peut rien faire contre ça, ni lui ni personne d'autre. Quand le temps n'avance pas on ne peut que se forcer à attendre que le soir tombe puis laisse peu à peu la place à une nouvelle journée, et il aimerai que celle-ci s'achève enfin. Parce que depuis que Steve l'a déposé devant l'hôpital, ça n'en termine pas.

Il jette à sa montre des regards inquiets, compte les secondes et les minutes. Tic tac, tic tac, qu'elle fait tout contre son oreille, tic tac, tic tac comme la pendule du salon. En décalé avec les battements de son cœur beaucoup trop rapides qu'il s''efforce de calmer peu à peu.

Une heure. Deux. Puis trois. La vie continue tout autour de lui alors que la sienne est totalement arrêtée, en suspens. Des blessés arrivent. Des familles. Accidents, balles perdues, bastons qui tournent mal, et tellement de raisons qu'il choisit d'ignorer. Parce que là dedans, il y a un gars qui se bat peut-être contre une hémorragie alors que ça aurait dû être lui, toujours lui, merde !

Jackson le lui payera, un jour ou l'autre, parce qu'on ne punit personne en son nom au loup. Mais en attendant, il regarde ce défilé incessant d'hommes, femmes et enfants, d'urgentistes, de chirurgiens, se demandant s'ils ont couru aussi pour Logan. A cette pensée, un pauvre sourire atterrit sur ses lèvres, après tout il ne connait même pas ce type et voilà qu'il s'inquiète pour lui. Si ça craint pas... En début de journée ils se battaient au nom d'une punition et quant à Logan pour quelques billets qui ont fini dans la poche de son sweat le temps de les lui rendre.

A 21h45, il retourne chez lui. Les toits n'ont heureusement pas perdu de leur saveur, et il retrouve un semblant de tranquillité. La chaleur de son appartement finit de la lui rendre, il prépare des crêpes pour se remplir l'estomac avant de se glisser dans son lit. Tout ce temps gâché pour un mec qu'il ne reverra peut-être pas, mais cet argent dans sa poche est comme une chape de plomb et il se refuse à le garder.

De toute façon, ça serait impensable qu'il n'aille pas s'excuser alors qu'il en a pris pour son grade, et il s'endort sur cette pensée et un cauchemar l'arrache à Morphée à peine trois heures après. Il finira donc sa nuit comme tant d'autres dans le hamac, après avoir posé sur un papier vierge les esquisses de la ville endormie. Et le lendemain il recommence, posé devant l'hôpital sur un banc qui voit passer du monde, il ne remue pas d'un pouce, les yeux rivés sur l'entrée.

Au début il ignore quand est-ce qu'il sortira bien sûr, puis un infirmier, en échange lui aussi d'un billet, lui annonce qu'il fait des pieds et des mains pour s'échapper de là et que ça ne devrait plus tarder. Tant mieux. Parce qu'il se met peu de temps après à tomber des cordes. Il se contente pourtant d'une capuche rabattue sur sa tête blonde, qui, comme lui, est rapidement trempée. Super cette journée.

Et finalement il l'aperçoit, se lève et avance vers lui. Il a pas changé de gueule Aramis hormis quelques bleus qui ornent sa peau pâle, ses mèches quasi châtains maintenant qu'elles ont pris la flotte et ses fringues qui enserrent si fort mon corps qu'elles le font paraître plus maigre.

"Logan ?"

Sa voix n'a rien à voir avec la veille. Elle est claire et non déformée par la colère, tandis que son regard garde cette pointe de glace qui l'animait déjà la veille, l'avant-veille, et tous les jours avant ça.
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- vulgaire, violent, franc
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- a fait un peu de prison pour mineur
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- a quitté sa réserve pour retrouver le violeur de sa soeur et le tuer
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Lun 8 Jan - 18:02
Il y avait  tout d’abord eu le rouge de la cigarette et l’odeur de chair brulée puis, sous les cris qui déchirent le silence, l’arrivée du Blanco et le départ du grand gars en contraste d’opposé.
Ensuite, comme une boucle chromatique, le rouge de nouveau, celui de l’ambulance puis le blanc du plafond du camion et le noir finalement  quand ses yeux s’étaient fermés et qu’il s’était évanoui sur le trajet menant à l’hôpital.

Quand il s’était réveillé dans le couloir des urgences, ironie du sort, le blanc était revenu, présent partout, des murs aux blouses des docteurs,  accompagné de l’odeur de désinfectant, duo peu sympathique que Logan, à peine hospitalisé, s’était promis de fuir le plus vite possible.
Il s’y était d’ailleurs appliqué juste après sa sortie d’examen mais l’hosto, véritable bagne, avait refusé pour des raisons de santé et l’avait collé dans un lit sans autre préavis. Il avait bataillé, sacré puis de fatigue, s’était endormi.

Il n’avait émergé que le lendemain, vers sept heures, la gorge sèche et le ventre vide, sensation familière mais plus désagréable qu’à l’habitude car son estomac jouait sur ses côtes brisées.
Il avait grimacé sous la douleur, s’était levé, avait pissé, tenté de boire un verre d’eau  en geignant puis, après avoir enfilé un pantalon et refusé un repas , torse nu, était allé se manifester à l’accueil pour dire  à l’hôtesse que « Tabernak d'ostie, ok ou pas, à présent il se barrait  et que personne ne le retiendrait car, de toute façon, ce crisse d'hosto de mes deux, il pourrait pas le payer».

Il avait appliqué ses mots sur l’heure et l’air mauvais, avait quitté l’hôpital sous le regard étonné de quelques membres du personnel.
Malgré la pluie battante extérieure, il avait souri légèrement les portes passées, victorieux, libre  à présent d’aller crever comme bon lui semblait. Ses lèvres s’étaient étirées davantage l’instant d’après sous l’idée qu’il pourrait aussi se venger et buter cette ordure de gars après s’être retapé.
Un programme pleins de rebondissements en perspective bien que quelques inconnues persistaient dans l’équation comme le « x » de « se soigner » ou le « y » de « vivre sans gagne-pain le temps de se soigner. »

Les réflexions lui avait tiré une grimace, moue légère en comparaison de celle qu’il affichait là, à l’instant, face à cet homme encapuchonné qui venait de l’apostropher par son prénom, faisant plisser les racines de son nez de contrariété.
Logan s’était attendu à beaucoup de chose mais pas à ce qu’on vienne le cueillir dès sa sortie de l’hosto.
Prudemment, il s’était approché sans rien répondre jusqu’à discerner correctement le visage de la personne sous la pluie .
Le Blanco. Avec des touches de bleus et de violets.
Logan avait sacré entre ses dents et  s’était arrêté face à lui, à environ un mètre.

-"-Qu’est c’que t’fous là ? J’ai vu assez d'blanc pour l’mois à v’nir. Décrisse"

Il l’avait dévisagé, peu aimable, les sourcils froncés, les commissures des lèvres tombantes.

"S't'amuse d'jouer au canard ou l'idée d'm'faire chier est enough pour q'tu t'en foute?"

L’Amérindien avait soufflé, toisant le Blanco, un sourire sarcastique fleurissant sur son visage alors que la pluie froide du début printemps battait son torse nu et ses cheveux bruns.

L’avantage du mec en face de lui, c’était qu’à être ainsi blanc comme un cul, il ne risquait pas de se délaver.
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Mar 9 Jan - 9:07
Sur ce banc qui fait face à l'hôpital, les heures semblent interminables, le temps suspendu. La pluie, brutale, s'abat sur le sol et les plantes, les personnes présentes qui, pour la plupart, se réfugient à l'intérieur avec des soupirs de soulagement. C'est un ballet incessant, des femmes qui entrent, des hommes qui sortent, les bruits de pas effrénés sur le goudron frais, le crissement des pneus, et parfois le hurlement des sirènes lorsqu'une ambulance amène un blessé de plus. Il y a alors la précipitation parfaitement maîtrisée, les prises en charges rapides et efficaces de médecins habitués, voir même conditionnés. Et pas une minute de perdue au risque de perdre une vie. Est-ce que ça s'est passé comme ça aussi pour Logan ? A t-il eu le droit aux meilleurs chirurgiens, ou a t-on estimé qu'il n'est pas assez blanc pour ça ? Ça le rend malade de penser à cette différence aussi s'empresse t-il de chasser ces pensées de sa tête pour ne pas s'agacer dessus.

Heureusement l'amérindien ne tarde pas à sortir et la vue de ce corps maculé de bleus serre sa poitrine de douleur et de haine. Il ne perd pas une seconde pour le rejoindre, prononçant son nom sans une hésitation comme on le fait avec un vieil ami, quelqu'un que l'on connaît depuis toujours. Pourtant ce mec il ne l'a vu que quelques minutes, quelques minutes payées par sa faute à lui, et ça aussi ça le rend malade. Mais son visage dur et glacial n'en montre rien de ce qu'il ressent actuellement, et il l'affronte sans peur. Parce que ce mec n'a nul endroit où se rendre – d''après ce qu'il a réussi à tirer à Steve – et qu'il ne compte pas le laisser se démerder tout seul. Pas cette fois. C'est pourtant pas lui qui offre sa charité en temps normal, mais là c'est simplement différent. Il peut pas laisser Logan redevenir ombre dans les rues avec toutes ses blessures.

"Tu peux cracher ta haine autant que tu veux mais elle ne m'atteins aucunement, Logan. Maintenant, je voudrais que tu te comportes intelligemment et que tu me suives sans discuter. Je t’emmène chez moi et on va causer un peu tous les deux, ok ? Et si t'as rien à me dire je m'en fous, moi je vais parler pour deux."

Il n'y a jamais eu personne d'assez digne de confiance pour entre chez lui, alors pourquoi l'amérindien aujourd'hui ? Il devrait se méfier davantage, ne pas lui faire part de sa proposition, seulement il n'a pas le choix, ou plutôt sa raison – et surtout le gosse trop seul et trop plein d'émotions planqué dans sa poitrine – ne lui en laissent pas le choix. Ils en ont assez de son isolement. La présence de Khor s'est évanouie depuis trop longtemps mais elle a laissé des marques : Il ne peut plus laisser derrière les opportunités d'amitié ou au moins de pardon au risque de se faire avoir à nouveau. Après un soupir puis un rapide coup d'œil sur Logan, il se retourne pour stopper un taxi, ouvre la porte, et lui intime d'un geste de la main d'y entrer, sourcils froncés, prunelles trop sérieuses. De toute façon s'il ne le fait pas il l'y poussera. Et il n'a pas l'air en assez bon état pour résister bien longtemps.

"Bouge toi, j'ai pas prévu de passer la journée à prendre l'eau. Et t'en fais pas, j'ai pas prévu de t'assassiner. Ce serait pas dans mon intérêt. Après s'tu veux on peut marcher, mais vu ta gueule tu tiendras pas jusque là."

C'est son choix, tout repose sur lui, mais il se doute qu'il ne montera pas de son plein gré alors il se prépare déjà à devoir le pousser – ou à rentrer à pieds. Parce que ces mecs là, dans leur fierté, leur méfiance et leur colère, sont souvent bien plus chiants qu'on peut le penser. Et en même temps c'est ça qui leur sauve la peau la plupart du temps, alors il faut croire qu'ils n'ont pas tellement tort.





   
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Dim 14 Jan - 22:19
Le bougre en face de lui est impératif dans ses paroles. Avec son regard froid, et son calme détestable, il ordonne, méprise par ses mots pleins de hauteur et de distance.
Ça énerve Logan qui fronce son front, s’irrite d’autant plus quand le Blanco intercepte un taxi et ouvre sa porte, les lèvres bordées d’exigences à son encontre.
« Bouge-toi ».

C’est l’ordre de trop pour l’amérindien qui, excédé, claque de la langue, le visage entièrement plissé de dégout, la réponse poisseuse sur la lippe.  

"Ostie d'crisse! Tu t'fous de ma gueule c’est ça Blanc-cul? Ou tu crois vr'ment qu’t’as le droit de m’ordonner comme ça, comme si j’tais ta chienne?

En signe d’insoumission, il crache au sol, aux pieds du garçon trempé.
Rien ni personne ne l’oblige contre son gré et surtout pas un petit con de blanc.

«J’t’appartiens pas Blanc-cul et j’vais t’dire un truc : j’te connais pas, j’t’aime pas et j’ai pas b’soin d'un merdeux d'ton genre. Tu rêves si t'pense que j'vais t'suivre. Alors tu vas m'foutre la paix p'tit con. Bien sagement, tu vas rentrer dans ton char de tuner et décrisser d'icitte. Moé, j’vais prendre mes pied pour rentrer à ma baraque. T'en fais pas. J'vais t'nir jusque là. Tu s'rai bhin trop content du contraire. »

Il le fixe mauvais, arme son bras d'un doigt d'honneur mal-aimable, se remet en marche sous la pluie glacée et le dépasse par la gauche sans le toucher.
Dans l'ignorance.

Franchement, pour qui il le prend c’lui là ? Il n’est pas une ostie de fiotte qui se soumet et ploie devant la première queue.
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Lun 22 Jan - 21:01
Froid, son visage reste juste froid. Pourtant une lueur de surprise vient se loger au creux de ses anthracites devant l'attitude plus que virulente voir carrément agressive de Logan, donnant à ses traits quelque chose de plus humain. De plus enfantin. Il regarde l'autre, bouche entrouverte, incapable de réagir sur l'instant, car s'il s'était sans peine attendu à un refus, il n'avait pas pensé une seule seconde à un comportement si violent. observe En clignant des yeux, Asha observe le visage mais surtout le dégoût qu'il peut lire dessus. A cause de quoi ? D'une couleur de peau qu'il n'a pas choisi ou d'un peu trop de sous dans son porte monnaie ? Que des choses qu'il n'a pas choisi.

Son argent, c'est lui qui fout l'amérindien de mauvais poil ? S'il croit que ça lui tombe tout cru dans le bec il se fout le doigt dans l'œil car il bosse pour les obtenir ! En Russie il peignait sur les murs les cris de ralliement de la Meute, marquant son territoire et son unité, et aujourd'hui c'est sur des toiles, d'autres murs, même des sols. Puis de toute façon on n'envoie pas chier la patte que l'autre nous tend quand on est dans une situation comme la sienne, mais ça il le dira pas pour éviter de le coller encore plus en pétard. Alors d'un signe de main il fait signe au taxi de prendre les voiles et se glisse prestement devant son adversaire pour l'empêcher d'aller plus loin ou au moins tenter de le stopper quelques secondes.

"Ok Logan, on n'est pas bien parti toi et moi."

Il se décale pour le laisser passer et se cale à ses côtés pour le suivre. Pot de colle ? Non pas habituellement. Seulement dans ce cas où il a une idée bien en tête qu'il ne compte absolument pas laisser tomber. Logan est visiblement pas prêt de s'en dépêtrer.

"Tu as raison, tu me connais pas et t'es pas à moi, I agree with THAT point, but be sure to keep something in mind : you, still, need, me. " Il gronde un peu les mots et tente de reprendre le français auquel il n'arrive pas à s'accoutumer. "Non tu n'as pas besoin de MOI, mais tu as besoin d'un endroit où tu puisses être en sécurité et de quelque part où dormir sans avoir mal encore plus. Je te demande pas la lune, je veux que tu regardes ce que je te donne."

Il ferme les yeux une seule seconde, celle de se donner le courage dont il a besoin pour la suite, parce que le convaincre sera certainement encore plus dur que à quoi il pensait. Logan juge sans le connaître et il ne peut pas lui en vouloir bien sûr, mais il les met tous les deux dans l'embarras. Ça le fait soupirer, grogner un peu. Derrière eux les bruits de l'hôpital sonnent moins fortement et l'atmosphère retrouvée des rues dites normales lui permet de retrouver son calme, le rendre plus serein.

"Tu vas rentrer avec tes pieds ? En taxi ça aurait fait moins mal. C'était pas assez que l'autre essaye de te tuer ? You have to be reasonable."

Une fois au moins. Ou est-ce qu'il est suicidaire ? Cette situation craint vraiment et il va falloir qu'il trouve rapidement à le convaincre de venir dans son loft de riche – puisque c'est ce qu'il pensera – sinon ils risquent d'y passer la journée ou la nuit.





   
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Lun 12 Fév - 12:10
Il est chiant le Blanc-cul. Collant et entêté.
Logan l’a envoyé paitre mais le gars ne s’est pas laissé faire. Il lui bloque la route et se glisse à ses côtés, s’impose, relançe l’offensive des mots, le bataillon pitoyable des arguments en première ligne.

Sous les belles paroles de franglish, Logan plisse son visage d’exaspération, se renfrogne. Ça le gonfle et l’irrite au plus au point l’emploi de son prénom par ce gland trop familier, la ténacité absurde dont il fait preuve alors qu’il lui a dit « non ».
« Non. Non. Non ». C’était pourtant pas compliqué à comprendre, même un  crisse chiot connaissait ce mot.

Logan souffle lourdement, taiseux pour rester calme et continue sa marche,  glisse ses mains dans ses poches de jogging détrempé, tentant d’oublier le flux de paroles de son camarade imposé.

Quand celui-ci se tait enfin, l’amérindien grogne mal-aimable entre ses dents.

« Ostie de crisse, on est parti sur les bases qui faut Blanc-cul. J’veux pas t’connaitre, j’pige pas 'quoi tu’me colles et t’as rien à m’offrir car j’ai déjà que’que part où crécher »  

Il se râcle la gorge et, en ponctuation, crache au sol un mollard

« T’es p’t’ét’ délicat comme une gonzesse mais moi j’suis pas une putain de princesse qui a besoin d’un pieux douillet pour ses p’tits os fragiles. Mon matelas au squatte m’va très bien. »

Il n’a pas le choix de toute façon. Il ne va pas s’abaisser à squatter chez ce rupin de mes deux et les pieux de ces quelques potes ne sont pas de meilleure qualité, la misère les bordant tous de ses langes miteux.

Ses dents se serrent les unes contre les autres en une moue animale qui oscille entre la colère et le dégout.

« Et pour ta gouverne, J’compte retourner au squatte comme ça.  J’suis déjà trempé, j’en ai plus rien à foutre… Et si ça t’ va pas, t’as qu’à te casser, personne te retient. Tu m’manqu’ras pas, promis. »

Il dit ça sans même jeter un regard au Blanco et continue à avaler les mètres sous l’averse, attendant le moment où, du coin de l’œil , il verra le pot-de-colle qui le suit, dévier puis disparaître. Ce n’est qu’une question de minutes avant qu’il se lasse et qu’il range son idée de pitié au placard.
Logan en est sur.
Rien ne se passe néanmoins. Le Blanco reste coller à ses basques.
Crisse.

Il se retourne vers lui finalement. Et ce simple geste de pivotement signifie que le Blanco a gagné le droit au regard et à l’attention. Il l’a eu grâce à son manque de patience, à l’usure. Comme il l’aurait surement fait s’il avait continué leur combat la veille.

« Tu me lâcheras pas la grappe, j’parie ? »  
-Non.

La réponse du Blanc-bec est assuré et stricte, écho de sa réponse précédente, à croire qu’à ce jeu de tête de mules qui disent « non », personne ne gagnera.
Logan se mord l’intérieur de la joue.
Il allait bien falloir qu’un d’entre eux déclare forfait où la présence de l’autre deviendrait vite pesante.

L'amérindien souffle, crache entre ses dents un « Tabernak de crisse,tu fais chier » et la marche silencieuse reprend, lente, seulement ponctuée par le bruit que fait l’amérindien en rabattant régulièrement ses mèches de cheveux imbibée d’eau derrière son oreille.
Dix minutes sont  surement passées quand le Louveteau ne tient plus et une énième fois, se retourne vers le Blanco, le sourcil froncé, l’arrangement sur les lèvres.

« Bon, d'sons un truc :  Tu m’accompagnes jusqu’au squatte, tu vois que j’suis bien installé et après tu m’lâche la grappe et on se voit plus jamais, ça t’va ? »

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Mer 14 Fév - 11:21
Il avance vite Logan, pour un mec aux côtes explosées, mais pas assez pour qu'Aramis abandonne parce que ses jambes n'ont aucun mal à suivre le rythme. Et puis, au fil de ses grognements son sourire devient plus chaleureux, ou du moins très légèrement car si Logan est buté, le louveteau aussi, il ne lâche jamais rien. Ils traversent les rues au son des tentatives de l'amérindien pour se débarrasser de lui, celui de leurs pas aussi, sur l'asphalte mouillé. Les deux seuls hommes assez fous pour marcher sous une pluie diluvienne, sans même un parapluie. Puis finalement il se retourne et lui offre l'attention recherchée, un regard qui signifie beaucoup plus que ce qu'il doit penser. Ce n'est pas une partie de gagnée, mais sur toutes les étapes qu'il reste à accomplir, c'est une de plus de franchie.

Comme le fait qu'il comprenne que le loup ne laissera pas tomber quoi qu'il fasse et qu'importe le temps qui passe, pour autant il accepte de lui accorder quelques minutes de répit par exemple en acquiesçant à sa proposition. S'il compte cependant le laisser là-bas ? Bien sûr que non. Il veut juste y aller et parvenir à lui faire comprendre qu'il n'y est pas bien et ce quel que soit le moyen, pourtant en arrivant il sait immédiatement que quelque chose cloche.

Car si la veille l'entrepôt n'était que peu animé, il en provenait toutefois des bruits quoique légers comme celui des pieds sur le sol, des bribes de paroles, le chuintement des respirations. Pas un silence de mort comme celui qui règne à l'instant. Sans s'en rendre compte il retient même son souffle, tend l'oreille. Son regard, interrogateur, se pose sur Logan, avant de percevoir le papier cloué à la porte. Il s'approche. Ses doigts s'en saisissent, l'arrachent, et il parcourt sans un bruit les mots posés dessus, noir sur blanc. Triste nouvelle pour lui, mais aussi pour tous les autres qui vivaient ici, tous ceux qui n'avaient pas les moyens de se payer un meilleur endroit, un chez eux, quelque part où ils auraient pu vivre, arrêter de survivre. Et c'est ça qu'il lui propose à Logan, un abri, une tanière, quelque part où il se sentira bien le temps d'aller mieux, le temps de trouver autre chose s'il le désire. La suite, ce sera à lui de choisir. S'il souhaite retourner à la rue Asha ne l'en empêcherai pas, s'il cherche un appartement à lui, il le pourra. Et s'il veut rester... Il n'a à vrai dire pas envisagé cette possibilité.

En attendant, il lui tend la feuille.

"Un.. decree. (Il connaît pas le mot) Ça vient du maire. I'm sorry."

Immédiatement il s'y attend à ce que sa haine s'abatte sur lui, après tout il est le seul (aux yeux de Logan) qui verrait un avantage à faire fermer leur squatte. Sauf qu'il n'a rien à voir là-dedans et il faudra parvenir à le convaincre de ça – ça peut être délicat – s'il se met en tête que c'est lui, le Russe, le coupable.





   
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Jeu 15 Fév - 9:22
Le Blanc-cul acquiesce et ce simple geste de tête est presque une délivrance. Bientôt … Bientôt, Logan sera débarrassé de ce parasite albinos. Il retrouvera sa piaule, ses frères bruns de peau.

Sa marche s’accélère sous l’idée même si sa cadence accrue et ses pas plus lourds attisent davantage la douleur de ses côtes.  
Il se stoppe net, fronce des sourcils quand il arrive devant le squatte et voit une feuille scotchée sur la porte défoncée. Ses commissures se plissent sous une grimace et face au regard du Blanco,  sa voix grogne, douloureuse.

« Crisse,C’quoi c'bordel ? »

Asha ne lui offre pas de réponse immédiate mais décroche le mot, le parcourt des yeux avant de le tendre à Logan, accompagnant son geste d’une parole courte.
Un décret du maire.

L’Amérindien lui arrache des mains, le lit, les yeux plissés sous la concentration.
C’est un coup de la police à priori. Ils ont fait une descente. Quelqu’un a dû les dénoncer et leur dire que ça serait facile de les chopper sinon jamais ils ne se seraient déplacés pour une cible aussi insignifiante que des gamins clandestins et paumés.
Logan jure entre ses dents puis relève la tête, fusille du regard le Blanco.

« Crisse, c’toé ? »

Sa voix est basse, enrouée. Il ne peut pas forcer dessus à cause de sa brûlure.

« C’ toé qui a fait ça connard ? »

Il le fixe du regard mauvais, le poing crispé au bout de son avant bras ballant alors que le garçon face à lui reste calme, le regard froid, presque hautain.  Il ne répond pas de suite et ça énerve l’amérindien.

« TABERNAK DE CRISSE, REPONDS».

Il crie d’une voix déformée et rauque, grogne sous sa gorge qui le lance, attrape le Blanco au col pour le soulever et l’intimider mais, le geste à peine amorcé, se rétracte sous la douleur de ses côtes brûlantes.
Il se plie en deux, la main sur ses côtes, ses mèches sombres et trempées cachant entièrement son visage.

« Ostie d'connard… J’vais te buter… »
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Surnom : lil wolf
Portrait robot : ♙ 23 ans (19/12). Originaire de Russie. Papa Américain. Maman Russe. Orphelin. Témoin de l'assassinat de ses parents mais trop jeune pour s'en souvenir réellement, hanté par quelques échos de la scène.

♙ Artiste de toile, de papier ou de rue. Mémoire photographique. Prudent, n'accorde que peu sa confiance. Paradoxalement peu confiance en lui sur beaucoup de domaines.

♙ Yeux gris, cheveux très pâles. 1m79. 72 kg. Solide et endurant, rapide. Bonne résistance aux coups durant un combat, tendance à en pâtir après.

♙ Parle en #3AA6AC (+ italique pour l'anglais).
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Jeu 22 Fév - 10:47
Il s'y attendait aux accusations, au ton rageur et à la colère, à ce que tout lui retombe sur la gueule. Il s'y attendait et ce dès le moment où il a ne serait-ce que posé les yeux sur ce papier cloué à la porte. Alors pourquoi est-ce qu'il lève des sourcils plein d'interrogation lorsque l'amérindien le pointe du doigt ? Pourquoi est-ce qu'un instant, juste un seul, il se sent si déçu de cette réaction ? Il a pourtant toutes les raisons du monde de braquer sa fureur sur lui, coupable idéal à cause de coïncidences enchaînées, a cause d'une couleur de peau différente.

Pour ça – juste pour ça – il ne répond pas tout de suite et le laisse d'abord s'énerver Logan, tenter de l'impressionner et surtout se faire souffrir un peu. Se prouver qu'il a mal et que ce qu'il fait est idiot : l'accuser, refuser de le suivre jusque chez lui le blanco et d'accepter la main qu'il lui tend. Lui laisser le temps de comprendre que seul, il n'y arrivera pas. Pas maintenant qu'il n'a plus d'endroit où passer ses nuits. Toutes ses nuits, au moins pendant un bon moment.

"Je n'ai rien fait. Si c'était moi je ne t'aurais même pas suivi here, I'm not a fool. Un combattant reste un combattant Logan, côtes cassées ou non."

Il soupire, ramasse le mot tombé au sol. D'un pas le revoilà près de la porte sur laquelle il replace le papier comme il le peut – pour les prochains qui rentreront, ou pour tous les curieux qui ne manqueront pas s'attrouper ici. Puis il revient vers lui. En un sens il lui fait du mal à être ainsi Logan, trempé jusqu'aux os et os brisés. De l'autre, il ne voit en lui qu'un opiniâtre qui ne souffre que de ce qu'il s'inflige lui même. Si seulement il l'avait laissé appeler un taxi au lieu de s'entêter une fois de plus à marcher, marcher et marcher, traverser la moitié de Montréal au pas de course et sous la pluie... Si seulement, oui, mais ce qui est fait est fait, il n'y changera rien maintenant.

"Je n'ai rien à voir avec ça." Il ne jure pas, ça servirait à rien il ne le croira pas de toute façon. "Tu veux bien venir avec moi maintenant ?"

Il l'a compris, non, qu'il ne lâchera rien Asha ? Qu'il continuera à le suivre encore et encore jusqu'à ce qu'il accepte. Qu'il l'aura à l'usure, à force de patience. Puis même si ça finit mal cette connerie, il faut bien essayer pour voir si ça fonctionne. Le russe n'a rien à perdre à part juste un peu de temps.
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- Caractère de chien, au sens propre comme au figuré
- vulgaire, violent, franc
- Pas méchant au fond. Juste sauvage
- a fait un peu de prison pour mineur
- boit, fume du joint parfois
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- a quitté sa réserve pour retrouver le violeur de sa soeur et le tuer
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Jeu 22 Fév - 11:26
Logan ploie, affaibli, pose le genou à terre. Il est en position de soumission et le Blanco  en profite pour lui rabâcher les oreilles de sa voix sans intonation.
Il s’innocente sous des prétextes, revient à sa sempiternelle idée de le faire venir chez lui.

Logan respire lourdement, légèrement fiévreux. Tous ces mots, toute cette marde, ça l’épuise. Il veut du silence et comprendre ce qu’il se passe.  
Il relève la tête vers le Blanc-bec qui soudainement, parait bien grand ; trop grand et lui trop petit, misérable.
Il murmure entre ses canines.

« Crisse de taberbak, ferme ta gueule de marde et file moi ton téléphone. »

Le Blanco le regarde, son visage  indifférent et posé, identique à l’instant d’avant si ce n’est l’air léger, presque imperceptible, d’étonnement.

« T’es bouché ? file ! »

Le garçon s’exécute, va chercher son mobile dans sa poche, tend la main vers le bas pour que Logan puisse saisir l’objet.

L’Amérindien s’en empare sans un merci, s’appuie sur le béton du sol pour se relever, chancelle un instant, la vue floue,  avant d’adopter la position debout.
Son nez se fronce. Il n’est pas bien, une nausée au bord des lèvres, les membres mous, comme du coton. Il va au-delà des impressions néanmoins, retient une éructation et avec concentration, compose un numéro.

Ça sonne. Sept fois puis répondeur. Il peste, compose un autre numéro avec plus de difficulté, sa pensée volatile.
Ça sonne. Cinq fois puis rebelote, répondeur. Il réessaye ; idem.
Personne de ses colocataire ne lui répond et Logan commence à comprendre que cette histoire pue sacrement.
Il plisse tout son visage, tape une nouvelle suite de chiffres. Plus que deux numéros et il aura fini son répertoire.

D’appréhension, il hésite une fraction de seconde à appuyer sur la  touche décrocher puis se décide, prie pour enfin avoir une voix connue au bout du fils.
Ça sonne. Une fois, deux fois, trois fois, quatre voix puis un timbre grave et chaud résonne sous un « ¡Hola » interrogateur. Miguel. Enfin.
Logan ne perd pas un instant.

" Miguel ? C’quoi cette ostie de marde d’arrêté d’la police et pourquoi les gars répondent pas sur leur portable ?

Son interlocuteur lui répond et de l’extérieur, on voit l’amérindien serrer les dents sur un silence bouillonnant, à peine tenu. Sa voix a changée, plus belliqueuse, quand il reprend la parole.

" Tabernak! Quoi ? Sérieux ? Fidel les a  foutu  en taule ? Tu m’fous ma gueule ? Ostie de marde, c’est quoi ce bordel ? J’vais l’buter…

La conversation continue, ponctuée d’écoute et de coup de gueules. La personne à l’autre bout du fils semble vouloir le calmer mais rien n’y fait.
Logan lâche un pauvre « Moi ? On fait aller » aux inquiétudes puis sous un « ouais, bye », raccroche sans plus de cérémonial, crache au sol, la respiration lourde, sifflante et le visage rouge.
La conversation qui vient de se finir l’a mis en colère, comme un regain de vie et il jette un regard noir au Blanco immobile et patient à côté de lui.

Il souffle, compose un nouveau numéro sur le téléphone, de mémoire. C’est celui de Steve car Logan n’a nulle part où dormir et que, malgré tout, sa fidélité reste immuable.
Il n’a pas le choix de toute façon, il est son poulain.

La sonnerie de mise en contact retentit cinq fois puis la voix mécanique du répondeur se déclenche sous un « vous êtes bien sur la messagerie de… ».
La femme de la messagerie n’a pas le temps de finir sa phrase. Logan a raccroché, jure entre ses dents.
PUTAIN. Il est dans de beaux draps.
Son ventre gargouille, douloureux.
Et il a faim.

Après tout, il n’a pas mangé depuis hier midi soit presque 24 heures. Une éternité pour un gros mangeur, un gouffre vide qu’il va falloir impérativement remplir.

Il fixe de nouveau le Blanco et grommelle quelques mots.

« t’as ma thune nan ? File la moi. »

C’est un ordre vu que c’est son argent. Le Blanco n’a aucun droit dessus.  

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Lun 26 Fév - 14:13
Définitivement l'amérindien ne va pas bien. Le genou au sol et les côtes déchirées par sa propre respiration, il semble sur le point de ployer pour de bon, prêt à s'écrouler. Cependant le Russe a confiance : la mauvaise herbe est toujours la dernière à crever alors il va se relever. Et s'il n'y parvient pas ? Ses lèvres se pincent - si discrètement qu'il n'y a que lui sans doute pour le remarquer. S'il n'y parvient pas ? Asha lui bottera le cul. Car vu sa hargne à le combattre hier il est hors de question qu'il le laisse pigner dans la boue – sous la flotte – bien longtemps.

Heureusement il n'aura certainement pas à le faire car le voilà qui ordonne et exige encore sans même prendre la peine de tendre la paluche, se contentant de grognements qui passent entre ses dents serrées. Une légère surprise collée sur la face du fait de sa requête, le blond fouille ses poches quelques secondes et attrape l'objet de ses malheur. Il le lui remet non sans cesser de l'observer, lorsqu'il se relève, lorsque ses doigts composent des numéros, les uns après les autres, souvent vains, lorsque la colère se peint en rouge sur son visage, lorsque son ventre hurle ce que sa bouche ne veut pas dire.

Ça le fait sourire mais personne n'en verra jamais l'ombre car il ne sourit qu'à l'intérieur de lui. Il récupère le mobile et le remet dans sa poche où il pourra sécher en paix, foutue pluie. Ça ferait presque début de film dramatique toute cette merde ; La pluie, les côtes de Logan, sa douleur, les flics, sa haine et sa colère, ses refus. Ouais, début dramatique par excellence accentué encore par la façon dont il a vacillé lorsqu'il s'est mis debout, son visage bien plus pâle qu'il ne l'était la veille. Il paye son opiniâtreté de la pire des façons, avec son corps qui le lâche, trop affaibli pour continuer. Que fera t-il lorsque ses jambes décideront qu'elles ne veulent plus avancer ? Il restera planté là en priant pour que ça passe ? Il n'en sait foutrement rien et il n'attendra certainement pas de le savoir, plutôt crever, il a pas envie d'appeller à nouveau les urgences pour un gars dont l'obstination n'a d'égale que sa colère. Mais sa question – légitime pour Logan mais avantageuse pour lui – ouvre une porte pour le convaincre.

"L'argent est chez moi. Avec ce temps j'ai pas voulu prendre le risque qu'il finisse comme nous." Il lui sourit et franchement cette fois, parce que doucement il gagne cette première manche, parce que c'est sa victoire qui se dessine à l'horizon. "Cette fois, si tu le veux bien, on a qu'a aller chez moi. Tu prendras un cachet aussi. Pour tes côtes. Même si j'suis pas sûr d'avoir quelque chose de très efficace."

A part de la vodka dans un meuble de la cuisine, un peu de whisky ou... Non, pas avec les médicaments. Il risquerait de clamser entre ses pattes ou un truc dans le genre et il ne compte pas non plus appeler la morgue pour leur annoncer qu'il y a un cadavre dans son appartement. M'enfin. S'il accepte, peut-être pourra t-il enfin appeler un taxi pour qu'il les conduise à la maison ? Et s'il le refuse encore ce taxi à la con, il leur faudra marcher.





   
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Lun 26 Fév - 14:33
Le Blanco étire ses lèvres et ce sourire sur son visage est différent des précédents.
Il est plus franc et rayonnant, presque semblable à ceux qu’on offre à un ami.  
Logan le discerne et incapable de rester mauvais face à l’honnêteté et à la bienveillance, son masque de rage, de haine et de dégoût s’effrite et pour la première fois, son visage se détend un peu.

Même si cela n’est qu’une fêlure, le Blond a réussi à percer la carapace de hargne de l’amérindien en acceptant en retour de se montrer sans fare, même si cela n’est qu’un tout petit pan de vérité.

Ils se sont apprivoisés. A peine.
Comme un premier regard, un geste de rapprochement que Logan ne sait gérer.
Son nez se plisse et avec une agressivité diminuée et forcée, presque maladroite, crache ses mots.

« Elle est loin ta piaule ? »

Avec ses côtes meurtries, la faim et la fatigue qui chevillent son corps, il ne pourra pas aller bien loin sans risquer le malaise. Néanmoins, reconnaître sa faiblesse face au Blanc-bec irait trop à l’encontre de son orgueil et Logan n’ajoute rien d’autre.  
Le garçon semble néanmoins comprendre l’insinuation dans sa question et sous un sourire discret qui étire légèrement son visage sérieux, répond.

« Mont-Royal… Pas la porte à côté quoi… »

L’amérindien grimace.
Il est évident que vu son état, il clamserait avant d’arriver là-bas s’ils doivent y aller à pied. Il ne peut cependant toujours pas l’avouer, balance ses épaules en arrière dans un simulacre d’assurance et de vitalité.

« Ok.  Go alors. J’aimerais y être visa avant de crever de faim. J’ai pas grailler d’puis 24 heures moé. »

La réplique sous-entend qu’ils n’ont que peu de temps et qu’ils doivent aller vite.
Pas à vitesse d’homme.

« -Prenons un taxi alors. Je paye. »

La proposition arrange Logan mais le Louveteau n’en montre rien, s’oppose par principe à l’homme blanc.

"Que dalle. J’veux pas être redevable à un Blanco comme toé."

L’affirmation semble amuser son interlocuteur qui fasse à son agressivité  reste calme, posé.

"Tu ne me devras rien. J’aurais pris le taxi dans tout les cas et si tu tiens tant que ça a pas être redevable, tu payeras la moitié, va. "

Logan fronce des sourcils, déforme sa bouche sous la recherche d’une répartie mais ne trouve rien de valide. Il ne peut que capituler pour l’instant.

« Ok Blanco. Appelle un taxi. J’te suis. »

Il n’a pas le choix s’il veut récupérer vivant son argent .

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Sam 17 Mar - 19:41
A force d'argumentation, l'amérindien se laisse convaincre. Ça n'est pas facile, pourtant il y parvient. Et lorsque enfin Logan accepte, il ne faut pas plus d'une seconde au blanco pour faire demi tour et gagner une zone bien plus fréquentée afin de héler un taxi qui passe un peu plus loin. Celui-ci pile, s'arrête en un fracas de pneus crissant sur l'asphalte. Frénétiquement, les essuie-glaces battent la pluie, tandis qu'à travers une vitre larmoyante le chauffeur leur fait signe d'entrer rapidement. Il s'y engouffre, donne l'adresse, quelque peu honteux sûrement de tremper les sièges. Mais l'homme ne s'en occupe pas. Il démarre, s'insère dans le trafic, et de longues minutes après il s'arrête non loin de l'endroit indiqué. Réglant la course il le remercie par automatisme avant de s'extirper de l'habitacle, sous la pluie qui continue de tomber dans un chaos assourdissant. Un coup d'œil est jeté vers l'arrière. Il vérifie que le louveteau le suis puis pousse la porte qui mène aux escaliers qu'il grimpe deux à deux dans un silence presque religieux, troublé seulement par le bruit de ses chaussures claquant parfois contre le sol qui finissent balancées près de la porte dès qu'il est entré.

"Il me reste du bœuf stroganov et des pâtes, et j'ai du cheesecake pour le dessert. Ça te va ?" Il lui jette un regard, rapide. "Je vais chercher de quoi te changer."

Son assiette atterri au micro-onde, il disparaît dans sa chambre et choppe quelques fringues trop grandes pour lui et dans lesquelles il sera certainement plus à l'aise que dans celles qu'il porte actuellement, trempées jusqu'à la corde. Ensuite il s'arrache aux siennes qu'il jette dans le panier à linge après avoir rejoint la salle de bain où il s'enroule dans une serviette, non sans laisser s'échapper un grognement de satisfaction. Quand Asha retourne vers lui, c'est pour tendre à l'amérindien tout ce qu'il lui a pris, serviette propre et vêtements, avec un regard insistant.

"Tu peux prendre une douche rapide si tu veux." Sans attendre de réponse il retourne à sa chambre pour s'y habiller. "Tu veux boire quelque chose de chaud ?"

Le volume de sa voix est augmenté pour qu'il puisse l'entendre là où il est, et ça lui tire un coup sur la gorge. Visiblement la pluie ne l'a pas réussi et il s'enroule immédiatement dans un sweat chaud pour ne pas risquer d'aggraver la situation. Il retourne au coin cuisine. Sors son assiette du micro-ondes. Y enfourne la sienne, moins remplie. Non sans fredonner quelques notes d'une chanson qui lui vient en tête d'un coup, bien plus détendu qu'il ne l'était dehors. Un peu moins fermé. Faut dire qu'il est chez lui, sur son territoire, en endroit familier. Seul maître à bord.





   
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Mar 27 Mar - 12:05


C’est surréaliste. Tout simplement surréaliste et Logan ne sait où se placer, que faire ou comment réagir dans ce décor que rien ne prévoyait.
Avec docilité, il entre dans le taxi hélé par le Blanco, trempe la banquette sur laquelle y s’assit  et le chauffeur démarre, les emmène à Mont-Royal. Les décors filent et vite changent de tout au tout par rapport à ce qu’il connait de l’est montréalais.
Ici, dans le nord, il n’y a pas de bâtiments vieillis et insalubres mais des petits immeubles colorés, collés les uns aux autres. Ils sont standardisés,  proprets et bien tenus, percés de grande fenêtres ou de baies. Sur les toits plats s’organisent des potagers ou des jardins et  de nombreux petits commerces sont installés au rez-de-chaussée.  C’est cosy, chaleureux, à l’image d’une classe moyenne et bougeoise.

Logan, grimace quand la voiture s’arrête, se demande ce que la gueule d’ange qu’il a combattu hier faisait dans un quartier comme le sien alors qu’il ne doit pas manquer d’argent à priori,
Ça le fout légèrement en rogne et il se renfrogne mais suit son hôte calmement, grimpe lentement à l’étage, ses côtes en feu et l’anémie à fleur de peau. Contrairement à Blanc-bec qui a déjà balancé ses chaussures et pénétré dans l’appartement, il ne peut pas se dépêcher s’il ne veut pas y rester.

Sur le seuil, il reste figé un instant, observe le lieu clair, grand où tout est « design ». Il n’a jamais vu cela hormis dans des séries et recule d’un pas de repulsion. Ce n’est pas son élément.
Il fixe à présent ses chaussures et celles abandonnées de son hôte, hésite à faire de même et à  enlever ses pompes. Il se reprend néanmoins, passe avec réticence la porte ouverte et pénètre dans ce territoire inconnu à l’odeur de propre.
Il reste cependant planté là, prés de l’entrée et sur le qui-vive, scrute la suite d’actions détachées du Blanco qui en sa présence semble faire «comme chez-soi » et, par ses paroles l’invite à faire, « comme chez-lui ».

Des osties de foutaises. Il prend sa thune et décrisse d’ici. Il va pas prendre racine dans cette piaule de rupin .
Il pense ça le Louveteau mais pourtant il s’approche du coin cuisine, jette un œil d’envie sur l’assiette dans le micro-onde puis vers l’aut gars pour voir se qu’il trafique. Il se change à priori et bientôt lui fourre dans les bras serviette, vêtement et autres nécessaires à la toilette.
Le nez et les sourcils de Logan se fronce, dubitatif mais il reste planté là, comme un piquet, interdit.
Il se décide enfin à parler quand « l’aut » revient une seconde fois vers lui, frais, habillé et dispo, pose son assiette pleine sur la table et enfourne la sienne.

« J’veux pas d’ta pitié et j’reste pas là. Tu m’donnes mes bidoux et j’décrisse. Tu m'suceras pas Blanco. »

Il renâcle pour se donner de l’assurance mais intérieurement sent son corps le lâcher.
« Il restera pas là » et essaye de s’en convaincre mais n’y  croit pas trop non plus. Son état s'empire de seconde en seconde et à présent, il est si blanc le Louveteau. Au bord de l’évanouissement. C'est question d'un instant.

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Dim 1 Avr - 17:19
Il l'a toujours connue de très près la méfiance Aramis, c'est même avec le fil du temps devenu comme une seconde peau et à vrai dire elle est née au son du BAM qui a fait éclater comme du verre le visage de ses parents pour s'alimenter ensuite des choses vécues. L'orphelinat par exemple avec ses moqueries et ses injustices, les vols et les coups donnés au détour d'un couloir pour passer le temps. La rue aussi et les regards des autres, la pitié sur les visages, la cruauté de ceux qui chassent en oubliant que comme eux il était humain. Pauvre gosse, il avait pas demandé tout ça, et pendant un temps il était parvenu à reprendre confiance auprès d'un Alpha digne et solide aux idées de changement. Pendant un temps il avait cru pouvoir s'en sortir de ce manque de confiance envers sa propre espèce, de cette haine de lui même. Puis le Loup est mort et il a senti les secousses de son désespoir briser tout ce qu'il avait essayé de reconstruire, la suspicion revenant alors en vagues brûlantes qu'il aurait préféré oublier avec les questions qui vont avec. Qui l'a tué ? Pourquoi ? Et les doutes se portent sur tous ceux côtoyés sans parvenir à trouver la vérité. Encore aujourd'hui d'ailleurs il se pose des questions.

Cependant Logan n'est pas juste méfiant et c'est ça qui l'embête un peu Aramis, que le garçon soit agressif comme ça avec lui. Il a du mal à comprendre ça alors qu'il s'est montré correct – mis à part bien sûr pendant le combat mais le contexte était différent, s'il avait eu à choisir il ne l'aurait jamais affronté, par pour la vengeance d'un connard. Mais bon, pas le temps de lui pousser une gueulante que l'autre il tombe par terre. Le Russe se précipite sur lui, est tenté de lui coller deux bonnes claques pour le remettre sur pied, puis accepte le fait que c'est sûrement un peu trop violent.

"You fool." Il soupire et s'agace, hors de question de traîner le chien fou sur le sol jusqu'au canapé, il se niquera pas les bras pour ça. Cependant il a vite fait d'aller chercher un verre d'eau et tapote un peu les joues pâles du gars. "Hey, wake up. 't's not the moment to fall asleep." Qu'il l'oblige pas à appeler les pompiers, pas encore et surtout pas maintenant qu'ils sont arrivés et qu'il est enfin parvenu à le faire entrer chez lui. Ça lui tire un soupir et il serre les dents, tous ses efforts pour juste payer sa dette, quelle connerie. Il peut pas s'empêcher de se dire qu'il aurait dû lui laisser ses billets et sa merde, après tout c'est pas à lui de tout récolter, et sa culpabilité il aurait fini par la laisser s'enfuir au bout de quelques temps. Ouais, après tout c'est comme tout, ça s'efface et on oublie, on se convainc que c'est pas notre faute ce qu'est arrivé.

Sauf qu'il l'a pas fait. Il a choisi, décidé de l'aider, hors de question qu'il recule maintenant et encore moins alors que le gars il est en train de crever sur son sol. Ça le rend dingue mais il est obligé, il doit s'en occuper, au moins le nourrir et s'il veut se casser après ça qu'il le fasse. Asha estime qu'il a assez forcé. En attendant il essaye de le ramener.





   
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Dim 8 Avr - 17:07


Perdre connaissance est une sensation étrange. Presque mystique.
Les membres deviennent mous comme du coton mais tirent tout à la fois, presque semblable à un fourmillement.  L’équilibre manque, le cœur palpite, la respiration se retrouve être difficile. On dirait une sensation d’asphyxie et du brouillard masque la vision et une chaleur interne s’empare du corps. Tout s’exprime si violemment puis d’un seul coup, plus rien. Fin des sensations. Quelque chose décroche dans la pensée et on se réveille par terre, sans rien comprendre ni pouvoir jauger le temps que cela à durer.
Une seconde, une minute, une heure ? Impossible de savoir même si l’instant semble toujours extrêmement court. Déstabilisant. Même pour Logan qui l’a expérimenté plus d’une fois en combat et en connait les joies.

Lentement, ses yeux se rouvrent, et ses paupières battent. Il reprend conscience et s’il sait parfaitement ce qu’il lui est arrivé et où il est, son esprit est encore flou, la parole confuse, imprononçable. Il est faible. Toujours et fixe le Blanco à ses côtés d’un air las et fatigué, sans la moindre agressivité.
D’un geste de la main, il refuse le verre d’eau –il n’a pas soif- et essaye de se relever, trouve une aide et un appuie chez le garçon. Logan ne pense ni à refuser, ni à remercier. Il se laisse faire, bien trop épuisé, marche lentement, bras autour des épaules du blanc-bête, fait quelques métres et va s’étaler sur le canapé qui accueille son corps dans son moelleux.
C’est confortable, presque un soulagement et il sombre une seconde fois. Pour bien plus longtemps. Une demie-journée. Une demie-nuit. C’est ce que sa montre lui dit quand il émerge, réveillé par de léger bruit.  Il est quatre heures du mat. Il a dormi quinze heures. Rien que ça.  

Logan baille, se frotte les yeux, serre les dents et tout son visage se plisse sous la douleur qui irradie sa gorge et ses côtes car si la fatigue est passée, son corps lui, reste traumatisé.
Il tend l’oreille, tente de décrypter un peu mieux les bruits qui l’ont sortit du sommeil. Ce sont des gémissements discrets venant de la pièce d’à côté. Le Blanc-bec doit faire un mauvais rêve. Il a le sommeil agité. Rien de méchant.
Le Louveteau, n’y porte pas plus attention, se lève, se dirige vers le coin cuisine et voit sur le bar une assiette recouverte de cellophane. Il devine que c’est la bouffe qu’il a refusé hier. Surement au cas où il se réveillerait en pleine nuit.
Sous l’attention, le Louveteau, ni ne s’attendrit, ni ne sourit. Il est encore trop ensommeillé pour cela mais trouve le geste « sympa ». Il remerciera le Blanco demain avant de décrisser même si Logan ne peut pas bouffer ce qu’il lui a laissé. Le solide, ça passerait pas avec sa gorge. Ni aujourd’hui, ni demain. La bouillie et le liquide seront pour les jours à venir ses meilleurs amis.
Il soupire, ouvre le frigo, capte une bouteille de lait qu’il saisit et pose le goulot à ses lèvres. Il devrait prendre un verre mais à la flemme de chercher. Il s’en fout de l’hygiéne et le gars le saura pas. C’est un crime parfait et il avale une gorgée. Rien que déglutir lui arrache cependant une grimace et sa pensée va vers le connard qui l'a tabassé.
Ostie d’Jackson… Et maintenant en plus il a envie de pisser.

Il se prépare à sortir de son marasme quand les gémissements dans la pièce d’à côté s’intensifient, se muent en cris.
Le cauchemar s’est saisit du Blanco et il le hante à présent, possède son corps et le cœur de Logan, en réminiscence d’avant se serre, s'accélére.
Il pense à sa sœur, à son traumatisme, à la corde à son cou, aux cauchemars la nuit qui a fait que son pied a quitté le tabouret.
Il la revoit elle, en sueur, en larmes, en cris et l’image est si terrible à son esprit, si insupportable qu’il abandonne le bar et se précipite dans la chambre de son hôte en oubliant le feu qui élance ses côtes.
Il saisit l’épaule tremblante de ce garçon qu’il s’est promis d’haïr, la secoue sans ménagement ni peur  des coups donnés à cet instant où se mêle rêve et réalité et, par-dessus les cris de l’endormi, l’appelle à son tour, avec la détresse de ceux qui, un instant, ont oublié comment faire.

« Gars ! Gars ! C’est un cauchemar ! Réveille-toé ! »

Il n’a pas peur de la douleur Logan. Il ne craint pas de se mettre en danger, de souffrir et de tout supporter s’il peut réussir là où il a échoué par le passé. Agir là où il l’a laissé le quitter pour à jamais partir.
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Surnom : lil wolf
Portrait robot : ♙ 23 ans (19/12). Originaire de Russie. Papa Américain. Maman Russe. Orphelin. Témoin de l'assassinat de ses parents mais trop jeune pour s'en souvenir réellement, hanté par quelques échos de la scène.

♙ Artiste de toile, de papier ou de rue. Mémoire photographique. Prudent, n'accorde que peu sa confiance. Paradoxalement peu confiance en lui sur beaucoup de domaines.

♙ Yeux gris, cheveux très pâles. 1m79. 72 kg. Solide et endurant, rapide. Bonne résistance aux coups durant un combat, tendance à en pâtir après.

♙ Parle en #3AA6AC (+ italique pour l'anglais).
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Lun 23 Avr - 11:26
Asha ne veille pas sur Logan. Il aurait pu sans doute (il aurait dû d'ailleurs), mais il n'a pas la patience de le regarder pioncer pendant des heures ni l'envie de perdre bêtement son temps. Ah, ce n'est pas très gentil, ça lui traverse la tête une simple seconde puis il décide qu'il s'en fiche totalement et qu'il a d'autres choses à faire alors tout le reste de sa journée il la passe entre le hamac et sa table, à dessiner tout ce qui lui passe par la tête, visages, paysages, animaux, quelques loups qu'il aurait aisément pu poser dans les rues de Saint-Pétersbourg, et il serre les dents comme à chaque fois qu'il pense à ça. Parce que ça lui manque tout ça, IL lui manque, et il est certain que personne n'a jamais fait se serrer sa poitrine comme ça par son simple souvenir, puis il le revoit baignant dans son sang juste avant qu'il parte et même de jour ça lui accélère le souffle. Il n'avait sans doute jamais vu autant de sang (à part dans ses cauchemars) et loin d'être un ange il en a eu sur les mains pourtant. Mais là c'était différent, l'assassinat d'un Alpha contre lequel on n'est plus d'accord et la fin de leur Meute. Il n'a jamais compris et c'est une chose de plus qui le bouffe chaque nuit et qui l'empêche de trouver un sommeil plus tranquille.

M'enfin. Toujours est-il qu'il est qu'il le laisse là sans surveillance et qu'il fait sa vie, un peu gêné cependant au moment de sa douche mais heureusement avec la buée on n'y voit bientôt plus rien. Et son caleçon puis son tee-shirt trop grand enfilés, le voilà roulé en boule dans son lit à laisser le sommeil l'emporter. Tic tac tic tac tic tac. Les secondes s'écoulent et les minutes aussi, Morphée avec tendresse finit par l'attirer.

Et au fur et à mesure que le temps passe les battements de son cœur s'accélèrent, le monde devient plus lourd. Ça pèse sur tout son corps et derrière ses yeux y a des images de sang et de Mort, de l'Horreur en boucle et des cris retentissants. Alors il a le souffle qui s'accélère, les membres crispés qui se détendent soudainement en coups brutaux donnés à un ennemi invisible. Des gémissements au bord des lèvres. De nombreux mots en Russe, supplications. Asha appelle, "Mama Mama", et puis d'autres, à un moment il cherche le Loup. Ce qu'il sait pas bien sûr c'est que tout son corps tremble et que les gémissements se muent trop rapidement en cris, qu'il manque d'air et qu'il s'étouffe sur des larmes rondes. Dans sa tête faut dire c'est comme une symphonie, ça sonne de partout et c'est trop trop trop, tellement que ça l'étouffe et qu'il se perd toujours plus loin, toujours plus profond. Et puis surtout "Mama Mama.", encore.

Mais soudain y a un carcan autour de son épaule, Asha hurle plus fort, se débat, tout petit être dans son rêve lové dans sa peur, sauf que ses poings s'abattent, cherchent quelque chose contre lequel s'écraser, et la voix, la voix ne lui parvient pas. A vrai dire elle n'est qu'un écho lointain et lui il se croit dans son rêve, dans ses Peurs, dans ces souvenirs qui n'en sont pas. Pan, PAN ! Des coups de feu, il sursaute, crie encore. Pan, PAN, le sang, chaud et poisseux, coule à ses pieds, Aramis se tord, tremble encore plus. L'étau sur lui est toujours là. La voix aussi. Le Petit Bonhomme fronce les sourcils alors qu'autour tout se fige parce que la voix, la voix et bien au début elle était pas là. A qui est-elle ? Le cerveau d'un coup semble se remettre en route et il ouvre brutalement les yeux, juste là sur un cri de panique alors qu'il cherche à se dépêtrer de ses draps, la respiration hachée et tremblante.

Sur le réveil il y a quelques chiffres : 4h05.

Une heure de plus que son heure de d'habitude. Et la main ? Sa tête se tourne trop rapidement vers l'homme sans comprendre puis il se souvient. Le combat, l'amérindien, l'hôpital. Ah... Oui il se souvient. Un soupir. Il récupère son souffle comme il peut, essuie son front trempé de sueur d'un revers de main. "J'ai crié c'est ça..?" Il se redresse un peu. Ses bras tremblent et son corps également, il arrive pas encore à s'arrêter. "Pardon je fais des cauchemars." C'était quoi déjà ? Il ferme les yeux une seconde pour s'en souvenir mais ça s'est déjà échappé, l'Alpha ou cette scène de sang régulière qu'il vit constamment, il ignore laquelle il a vue, mais c'est pas bien grave n'est-ce pas ? Il tente un sourire. Ça aussi ça tremble. "It's ok guy... Don't worry..." Le voilà déjà sur ses jambes à vaciller, et il se rattrape d'une main contre le mur, la nausée au bord des lèvres. "Okay I think I'm gonna throw up." Il ricane un peu, une main sur la bouche, à espérer que l'autre n'aura pas saisi ce qu'il veut dire.

Il est pâle Asha, encore plus que d'ordinaire. Et si c'est fréquent qu'il soit complètement retourné après un cauchemar c'est bien plus rare qu'il soit dans cet état. Avec l'estomac qui remonte et incapable de savoir si ses jambes le porteront jusqu'au bout (il a commencé à s'avancer vers la salle de bain et c'est d'un pas précipité, nerveux, alors que de nouveau il attrape l'encadrement de la porte pour pas se foutre au sol). Merde. Il a devant les yeux le sang qui passe encore et l'odeur, l'odeur juste là devant son nez, celle du sang et de la Mort. Rapidement le voilà à genoux aux dessus de la cuvette à inspirer de grandes bouffées d'air, des acouphènes dans les oreilles et bien incertain quand à la probabilité qu'il parvienne à garder son repas dans son estomac. MERDE. Il déteste ça se sentir faible, minable. Surtout quand il est sous le regard d'un autre, ça le renvoie à quand il était gosse. Dépossédé par les regards d'adultes faussement compatissants. Mais c'est pas le moment de penser à ça pas vrai ? Le pauvre Asha a la tête qui tourne et ne sait plus. Est-ce qu'il est debout, assit ? Il parvient plus à dire.

Au bout d'un moment ça passe bien sûr. Il est encore patraque mais il a pas vomit et il se dit que c'est ce qui compte quand il tombe sur le derrière, la tête renversée contre le mur et quelques larmes au fond des yeux gris (c'est pas très agréable après tout comme état). Et il reste là encore plusieurs minutes parce qu'il n'est pas capable de bouger, le corps lourd avec du mal à respirer, et s'il se lève au bout d'un moment c'est pas pour aller bien loin, il s'accroche encore à l'encadrement de la porte et il pose la tempe tout contre, essayant de ne pas abaisser les paupières pour ne pas risquer de perdre à nouveau ses repères.

"I'm sorry Logan..." qu'il parvient quand même à murmurer.

Désolé pour beaucoup de choses. Pour avoir causé tout ça.





   
You look perfect tonight.
un petit récit pas trop long. un petit récit pas trop long. un petit récit pas trop long. un petit récit pas trop long. un petit récit pas trop long. un petit récit pas trop long. un petit récit pas trop long. un petit récit pas trop long. un petit récit pas trop long. un petit récit pas trop long. ©️ .bizzle
   
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Double-compte : Léandre Luissier/george Adams
Surnom : Le louveteau / le clebs/l'chien sauvage...
Emploi/loisirs : combattant illégal
Portrait robot : - 19 ans - SDF- seropositif
- Caractère de chien, au sens propre comme au figuré
- vulgaire, violent, franc
- Pas méchant au fond. Juste sauvage
- a fait un peu de prison pour mineur
- boit, fume du joint parfois
- déteste les riches
- a quitté sa réserve pour retrouver le violeur de sa soeur et le tuer
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Dim 6 Mai - 20:15


Il se débat l’animal , crie, heurte, se tord et plus les coups se font violents, plus Logan ploie.
Il grogne, serre les dents, tente de contenir l’endormi malgré la douleur vibrante de ses côtes et se résigne un instant à abandonner quand les yeux du garçon s’ouvrent en grand sur un cri de panique.
Il s’est réveillé de son cauchemar le Blanc-bec, les draps repoussés sur ses hanches dans l’action, la pensée encore engluée du mauvais rêve, la respiration courte, saccadée.
Il fixe le réveil comme s’il n’avait pas vu l’amérindien puis tourne la tête vers lui, hésite un instant, perdu, puis soupire, essuie son front d’où perlent des gouttes de sueur froide, l’interroge.

"J'ai crié c'est ça..?"

Logan répond par l’affirmative d’un « ouais » à l’intonation impersonnelle.
S’il a été surpris par la violence du cauchemar, le reste ne l’étonne pas. Il a déjà connu cela le Louveteau et une fois le rêve finit, ne s’émeut plus, retrouve son naturel factuel.

Il observe en silence le reste de la scène, laisse son regard brun  suivre le Blanco sans gêne ni pudeur. Il le scrute avec une attention froide, ne répond ni aux tentatives du garçon pour le rassurer, ni au sourire factice, ne cille pas face à ce corps trop faible qui tente de se relever alors que déjà il tremble et vacille.
Il reste de marbre Logan ; laisse faire, ne s’abandonne pas à la pitié alors que le gars semble tenir assez à son orgueil pour ne pas demander d’aide.
Il comprend le Louveteau. Accepte.
Ils sont tout les deux les même.
Aussi fiers.

Logan se concentre un instant sur sa propre douleur, celles de ses côtes brûlantes quand le Blanco plaque sa main sur sa bouche, quitte la chambre avec difficulté pour pencher la tête au dessus des WC.
L’amérindien peut voir partiellement tout cela du lit sur lequel il s’est assis et attend le bruit de renvoi et le clapotis de l’eau troublée.

Les secondes passent et rien ne vient néanmoins, le garçon change de position, s’assied sur les fesses et sa tête bascule contre le mur. Un long silence s’installe et Logan, impatient, songe à l’interrompre sans le faire cependant car crier ou bouger appuierait trop sur son thorax encore douloureux.
Il attend alors le Louveteau que les minutes s’égrainent et que le Blanco se relève.
Il le surveille de loin, immobile mais quand le nauséeux se redresse et s’accroche la seconde d’après à l’encadrement de la porte pour ne pas s’effondrer, le combattant se décide finalement à venir l’aider et sous un grognement léger et rauque de douleur, vient le supporter.

« Assez fait l’fier.T’tiens pas d’bout.  Appuies-toi sur moé, j’te ramène dans ton pieu pour qu’t’rendors. »

Sans plus de retour, il glisse un des bras du garçon sur ses épaules et, les dents serrés, sers de canne au vacillant jusqu’au lit qu’il a quitté un instant avant.
Il le laisse là et repart aussitôt, va enfin pisser, affaire qu’il avait du abandonner avant l’arrivée du cauchemar.
Face au mur des toilettes, il soupire pour la première fois et la tension retombe, ses épaules s’affaissent.

Il a eu peur…

Le cauchemar, le cri, les tremblements, l’instant du réveil et la perte de repères…Tout cela lui a trop rappelé sa sœur.

Son esprit se trouble un instant et Logan s’arrache des souvenirs, se lave négligemment les mains, quitte la salle de bain et rejoint la cuisine, ouvre et fouille dans les placards, en sort le lait, du miel, une tasse et une cuillère.

Le gars a besoin d’un truc pour se calmer et se rendormir. Un lait miel ça s’ra parfait.  
Cela marchait presque toujours avec Sara.


Les dents du Louveteau se serrent. Il ne veut plus penser à elle mais tout revient toujours à l’image de sa figure pâle.
Il grogne, prépare la boisson d’un geste mécanique qui trahi l’habitude, place la tasse au micro-onde quelques instants, la retire quand il suppose le lait tiède. Il trempe le bout de son index dans le liquide pour jauger sa température, grimace sous la chaleur qui le brûle légèrement et embarque la tasse, revient vers le Blanco, lui tend la boisson préparée.

« Tient, c’est un lait miel. Ça apaise et aide à dormir. »

Les mots sont dits sans agressivité mais restent dépourvus de douceur.  Ils sont rugueux, à croire que le Louveteau ne sait s’exprimer qu’ainsi, qu’il a perdu toute tendresse à force de vivre dans la rue.

« C’est chaud fait gaffe. »

La tasse passe de main à main et Logan est toujours debout, ne sachant trop quoi faire. La situation est compliquée pour lui, ambigüe. Trop proche du passé, trop emprunte de la puissance des émotions alors qu’il est face à un gars qu’il ne devrait que mépriser.
Il n’y arrive pas cependant car à travers ce « blanco », sa soeur est trop présente.

« Ton rêve, si t’en a besoin… Tu peux en parler. »
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Surnom : lil wolf
Portrait robot : ♙ 23 ans (19/12). Originaire de Russie. Papa Américain. Maman Russe. Orphelin. Témoin de l'assassinat de ses parents mais trop jeune pour s'en souvenir réellement, hanté par quelques échos de la scène.

♙ Artiste de toile, de papier ou de rue. Mémoire photographique. Prudent, n'accorde que peu sa confiance. Paradoxalement peu confiance en lui sur beaucoup de domaines.

♙ Yeux gris, cheveux très pâles. 1m79. 72 kg. Solide et endurant, rapide. Bonne résistance aux coups durant un combat, tendance à en pâtir après.

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Ven 11 Mai - 23:57
Aramis vacille, Aramis chancelle, Aramis en cet instant ressemble à un faon égaré sur ses jambes trop faibles. Il tremble et sa peau est pâle on dirait même qu'elle est transparente, aussi il a la nausée qui reste là et qui appuie sur son corps et son cœur et ça fait qu'il ne bouge pas, les yeux un peu dans le vague et appuyé contre l'encadrement de la porte, encore haletant. Oh pauvre enfant malade, où sont passés les bras de la mère qui auraient dû le bercer ? Où est partie la voix qui chantait des chansons au pied du lit ou au creux du soir ? Où s'est envolé l'amour qu'un enfant de trois ans attend, caché derrière l'esprit d'un garçon qui aujourd'hui feint être devenu homme ? Il en aurait tellement besoin en cet instant, tellement, mais il n'y a que le chien errant dans son appartement, ce garçon dont il ne connaît rien d'autre qu'un prénom, pas un père ni héros, pas une mère, louve prête à tout, rien qu'un combattant pour lequel il n'a aucune confiance. Alors quand il s'approche, s'avance, le blanc aimerait bien avoir la force de l'envoyer paître d'un "dégage" ou bien d'un "tu m'emmerdes", mais non il ne le fait pas, ni ça ni un pas en arrière car il risquerait de se retrouver par terre, Волк n'a même pas la force de gronder quand il sent l'autre le supporter. Un pas après l'autre il rejoint donc le lit, son estomac proteste et plusieurs fois se soulève mais il tient bon et avance, s'agrippe aux draps quand il arrive et y enfouit son visage. Dans sa poitrine le cœur galope et ne se remet pas encore des cris et des coups de feu, de l'odeur âcre du sang venue le prendre au nez, roule sur le matelas dans un gémissement, remonte ses jambes contre sa poitrine et se roule en boule.

Elle a quelque chose de rassurante la position, l'enfant dans son esprit s'apaise, porté un instant par la sensation d'être de retour dans la chaleur du ventre rond. Ses yeux gris se sont fermés à demi, il somnolerait presque s'il n'avait pas l'esprit si en alerte, l'attention à fleur de peau. Et faut dire que c'est toujours pareil après un mauvais rêve il est là, éveillé, et il faut attendre que la tension s'apaise pour retrouver le chemin à Morphée, sauf que certaines fois Asha n'y parvient même pas.

Pas facile non plus avec l'autre qui s'agite dans la cuisine. De nouveau le loup doit se taire, retenir une remarque acerbe malgré l'envie qui lui colle à la peau. C'est qu'il n'a pas l'habitude d'avoir quelqu'un avec lui en pleine nuit et ça lui fout les nerfs à vif, seulement c'est de sa faute tout ça, il avait qu'à laisser Logan dans son coin, alors il ne peut s'en prendre qu'à lui, mais pour la première fois il regrette un peu son geste et déteste cette certitude qui le vrille : il ne se rendormira pas. Pourquoi il pense comme ça ? A cause du bruit ? Il en sait rien, plutôt parce qu'il a l'impression que l'autre va lui coller aux basques, le couver comme le ferait une poule avec ses petits, et Asha n'aime pas ça du tout, il a juste fait un foutu cauchemar après tout. Ce n'est ni la première fois ni la dernière, il y en a eu beaucoup et il y en aura encore, ça ne sert à rien de penser qu'il a besoin d'aide. Pourtant dans un soupir il se déplie en entendant ce qu'il a ramené pour lui, car au fond il n'est pas si mauvais bougre. Habitué surtout à sa solitude, à se débrouiller seul, à calmer ses pensées affolées par des chansons fredonnées dans le noir comme elle l'aurait fait. Des fois dans ses rêves les plus doux il entend encore sa voix.

"Merci."

C'est pas doux, c'est pas agressif non plus. Un peu faible quand même comparé à d'ordinaire. Il s'est assis dans le lit et ses yeux sont rivés vers un point que personne d'autre ne peut voir, il contemple l'infini du vide et la douceur du silence. Boit une gorgée. Le miel caresse sa gorge et ses paupières s'abaissent, il sent les larmes les border. C'est pas que ça lui rappelle des souvenirs à vrai dire, mais son père... son père mettait souvent une touche de miel dans son biberon quand il refusait de boire, c'est une certitude qu'il a sans pour autant pouvoir s'en rappeler clairement. Un fragment de plus qui est là et qui pourtant lui échappe, tout comme le font toujours ses rêves.

"Tu n'as pas à t'inquiéter pour moi... Pourquoi tu le fais d'ailleurs hein ? Il y a deux jours on se tapait dessus dans un entrepôt pourri..." Il est fatigué, tellement fatigué que ça se voit sur ses traits. Il a souvent des cernes en dessous de ses yeux Asha et c'est encore plus flagrant vu son état. "Puis comme j'ai dit ça arrive souvent." Est-ce que ça devrait être une excuse ? Pour lui bien sûr c'est le cas, il mourra pas d'avoir fait un cauchemar de plus, il l'enfermera juste à double tour dans le tiroir de l'oubli et recommencera demain avec un autre, c'est comme ça que ça marche. Nouvelle gorgée qu'il avale sans se presser, le lait miel a au moins le mérite de réparer un peu les cœurs. De les ouvrir un peu peut-être aussi. Aramis n'en sait rien, ça fait des années que quelqu'un n'a pas ne serait-ce qu'essayé de prendre soin de lui alors il ne sait pas trop comment il doit agir. Est-ce de mise de lui ouvrir un peu son passé et sa vie ? Non, il n'avoue tout ça à personne, il ne raconte jamais ni le pensionnat ni les souvenirs qu'on a tenté de lui expliquer sans arriver à les réveiller en lui. Tu fais un déni Aramis, c'est ce qu'elle disait la psychologue qu'on l'envoyait voir, ça reviendra tu verras. Ça n'est jamais vraiment revenu et c'est mieux ainsi non ? S'il a vécu des choses aussi horribles qu'ils le disaient, il vaut mieux qu'il ait mis tout ça au placard. Ou peut-être pas, il n'a aucune idée de comment ça doit se passer tout ça, si c'est mieux pour avancer, si on oublie mieux le passé en pouvant le regarder.

Pour le moment il n'a que les cauchemars. Et s'il sait que c'est lié à ça, il ne voit jamais vraiment la scène. Juste le sang et les pan pan pan partout autour de lui. Juste un cri douloureux. Juste la chaleur de l'urine coulant le long de ses petites jambes, baignant ses petits pieds nus.

Il frissonne un peu.

"It's just... feelings. Sensations. Des odeurs... Des bruits... Des choses d'avant, il y a très longtemps..."

Il était tout gosse ou alors plus vieux, il se souvient quand il est entré dans le squat, qu'il a poussé la foule. Il se souvient du cadavre de son Alpha sur le sol, les visages effarés. Il se souvient de sa propre détresse, de son sang qui s'est glacé. De l'odeur de la mort tout autour, la mort dans les beaux yeux noirs qu'il avait dû lui même fermer. Il voulait juste les aider les pauvres gars qu'ils étaient pourtant, il en avait rien à faire leur meneur du pouvoir. C'était juste histoire de faire bouger les choses, de leur donner des droits. De plus être des gars de la rue qui se font coincer dans des ruelles, tabasser, violer ou menacer. Il voulait tant de choses que tous les autres réclamaient également alors pourquoi l'assassiner ? Il se souvient ne pas avoir compris non. De la bile qui remontait dans ses tripes, prête à être crachée sur le sol maculé de crasse et de rouge. Il se souvient être parti en emportant avec lui l'image de traits paisibles, à croire que la mort ne lui avait pas fait peur. Il avait confiance visiblement en l'homme qui se tenait devant lui. Parce que l'Alpha croyait en chacun de ses frères, même en lui petit avorton constamment bousculé par les autres. Même en lui oui, et ça juste ça c'était beau. Il lui a fait confiance. Avec lui il pouvait parler de tout. Il l'acceptait dans ses bras quand le cauchemar le soir le faisait crier. C'est qu'ils étaient une famille tous ensemble, la meute la plus unie.

Alors qui ? Pourquoi ? Il s'en pose des questions, il s'en pose sûrement trop. Et ça ça alimente les songes malins prêts à dévorer son cerveau.

"Ce sont les morts Logan... Ils reviennent tout le temps..." Et quels morts. Ses parents. Un frère loup, amour depuis quelques temps. Mais ça Logan ne le sait pas et Aramis ne veut pas en dire plus même si au fond se confier rien qu'un peu l'allège au moins pour ce soir. Pour tout le reste cependant il faudra attendre, prouver sa confiance s'il le souhaite. Asha ne lui en voudra pas s'il ne le fait pas, de toute façon personne n'a besoin d'entendre son histoire. "Parlons d'autre chose. Ça vaut mieux." Autant se changer les idées s'il veut à un moment où un autre se rendormir, replonger.

Les songes sont toujours plus doux une fois le rappel cruel envolé. Un passé que, quel qu'il soit, il ne peut oublier. Aussi lointain soit-il. Il n'avait que trois ans lors des premiers souvenirs il faut dire. Malgré tout un événement aussi traumatisant marque l'esprit et il sait, il sait que même si pour le moment il ne parvient pas à tout se remémorer, il y a des choses enfouies au plus profond de lui. Non, pensons a autre chose il a dit. Il boit une gorgée de plus et lui tend la tasse, son air est presque enfantin à cet instant là et il laisse une esquisse apparaître sur ses lèvres, fantôme d'un sourire qui ne naîtra jamais vraiment.

"Tu en veux ?"

L'autre n'a pas la galle après tout non ? Et il est resté là, il lui a préparé de quoi aller un peu mieux, il a pris soin de lui. Le loup ne peut qu'être légèrement reconnaissant même si ça l'agace quand même de ne pas pouvoir le faire seul.

Mais là c'est la fierté qui parle.
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Mar 22 Mai - 10:51


]U Turn (lili), Aaron


Le remerciement du Blanco est presque un murmure de politesse mais il est là néanmoins et c’est déjà beaucoup. Logan n’en demande pas plus. Il ne s’attendait même pas à autant lui qui a évolué ses dernières années dans un univers où l’éducation et la convenance se prennent des coups du droit chaque jour, où l’homme est un loup pour l’homme, une proie, un ennemi qu’on abat et dévore pour rester en vie.  
Il ne s’attendait à rien hormis à ce que le blanc-bec prenne la tasse et confronté à la gratitude, ne sourit pas, dévisage calmement, une pointe de dureté dans le regard, celui qui semble observer l’ailleurs, celui loin, loin, loin, là où l’amérindien n’est pas.

C’est presque comme s’il n’était pas là d’ailleurs, lui soldat debout, immobile, inébranlable, qui ne cille pas devant les larmes qui bordent les yeux clairs du garçon.
Il les a vu, bien sur, mais alors ? Mais après ?
Réconforter ?
Il ne sait pas faire, l’âme trop dure pour cela. Ses mots blesseraient plus qu’ils ne soigneraient.
Attendre ? Ecouter ? Rester placide, distant pour, en écho, tranquilliser l’autre et ne pas l’étouffer ?
C’est ce qu’il fait et son cœur qui, tout à l’heure s’était emballé, a retrouvé son rythme indolent, serein. Même la douleur de ses côtes s’est apaisée et, les sensations et les émotions presque endormies, le moment s’étire, se fige étrangement, enfermé dans un de ses instants d’ « Hors-temps » où tout semble plus lent.
Une tasse portée aux lèvres, quelques phrases auxquelles Logan ne croit pas, une nouvelle gorgée de lait.
Un frisson et le temps, se met à ré-accélérer.

Le Blanco parle. Il parle vrai, pas des choses impersonnelles ou distantes qu’il a débitées avant.
Il s’ouvre étrangement et le Louveteau y est sensible, son attention décuplée.  
Il l’écoute, se trouble légèrement, imperceptiblement quand la parole évoque les sensations, l’Avant, les morts et les deuils laissés derrière sans qu’on puisse pour autant s’en détacher vraiment.

Logan aussi connait tout cela, il comprend, aimerait y répondre à cœur ouvert mais le Blanco reprend aussitôt, demande à changer de sujet, à chasser les souvenirs à peine éveillés. Pour se donner une contenance surement et clore la discussion, il boit même une gorgée et tend la tasse à l’amérindien, lui demande s’il en veut, une esquisse de sourire aux lèvres.
C’est la première fois depuis qu’il s’est éveillé de son cauchemar mais Logan ne la remarque pas, répond à la question par un refus net, presque cassant.

 « Nan. »
Il n’en veut pas.
Lait chaud et cancans au bord du lit, ce n’est pas ce dont il veut discuter.
Le poussif, ce n’est pas pour lui et si le Blanco ne veut pas revenir aux choses qui comptent vraiment, il y reviendra lui-même.

 « Tes cauchemars, c’est pas facque ça arrive souvent qu’c’est pas grave. »

Sa voix a retrouvée sa neutralité même s’il est evident que Logan parle avec sérieux, que le sujet le touche.

 « Ma sœur cauchemardait toutes les nuits et c’est qu’a fait qu’elle s’est tuée. Elle a pas supporté… les cauchemars étaient trop réels.
Tu m’as d’mandé pourquoi j’m’inquiétais alors qu’hier on se vargeait ? C’simple, t’à l’heure lors d’ton cauchemar, tu m’l’as rappelé, j’ai paniqué. »


Ses sourcils se froncent mais l’amérindien n’a pas honte d’énoncer ses mots  car l’orgueil a disparu quand la confidence a commencé.
Si le Blanco veut savoir, il lui dira. Ce n’est pas un secret.  

 « Moé aussi, j’ai des morts qui reviennent tout le temps et j’veux plus être impuissant et les r’garder partir. »

Car brun, blanc, riche ou pauvre, les drames n’épargnaient personne et allaient par delà la couleur de peaux ou la catégorie sociale. Parce qu’ils n’en avaient rien à foutre de savoir qui ils frappaient et détruisaient.  
Pour ça au moins, loup sombre et loup clair étaient semblables, proies sous les crocs du destin.

« Fin’,t’sembles aller mieux et j’vais mieux aussi moé. J’peux t’laisser tranquille s’tu veux. »

Logan souffle. Il sent que le Blanco ne lachera rien, trop fier et si celui-ci ne veut pas l’écouter, l’amérindien n’a plus rien à faire ici, souillure et parasite dans ce nid trop somptueux, tenu et douillé.
Il retournerait à sa rue même s’il n’avait plus nulle part où aller, se creuserait un nouveau terrier jusqu’à ce que l’on vienne encore l’y déterrer.
Il se battrait pour son droit d’exister, souffrirait sous les coups et serrerait les dents jusqu’à crever.
Il avait l’habitude car là était le sort qu’on réservait au chien errant.
Libre, terrible, sauvage.
Sans maitre ni loi.
Mails : 56
Surnom : lil wolf
Portrait robot : ♙ 23 ans (19/12). Originaire de Russie. Papa Américain. Maman Russe. Orphelin. Témoin de l'assassinat de ses parents mais trop jeune pour s'en souvenir réellement, hanté par quelques échos de la scène.

♙ Artiste de toile, de papier ou de rue. Mémoire photographique. Prudent, n'accorde que peu sa confiance. Paradoxalement peu confiance en lui sur beaucoup de domaines.

♙ Yeux gris, cheveux très pâles. 1m79. 72 kg. Solide et endurant, rapide. Bonne résistance aux coups durant un combat, tendance à en pâtir après.

♙ Parle en #3AA6AC (+ italique pour l'anglais).
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Mar 12 Juin - 9:03
C'est par un "Non" au coin du nez que ça recommence la méfiance du Blanc à l'encontre de l'Amérindien. C'est pourtant pas grand chose un non mais ça lui rappelle qu'ils ne se connaissent pas, qu'ils ne sont pas amis, et qu'il n'aurait pas dû conter ainsi ces quelques bribes de sa vie, raconter les morts alors qu'ils sont si importants pour lui. Asha ce qui est sûr c'est qu'il aime pas s'imaginer raconter ça à quiconque, ses parents et l'Alpha, et il se renfrogne, se renferme, érige de nouveau les barrières qui s'étaient effondrées le temps d'un instant d'abandon en envoyant à Logan un éclat noir du coin de son regard. Il a l'air fort comme ça, on dirait qu'il a retrouvé sa forme, sauf que c'est pas tout à fait vrai. Aramis quand il ferme ses yeux voit encore le sang couler alors il fait en sorte de les garder grand ouverts, boit le lait, tranquille et même trop, plus méfiant et sauvage mais sans faire de vagues même quand l'autre parle de ça. De ses cauchemars. De leur gravité. De sa sœur. Mais qu'est-ce qu'il en a à faire Asha hm ? Pourquoi il devrait s'intéresser à ça, à la morte du louveteau ? Ils ne se connaissent pas, ils ne sont pas amis, pas de la même portée.

Ta gueule qu'il voudrait pouvoir lui dire. Ta gueule, je t'ai rien dit t'as pas à raconter les tiens. Mais il a pas le courage. Il a pas assez la rage. Il attaque pas tant que ça le Loup et la plupart du temps c'est pas pure défense. Il mord avec les mots et cogne avec les poings.

"I'm not your sister." qu'il murmure.

Non, non il ne l'est pas. Et ses cauchemars ce sont les siens, pas ceux d'une autre. Ses cauchemars ils sont vrais et faux à la fois, sortis des limbes d'une mémoire abîmée par ce mot, déni, et l'autre, traumatisme. En vrai pourtant en disant ça il veut sans doute juste faire le fier.

"Ça, les cauchemars, c'est là depuis vingt ans. Ça fait même plus mal avec le temps."

Si. Si ça fait mal parfois, surtout quand il rêve du plus récent, de son Alpha qu'il aimait tant. Et ça fait mal aussi parce que le coup de feu et puis tout ce sang, tout ce sang par terre sur le carrelage blanc, il arrive pas à savoir si oui ou non c'est celui de ses parents. Mais ça c'est parce qu'il se torture, parce que y a son esprit qui a effacé juste ce pan là de sa vie et qu'il sait lui que c'est là, que ça traîne quelque part et que les bribes qu'il semble en avoir gardé ne sont pas les seules, que les autres aussi il peut les retrouver. Il suffit juste de chercher un peu plus fort, un peu plus encore. Quelque chose dans le genre, ça peut pas être parti si loin au fond de lui.

"Faut pas t'inquiéter pour ça."

Il gronde un peu. Il en parlera pas, pas ce soir, peut-être pas demain ni plus tard, peut-être que ça sera jamais mais faut quand même pas désespérer, y a toujours de l'espoir. C'est juste qu'il a besoin de faire confiance, et ça... Ça ça arrive pas vraiment avec lui. Le dernier qui l'avait est mort en emportant avec lui le secret de son assassinat brutal. Mais ça il préfère ne plus y penser ce soir, comme au reste d'ailleurs. Il veut juste se rendormir, être tranquille. "You can stay here by the way." Il hausse les épaules. Bien sûr qu'il peut, il le lui a dit non ? Il a une dette envers lui et il le laissera pas dans la rue avec les côtes explosées.

"T'as qu'à... rester là pour cette nuit. Dans le lit. Je vais prendre le hamac."

Déjà il est debout et ses jambes ne tremblent plus comme avant, il a repris du poil de la bête. Ce n'était qu'une mauvaise passe, qu'il soit malade après un mauvais rêve ça arrive des fois et c'est souvent quand il s'est perdu loin dans sa tête, qu'il avait l'odeur du sang jusque dans son réveil. Mais à tout ça il doit cesser d'y penser et Asha pose la tasse vide sur la table de nuit, se glisse rapidement dans le hamac.

Il apprécie le balancement tranquille et la lumière de la lune qui baigne son visage par le volet entrouvert. Il aime regarder dehors, la vue sur les toits. Sentir la brise lorsqu'elle passe par le minuscule interstice laissé exprès sous la fenêtre. C'est pour ça qu'il passe toujours dans le hamac quand il revient à lui. Pour changer d'air, flotter un peu. Emporter avec lui des rêves plus doux comme il en fait si peu.
Mails : 62
Double-compte : Léandre Luissier/george Adams
Surnom : Le louveteau / le clebs/l'chien sauvage...
Emploi/loisirs : combattant illégal
Portrait robot : - 19 ans - SDF- seropositif
- Caractère de chien, au sens propre comme au figuré
- vulgaire, violent, franc
- Pas méchant au fond. Juste sauvage
- a fait un peu de prison pour mineur
- boit, fume du joint parfois
- déteste les riches
- a quitté sa réserve pour retrouver le violeur de sa soeur et le tuer
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Sam 21 Juil - 18:53


Logan s’attendait à des confessions. Il pensait pouvoir faire parler, apaiser le Blanco par l’échange mais à peine l’amérindien refuse-il le lait chaud et reprend de force le sujet des cauchemars que le jeune homme se referme, lance au Louveteau un regard noir, réplique des phrases auxquelles Logan ne croit pas.
Avec une assurance de façade, il prétend que les rêves ne le blessent plus avec le temps mais l’amérindien a vu la vérité. Il sait que quand les songes le prennent, son corps s’agite et qu’il pleure, gémit, le cœur secoué jusqu’à s’éveiller en nage, la nausée au bord des lèvres.
Tout cela, ce corps qui le trahi, cet esprit en panique, ce n’est pas ce que l’amérindien considère comme anodin et sans inquiétude.
C’est quelque chose de grave. Un traumatisme. Celui des morts qui reviennent tout le temps . Il n’a rien inventé Logan, ce sont là même les mots du garçon.
Ceux qu’il veut taire à présent et que le Louveteau n’obligera pas si le Blanco ne le souhaite pas.
Se taire, cacher et mentir, c'est son droit au garçon comme il appartient à Logan de dire tout ce qu'il pense là dessus.

«T’es un menteur. Tes cauchemars, c’pas rien. Tu veux juste pas en parler. J’trouve ça débile mais t’as l’droit. J’t’obligerais pas. »

Le ton est calme bien que légèrement rude. Logan a hésité longuement à prononcer ces paroles et quand elles émergent, elles semblent sortir de nulle part, réanimer le fil de la discussion que le Blanco a rompu en allant s’installer dans son hamac.

« Et j’aime pas dormir dans le pieu d’un autre. J’retourne sur le canapé… »

Les lits, il les partage quand le courant passe avec l’Autre. Il ne se les accapare pas pour lui seul, ne prend possession d’aucune couche que la trace de l’autre embaume.  

L’amérindien souffle un instant, immobile, serre les dents sous un mot coincé qu’il peine à expulser, trop peu habitué à le prononcer, conditionné à le voir comme un aveu de faiblesse, un usage réservé aux dominés et à la politesse.  

« Mais merci. Bonne nuit. »

Ses sourcils se sont froncé d’irritation légère quand le remerciement a émergée d’entre ses lèvres et le Louveteau se braque tout seul, fait demi-tour, vient tomber sur le canapé, excédé.
Il grogne sous la douleur qui vrille ses côtes quand son corps percute le divan, jure de ne pas avoir fait plus attention, d’être assez con pour ne pas y avoir pensé sur l’instant alors qu’il a déjà mal pourtant. Tout le temps.

Il soupire, se retourne plus prudemment, ferme les yeux, un bras mollement plié sur le visage.
Il est à peine quatre heure trente. Il lui reste au moins une à deux heures à dormir avant que le soleil ne le tire du sommeil. C’est pas grand-chose mais ça sera ça de pris déjà. Y a pas de petites économies…
Sauf quand le marchant de sable est un vrai radin et que pas un seul grain doré ne semble vouloir se poser sur ses paupières, alourdir son corps malgré la fatigue mentale.
Il tourne sur lui-même alors Logan. Il s’agite, ressasse son combat de la veille, revoit ce connard de Jackson, se focalise sur ses ostie d’coups d’putes, sur la sensation de son cigare sur sa gorge , sur l’odeur du cochon brûlé. Il repense à l’infirmière casse-couille qui l’a forcé à rester alité, aux frais d’hospitalisation qu’il ne pourra pas payer, à l’arrêté municipal aux portes de son squatte, à ce gars trop entêté qui l’a forcé à venir jusqu’à chez lui. A son évanouissement aussi, au cauchemar du Blanco et à sa sœur. A sa mort, à ce que ça sert dans son ventre même après des années de deuil.

L’Amérindien gronde pour lui-même, ouvre les yeux, se redresse. Il n’en peut plus de rester ici, inactif, torturé par ses pensées en attendant que l’autre dans son hamac veuille bien se bouger.
Dehors, même l’aurore pointe, colore le ciel d’un dégradé oranger. Une heure trente a passé depuis tout à l’heure quand il s’est recouché et les minutes égrainées ont épuisé la patiente du Louveteau qui quitte sa banquette, se lève pour rejoindre le coin cuisine.

Avant de partir, il veut récupérer sa thune et il est sur que le Blanco l’a posé là-bas. Il fouille un peu, à peine, et son attention est détournée par une large enveloppe de craft bondé posé négligemment sur le plan de travail.
Logan s’en saisit, l’ouvre, y découvre des billets qu’il compte d’un air avide.
50. 100. 200. 300.
Le tout y ait. Ça ne peut être que sa thune et si ce n’est pas le cas, tant pis pour l’aut’ gars, qu’il garde ses billets vu que l’amérindien prend cela.

Il les empoche, attrape un stylo qui traîne et sur l’enveloppe qu’il laisse là, note un « Merci. Logan ».
C’est sobre, concis et si la calligraphie est dégueulasse, le louveteau ne s’y appesantit pas, songe déjà au départ mais hésite aussi pour une douche fraiche, renifle le dessous de ses bras, fronce son nez sous l’odeur de chien mouillé.
ça pue quelque peu mais le musc n’est pas si terrible. Le brin de toilette attendrait.  
Sur cette décision, il part ainsi, sans plus d’adieux. Sur de ne jamais revenir, que l’argent seul suffira à tenir.



Un beau rêve qui ne tient qu’une semaine d’hôtels minables à piaules exécrables avant que l’amérindien soit dépouillé de tout ce qui constitue sa fortune.

Il se retrouve donc là, comme un con, assis sur un banc, huit euros en poche, les potes abonnés absents pour l’héberger. Face aux enfants qui rient dans le square, il maudit son incapacité à se battre pour gagner sa vie, peste contre les moineaux opportunistes quand le Blanco lui revient à l’esprit.
L’gars lui avait proposé de l’héberger nan?
Le visage  de Logan se tord, indécis.

Ok mais est-c’qu’il s’abaisserait à aller chez l’aut’ blanc-bec ? Mais avait-il d’aut’ choix d’un aut’côté? Et est-c’qu’le Blanco l’laisserait r’venir ? Il s’était cassé sans dire au’r’voir, ça s’rait compréhensible que l’gars lui crache à la gueule… Mais… Il avait laissé un mot de remerciement aussi… Ptét’ qu’avec un cadeau ça passerait… mais quoi ?
Des fleurs ? C’pour les meufs nan ? En plus il a pas assez…
Des chocolats ? Trop cher et puis l’gars c’est pas sa blonde.
Un gâteau? Sur sa boite aux lettres, il a vu qu’l’gars s’appelait Aramis. Il doit être français pour avoir un tel nom… On offre des pâtisseries en France nan ? Il a vu ça dans une pub… A moins qu’l’gars soit pas français… Il avait un accent américain et Atkins ça fait pas très camembert-baguette…et… et…et puis ostie de marde, va pour le gâteau,  y‘pourrait toujours l’manger si Blanc-bec refuse d’l’héberger.


Le Louveteau se lève sur cette décision, erre jusqu’à une pâtisserie, déglutit devant les prix puis, achat fait, reprend la route vers Mont-Royal, se perd un peu devant les façades toutes semblables puis reconnait celle du petit appartement, vérifie le nom sur la boite aux lettres.
Aramis Asha Atkins
C’est ici.
Il sonne, anxieux mais personne ne répond. Il attend, sonne derechef. Que dalle. Il est seize heure et Logan comprend : le gars doit travailler.
Marde. Plus qu’à poireauter devant la porte comme un chum venu s’excuser auprès de sa blonde après l’avoir trompé.

D’énervement, il frappe dans une poubelle puis s’assoit sur les marches de l’escalier, observe la rue, impatient, s’ennuie puis fini par somnoler, réveillé régulièrement à chaque fois que sa tête retombe sur sa poitrine.
Une heure puis deux passent quand le Blanc-bec se pointe enfin devant la porte, réveille en sursaut l’amérindien qui essuie précipitamment le fin filet de bave à ses lèvres, se relève, tend au garçon le petit paquet blanc décoré de ruban.  

« Salut Aramis, j’tai ramené une pâtisserie… Pour te remercier. »

Une semaine après…
Qui était assez con pour gober ça ?


NOTE : Logan, car il est un peu concon, a acheté une pâtisserie glacée de ce type (car elle était belle) sauf que bah… avec l’attente, ça a un peu fondu. Aramis pourra avoir la surprise s’il ouvre la boite :’)
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♙ Artiste de toile, de papier ou de rue. Mémoire photographique. Prudent, n'accorde que peu sa confiance. Paradoxalement peu confiance en lui sur beaucoup de domaines.

♙ Yeux gris, cheveux très pâles. 1m79. 72 kg. Solide et endurant, rapide. Bonne résistance aux coups durant un combat, tendance à en pâtir après.

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Mar 14 Aoû - 18:56
Asha a toujours menti.

Depuis tout gamin. Jusqu'à aujourd'hui. À chaque fois il est parvenu à s'échapper, à se débarrasser des gens avec les mots. Avec un mensonge parfaitement servi. Effrontément même avec son regard lové dans celui de son vis-à-vis. Assurément pour ne pas se faire prendre. Mais jamais pour blesser. Souvent pour se protéger. De toutes ces personnes néfastes, de tous ceux qui veulent faire du mal. Briser sa vie. Plus qu'elle ne l'est déjà. Et pourtant quand il entend les mots, ceux de Logan, c'est comme se prendre un coup. En plein dans l'estomac. Qu'il lui donne sans même le savoir. Parce qu'il ne peut pas comprendre la portée de ce qu'il lui dit. La douleur qu'il ressent Aramis quand il entend ça. Cette insulte, menteur, balancée comme un gosse le ferait. Sans aucun détour. Cette accusation qui l'étouffe, l'essouffle, parce que ça le tue d'être rabaissé à ça quand il souhaite juste s'épargner quelques souffrances de plus. Sauf que tout ça Logan l'ignore. Ne voit en lui qu'un riche de plus avec des calomnies sur les lèvres et du poison dans les mots. Et toutes ces choses qu'il n'est pas, lui gamin des rues, lui gamin des toits. Libre et sans frontières et avide de hauteurs, d'air frais qui souffle et s'emmêle, caresse les visages et s'enroule dans les cheveux. De ces plaisirs là que l'argent n'achète pas. Mais comment les lui dire ? Alors qu'ils sont là, enfermés dans l'opiniâtreté de celui qui veut trop en apprendre, de celui qui ne veut plus parler. Alors qu'aucun des deux ne veut faire un pas. Pour arranger les choses. Les faire avancer. À quoi bon de toute façon... Il sait bien, quand il ferme les yeux, que Logan sera parti au matin. Qu'il l'aura laissé là, seul, parce qu'il ne se sent pas à sa place.

Alors il ne rumine pas. Et se laisse emporter. S'agrippe à Morphée après s'être gavé de morceaux d'étoiles. Gravés au fond de lui quand il ferme les yeux, apaise son souffle. Tranquillement avec le temps qui passe. S'envole, doucement, au rythme de son cœur qui bat le creux de son torse.

Jusqu'à ce que la porte claque. Le fasse se réveiller sur un sursaut, gronder un peu, la tête dans le gaz et les deux yeux dans le même trou. Le temps qu'il comprenne. Qu'il est bien parti et que l'appartement est vide. Lesté de l'argent posé sur le comptoir, à son attention évidemment. Au moins vivra t-il quelques temps avec ça et en se tournant dans le hamac il ne fait que se dire que ce n'est plus de son ressort. Il a fait ce qu'il a pu. Ce que l'autre a voulu. S'il n'a même pas attendu qu'il se réveille pour s'enfuir, libre à lui. Y a plus qu'à espérer qu'il revienne pas pleurer dans ses jupes bientôt, Asha n'est pas un refuge et ne lui doit plus rien désormais. Après tout il en a déjà assez bavé pour le ramener là et s'occuper un peu de lui, c'est l'autre qui a décidé de quand il s'en allait, alors la vie reprend son cours. Entre dessins et courses, soirées à regarder le soleil se coucher, le cul posé sur un toit. Sans se soucier de ce que devient le gars. Sans s'agacer de comment il s'en est allé. Juste sur deux mots. Laissés sur un papier. Juste sur deux mots, dont un qu'il aurait pu lui dire en face.

Heureusement il s'en fout. Trop occupé à remplir sa tête d'images, de spectacles. De ces paysages qu'il reproduit à la perfection sur son carnet. Sur des toiles quand il prend le temps, quand il en a l'occasion. Il en a commencé une d'ailleurs cette semaine, s'est dit que c'était le moment. Celle d'un combat plein de sang. Entre un chien et un loup. Un brun et un blanc. Un combat trop violent. Presque terminé, manque plus que quelques notes. Les touches finales. C'est pas comme s'il avait besoin de longtemps avec sa bougeotte. Sa faculté à tracer sur toile ou papier à vitesse folle ce qu'il a dans la tête. À ne rien laisser s'échapper. Après ça c'est que question de couleurs, de dosages. De tout ce qu'il a fait toute sa vie déjà, même si c'était sur les murs. Les murs de sa ville Russe. Qu'il connaissait par cœur juste pour pouvoir détaler, courir une fois le dessin fini. Juste parce qu'il l'aimait aussi et que sa vie y était. Comme elle est ici aujourd'hui, même si ça ne sera jamais pareil. Jamais autant. Qu'il aura toujours dans le cœur le manque de chez lui, le mal du pays. Dans lequel il est venu pour échapper à des tourments bien moins terribles finalement. Puisque ce n'était que de l'amour. Des sentiments trop forts pour un homme qui ne le regardait pas. Et qui se seraient envolés certainement, avec le temps. S'il était resté.

Mais il ne peut rien refaire avec des si, qu'il se dit encore une fois. Et au lieu de se perdre le voilà qui reprend la route, carnet coincé à l'arrière de son pantalon, le voilà qui trouve les prises, descend, s'envole. Se rapproche à grand pas de ce bâtiment où il habite, qu'il a déserté aujourd'hui. Par envie d'attendre encore une journée pour poser le point final à sa peinture. Qui trône au milieu de sa chambre. Par envie de voir le monde sans rien faire d'autre aussi, les jambes dans le vide et les yeux sur le ciel simplement. Ça le prend de temps en temps. Et c'est ça qu'il aime, vivre au jour le jour. Sa vie sans soucis. Sans rien pour la dicter à part ses envies. À part ses routines. Qu'il finit toujours par briser. Pour autant ce n'est pas lui qui le fait là, alors qu'il vient de redescendre en faisant flipper une vieille. C'est Logan, planté en bas de chez lui, qui lui sort une excuse qu'il n'attrape pas. De même que le paquet blanc. Ses mains obstinément plantées dans ses poches, en une défense de plus.

"Au bout d'une semaine ça n'a plus rien d'un merci."

Le revoilà le loup qui mord, le loup qui gronde. Qui pourrait en vouloir aussi, mais ce n'est pas le cas. C'est juste pour l'enquiquiner. Le faire plier. Un peu. Lui faire comprendre surtout qu'il n'est pas fou. Ni idiot. Qu'il ne sert a rien de le traiter comme tel.

"T'as besoin de quoi ? De fric ? D'un endroit où dormir ?" Il lève un sourcil. Froid. Le visage sans émotions comme il le fait souvent. Un mensonge oui, pour masquer tout ce qu'il ressent. "C'est pas un refuge chez moi. Tu le sais ça ?"

Il teste. L'emmerde encore. Après tout l'autre s'est barré alors qu'il aurait pu rester un peu. En profiter pour se soigner et garder ses sous, au lieu de tout dépenser. Parce qu'il ne peut s'agir que de ça n'est-ce pas, Logan qui a tout dépensé ? Ça lui semble logique, c'est la première chose qu'il a dû faire sortir les sous pour se payer quelque chose. Un endroit où crécher par exemple, alors que y avait son canapé. Puis des choses à manger. Parce qu'il est trop fier pour avoir accepté son aide plus d'un soir. Parce qu'il a préféré s'en aller au lieu de récupérer. Mais ne peut-il pas comprendre, lui qui a vécu ça ? Asha sait que si, et c'est pour ça qu'il ouvre sa porte une seconde fois. Montre l'escalier.

"Monte. Et garde le gâteau pour toi, j'ai pas besoin de cadeaux."

C'est son tour d'être cash. De pas se cacher derrière des parades. Son tour de dire les choses comme elles sont. Il veut pas bouffer son truc parce que lui on l'achète pas, c'est tout. S'il lui offre l'accès par deux fois c'est uniquement parce qu'on l'a fait pour lui, par le passé. Parce qu'on lui a tendu une main dont il a bien voulu se saisir. Parce que sans elle il aurait fini par crever, sûrement, de maladie ou d'autre chose. Aurait pu être agressé, lui qui n'était qu'un enfant. Bien trop jeune pour être foutu là, entre les murs sales des rues et ignoré des passants, rejeté constamment.

"Tu peux rester un peu. Le temps de te requinquer. Je te collerai pas à la porte si tu me fais pas chier."

Mais il est pas facile à vivre tous les jours Asha. Avec ses manies, sa vie bien rangée. Parce qu'à l'intérieur de chez lui c'est ça, rien ne bouge vraiment, tout est à sa place. Propre et rassurant. Toujours pareil quand il ouvre la porte, mis à part sans doute la toile peinte sur le chevalet dans la chambre. Un livre ou deux qui a pu bouger.





   
You look perfect tonight.
un petit récit pas trop long. un petit récit pas trop long. un petit récit pas trop long. un petit récit pas trop long. un petit récit pas trop long. un petit récit pas trop long. un petit récit pas trop long. un petit récit pas trop long. un petit récit pas trop long. un petit récit pas trop long. ©️ .bizzle
   
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Dim 9 Sep - 11:05

Ça va pas passer, ça va pas passer, ostie de crisse, ça va pas passer…

Logan a raison, ça passe pas. Ça casse.
Le Blanco n’est pas con. C’est pas le ravi de la crèche ou un petit jesus, une de ces  viarges qui tend la joue gauche quand on gifle la droite et qui dit « Amen» à tout.
Il est lucide le mec et pas rancunier aussi à priori car les premiers mots qu’il prononce ne sont pas  « Dégage batard, va te faire foutre par un moine ».

Ce qu’il dit quand il ouvre sa bouche pour parler, c’est d’ailleurs pas des paroles acerbes. C’est pas non plus du miel pour les oreilles. C’est juste un reproche en demi-teinte, basé sur un fait, aussi amer et peu agréable que de boire du café froid.

Sous les mots, étrangement, l’Amérindien ne pipe rien. Il aurait mérité bien pire au vu de son comportement et il ne peut pas dire que le Bianco a tort. Il a raison. Indéniablement. Sur toute la ligne et même si Lohan n'avait pas été d'accord, le Louveteau n'aurait rien pu dire. Il doit se la fermer, faire profil-bas et s'il faut, même sucer ce gars pour qu'il le loge.
La fin justifie les moyens.

L'orgueil en berne, il rendre sa tête dans ses épaules, plisse son nez en une grimace mi-désolée, mi-génée, adopte par son attitude celle de ces petits garçons que l’on gronde suite à un mauvais comportement. Cet air de rédemption forcée qu’il joue à la perfection n’est pas conscient chez le Louveteau. Ce sont des restes de jeunesse qui lui colle à la peau après des années de sermons maternels où se rebiffer revenait au déshonneur éternel. « Tu parles bien à tes vieux. C'est eux qui te logent et te nourrissent. Tu leur dois la vie. » Ca a toujours été un principe dans la réserve. La famille d’abord car là-bas, c’est une vraie mafia de la pauvreté. Ça deal même tout pareil. Juste pas la même qualité, tout est coupé, mélangé. Bien dégueulasse.
Pour ça aussi que sa mère l’engueulait.    

Le souvenir de sa vieille qui le sermonne après l'avoir surpris une clope au bec à neuf ans remonte à sa mémoire et Logan, submergé par la pensée, le trouble de la concentration comme seconde nature, écoute à peine, d’une seule oreille la suite de la tirade du Blanco.

« […]C'est pas un refuge chez moi. Tu le sais ça ? » Temps de silence, air neutre et distant sur le visage du gars.
L'amérindien capte bien tout cela même si le présent de l'action lui semble lointain, comme s'il se déroulait dans un univers parallèle qui perçoit mais ne peut toucher car le passé à cet instant est plus présent que le présent.

Porte qui s’ouvre, main qui se tend vers l’escalier.   «Monte. »

Aujourd’hui et Hier se percutent, se confondent dans ce mot, dans ce geste.

C’est un choc étrange, doux-amer, douloureux dans la poitrine et dans la tête du Louveteau car sa mère aussi faisait ça, du temps où était encore forte, avant la maladie. Elle le grondait, lui faisait peur un peu, promettait de le bannir de la maison, fils indigne qu’il était. Ça ne durait jamais qu’un instant néanmoins. Question d'abord de le tester et de l’impressionner et surtout parce qu’elle s’inquiétait trop pour ces petits pour les savoir loin d’elle. C’était une bonne Louve sa mère. Une Mama qui finissait toujours par l’envoyer dans sa piaule sans dîner car c’était une bonne punition que de priver de bouffe un sale mouflet.
Des années plus tard, quand tout le corps du garçonnet avait poussé, elle essayait encore parfois d’abhorrer un fantôme d’autorité, pointant son doigt maigre, déformant son visage émacié face à ce fils sauvage, enragé par les combats de l’adolescence.
Elle voulait se croire encore forte, vivante alors qu’elle crevait à rebours, rongé par les poisons. C’était avant, contretemps qui, à cinq-ans sept ans, l’avait fait rejoindre la tombe.

Le cœur du Louveteau se serre incompréhensiblement devant le Blanco, son expression change, se trouble d’une aura de tristesse. Comme pour sa sœur, cela fait longtemps qu’il n’a pas pensé à sa mère si vivement à croire que le gars a un don pour relever les cadavres les plus terribles.

"Ce sont les morts Logan... Ils reviennent tout le temps..." C’est ce qu’Aramis avait dit la nuit où il avait cauchemardé. L’Amérindien avait validé sur le moment mais n’avait pas pensé que cela serait aussi vrai en son contact, que le Blanc-bec lui rappellerait avec une telle vivacité les deux seules qu’il avait perdues et aimées.

De façon machinale, pas totalement là, perdu entre le réel et les souvenirs, Logan replie les bras quand le Blanco refuse catégoriquement le gâteau. Il se demande un instant ce qu’il va en faire mais sa pensée est volage, s’extirpe totalement des drames d’avant et le regard bête, si faible, il expulse d’entre ses lèvres un « merci ».
De m’héberger. C’est cool de ta part. j’t’enmardrais pas promis.
Il pense tout cela mais ne l’oralise pas, ne précise rien, peu loquace, pas totalement présent.

Sans pudeur, il dévisage son hôte, cherche dans ce visage dépourvu de couleur, les traits de celles aimées. Il n’y a rien pourtant. Le Blanco est si différent. Tout de blanc.

Logan s’en détache, suit la forme claire quand elle s’engouffre dans l’escalier, retire ses chaussures par mimétisme de l’autre, les range bien droites sur la dernière marche et alors qu’Aramis vaque déjà à l’intérieur de sa tanière, l’Amérindien se fige, observe les lieux pour la seconde fois, essaye de faire ressurgir ce qu’il sait déjà de l’endroit.
Le coin cuisine au fond, la salle de bain tout en transparence près de l’entrée sur sa gauche, la porte coulissante ouverte qui donne sur la chambre à droite.

Rien n’a changé et est toujours exagérément propre et rangé à croire que l’appartement est une scène de démonstration dans un ikea et que personne n’y vit vraiment.

Le Louveteau hume l’odeur discrète de parfum et de nourritures mêlées, avance doucement, se dirige vers la chambre. Il se fige quand en son centre, se dresse un imprévu, quelque chose de nouveau, de différent. Un grand chevalet avec dessus, une toile peinte. Finie. Ou presque, Logan n’est pas un artiste alors il ne saurait le dire.
Il voit juste que l’huile brille encore, fraîchement posée. Que c’est beau aussi. Magnifique et symbolique. Que ça accroche l'âme et le regard. Les siens tout du moins.  
Le gars, pour tout ça, a du talent. C’est un artiste, un bon, de ceux capable de saisir même les esprits crus et sauvages, insensibles à tant de forme d’art.  

L’amérindien se retourne vers la pièce principal, apostrophe le garçon affairé.

« Canon ton tableau. C’est la légende du Loup blanc et du Loup noir ? »

Ça ressemble clairement à ça ou tout du moins, c’est comme ça qu’il se l’imaginait petit dans sa tête, ce combat terrible où le bien et le mal sont mêlés, à égalité.

Logan, en attente de réponse, fixe mieux la toile, dévisage chaque détail, les expressions des bêtes, leurs babines retroussées, les plaies qui couvrent de sang leur corps nerveux, dans le mouvement. C’est si vivant qu’on dirait que la suite va défiler, l’histoire finir de se raconter pour dévoiler un gagnant.

Le Loup noir ou le Loup blanc ?
Celui que l’on nourrissait car la bataille grondait en chacun de soi. Voilà ce que la légende racontait.

Le Loup noir ou le Loup blanc ?
Le Louveteau, sans famille ni meute, ne sait plus bien qui en lui, demain, gagnerait. Il a fait trop de conneries et de mauvais choix par le passé et privé de guide, cela fait longtemps qu’il ne distingue plus le bien du mal, égaré sur ses chemins. Perdu à cet instant précis, instable, où rien encore ne pouvait être décidé.


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Promesses. [Logan Duval]

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